‹ Œuvres diversChapitre 31 sur 128 · oij.f;i;K iik fka.nck · texte numérisé non relu

oij.f;i;K iik fka.nck

hIM.dl us horVKIiTIKK lu: t:oi RS dïicomimik IHMJTIQLI::,

par raHirvr |ir« île MTBialneft aiaai •« mmrf ,

MESSIEI'HS,

I. iHMnnM* est êmiiiemmenl suciabl<\ |N)ur lui, c'<*sl un supplice, que de Mwe Mnil ; il ne s\ n*siiut que par la Toriv. 1^ S4K'iêlé de sa laniiile ménr. quoiqu'elle simI |M)ur lui un iiotahle soulagemeiil, ne lui sullil |»as; ri I t-iude «|ue nous allons lain* tie I elendui' d<* s(*s facultés et de ses tv^iiiis, iHMis ullrjra des preuves nomtireuses de i*elte vérité , que son ••ii^enre a />M/ */r surérir, vsi son exi>lence nutHrdle.

X<iu< en avons ii«*s eieniplt^ dans d'autres esik'ces animales, comme J4n% Wrk castors , les nlH*illes , qui de mt'^me ne sauraient [uirvenir â inir<-iiliiT di*velop|HMnent . si elles ne metleni leurs moyens en coin- Biuii. Ules a^issiMit en vertu de certaines lois 4|ui leur sont im(N)se4*s i<ir Itnir^ besoins, |iar leurs or^canes . par leur n/i/uf /*, en un mot, dont '• («kfiiuiissaiM'e , |»ar i^etle raisim , fait |Mirtie des S4'iences que nous *^'<i!k iiominée*» %v9^nrrs natnrt'ihs : la coiiiiaissaiHT d<*s niiiHirs des ainnuw\ fait fiartie de Ihistoire naturelle.

1 iMMiinie éprouve ••^alenieiit dt*s tx^soiiis tpii lieniHMil à sa nature. 'H il Irs ?iati!»rait de nu^me au moyen des organes dont il est pourvu ; nu» é nu-sure que l(*s liesoins et le> organes uni «'te plus deve- H4fr> et oiieu\ niiinus , on a élé oblige de les cla>MT . d en Nuivie Ir «^«Ho|i|ienient et d'en lain> inm pas l'otijet d'une sculi* si*ieiKV, mais >^|ilusieur^. <. * été la marche de luut<*s nos connaissances. I.e nomlin* '^ !•-» (ifopneto kU*> plantes, par exempli* , stHit devenus si nombreux, <4U(jii a Hi* obligé de iain* une science |»articuliere de celte |Mirtion de iti.Mijiiniaturelle quoii ap|K*lJe la lUttaimiur ^ et plus récemment vou.s é\ri lu miUe illuMie t;u\ici deu'lop|N*i , dans cette iiiOme chaire , le 'U^nieiit l't la deM'riptioii de> .iininaux aiilediluvii*n> . et il en a fail (■lu- Hieiire iMKuelle qui a chaiiice toutes ihr» niées relali\ement à la fi^iHir H a rantiquite du globe.

176 (WiUVHKS IMVKRSES.

Il peut donc y avoir des sciences nouvelles, quoique la nature soif ancienne ; el ceux qui prélendent que tout a été vi/, que tout a été Aï, que Ton ne l'ait que représenter les mêmes choses avec des mots diffé^ rents, décèlent uniquement les bornes de leur esprit. Une propriété nouvelle , une nature des choses qu'on ne connaissait pas ou qu*OB connaissait mal , si on la découvre , est véritablement une chote mmrelie.

La science de l'Économie politique n est pas aussi récente que celle dont je viens de vous parler ; cependant elle n'est pas ancienpe.Oo ne trouve rien dans les auteurs de la Oèce ou de Rome, qui atteste une observation exacte de la nature des choses sur ce que nous appelons maintenant r/:rom>m<>yx;/f7/^u^, et les conséquences immédiates etrigoureuses qu'on en tire. Pour s'en former une idée juste» je crois devoir vous tracer un tableau général où viendront se placer les obsef' vations, les expériences qui sont le londement de la science.

L'Anthropologie, la science de rfiomme, se partage en plusieurs autres sciences, selon le point de vue sous lequel on veut étudier notre espèce. L.a Physiologie nous montre Thomme sous le rapport purement physique ; elle nous décrit les ditTérentes parties du corps humain et leui-s tbnctions dans l'état de vie ; la morale nous décrit les différenls phénomènes qui dépendenl de sa volonté , les actions qui en dérivent ot les conséquences quelles entraînent; la politique pratique nousnnontre l'enchaînement des causes et les etlets dans Tordre politique; Tifvonoinie politique enlin, l'enchainement des causes et des eflets relativement aux intérêts de l'homme en société.

On s'aperi^it d'abord que la condition des hommes, leur bonheur ou leur malheur dans ce monde, dépendent de circonstances qui tiennent, les unes à l'ordre moral, c'est-à-dire à sa conduite , et les autres à Tordre |)olitique, c'est-à-dire à la constitution de la société, à la nunière dont elle est réglée. C'est ce qui a fait ranger TKconomie politique parmi les sciences morale» et politiques. On a même voulu pendant longtemps la confondre avec la politique, et les écrivains du milieu du siècle dernier mêlaient les questions f'conoiniques avec les questions politiques , c'est-à-dire l'organisation des pouvoirs d'un État avec les questions relatives à sa richesse et aux moyens plus ou moins abondants qu'ont les nations et les particuliers pour subsister et s'entretenir. Mais on s'est aperçu que ces deux choses dépendent de principes essentiellement ditlerents : on a vu des gouvernements despotiques en*

UISCOIIRS DOîlVKim RK. 177

"8 sujeU, et des guuveriiemeiiU populaires tenir les |>euple8 lîtère.et (toujours guidé par rexpérience qui a mieux Tait la nature des choses, on a séparé ces deux genres de connaisa économistes du wnr siècle donnaient à l'Economie poli- Dm de Pkysiocratie \ gouvernement naturel., et Adam Smith qui l'a nommée Heckerches sur la richesse des nations, )uvelle dénomination (Mirait avoir été jugée un peu longue et lante, on s'est réuni a lui substituer le nom d'Economie poiiti- -a-dire htonomit' dv ia 5ociW^;oiien a distrait la politique nce i|ui t^l l)eaui*oup moins avancée, et, conrormément à la noderne, on a rejeté tout sysléine a priori^ arrangé d'avance; nsidiYe que la nature des vfujses telles qu'elles sont, et les coni qui en résultent évideiiiuienl. Mais on a dû les comhiner Il il \ a de constate dans la politique pure, et dans les scienques ft mathématiques qui, depuis Uàcon, ont secoué toute nagistrale, et ne i econnaissenl plus de leur côte que la nature 'S el lV\|»êrieiice.

sont les bases sur lesquelles re|Kise aujourd'hui la science s nous occupons.

ii\e/. Mosicurs, tpiel en est l'objet; pourquoi on rappelle es|HTe que vous ne tarderez pas à comprendre rintluence l de^liiHv a exercer sur le sort de Thumanite. Le but de nos inrrs i>t «Ir !»av«>ir tirer parti des choses trlhs que la nature les ft nous M»nifl^*s d'autant plus à |mrtee d*en tirer parti, que ?oniiai>MHis mieux.

lans la i:raiule S(N*i<*lr humaine une quantité (|uelconque, une I* lMi-n<i l't dt* maux, journellement répandue ; ou, si noua i> pa» i'nil>ra>MT la socieli* humaine trmt entière, il y a dans itiiMi iiiii* ri-rlaiiie quaiitile de biens et de maux, dont il est IX Imhiiiip's *W jouir ou «l'accepter la soultVance. rtiitn ili- ro biriis , coiiiiiir la santé, par exemple , nous est r.i(uili*iii*-iit par la iialuit*. l'iu* autre portion ne peut ^ire obf par tpi«iipir> HiuTilices ; m nous voulons ipi'un terrain nous r li alHiiidante!« riTi<ltcs, il faut les acheter par des peiues, di'S . di-s depcnsi*s qui sont une partie des maux que cette nation ^* de sup|K)rter. Je i\\> 4|ue la dé|)tMisc Tait partie de la S4)mme Mux, parce que la dépense qui nous prive de la Tacullt» d'a- I. bh\. - IV 12

178 UKIVUKS DIVEKSKS.

cheter une jouissance, ou de nous dispenser d'une peliie, est un ni

Laissant de côté les biens que la nature nous donne gratuitemea et les maux inévitables qu elle nous impose , tous les autres qui an du domaine de liconoinie politique , peuvent être évalués par k sommes d'argent au prix desquelles on pourrait les acquérir, et |n les sommes au prix desquelles on pourrait s'en préserver, li ne s'agi dès lors que d'en faire une juste appréciation, lia supposant cette appréciation possible (et vous verrez qu'elle Test), nous pourrons din que y dans un temps donné y dans 1 esi>ace d*une année, par exemple, une nation jouit d'une plus grande somme de biens, ou qu'elle ed exposée à une moins grande somme de maux, suivant qu'elle sait oiieui comment elle peut produire une plus grande somme de biens, ou diminuer la somme de ses maux , et suivant quelle sait mieux euliûre l'appréciation. On comprend que si elle appréciait très-haut ses bieu et ses maux très-bas, la balance pourrait être favorable en apparence et ne l'être pas en realité , et sa condition empirerait tous les jouii Elle se repaîtrait d'illusions ; ce que nous voulons éviter.

Nous y parviendrons par 1 étude de la nature des ciiOÈes économiqutt, qui nous enseignera à faire des appréciations justes, qui nous enseignera comment se produisent les biens et comment ils se dissipent Mais les manières do multiplier nos biens el de les dépenser, sonte&ce»sivenient nombreuses : elles supposent une inlinite de connaissances: par exemple, nos biens s'augmentent par une agriculture bien entendue , el se diminuent par des procèdes agricolas vicieux. L £coaoaie politique ne peut cependant avoir la prétention de comprendre lart agricole au nombre de ses enseignements , mais elle peut faire voirce qui dans cet art doit être remarque pour qu'il aille au but qu^onsc propose, qui est d'augmenter la somme des biens et de diminuer li somme des maux.

Il en est de même de tous les auti'es arts. Celui qui nous procure h drap, par exemple, atteindra son but d'autant mieux qu'il nous procu rera une plus grande somme en drap au meilleur marché. Il en sera di même du commerce et de tous les autres arts.

Et il ne faut pas s'imaginer que les considérations d'économie poli tique se bornent aux choses matérielles pour lesquelles ou puise, daa la mécanique et la chimie, des moyens de se perfectionner. Leaactti ces morales, les ^^ciences politiques n'y servent pas moins, puisqu'h peut apprécier par les mêmes méthodes les biens et les maux qui lé

liISr.OI H> IHII \KIUI IM . 179

Miilniltle la i-oiidiiiU* dvs i>.ii-ii('u:it*r» ri tUs ;:<uiwiiu'iiieMU, i*l pariCfur aiiiM m coiiiiaUn* i|iirlii* halaïuv il imi resulle |>uur ia ^itciele.

trêi aiii»i qiif toiileë ium rniiiiaissaiio'ai so Umk'IiimiI i*l qui*, liiriiqu'oii cunnaU bien la nature dfs i*)ioM*s, M>il au |iliy!&iquL*, 8uil au moral, un mm*ie le aervictf qu'on |k'uI alhMiiJre d'une boime loi, oomino le ïmviite qu'on peut reliriT d'un bon ouLii, et «avoir, toute proportion gar- ^, Aa iiiiunie d'utilite qu'une nation relire d une belle manui'acture. Mil un bimicnuvernenient. .Nous pouvons dès lors eximparer la somme Jmbu'fisdonl il.s procurent la jouissance a unn nation, et ce qu'ils lui CDuUrut. C e»l ainsi que, dans les choses ap|irêciables, tout peut se ré- «Kklrv eu quantités |iosi(ives, et que les liomnies |K*uvent mareiier •tcc Mirete dans la vchc des améliorations.

Viiu> m* >ere/ donc pas elonlK'^, Messieurs, de I importance tous les Mir» plus grande que, dans Ws liltats ci\ilises et jaloux de prospérer, «iilliche a la science qui nous réunit ici, surtout depuis que des iné- Umdi*» analogues a celle> qui ont ete couronnées d'un si grand succès (lJll^ U-^ nciences physi«|ues et matliematii|ues, nous ont appris à nous Ki'M*r\er de inaucoup de rêveries et d'erreurs, t l'M U le |>oiiit de vue miiis letpiel imus etudiei uns la société.

N iiou!» jetons un coup d «ni sur les mmicIcs humaines en général, aou» |iou« «MIS dire qut* ia pieiinereitia piuMiaturelle de toutes les sonvti*^ f!kl la lamille. l^isl'tMat i'i\ilise, «mi trouve d autres associations quiuul \**iàr objet le soin, I exploitatum de((ueiqiie interiH commun , rMiifue lf«MHMetes ilecoinmeice, mais ce ne sont |Niiiit la «les s«x*it*tês pjliUtpie«. |»ans le laiiga;:i* de la Miriici*, on «lesigne plus particuliêre- «Wiii aiiisti ros grandies a >s« Nia ti« MIS qn nu iitwnnn' t*oinimiiii'ment «les -^«/n.'hj. 1*1 qui setrouvi*nt réunies par des ciMi\eiiaiices gtNigraphiques, («r >iii uifuie langage, par ii* hexuii «i«* s«' snutemr , et dans l'iHva- •(Hf itr M* «i«*rendri* «'«mtre desdaiigi'i'S (*iimmiiii^.

Humeurs piilili<*HteN«iiit cru ilevoir nniiercher quelle i-sl la * mi/m/i-

'•*• «Wih^ !i«i premitTS #!« •^l••^ et lelle ipi elli* se nioiiln* clie/ les peu-

♦•^ qui !ie ïniiii que »7iiM«fMM. nu iHisft^uts . «lu chez. ceu\ «pli. sans

Jteu;<<.-jii*r U*^ ri*>Mnirce<i tli* la chasse e( îles tn)n|>eaii\ , «Hit plus

^artiCUlieriMiienl ruittrah-ui^. I.e niiiiide nous oiVre empire «pielques

liions de c<>ii dillerentes t«M'!iii*s îles «nHMeles |Miliiiqiies Ilaii^ l'ni-

ir del Amérique du nord et du miiI . il \ a d«'s nations qui vivent

lacliaMe. tne icraïuie fiaitie de 1 Arabii* i'( ili* la l'arlarie est eneoie

J80 (IKUVKKS DIVERSES.

habitée par des hordes qui vivent de leurs troupeaux , el qui se tranftportent de lieux en lieux à mesure qu'ils en ont épuisé les producUons spontanées. Nous trouverions même, en observant leurs usages, des rudiments dune civilisation plus avancée; mais ce serait une recherche sans objet. Quand nous voulons étudier la structure du corpi humain, ce n'est pas dans un embrion imparfait que nous allons la cliercher , c est dans l'homme adulte, dans l'homme parvenu à tout le développement que comporte sa nature. De même, quand nous voukM» connaître les organes et la force vitale de la société» c*est dans la nciétê, parvenue au plus haut point de développement où nous pouvons Tobserver, qu*il nous convient de l'étudier; car on y découvre mieui le nombre et le jeu de ses dillerenls ressorts, et d'ailleurs cet état étant le nôtre, est celui qui nous intéresse le plus vivement.

Entrons donc tout d'un coup dans une de ces sociétés qu'on appelle (peut-être prématurément) d^s peuples civilisés. S'ils n'ont pas encore atteint toute la civilisation dont Ihomme est capable, et toute la tranquillité et le bien-être qu'elle peut lui procurer , du moins c'est la civilisation la plus avancée où il soii parvenu jusqu'à présent, et la seule dont nous puissions raisonner.

Nous n'apercevons au premier abord chez les peuples civilisés qu'un amas contus d'êtres humains habillés de dill'érents costumes, pnunis de divers inslrumenls , allant de cùlé et d'autre , ou s'agitant sans changer de place. Si nous parvenons à pénétrer le but de leurs pensées et de leurs actions, nous découvrons que le plus grand nombre d'eutre eux a pour objet de subsister et de l'aire subsister leurs familles arec plus ou moins de jouissance.

Comment ces individus et ces familles subsistent-ils? En consom* niani les choses capables de soutenir la vie ou de contribuer à son agrément.

Voulanipousser notre investigation plus loin, nous cherchons à savoir comnicLit ils s y prennent pour se procurer les choses uécessairesà leur existence ou â leurs plaisirs. Les uns ravissent-ils aux autres les biens dont ceux-ci sont en possession/ Sans doute il en est quelquesuns qui emploient la ruse ou la force pour dépouiller leurs concitoyeus; mais dès cet instant même, tous se liguent pour se défendre contre ces voies iniques. Elles ne sullisent qu'à un bien petit nombre d'bomiiM qui sont repousses par tout le reste, et qui, heureusement, ne fonnent jamais qu'une bien faible exception. Ce n est point là que sont tal

lusr.oi'Ks irnrvKin rnr ihi

iioy«i*ilVxi.M«Miri» lit» la sorirti». Ils m» l;inlorîii»»iil pas à t^lro ÔI»lns*"'^ ; rarquami nn aurait ravin son voisin riMpriJ n. on iii*|ioiirnnl pasli^liii nvir de nouveau : le s|H)!iM t m r mourrait «le Taini, aussi liien que sa nclime. ihi philrtl ils auraient eomineiirè par se quereller et par s'é- |or2er mutuellement.

ir nVsl pas ainsi que les soeiétés peuvent se perpétuer. Les hommes optifilenl pas à s'aiwreevoir qu'il leur est lieaueoup moins pro!îtal»le df«f nuire, que île si' servir les uns les autres. Kl romuJC leurs lïesoins mut >anes. après s'iMre ailnnné<. eliaeun de leur eiMê, h se procurer, ifnvr. a ; nuluin* îles rho^ses utiles, ils en font îles «'»ehani:es. Tandis «ïu»* If ruUivateur fait pousser du yrain rt élève des bestiaux pour l'usji:!* ilu nepHMant, le n«'*pvMaiil l'ail vi'iilr des èpieeries pour le eultiult'iir; tandis que le Talineant prépare l'ètolVe qui doit vélir le mciMrat. le magistral veille à la séeurilé du fahrioant.

onaeru loimtemps que l'existenee du eorps polili«|ue résidait dans Ircoijvrriiemfnl, que l'ordre soeial élait entièrement un ellel de l'art, Hqu*' paitiuil où ivl ordre laiss»» apereevoir îles inifierrerlions, des inr«iii\fnii'n1s. e'est par un dêraul de prévoyanre nu dhaliilele de la \*Ti «lit h'uislaleur. ou par quelqui* ni*;;li;:»*nre. quiMipie pi-rversilê de î4|Mrf lu mah^wtral eliaruè di* ilniuii*r m*s soins au jtMi de eiMli* uiacliittf nimpliquiv. he la sont nés ei*s plans de sociétés Inui^inaires eomnr la n-pulilique de IMalon , l'utopie île Thomas Morus , rtk*eana dNarnn;:ton. et d'autres plus récente»», rhaciui a cru |MMJViiir rem- ^•Urrr uui' organisation delertueuM*. par une autiv meilleure, .suis UinrailiMilion qu'il y a, dans les sociétés, uni' nnture des rh'»^^s ipii ne •irpi'nd m rien de la volonté de l'homine, et que nous ne saunons f^^'T .irbitrairemi'nt.

« r 11 r^l |Huiit a dire que la voloîih» di» l'homme n'inllue en rien sur '«rr.i!c.-ini lit di' la Micirlr; 111:11^ siMiIeîni"î! ipii» l»'s parties dont elle «^r».nqNrt»«. 1 aeliiMi <tui la piT|M'lin'. sii nr, «mï nu mol, m» sont pouil •iO'lîfl d*'Min or{;ani«»ali<in arliliin'll»', unis lii- *i;i strudureiiatureltiv

I art du rulti\««Ieur pi*iil t:ri'l1rr un Hrhii*. le disposer en esp.iiifi . en '.a.1,1 r It-^ hramiii*^ et i-n .inirlinriM' li'> ti>iiN. mais I aihn* vit i*t iloiuie •lr» n«-iir^. di> Iriiil** !■( di's rrjrliuis. m \i'r!u des lois d<» la pli\*«it|i|i* irjft îiilf qiif iioii^ l'ItiTction*» a dfvriiiT. i|Me nous p;irvciiiiii< a foinialf^ qi;flipi«'r(H<». dont iiihi-» linin*» un izrafnl parli iptand noi!s Minimes iHfruit^ iiiai^ qin mimI «np<*rifuivs a l'art rt nu |NMivoir de quflipie ■niintef que ce sioil.

Il en est de même des sociétés. L'action arbitraire des légialitoDn, des administrateurs, plus ou moins adroite, ou maladroite^ rratarreation des militaires, des prêtres, ou même des circonstanoea pureomt fortuites, peuvent leur être Tavorables ou contraires; mais non les faire vivre et subsister. On ne fait pas artificiellement la YÎe.

C'est si peu rorganisation arliUcielle qui produit cet effet, ({De c'est dans les lieux où elle se fait le moins sentir, où elle se borne i prèastver le corps social des atteintes qui nuisent à son action propre, c'Mt dans ces endroits, dis-je, que les sociétés politiques prennent leurplai rapide accroissement. C/est un publiciste peu avancé que celui qui m sait point encore que la société subsiste par elle-même.

Je ne peux m'empêcher de vous citer à ce sujet une rapportée par TabbéGaliani avec son originalité accoutumée et presque dans ses propres termes.

Un Napolitain, dit-il, sortait un matin do chez lui pour aller i II messe, et de là voir sa maîtresse selon sa coutume. Il rencontre uoda ses amis qui lui apprend que le vice-^roi vient de mourir. ( Va royaune de Naples était alors sous la domination espagnole. ) Le NapolitaiB e4' étonné, et commence à réfléchir.

Un peu plus loin, on lui dit que la nouvelle de la mort du Pap e4 arrivée, et que le cardinal-archevêque est parti précipitamment pour 1 Rome : l'inquiétude le prend ; il craint que la machine sociale ne | puisse pas subsister.

Enfin il apprend que le président du conseil d*État est tombé eo apoplexie ! ! ! Pour le coup : notre Napolitain n'est plus maître de loîf convaincu que tout va être bouleversé, il se sauve chez lui, il ae harrt^ cade et dans l'attente d'un pillage général, il pasfte la nuit dans des transes mortelles.

Le lendemain, dès que le jour parait, persuadé qu'on assaaainedao^ les rues, il se lève avec précaution, il écoute; et comme il entend si>*> voisin faire du macaroni, commo à l'ordinaire, il se hasarde à entr'ou*" vrir son rideau, et regardant à travers les jalousies, il ne remarqua rien d'étrange dans la rue: il voit avec surprise que les charrettes voO^ au marché comme les antres jours, que les gens s'occupent de leu*^ affaires, et circulent tranquillement; il se rassure : Ho ! ho ! dit-i^ // mmdo va da se [ le monde va tout seul. )

hiscnnss iKHVKKMr.i:. im.i

PtHir p^Hi qu'on y n'flivhisst*, il esl rviiliMil i*n flTfl qm» rharuii est fniinpa1«*nif ni ocriipi» île soii alTAiro : or, l'îiirain* il»* rhaouii osl ro qui Icfail vivre ainsi qne sa familU*;!! moins qu'il ne soit iliroriiMniMit lUfnacf. c'fil [Hnir lui IVssrnlit»!. Toiil W n'ste I'iiitm»sst» ilans le Tiy[nw\ qu'il a avee celle ocrupalion ilominanle; ttiul le resie esl irrefi^ire el pa*isaf!er; el si un petit nomhre «rimlividus a fif*s inlentKin< Mni>trrs . celle faillie |H)rlion «le la soeielé est iloniiiuV fiar le tn«-):ranil nomhre qui seul perpeluellemrnt qu'il ne peut espérer une fiislence tdlêrahie, une vie i Aiaqite (riiuiuièludes el île ilan^sers, qufn exerçant tranquillement sa pmtessifMi,i»t en vivanlen paix avi»c ^e»ri»ncitoyens.

\*M\k ce qui fait le lien île la sociHe. Toutes les autivs situations vnt lies états lie malaiiie. des situations necessairemeiil passam'res; r^r M elles étaient tiurahlcs. le ctirps siïcial cesserait d'exister.

^i»n économie ressendile ;i elle ilu curps liuniain. r.elui ci est comfOM' ifr difTerents onranes, «le dilVênMites parties, orfrani^iêes elli»s-mi^im**. qui remplissent diverses tondions «lont li» jeu , «lonl Tact i vite, n)n%i'.tu«*la vt^ df Vintihidu, Il a les nrpuies «le l.i nutrition, du mourffiii»m. «!•• la n^pro«luclion; n«"is avons «lessi*ns. n«)us r«»cevt>ns «les ii!]|-nps«iions . nous manifestons «l«»s «l«'sirs comnn' particuliers , mais en m^nii» temps nous existons comme membr«»s du corps social, comme filant partie d*ini ^raml tout qui est l'espiVe humain >. ou, si vous *'ui!f/ le circonscrire, comme partie «le la socit^ti' , «!«• la nation ;i la- '\ùr\u* imus appartenons, nous souirnins «!«• ses maux, nous jouissons d^vHpro<|>pril«^s. Or, comme Ta dit un «le nos savants physio1o<;istes: ifimf^trUfi inuf rfr^ qui p^nst . il- sfi»'nir mmmrnt s'nrromffhssrnf srs

*".-^i»i I i't Mort. VA SI le «•orp»* social ««st un 1*^10' vivant comnje le •••r** humain, <i les nations oru d»"* hf«4nms qui dcpend'»nt «If leur 'iJt-ir»*. SI Hit'sont «lr^ inovi'nsd'> pourv«ur«pii If ur stïiit pr«ipres. n«Mis ïi*- srimm'^s pas fuoins intfrf <si*< tout inif nM df «uriosii»^ à pari à ''•nnaltrf la nature «In Ifiir^ orizaiifs. If rufcaïusnif «fui If ur donn«' la rif. qin l'enlnMienl. «pu la cmnpro'url

Il e^t f\idfîif «pie ^'i! exi«ile «|fs UMueri»» ih* remi'ilier aux soiitVran- <-e<wiii l'firi»* social. ilassiiriT «i.i s.iiit»' fî miu l)i(Mi «^trf.oîi Ifs trniiv«M'a ii 4ur4tit plus .iis«*meiit. on l«*^ cmploifra ij'aiitaiil plus a pro|His. que !'»»5 i'iMin.iilra mi«*u\ la naliui' *-\ If j«"i df >••> ortranes. I ti }*M'ii * %l«*ssieurs. vv ipic la ph\Molo^i«* v^\ pniii li* (*orps humain*

l'économie politique Test pour le corps social. C'est elle qui nous tp* prend quels sont les organes naturels, les organes voulus par la nature même de Thomme et des choses, dont le raécanisoDe et le jeu constituent la vie de ces grands corps que nous appelons des Nations.

Déjà vous pouvez présumer la raison qui a permis si tard de nommer réconomie politique une science, et d'en faire l'objet d'un enseignement public. La physiologie du corps humain était-elle une science avant que l'étude eût fàil connaître sa composition? L'anatomie, l'analomie comparée, ont été les moyens qui ont perfectionné la pliysiologiedu corps humain, qui ont fait connaître la nature et les fonctions de ses parties. L'analyse et l'observation ont rendu le môme service à l'économie politique : dans Tune comme dans l'autre, on n'a regardé comme savant que celui qui connaissait la vraie nature des choses ; l'empirisme a dû perdre son crédit, on a voulu âlre guidé par des observations rigoureuses plutôt que par la routine et les systèmes. Les gouvernements despotiques eux-mêmes n'ont pas voulu rester exposés aux désavantages qui accompagnent l'ignorance, et se priver des flambeaux qui éclairent tous les citoyens; des chaires d'économie politique ont été établies dans les universités d'Allemagne, d'Angleterre, d'Italie et même d'Espagne. Les princes, destinés à porter des couronnes, ont étudié cette science : et je ne doute pas qu'à mesure que l'on connaîtra mieux les solides bases sur lesquelles repose maintenant cette étude nouvelle, elle ne se propage bien plus rapidement encore.

Je vous ai dit, Messieurs, qu'elle reposait sur l'expérience, c'est-à-dire sur l'observation des faits et sur les conséquences rigoureusement déduites de ces mêmes faits.

A ce sujet je ferai une remarque déj» consignée dans la préface de mon Traité d'Économie politique, môme dès les premières éditions *.

C'est qu'il y a deux sortes de faits dans ceux qui doivent nous servir de guides. Il y a les choses qui existent^ et les événements qui arrivent. La nature des choses qui existent fait partie des faits de la première espèce. L'or est plus pesant que le fer : voilà un fait. La quantité d'or, entrée en France cette année , s'élève à tant de kilog. i voilà un fait d'une antre espèce. C'est un événement arrivé, Tun et l'autre peuvent

Voy, p. 4, édit. Guillaumin.

iiisrorRs h'orvKirnuK. i85

^rrmn<ita(ês par dis i*\|K*ri«Mires i*l des nliservatiDiis plus ou moius nàm, \Ai\s ou moins incontostablos.

^hiaiiil nous voulons lirt'r uiit* conclusion d'un nu île plusieurs Tails, il es^t inJispiMtSJiblc lie bien coiniallre la iialurc îles choses relaliven*iit ju\ uns et aux autres. Il Tant |)Ouvoir prouver <|ue le Tait ipi'on JiMuif |mur la cause , a réellement produit Tcttet cpi^on lui attribue , HqiU'U nature de la cliose «pi'on donne |N)ur un résultat, admettait uiH- SN*niblable iniluence.

li ne faut |ias ressembler à ce monanpie africain qui n'avait jamais TU lirau placée. In capitaine hollandais lit naurra^e sur ses ciMes , et, l^rmi Ii*s rivits ipi'il lit de son pa\s, il raconta an roi (pie l'eau, dans uiyivrtaine ^liMiii, y devenait si dure, qu'on marchait sur lesriviên*s i('iiM M*c. I.e roi crut que le Hollandais se moipiail de lui et voulut le fitrt' |N'ndre. I.e pauvre capitaine aurait été |»endu , parce que Sa Ma- .f^u* ii«> conuai<«sail pas encore toiiU's les propriélcs de l'eau et Tinnj«*iHV du froid. I.a nalurc di* chaque cliost* et ses propriétés sont un '4il tiun moinn essiMiticI à connaître qu'un événement, ipicique bien •^sH,i!i' qu il >oil.

( rti\i /.\ou<« qu'il y eût bien ile> tle;;res de di<»tance entre cette Ma- M-- nuire et InupiisiUon deTloretice, qin til mettre (ialilee au cachot ;<Mr .i\tiirdd qui* li*M)leil est iinmnbilcdans le ciel el ipie c'e>l la terre '\ii l'iiirne? H'^hi'i' que de f:ens perseciités pour le tort d'avoir eu rai-

^iMi^ ne S4*re/ donc pas surpris. Messieurs, du soin que je mettrai » r«vhercher la naturelles choses les plus ^iniplc'». Mais comme celle î«l.r»'des cb(iM>?« m* >e montre pa> liiule seule, qu'elle est souvent en- '• ••|lJ^v de \iiiles cl d«' ténèbre^ (lunl il faut la de^-ajîer , vous ne vous '-'■ri-/ |«^is de regarder iMiiiime trop evidiMits cl cnmiiie trop sunplo \'% .• iMn**nt«* cepeiiil.ini iiece>sairt*< p«i:ir rintellt;:<Mice des principi's '• i i* lîiq «ulaiil*» Il e«.| des vrri!e> fi'lleniiMil é\iiierile> iprellessem- •'■•iil iie«le\n'r pa-* être eiioinvr> . el liui repiiu>si» plus taril des pnn-

,'*quiii»''i «tiiiil pourtant ipp* li'SConséqueneeN neees«iairi's.

\««ii% nniaripure/ que les p;n-(ii>s principales de Teconiunie sociale ^''i'. ri* qui .1 r.'ippnrl aii\ or;:;irii'«i di>iil la siieiele se serf fKuir la crea-

' Il •li«trtlMiTitiii l'iia eofiMiininatniii des mbesses I aiil il iii être vr.r,*'' 1 .1 pri'iiiKTe cnndilion pinir Imis les cnrps i»rj:aiiisi»s. c'cl di' » *r.-. 1^ Miciele ne peut e\i>ler qu à laide de ses ino\ensde\isleiicu ;

de même que les parties principales de la ph^psiologie de rhMMHMl les organes qui se rapportent à la nutritiOD, à l'aoeroiBflenmt, aa dt veloppement du corps humain.

Le corps social est un être moral aussi bien qifun ttTB pbfriqea;! a des besoins moraux qui ajoutent une très-grande imporUnoe «a études sociales. Il y a des intérêts différents, quelquefois méuie ses. Tous les individus sans exception sont intéressés k ce que h totale des richesses devienne aussi considérable qa'il est mais les différentes classes de la société sont différemment dans la production, la distribution et la consommation desrichcMi: l'homme qui laboure la terre ne fait pas un métier aussicommode qM celui qui donne sa terre à labourer ; l'économie politique ne peut faire connaître cette inégalité de partage et beaucoup d'autras qol est impossible d'éviter sans des inconvénients plus grayes eneora. montre aussi qu'il est des cas où ce que l'on fait en (iiYeur de classes n'est point un bienfait à la société, mais seulement un donné à une classe de la société aux dépens d'une autre classe.

Vous sentirez que c'est un avantage que de pouvoir distinguer eofii est désirable de ce qui est impossible ; et quand une fois Van naît ce qui est désirable et possible, d'apprendre quels sont les les plus courts et les moins dispendieux de l'opérer. Enfin les relatives à la consommation des richesses embrassent tout ce qui M* che au bien-être du corps social, au moral comme au pbyaîqua.

Sous tous ces rapports l'économie politique est appelée à déoooirir l'effet des institutions sociales. Elle ne dit point : Voilà ce q^UeonMl d'établir; mais elle dit : Si vous prenez tel parti, voici ce guUl aivieiÊài* Et vous sentez quel poids donne k ces résultats l'analyse rigoureott qu'elle a faite delà nature des choses, d'autant plus qu'elle est toi^ooi (Ml état de montrer renchalnement qui fait que tel résultat tient ilfllles causes.

Ces considérations, Messieurs, vous paraîtront plus importantes tt* rore, quand vous verrez dans ce Cours que les hiens^ qui deviennentto ^ patrimoine ou la conquête de l'homme, sont une expression qui, dio» ; sa généralité, a une étendue bien supérieure à celle qu'on lui>^' tribue communément, et qu'elle comprend des biens qui, n'ont ri* de matériel. Klle tient à presque toutes les sciences morales et potit'^ ques. Les réflexions qu'elles font naître forment un tout, dont les p^*'

IMSCOI'KS ircM'VKRTI «r. I«7

bf« nnt f ntn* Hleii mit* niiimnlaiici' qni proiivt* IfMir miIkIi!^ dAns les mAindre^. romme dans los plus izrands «•x«»mfï!<*'i. On «iail ijin» ro fut la fhutf d'un** |inmmiM]iii rôvéla an j;rand NowIimi la loi parfaitomonl M'ml'îahU» ipii Tait praviler la torn» v«ts li» snlrij; l'on penl dire cpn» ro îioniW rorcltesel lesdrpi»nsf»dii ménaj^e ipii non«« mnntnMit cp ipn* f'r^lqm» lo» richesses do riltat, o! si je ne craignais d'employer nne nprfS!iion Iroplrivialr, je dirais presque que rwononire pf>liliqne pra- U*\\w nesl antrt*clios(* que la srirnrr du pnt au Ou.

Vmil Tant savoir en liriM* lnul«»s U»s conséquences; c'est alors seulfmml que l'on voit qii Viles l'ondiiisent ilinTtrnicnt au ttien pulilic.

if biiMi public! yurlle élude est plus j»ropre à salisrairr les plus ni)li!*s amhitinns? t'.VM la S4'ui(* qui nuMie aux surct'*s dural>li*s . h aux fil d.in< tou< li's ca>, sont rxrmpK «b» rfiiriMs. !.«)iu di's orap'S île la l-iiiiipir l'i di's iultrs du pouvoir, le! est li* but ipii nous rurupera ••vlu>j\i'nii'iil.

H ••*l à reKn'll«Tquil n'y ail p*»inl di» rhain» irt»conomio pujitique '>r.'«iiis«*«- à 1 |>oliMti' jirnil ■. On cihkmmI dinicJliMnriit rrt oubli d:iiis un i-iatili!«HC«ni(*nt qu'on a voulu rtMuhr riunplel. Nous vivons sous un rHiMTnf*nuMit ri»pr*\siMdalir: rbaiMui piMil iMiv ap|MMè à s'assi»oii' sur ^ Imhi'* di»s |i*Kislaleurs, a propos'M* ou ;i juiiiT Us uit'surfs ipii cou- *i»»Mnpn! à un prand peuple. Il ne siiltit pas quo la jfunt'ssi' stuiiicu^e ï^rinflissebM loisi*xislanti*s, il tant quVlb» apprt'nm* à ou faire «b» boiii»^»: il fautipirlli* sache qu«'lles soikt liS solides base «pion peul Ifur AwruT. b's consiiini'nri*» honnt's imi mauvaises qui pouvenl n'»sulttT <*<^ t'htcune di* leurs dispositions. Quelle pau\iv uartudii* du bi«Mi i-ul'iira'irait unr nation, si. parmi tous \rs rorps qui <oiil rharp's do ro- 'îfcvr il dVxorubT srs Uws, rili« nr pinivalt compter ipn* vin(;toii trente Kî^'Hiie* qui lu^M'id on olal d m calculer la porlooî lie serait amom- 'Srir I tf>fud** du iliint, que île la borner a nous a|iprendreipielle a ete la •"Hniif du lpgi<ilaleur. surtout a des e|M»lple^eloi|:nee^, ou elle ne |M*ut ^trr •»tiht:alojre pnur iiou-*. \ une époque de lunueres. le législateur i>^ peul raison iiMbiennnt xiuliurq le le plu> ^rand luen ilu plus grand !»ondif Mai!« en ipint ee bien roiisisle-t-il ? Quels sont les meilleurs

i •''•%.!•* III |..i*. m 1SI*«. .01 I ■ ii-t !*.i*iiiii lit* \it.« i-l Ml !:i r* \ • m-/ ■?»• - l.«

' "ni «t f.11 . Il i.ttn iltJ.-H Vi\ I M llu'niifi! ■«ur l'iil'liti •'.• ••Mi • n- -Imhi •! m» W« (cvilft induilnrllf-.. > K. I»

moyens de l'opérer? Voilà Fessenliel. Il faut donc qu*un magistrat %\^ prenne quels sont les beisoins des sociétés, et les ptiéuomènes que présentent la production, la distribution et la consommation des biens, sur lesquels il aura tant de décisions à prendre.

Quelque complète d'ailleurs que soit la législation positive, jamais tous les cas ne sont prévus; le magistrat est souvent obligé dans ses jugements de recourir au t)on sens, à Téquité naturelle ; mais pour éclairer le bon sens et Téquité, n'est-il pas nécessaire d'étudier la nature des clioses sociales? Peut-on se dispenser (lorsque toute législution n'est instituée que dans la vue du bien public) de connaître ce que le bien public exige? Une telle étude ne peut être suppléée ni par l'étude des lois romaines, ni par la connaissance des jugements antérieurs.

Je reviens à Téconomie politique.

Vers le milieu du xvni* siècle, un certain nombre de bons citoyens formèrent une société, à laquelle se réunirent les hommes de France les plus recommandables. On les nomma la secte des économistes, parce qu'ils avaient sur l'économie sociale des vues dont quelquesunes étaient fort justes, mais parmi lesquelles 11 s'en trouvait beaucoup qui ne supportaient pas une analyse rigoureuse, et d'autres qui ont été reconnues complètement fausses. Celles môme qui ont subi l'épreuve de Tanalyse et du temps, ainsi que vous le verrez plus tard, sont trop incomplètes pour faire autorité et pour que noua puissions accorder à leurs auteurs le nom d'économistes sans restriction. Mais comme il faut rendre justice à qui elle est due, nous confesserons que les économistes du xviu* siècle, ont fait faire un pas immense à l'économie politique : vous en jugerez.

Peu de temps après, lorsque Adam Smith, professeur de philosophie morale à Glasgow, vint en France et dut à l'amitié de David Hume, son compatriote, d'être introduit dans la meilleure société de Paris et notamment chez la duchesse d'Anville, mère du duc de Larochefoueault l'alné, où il se rencontra avec Quesnay, avec Tiirgot et tous les principaux économistes, il s'était déjà beaucoup occupé des mêmes matières. Ses idées s'étendirent. Revenu en Fxossc, il se retira dans le petit village où il avait pris naissance, et au bout de dix années d'études et de réflexions, il publia son Traité r/c la Richesse des nations; ouvrage où se trouvent consignées un nombre de vérités suffisant pour consti-

hisconis irorvKini UK. ih9

liKf uiie v«Titiil»li> sc'iiMiro, mais e»ii, |wiil-iMn', ««lU»* .sont trop ooiifiisêmiiit vntaKM't's, (ro|i pini ili^rnVs, ot hop mal raltarlièos entre elles, p^r former un tout homop^ne et prcNluire une cunvietion parfaite.

<Mi|ieut toulefui» dater l'origine «ie leennomie politique moderne •le la publication de ce livre, et je vous avoue que, passant à <;ias(;o\v, je ne pus résister au dc^sir d'aller voir Ti^spèee de galetas qui était ^NDphiihi'àtre où il prolessa sa doctrine. J Vus la Taiblesse de m'as- ^Mr dans Sfin fauteuil de man»i|uin noir, comme pour ri*cevoir une iri»|Hratiun dont je m'estimerai lieureux de |Nuivoir, Messieurs, vous nmimuniquer quelques étincelles '.

l'éi 1 intention de vous donner plus lard une liistoire des pro^rî's de (^:if M*ience; mais il faut avoir une ntiniaissance entière de ses docir!nt>, |ifujr comprendre les progrès qui les cmt amenées par degrés •«i|Niintou elles st* Inuivfnt maintt'nant.

I ost a la niclhtide e\p«Tinienlale, au talent de l'observation, qu'im •c^iliiil.el an scrupule de n'en tirer que les iiiduclions que lt* simple i**\\ MMis pui»sc avouer, «'.'est une iielU* lâche que d'appliquer cette iMliiKle aux Si'ienccs morales et politiques, et de les ramener à ces |*riii^i|i*<«. devenus si féconds en briliaiils résultats dans les science^ Ho^Kpif^ cl mathématiques.

«Hi est trop |M)rle a croire ipie la vo;e expérimenlale et analytique

Ury{ applical)le qu'aux faits ph\si(tiie>, et que les faits moraux, en rai-

**'ii lie leur exlr^me compliciition, et en rai-on di' la diver>ite «b»s

«'••uls et de> e!«pril>, se dérobent à ce ^i*nre d iiivi>ti;:alioii : sans doute

lifM ti«*aucoup défaits qu'tm ne saurait a\oir prévus, et d'autres dont

if» conM*«|uence9i . juMpi'au moment où elleiw arrivent tlemeurent en-

triiip(M*e<« d'un \oile iinpeiH*lialilc : mais de ce i|iit* plusieurs coiinais-

Miice^ exci-iieiil notre portée, devons-nous renoncer a celle** auxquel-

K-» i.uus |Niuvoii> atteindre; l.'lioniine eM lediiil à beaucoup ignorer,

• 1 1 un de M'S pro^Tcs ot de >avou' s'y resoudie jusquaii moment où

Uct-rtitude peut être ai'ipii.M* pour lui. Il e>t vraiMMiiblalile qui* nous

II*- ^jiAron>jam.iis M le> planelo de n«itre s\*»tétnc sobiire si»nt liabi-

i»-f». mai!% ce n e>t pas uin* C(»nnais>ance douteuM*. m superllue. que

itlle qui nous en>eigiie la marche de ces cor|is ci*lestes. i*t (pu la cal-

I • |i Mfii.i* (. •■! iiiiii.iiii tlii r» 'ii'i *l I li-liMn- .iliii-»*-* ili l.i M-ti iii • . :i la lui i)ii ' ' ur\ m'f .«■' «i /(iii'<ifi I /'••.ifi>|ii« , iri f> mil il «II» .'i|'|iU'ri.iIlii|ir, .iliniuQiti* .ili\ |iiri'*-ilrli|i-», i«*; flO Ui««u\ Uc l'viuli* lit- QuoiiA) tl »ui vi u\ d'Atl. Miiilli. ^ h. IL

cule avec uiie telle précision, qu'elle guide nos navires au travers de

l'immensité des mers.

Occupons-nous sans cesse du progrès de nos connaissances» sacfaoni rendre utiles nos découvertes quand elles sont constatées, et..- laissons faire le temps. Si quelques personnes se laissaient décourager par l'inutilité apparente des efforts qui ont été faits jusqu'ici pour améliorer le sort de l'humanité, je les prie de considérer que ce n'est que depuis peu que l'on est entré dans la voie de la véritable instrucUoD, la voie de Texpérience éclairée par l'observation et l'analyse. Il y a des nûUien de siècles que cette voie est ouverte à tout le monde, et Ton ne ta pratique véritablement que depuis deux ou trois cents ans. Les premiers progrès ont dû se manifester dans ce qui a rapport aux sciences idiyaiques, parce que c'est là que les vérités sont palpables; aux sciences mathématiques, parce qu'elles sont susceptibles de démonstralioiis rigoureuses. Dans les sciences morales et politiques, les vérités paraissent soumises à l'arbitraire des volontés humaines, mais, même dans cet ordre de vérités, il y en a beaucoup qui sont susceptibles d'une démonstration complète : vous en aurez la preuve dans Téconomie politique, et c'en est assez pour changer complètement le sort des nations. P^ile nous montre clairement comment s'acquiert la satisfaction de nos besoins, et comment on peut éviter ces malheurs presque continuels qui ont assailli les populations. En voyant le peu de progrès que nous avons faits, nous apprendrons mieux combien il nous reste à faire 1

Quel triste spectacle nous offre l'histoire' ! J[)es nations sans industrie, manquant de tout, poussées k la guerre par le besoin , et s'égorgeant pour vivre I d'autres nations, un peu plus avancées, devenant la proie de celles qui ne savent que se battre , le monde constamment livré à la force, et la force devenant victime d'elle-même i rintelligenoe et le bon sens mal protégés, et ne sachant pas se prévaloir de l'ascendant qui devrait leur appartenir; les principaux personnages d'un Etat, les philosophes les plus respectés, n'ayant pas des idées de bien public plus arrêtées que le vulgaire ; Lycurgue tolérant le vol et commandant roisivetê ; Catou ne rougissant pas de prêter à usure et de se faire marchand d'esclaves ; et Irajan donnant des fêtes où il faisait

' l /auteur s>st enipriinté à lui-même ce sombre el éloquent tableau de l'esprit social èhec les anciens el au moyen âge. Voyez les Considératiofis yëHérahs en tèle du Coars, pu 19

el sulv. ( K. D. )

IIISCOI us l»(i| VKKll KK. 191

ffurgiT. au ra|)|ji»i'l ili- Hioiiorf, dix mille f^lJuimltMiiî» H niize mille

élUI&JU\!

\oiki ce qu't'Iail la SiN*irtr vUvi l<*s uiiriiMis ; cl lorsque les |H>u|>les(, i^-m »>liv dévores nuUui'IliMnenl^jouisMiieiil par hasani, ou parppui- ^aieiil, de quelque repos, il lallail chaque fois que la civilisation recuaiaieiM;Àl et s'eteudil avec de lents pro^vvs , sans siilidilê comme 3AU> ^aranlies. Si quelques iiisinnts de prosptTité se font aipercevoir Jr loin eu ioui, comme |KJur nous consoler de Ihisloire, luius ignorons «quel prix ib oui ele aciieies ; nous ne lanlons pas a acquérir la ceriiltttie qu'iui na pas su Irsciinsuliilcr. et nous |)jissiMis li notre aisi*. ••ii loynuiil quelques leuiilets, sur de lon^s siècles de diviiii, et |iar (Hmi- M^quciU de mi»eres cruellement si\ouree^ par les hommes de TéiMique, (trieurs remmes. parleurs proclies.

Uii assure que les nations peu\enl sotiHVir. mais qu'elles ne meurent ^.jei'roi>. moi. qu'elles meurent dans une lente agonie, l.es peuples «le lu. d AUièiio, de lUnne, ont |nmi dans de longues souiVrances. r.e HMit d autres |ieupU> qui, sous les in«'mes noms, ou sous desdenoimitê(juii!« iHiu\elle>, ont |M'uple W> mèiiie> lieux.

il' iH* «iius parlerai p.isde lu lurbarie ilu moyen à^t*, de l'anarcliie <^»Ule, des proMM iptions reli^if*uses, de celte universelle férocité où !*■ faillie i*tail toujours opprime, sans (pie le ilominatenr en fût plus ^M-uri'ux ; mai» que II ouverons-nous dans di*s temps où l'on s'est pn** >iklu plu.*» civdiM* ' Iles f:ou\ernenienls v[ des peuples tout a lait iàbitr^hts «le leurs \iiii> iniiTêls. se perMVulaiil pour des do-^ines iSi'M.iiiiii.iiils iiu iitiMirdes, i:uernt\a!il par jalouMe.el dans la |ktvitNiiii iMiu liiiidiv, que la pros|HTile d une autre nation e>l un obstaoc a li'ui pro>perita*. On >'est tait la fzuerre pom- une ville, |Miur une ^uMuei*. pour > arracher une hraiiehe de eomineree; on la laite eii- ^iUr |<iui M' disputer des eolimies; puis, |(Our les tenii sous li* jmii: ; ''Hijilursia ^uern* enlin.... tandis que l«*s honnîtes n'oiil qu'a i:a;;iier à Ji-^ ivmmuiiieatioiis uimC4iles; qu une pre|mnderanee ti*rcee n'est iuula»'eu>e |iour personne, pas mt^nie |Miur ceux qui l'exercent ; que ^ (iiMurdes xtnt leroiide> en mailieurs de tmites sortes, sans aucuns 'l"<i<ninia|:ements, si ce n'est une vaine f;loire et quelques de|Hiuilles MirtM'tivi's.qiiand un les eonipareaux trestiis Ir^ilinu-s ipi un peuple i*iillirrr il»' la paix, Inrsquelle n'est pas arlii'ti>e par des liasM»s>es : >it>l Ir ^|H'Claclf que nous pie«»eiiti' le inonde sous I empire de»i prei^r% anciens.

Mais du momenl qu'on acquiert la conviction qu*un Etat peut grandir et prospérer, sans que ce soit aux dépens d'un autre , et que an moyens d'existence et de prospérité peuvent être créés de toutes pièces, du moment que Ton connaît comment ii faut s'y prendre pour obteoir cette création, alors les sentiments haineux cessent, on désire» plutM qu'on ne redoute, la prospérité d'une nation étrangère; les nations savent qu'il y a des moyens d'existence plus sûrs, plus féconds que ceux qu'elles ont hérités des siècles d'ignorance, et chacun des individus dont elles sont composées recueille une part plus large d'aisance, de paix et de bonheur. *

C'est, Messieurs, ce qu'on peut attendre d'une connaissance plus répandue de l'économie des nations ^ Au lieu de fonder la prospérité publique sur des systèmes hypothétiques, ou sur une impulsion demandée aux gouvernements, quels qu'ils soient, on la cherchera dans l'intérêt bien compris des nations elles-mêmes. Ce ne sont pas les hommes chargés de les gouverner qui les nourrissent, ce sont les hommes dont elles se composent. C'est là qu'est la pensée, c*est là qu'est raciion qui fait subsister la société. C'est un emblème trompeur que celui qui représente la société comme une famille dont le chef est le père. Ces deux choses sont essentiellement différentes. Dans la famille, c'est du père que viennent tous les moyens de subsistance; c'est dans sa tète que germent toutes les conceptions utiles; c'est lui qui procure les capitaux nécessaires pour entreprendre l'ouvrage ; c'est lui qui met IH main à l'œuvre et qui dirige le travail de ses enfants; c'est lui qui pourvoit à leur éducation et à leur établissement.

Dans l'état social, c'est tout le contraire. Les conceptions sur lesquel' lesse fondent l'entretien du corps social, l'exécution des entreprises, les capitaux qui les fécondent, l'activité qui les fait réussir, sont le partage des gouvernés. C'est là que l'on étudie les lois de la nature, bases de tous les travaux humains, que l'on pratique les arts qui nous font vivre, et d'où naissent les revenus de tous les membres d'une nation, depuis les plus humbles jusqu'aux plus éminents. C'est la nature qui a créé la supériorité du père sur les enfants; c'est elle qui a voulu qu'il fût pendant leur enfance le plus fort, ensuite le plus expérimenté.

* I/uI)servation r.iite plus huut vn note de la p. ibh p^t applicable aux derniers paragraphes lie re dis«"oiivs. (E. D.)

OISCOliRS DOLVERTIRE. 193

taM la todélé civile, non-seulement la force morale, mais la force plysqiie, se trouve du ciHé de ceux qu'on a nommés (non sans quelfK oÉiserie: des enfants; car plusieurs millions d*hommes endurcis a low les genres de travaux» et |mrmi lesquels se trouvent répandus iNtt les genres de connaissances, sont incontestablement plus forts fK quelques centaines d*hommes qui les gouvernent.

Ce D'esl pas un tableau plus fidèle que celui qui probablement a été Irm par des publicistes d'antichambre, que celui qui représente les nUiycns comme des brebis, et ceux qu'ils ont prê|K)sés |M)ur soigner la iolêréis de la communauté, comme des pasteurs. Un tel langage •dt propre qu'à rabaisser la dignité humaine à la condition de la bni- Ir.tet bergeries politiques ne conviennent plus à un sii^cle parvenu à naatunte.

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