DES ANGLAIS
la longue interruption des communications entre la France et TAn- «[Iflerre, a rendu bien précieux les moments qui se sont écoulés depuis la |iaii. On a pu aller cherclier de lautre cùté de la Manche, Texplica-
* Aa momrni ou, après un long iiitenalle de guerres, les communications se inv^rrmt rétablies entre lesdifTérents Ktals de TKurope, Timpatieuce de l'auteur loi i:raiKle de revoir TAugleterre. Il accepta en conséquence la mission qui lui tat ••Ame par le gou\eruemeut de \isjter ce pa>Y pour faire un rapport sur «-n riii rronomique et sur ses manufactures. J.-B. Say pa»a en Angleterre les «fuMrr ilemiers mois de 1H14. Il visita successivement les principales villes manuf*fiiinrrrs du pav-v et alla jusqu^à tUlimbourg ; il fut m;u avec empressement par ^ principaux rconomistes : David Ricardo l'emmena à sa campagne de Cîat- '^4nb-l'ark: ik se rendirent eusuite ensemble h Ford -Abbey, chez Jeremie Ben-
Iv rHour a Far», il adressa au gouveruemenl français un innnoire trrs- '^'«Dplft Mir le cunmien-e rt Tindustrie de la l^raiide-Bretague; et publia eu même ^^, âaus Vrcrix qui est reproduit ici, le résultat de ses obsenations sur ce qui ''«rhait au& inlrn't> griirraui et rconomiqucs.
Ijiituatioii fôclieuse dans laquelle se trouvait financièrement TAngleterre au 'tt'«iriit i>ii la guerre venait de finir, peut paraître aujourd'hui avoir été présentée 'tunwmsdn couleurs trop sombres; mais la peinture en était cependant lidele. il n a fallu rieu moins que les avantages immenses rcsultant d*une longue paix <nirr jlr. pour cicatrùer des maux tm-p(witi6t.
U juoeue dni vues de l'auteur se manifeste surtout dans ce qu'il dit sur la ^rr«lJtloo mcKietaire et sur la quAtion des lois sur les céréales. Apres pli£i de :.'rf,tr ans «lo lira sans doute, avec intérêt, ces considérations qui se rattachent au Irniil de depan dfs discussions devenues si vives de nos jours et qui ont amené b pàmpux des refurmcs rconomiques que nous voyons se rraliser en Angleterre.
lM«r ne qui concerne les billets de banque, la dÉscussion de Tuu ctimnie de 1 Muv céir de la Maocbe ail loin d*élre encore lenninee. ( II. S >
â06 • OEUVRES DIVERSES.
tion de plusieurs phénomènes dont on ne connaissait que les résultats, et mesurer le levier qui, plus d^une fois, a soulevé TEurope.
Ce ne sont point les forces militaires de la nation anglaise, ni même sa marine, qui ont exercé une influence majeure sur le continent; je ne dirai pas même que c'est son or; car, depuis 1797, elle n*a qu'une monnaie de papier qui ne repose sur aucun gage métallique; et c'est peut-être, de toutes les nations du monde, celle qui, proportion gardée, possède le moins de métaux précieux; mais c'est par sa richesse et par son crédit qu'elle a pu agir ; et comme ces armes puissantes sont le résultat de toute son économie, c'est son système économique qui est son trait saillant, et qui mérite de fixer notre attention.
Jusqu'en 181(^, la France qui avait l'ascendant sur le continent, et TAngleterre qui l'avait sur les eaux, n'ont pu sérieusement se prendre corps à corps, et les nombreux combats qu'elles se sont livrés sur l'un et l'autre élément, ne pouvant compromettre leur existence, ni même leur puissance, quelqu'aflligeants qu'ils fussent d'ailleurs pour l'humanité, ne pouvaient, quant k leurs résultats, être considérés que comme des escarmouches. Mais leur effet total a été de priver pendant près de vingt-trois ans l'Angleterre de ses communications faciles et régulières avec le continent, et la France, de presque toutes ses relations maritimes. Les colonies, séparées de leurs métropoles, se sont rendues indépendantes, ou sont devenues la proie des Anglais, et tout le commerce d'outre-mer est tombé entre leurs mains. Sauf un petit nombre de navires aventuriers, dont la plupart même n'ont pu leur échapper, ce n'est que par leurs vaisseaux, ou du moins avec leur permission, que les denrées de l'Asie et de l'Amérique ont pu parvenir dans notre quartier du globe, et que les produits du sol et de l'industrie des Européens ont été portés dans les autres parties du monde. Que cette prépondérance ait été avouée ou non, que ce commerce se soit fait par contrebande ou par des licences, sous des pavillons masqués ou à visage découvert, le fait n'en a pas moins existé.
Quelles ont été les conséquences de ce monopole?
Les profits commerciaux de l'Angleterre se sont accrus à un point surprenant. Plus de vingt mille navires de toutes nations, sont entrés chaque année dans les ports de la Grande-Bretagne. De nouveaux négociants, de nouveaux capitaux, ont voulu prendre part à ces profits. Un plus grand nombre d'agents de toute espèce ont été employés; et comme les familles s augmentent en proportion des moyens qa*on leur
DK l*a.\(;leterre et des an(;lais. m?
affre de gagner, la population des villes marilîmes anglaiflos a éprouvé tks accfDiiflcrocnto remarquables, liondres n'est plus une ville, c'est une province couverte de maisons. Glascow, qui, en 1791, n^avait que «niianla-six mille habitants, en a maintenant cent dix mille*. Lîverpool, qui, en INOl, avait une population de soixante-dix-sept mille émea, en contient quatre-vingt-quatorze mille*. Rristol, dans le même espace de temps, est monté de soixante-trois mille à soixante-seize ndk âmes.
L'établissement de l>assins et de magasins, francs de droits de douane dans tous ces ports ', facilitait la distribution en Europe, des marchaoilîsesqui y arrivaient de tous les coins du monde ; et les drmn*^ fraràs, ou restilulioiis de droits, encourageaient l'exportation des produit! intérieurs. Mais une autre cause, k laquelle on n'avait pas songé« favorisait bien davantage cet immense traflc.
iN'puis l'avènement de Na|K)léon, la prodigieuse activité de ce prince
* n^r picKirr «f ^/«UfAir for. iRD.paçf &4.
* (•JfvAoMii ; On 1^ Wernith ofthe Bnittk Empire, piKf 42.
- Lofiu* drwt» que pairiil presque Uiule« le» Diarchaiulurt à leur cnlree en Ai^letcrre, '< ^ui rornirnl une part inipui tante di*» revrauA «le mm Ibr, auraient MMivent enipcehe ^«l 'iiBinrrrr, »'il ■% ait fallu que le neituriant fil l'a^anre de ce dniil à IVntree de «on MiirpdMM k pi«L Ce»! une arande difBculté que d^n* oldlitê de trouver lur-le-ehamp, «•fvki %%9tK*% qucle cuouaerce exigi', el avanldavuir iieii vendu, ecnt mille franc* Ha* uu DMMiu puur pB)rr le** druilK d'une cargaisun qui ariivi . Mai» quand le Guuvernr- >vBi ijmri ij luarrhandiae dam^ un |Nirt ou daiix un niuua^iu franc, h*» achrl«Mirfr f>'v H'srnirfii. et a mrfurr qu'une partie ^\v* nian-handlM*» oi4 vendue et qu'elle uni de IVn- 'nak fraachr, on en \»ête les druil«aver plu» de facilite.
li un autie n'iir, iV^prit de la ll■ul^lallllll anulai«r, irini|Ht>ant qui* |n*u ou punit de •^iti «uf Irt niatclundiM^qui nrrivent du di-lifir« p^ur être ree\|Hirieeii, afin que ce:» auritijiid.M> pui!««*iil daii!> IVlraiiurr M^ulenir la oiiicurreiuv desi autreit n;iti«in<>, [n ^%m Mut». «'Il n'v avait |ia» de mapaïuiii franci, Mmieiil danii la net(*ik»ilr de pa>er »ur '•» teareàaftliwii 1^ dmlt d'iinpurlitMia, aauf à M le faire reHibourift luTMiuVlle* nw^ri^ii, rr qui entraînerait une multitude d'Inconvénient». Dan» It-» mututin» francs eHe» ^oi o^lMmv». vvoduci. rc«'harisrf>, et e\pèdieeà, mu» avuir rien à démêler avec le»
« r»i dan» ce but qu j Ixindre», |iai exemple, on a cieuM* de main dliummn trul» portu viftrvrl» enluam de ma(<ayinii et dir mur*, rnn piinr len vaiMieaux diti lnd«*», raiiirr |mfir <v«« 4t* %atillci. l'autre piiur de» roinmctce» diver», dont chacun %jiuI nn pnrt de nier WiiAiaUe. et m. movennaot une modique retribuiion. Icn navire» peiiiml eiiInT et 'vM^n^r. pci^^u que ce »oit pour aller a l'étranger. »an» p.tvri dedroitu dedouantii. Li •^«•tne iiVvrrrr «r* uioib» que «nr ce qui M>rt dr Irui fiicnnte, pour être ^cih- tlaii» la inleneure. ,.>ofr de lUMirur.
et ses vastes talents, secondés de la bravoure des Français, menaçaient rindépendance de FEurope ; mais l'Europe, déjà épuisée par des guerres acharnées et par des tributs que lui avait imposés la République, ne pouvait supporter tous les frais d'une dépense si difDcile. L'Angleterre, par ses subsides, pourvoyait à une partie de ces frais. Des agents répandus sur les points accessibles du continent, et dans les années alliées, en Portugal, en Espagne, en Allemagne, obligés de se procorer, en nature ou en argent, les valeurs que devaient fournir l'Angleterre, offraient leurs traites sur Londres, ce qui rendait abondantes sur le continent, les lettres de change payables en Angleterre, et avait avili son change, au point qu'une livre sterling qui dans l'origine valait, en argent de France, 24 francs, a pu, pendant un temps, s'acheter sur le continent, pour 16 à 17 francs ^
Une dépréciation pareille avait lieu relativement aux monnaies de Hambourg, de Vienne et de Lisbonne.
Qu'en résultait-il?
Tout spéculateur, de quelque nation qu'il fût, pouvait tirer des marchandises d'Angleterre et se procurer, à un prix avantageux, la monnaie avec laquelle il devait les payer. En effet, s'il achetait, à Birmingham, une marchandise au prix d'une livre sterling, au lieu de payer 24 francs la livre sterling qu'il était oblige de remettre pour s'acquitter, il ne la payait que 18 francs au plus; de sorte qu'il pouvait consentir à ne rien gagner ; que dis-je? à perdre sur la marchandise, puisque sur le change seul, il gagnait 25 pour cent, ou un quart de la valeur à remettre. Il ne faut donc pas être surpris de l'activité des ateliers anglais à de certaines époques, et de l'accroissement qu'on a pu remarqua
* Od se tromperait si Ton [s'imaginait que toute la dépréciation du change 8ur Londres» avait pour cause le discrédit des billets de banque, seule monnaie avec laquelle nne lettre de change sur T Angleterre peut être acquittée. On a payé dernièrement 22 francs environ une livre sterling qu'on a obtenue pour 16 francs, et cependant on sait fort bien, en 1815, que la banque d'Angleterre n'a pas plus de moyen d'acquitter ses billets en espèoeSf qu'elle n'en avait enl813.
Pendant la guerre, avec 93 guinées en or sur le continent, on achetait 100 guinées eiior payables à liOndres *. Le discrédit n'était pour rien là dedans. C'était l'abondance qui dépréciait la monnaie anglaise, la monnaie payable dans Londres, cl non le défaut de cooûance dans 1 es billets. (Note de l'Auteur,)
I Report to the houte uf cttmmoHs on the high price of BuUion, page 33.