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CHAPITRE XXIV. — Delà Consommation en général

(fu'est-ce çye consommer?

L»l détruire l'utilité qui est dans un produit, et par là lui ôter la «iJrurque cette ulitilt* lui donnait.

iHmhes-moi rexempie de quelques consommai ions.

tnnsommer des vivres, ce n*est pas détruire la matière dont se cornr^Hiieiit les vivres, car il n'est pas au pouvoir de Thommo de détruira ^ti madère : c\>st détruire ce qui faisait l'utilité de cette matière, la propneU» qu'elle avait de servir d*aliment.

<4)ii$ommer un hahil, ce nVst pas détruire cet habit, car les parcelles qui s'en s«Mit détachées à mesure qu'il a été usé, ont été répandues Jins l'univers et subsistent encon» t|uel(|ne pari ; mais c'est détruire tfMti* l'utilité qui se trouvait dans l'habit; de manière que, no pouvant Hu» i^tre bon pour |)ersonne, personne ne consent à odrir aucun autre l-niJuit pour en devenir possesseur.

/ n^ consommation se mesure-Mle fvr le poids ^ le nombre ou la grantfnrr des objet* consommés ï

>on : de même que la production se mesure par la valeur des choses produites, la consommation se mesure par la valeur des choses <^m$umm«H*s. Une grande consommation est celle qui détruit une CTimie vah-ur, quels que soient tes objets où cette valeur réside. Lorsqurm fait usage d'objets qui n'ont point de valeur, comme descailioui. Jp l'eau, etc., la consommation est nulle.

Ya^l'il de% objets aynnt une valeur qui ne soient pas susceptibles d^étre f^^u/mmrs T

l.*homme ne peut Mer aux choses que la valeur qu*il leur a donnée ifimqu'tt en a fait des produits. Ainsi il peut consommer en totalité onp valeur capitale^ en consommant, sans reprmluction, les produits <Vml la valeur était employée à faire des avances à la production; mais il ne peut pas consommer le fonds d*un champ de blé, qui est une u>ur que la nature a 4lonnt*e gratuitement à son premier propriétaire*.

' Ia «alnir dra bàtiiDCDi*. dcvanKlionlioi» ajnuii*c»4un fonds dftrrrv, ntirl dIsUngnee è vatmr du fonds. Im premier r est une \aleur rapltal^ qui te ronsomm», qui pc« w

90 (IXVRES' DIVERSES.

Wy a-Nl pas dts produits qui ne sont pat sUieeptiblésd^ifreéaniiomm^f

Non, mais il y a de grandes différences dâhi^ la rapidité aveclaqiiene ils sont consommés. La consommation d*une pèche est pTas prompte que celle d'.une bougie; celle d'une bougie plus rapide que celle d*un cbeval ; ub^ nkaison sert plus longtemps qu'un chévaU maïs elle s*Qse plus vite qu'un diamant. La valeur des objets qui durent très-longtemps, comme celle de la vaisselle d'argent, passe pour une valeur capitale, parce qu'elle se trouve presque aussi grande à la fin de Tannée qu'au commencement, et qu'eUe se perpétue comme un capital, mais non par le même moyen ; car un capital se perpétue parce que sa valeur se reproduit à mesure qu'elle est consommée, et la vaisselle d^argent se perpétue parce qu'elle ne s'use pas.

Peut-on consommer deux fois le même produit?

Non; car une valeur une fois détruite ne saurait être détruite de nouveau; il faut qu'il y ait une nouvelle production pour qu'il y ait une nouvelle consommation ; mais un produit peut être consommé en partie, puisqu'on peut détruire une portion seulement de aa valeur. Loraqu'après avoir porté un habit qui valait cent francs, on peut encore le revendre cinquante francs, on a consommé la moitié de sa valeur.

Qu' entendez-vous par les consommations privées f

Ce sont les destructions de valeur qui ont pour objet de satisfaire aux besoins des particuliers et des familles.

Et par les consommations publiques ?

Celles qui ont pour objet de satisfaire aux besoins communs d'une ville, d'une province, d'une nation.

La réunion des consommations privées et publiques fait la consommation nationale qui comprend tout ce qui est consommé par une nation, soit pour l'usage du public, soit pour l'usage des particuliers.

Les consommations privées ou publiques sont-elles de même nature?

On consomme différents objets pour le public et pour les familles : pour le public, des munitions de guerre, des édiflces publics; pour les familles, des logements, des vêtements et des vivres; mais quant k la nature et aux effets des deux consommations, ils sont absolument pareils. On consomme, dans les deux caa, des produits dont la valeur est

détruire eDUèrcment, et qui Unirait toujours par être détruite, si elle n'était pas entreternie par des réparations qut sont des épargnes. Quant à la yalenr du fonds, elle ne'ptàl' te eomoiiiaier. (Jirofederiwfevr.)

TATÉCHISMI': I>'ÉCONOMIK POI.ITIQUK. 91

ifniil d'une |iroducliuo, valeur qui te trouve ilétruti» par l'utage {uiNieufait.

'^*eit-ct que la consommation annuelle?

La consonuualioD auiiuellc du public ou des particuliers est la

•uoime des valeurs qu'ils consomment endaiit le cours d*uiie année,

Ml pour satisfaire à tous leurs besoins, soit {HMir reproduire de nou-

> «flie» Tateuni. Si les valeurs qu'ils reproduisent n'égalent pas la tota-

i iiltfile^ialeurs consommées iiar eux dans l'un i*t l'autre but, les fami^

b fl VVXmI s'appauvrissent; ils s'enrichissent dans le caa-couirairc.

(jhNii umt Us consommoieun d'un pays f

C>>t tout le monde; car il n'est personne qui puisse subsister sansmi»fiu>! aui besoins qu'exige l'état de vie. Nous consommons des valeurs dans tous les instants de notre existence, même pendant notre HJOHnf iJ, puisque, dans ce temps>là même, nous consommons le lit ou. Dous sommes étendus, le drap qui nous envelop|>c, la tuile même qui nuu) couvre.

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