DE L'ANGLETERRE ET DES ANGLAIS
àÊDé Ici Tilles muufactiirières, aussi bien que dans les villes commerçaoles, quoiqu'à ud degré un peu moindre*.
Telles sont les causes des progrès qu*oni fails le Gommeroe elles manufactures de la Grande-Bretagne, pendant la guerre; mais ce n*est pas tout.
La population des villes s'accroissant avec les proflls de Tindustrie, UdeoMnde de toutes les denrées alimentaires s*est augmentée aussi. Lr ble, dont le prix moyen était, en 1794, de Stshiliinys le quarier*^ fUit monté, en 1813, jusqu'à 136 shiiiing$ \, plus de cent cinquante francs de mitre monnaie )•
Ce prix exorbitant, ayant porté très-haut les proGts des fermiers, l»tf une conséquence nécessaire, le taux des fermages s'est élevé à chaque renouvellement de bail ; et fermiers et propriétaires ont fait des «un» considérables.
Miis tandis que la guerre provoquait ce développement forcé de I industrie anglaise, les Anglais en profitaient peu. L'impdt et l'empnint leur en ravissaient tous les fruits, l/impôt pesait à la fois sur k» i»roductions de toutes les classes et leur enlevait la portion la plus clairr de leurs profits; et Temprunt absorbait les épargnes de ces gros mtrepreneurs, de ces spéculateurs avantageusement posés, qui tiraient Ir meilleur parti des circonstances.
U fscililé que le Gouvernements eue d'emprunter, c'est-à-dire, de
l*mîoir dépenser un principal, pourvu qu'il en payât la rente, a favo-
te les plus énormes prorusions. îjcs dépenses de la guerre sont plus
hrtei pour l'Angleterre, que pour toute autre nation. En premier lieu,
I l'administration, pour ses approvisionnements, souffre, comme tous
' ^ autres consommateurs, de la cherté des marchandées, dont elle
I ^U première cause. Elle paie non-seulement pour ses approvision*
i ' U p>y>Uuon de Mancboter cUII :
en IMI df 8i.00u, en 1811 de SS.OOO «ifilk de Bimiingluuii de 73,000 ... de 8&,00u Ollc d« L«nb. . . de U.UU» ... de 63,00U «>lle de Sbcffleld. . de 3I.0U0 ... de S&,000 Olle de >kilUiH[h«m. de W.OOO ... de 31,000 «>Uc de Uerby. . . de lO.OOO ... de I3.0U0 •b. \«9f« Co^ukoun : On Ihe Wealth oftke Brihsh i'Mptre, pag. 42. * U fMrier cM une mnufe de captrtié égale A 28& liiret &3 rcoL Oo Mit que le tetier
* hnê «^ilr lU litir» 3« cenU II faut à tr^»-pru de rhoar I * tetier de Pan» {mur faii
• fMTirr daal k inldi f»l d'coviroo 4U livm poédi de maic. (.Vote de rAutenr.
j.-a. SAi. — 1%. Il
SIO OEUVRES DIVERSES,
nements, mais pour ceux de ses alliés; non-seulement le salaire de an soldats, mais celui de beaucoup d'autres soldats. Ses forces militaires et navales sont éparpillées sur tout le globe.
Un approvisionnement, un magasin en Asie ou en Amérique, coûtent le double de ce qu'ils coûteraient en Europe; chaque soldat qu'on y envoie, cause une dépense égale à deux soldats, et c'est un grand avantage que les Etats-Unis conserveront toujours dans leurs démêlés futurs avec la Grande-Bretagne.
Je ne parle pas des abus dans les dépenses qui sont scandaleux ; des abus anciens, et qui se sont glissés par degrés, des abus tiouveaux introduits de propos délibéré, des abus que relève l'opposition^ parce qu'il n'y a que les amis (les ministres qui en profitent; de ceux qu'elle ne relève pas, parce que la vanité nationale les protège *; mais du tout ensemble il est résulté que, quoique les impositions aient quadruplé depuis 1793, les dépenses ont chaque année progressivement excédé le montant des rentrées, qu'il a fallu pourvoir à ce déficit progressif par des emprunts devenus plus considérables d'année en année \ et
■ Je ne sais pas jusqu'à quel point la Justice politique commande de donner rargnil d'une nation à un citoyen qui n'a jamais rien fait pour elle, et qui ne se rend partleaUèft-* ment recommandable par aucun talent ni aucune vertu, uniquement parce que leioct Vm rendu frère d'un amiral qui a perdu la vie dans un combat de mer. Voici œ que la famille Nelson coûte à la nation anglaise chaque année à perpétuité.
Au comte Nelson, frère de l'amiral, outre une pairie, une pension de 5000 Ihr.tt 130.000 nr.
Pour rachat d'un bien une somme une fois payée de 100,000 liv. st. (2 millions 400 mille francs) dont l'intérêt annuel coûte à l'Eut. . . 130,000 fr.
A la vicomtesse Nelson, sa veuve, 3,000 liv. st 48,000
A mesdames Susanna Bolton et Catherine Matoham, ses sœurs 48,000
Total en argent de France 336,000 fr.
Dernièrement (20 février 1815) le parlement s'est en vain récrié sur un article de 4O00 liv. st. dans les dépenses (96 mille francs) donnés au duc d'Yorck pour l'indemniser dVroir reçu le roi de Prusse. Ce diner en effet coûte un peu cher à la nation anglaise.
Le trésor public paie encore au duc de Marlborough qui n'est point descendant du gnsd Marlborough, mais qui a pris son nom, parce qu'il a épousé une descendante, ISOmilk francs de France annuellement outre la magnifique terre de Blenhehn dont il a hérité.
Voyez Colquhoun: On the WecUth of the BrUtish Empirt, pag, 244.
(Note de l'Auteur.)
* Voici d'après Joseph Hamilton (an Inquiry eonceming the national âebî) le an* tant de la dette anglaise au commencement et à la fin de chaque guerre. On volt dnaee tableau ce qu'il y a eu de racheté durant les intervalles de paix, et le déficit oceislossi par chaque guerre. F. Ile était rn 1680, époque où Guillaume et Marie montèrent sur le
DE L'ANGLETERRE ET DES ANGLAIS. Ml
qui oal iuleoieDt porté le principil de It dette à la somine effriyanlt de le milliards 649 milUons argent de France % dont rintéréi annuel, joint aux consommations courantes, ont porté en 1813 le total des
* lpO&4,SX&U?.iL
CD ISS7 — 21^16,743
en 1714 — &3,68l,070
en I74S — 7t,29S,SI9
en 1763 — I33,9&9,370
en 1775 — 133,963,354
en 1711 - 398,381,348
en 1793 — 337,989,148
en 1803 — 499,753,063
en 1813 — &9U.590,197 » III& Mtteni le rekul dr U noie suivante, ^ 777,460.000
* U rbencfllcr Se rfirlilquier, M. \aiiilltaH, dant wn diaooun au Parlement le 30 lé- <nn dcraker, m U |iorte qu'a 660 mUHunt alerling, maie U n'entend probtbieniem ptr t« <|i*f k» capiuni reeileuirnl prêt» au gouverucuient. ÏJtê capilaui qu'il faudfiU que le ■«icmnocnt |ie)àt puur t'acquiller, ionl pluji «Muidèrable* par la raison qu'on emrvur au rouri 4f fu ploee, r'eit-à-dlrv qu'un donne, en Inlêrfts annueb, le moins de mUihii» qu'on peut pour un capital emprunte ; el qu'on rachète au eour$ de la place, c'est- Mirc qu'on rachéie le plut d'inleréti qu'on peut avec un capital donné. Or comme on •■•praoïe eu teiup* de gnenc où la rente est au plus bas, et qu'on rarbète en temps de KtMÙ u rente est plus reclierchëe, un ne peut jamais rncheler une rente d'un million **^ k m^me capital qu'on a rv^u en créant la rente.
4a laut ou est riolerét en Angleterre, et surtout au tant où il serait si l'on s'orcopalt «niwrmnit à rcnbonner la dette. Il est prolMtHe que, le fort portant le faible, on ne hi fttbfKfait pni au denier vingt-cinq (35 yean purckaie); niato en mettant ce rachat an 4nifr 10 ■culemcnt, le» 3& millions 973 mille livres sterling de rente avouée par M. Van-
MUn rti«rraicnt un capital de 7 19 millions 460 mille II v. ai.
kfÊMû fani Clouter pour la dette OolUnte &8 millions.
Os Mrait donc en calculant au plus bas, à rembourKr un
IXtapaldc 777 mlUioos 460 mille liv.aL
<n»-A-dirc un peu pUw de 18 milliards €49 millions argent de France.
U cauae d'amurtiMcmcnt est un %eritable leurre. Qui ne voit que si. Indépendamment * ce qu ii« cmpruntr chaque auure puur acquitter l'eicedant dea dépenses sur les recettes, « impiunle cMOK le montant de la portion de dette qu'on rachète, c'est oumme si on ne 4 rachttaii pas.* Sii l'un )ouit de l'intérêt compote sur ce qu'un rettibourM*, on paie l'inlé- -4 oflpase aur pe qu'on emprunte, puisque l'année pruchainc on empruntera de quoi |siv HnlmM de coite année, et l'on paiera par conséquent nntérèt de l'iolerét.
tant • «enK qnl ciment que la dette de l'Eut eet une dette de U main droite à la main |Mfet.ft qni s'unaflamt en conaequenee que le montant de la dette n'est pmut un capital finÉB pour In nalian,ic Ie»mg9«e * voir dans mou Traité d'Économie pohtttime :U\, Ul. d 9. rambien lU lunt dans l'erreur. Sote de l Auteur.
âl2 OEUVRES DIVERSES,
dépenses publiques faites par les mains du gouvernement central, à la somme incroyable de 112 millions 391 mille livres sterling ( plus de 2 milliards 697 millions de notre monnaie) K
En voyant pour la dépense d'une seule année^ qui, selon toute apparence, a été surpassée par la dépense de 1814, cet effrayant résultat, on croit se tromper^ mais il est fondé sur des communications officielles, et certifié par des auteurs attachés à l'établissement public.
Sur cette somme de dépense annuelle, 69 millions sterling environ ont été fournis par les contributions de l'année. Le reste a été procuré par des emprunts et des anticipations. En dautres termes, environ 1 milliard 700 millions de notre monnaie ont été levés sur les revenus, ou, si Ton veut, sur les profits annuels de la nation anglaise , et 1 milliard sur ses capitaux ou ses épargnes ^; et cela, indépendamment des contributions qu'elle paie pour les dépenses locales, pour le culte et pour les pauvres, qui se montent, comme on sait, à des sommes considérables. Tellement, qu'on ne s'éloignerait peut-être guère de la vérité, en annonçant que le gouvernement consomme la moitié des revenus qu*enfantent le sol, les capitaux et Tindustrie du peuple anglais s.
En morale comme en physique, les faits naissent les uns des autres.
' Colquhoun : On the Wealth of the British Empire, pag. 261.
* Colquhoun, ut suprà,
^ Rien n'est plus difficile à évaluer que les revenus généraux d'une naUon. Si sa popote- Uon n'est jamais exactement connue, le revenu de chaque personne qu'on peut dégoiier plus aisément et qu'on a tant d'intérêt à cacher pour se soustiaire au fardeau des charges publiques, est encore plus difllcile à connaître. 1^ taxe sur les revenus en Angleterre peut cependant fournir quelques bases. A la vérité la loi accorde un dégrèvement à ceux qui gagnent au-dessous de \bO liv. st. par année, et une exemption complète à ceux qui gignent moins de 50 liv. st. On peut supposer en outre qu'un grand nombre de gens oot déclaré leur revenu moindre qu'il n'était; mais aussi il y en a beaucoup qui ont pu dUBcilement s'écarter de la vérité, tels que les propriétaires fonciers, les renUera et les fonc- Uonnaires de tous les ordres ; et il y en a beaucoup aussi qui soit par pudear, aoit pir vanité, soit dans la vue de soutenir un crédit chancelant, ont déclaré un revenu égal oa supérieur à la vérité.
Or dans une année moyenne sur les trois années qui ont fini le 5 janvier 1813» la tau sur les revenus a produit 13 millions 281 mille livres st. et comme cette taxe est dn dixième du revenu présumé, elle indiquerait pour le total des revenus de la Grande-Bretagne une somme de 132 millions 810 mille liv. st. Colquhoun les évalue beaucoup pint haut Mais ses bases sont tout à fait vagues et exagérées. Admettons néanmoins qu'ils s'éUveot à 224 millions st. (plus de cinq milliards de France). Cela ne fait encore que le double de montant des consommations du gouvernement qui s'élèvent à 112 millions st. ainsi qve nous venon? de le voir. Les rentiers doivent être considérés comme des consommateurs
DE i;an(;i.ktkrrk kt dks an(;lais. si3
CHuî qui m UD r^uliat, devient la rauM d*iin autre résultat, qui aéra une cauae à son tour, l/énormité des charges supportées par le peuple andais, a rendu exorbitamment coûteux tous les produits de son sol et de son industrie. Chacune des consommations des producteurs de toutes les classes, chacun de leurs mouvements, pour ainsi dire, étant taxés, les résultats de leur industrie sont devenus plus chers, sans que cette cherté tournât k leur avantage. Dans chaque profession, les irains ne sont pas sensiblement plus forts en vertu du renchérissement de la marchandise produite dans cette profession, parce que ce renchérisseroefiC s*en va en (irais dimpôts payés par le producteur, et n'ajoute rien à ses profits, et cette cherté générale oblige les producteurs, en Irar qualité de consommateurs, à s'imposer de continuelles privations.
Ihi Anglais qui a un commerce, si le capital qu*il emploie ne lui appartient pu, et sll est obligé d'en payer l'intérêt, ne peut soutenir la famille. Une terre, un fonds placé, qui partout ailleurs suffiraient pour procurer de l'aisance sans travail, ne suffisent point en Anglelerre pour faire vivre leur possesseur : il faut encore, s'il ne les fait l«s valoir lui-même, qu'il exerce un talent, qu'il concoure soit en rhef, soit en sous-ordre, à une autre entreprise.
Fjifin celui qui n'est pas à portée d'exercer une industrie ou un (aient quelconque* celui qui a un revenu modéré, fixe, et qui n*est pas attaché à la glèbe, voyage dans des pays où les objets de consommaboo sont nmns coûteux, et c'est le motif qui a chassé vers la France, la Belgique, la Suisse et l'Italie ces nuées de voyageurs anglais, parmi Irfquels il s'en est trouvé aussi quelques-uns que la seule curiosité a Bis en mouvement.
Cest auaai la cause de la grande détresse de la classe qui n'est simpIcBenl que manouvrière. ITn ouvrier, selon la famille qu'il a, et malgré des efliMls souvent dignes de la plus haute estime, ne peut gagner <■ Anglelerre que les trois quarts et quelquefois seulement la moitié de la dépense. La paroisse, c'cst-i-dire le produit de la taxe pour les
il ; d*alUrani, ni on dlfinyalt leiin mmioinmitlont de U laUoiit du fouvernraimt. Il faudrali diatraire leur» reteoat de ta anmine dea partiailicn.rc <|ui rr%iCfMlrail au mémr. Il drmrurf donc demontrf que le fonkl que de la nioiiir de »e« pruduit» : que chaque famille eftt oblige de aae valcar double de ce qu'il lui e^l permi» de eofiMurer a le» bcfolni. JamaU «, et aHrioQt une nation flairée, nu eie eiploltèe a«ec autanl d'impudcnee.
(iVola^l'iMlMr.)
pauvres, est obligée de subvenir au surplus. Un tiers^ dit-on, de h population de la Grande-Bretagne est ainsi obligé d'avoir recours à It charité publique. On rencontre très-peu de mendiants, parce que les secours sont donnés à domicile, et que, ne suffisant pas pour les faire vivre, il faut encore qu'ils travaillent. Un voyageur anglais, de bonne foi, qui a traversé toute la France en dernier lieu S manifeste à chaque pas son étonnement de ce qu'on peut y gagner sa vie par son travail; et son étonnement découvre bien ce qui se passe en Angleterre.
On y voit sans doute aussi de ces gros capitalistes qui peuvent k croiser les bras et qui n'ont d'autre affaire que leurs plaisirs; leun revenus sont si grands qu'ils excèdent tous les besoins et défient toutes les chertés; mais leur nombre est toujours petit comparé à la totalité ' d'une nation. La nation anglaise en général, sauf ces favoris de la fortune, est obligée à un travail opiniâtre; elle ne peut pas se reposer. On ne voit pas en Angleterre d*oisifs de profession ; on y est remarqué dès qu'on a l'air désoccupé, et qu'on regarde autour de soi. Il n'y a point de ces cafés remplis de désœuvrés du matin au soir, et les promenades y sont désertes tout autre jour que le dimanche; chacun y court absorbé par ses affaires. Ceux qui mettent le moindre ralentissement dans leurs travaux sont promptement atteints par la ruine; et l'on m'a assuré à lx)ndres que beaucoup de familles, de celles qui avaient peu d'avances, sont tombées dans les derniers embarras pendant le séjour des souverains alliés, parce que ces princes excitaient vivement la curiosité, et que, pour les voir, on sacrifiait quelquefois ses occupations plusieurs jours de suite.
Ceux même qui travaillent avec aisance et qui pourraient se reposer à leur gré, travaillent pour être riches, pour se mettre à l'abri de tous les événements, et pour marcher de pair dans toutes les profusions. La plus grande honte en France, c'est de manquer de bravoure : en Angleterre, c'est de manquer de guinées. L'opinion n'est peut^re pas plus raisonnable d'un côté que de Tautre.
Cette position économique exerce un effet déplorable sur les lumières, et fait craindre à l'observateur philosophe que cette patrie de Bacon, de Newton et de Locke, ne fasse bientôt des pas rétrogrades et
• Voye» PooTrage Intitule : Notes on a jourray through Franu by Morris JNrfcftecfe. L'auteur paraît avoir Imprimé bonnement les notes où 11 consignait ses premlèm Inpressions. Ellei sont toujours sévères, souvent curieuses. (SoU de VAuUur,)
DE l/ANGLKTERRK KT IlES ANGLAIS. SI5
npidct van It barbarie. Il parait certain qii*oii lit beaucoup moina qu'on ne faîaaii; on n'en a pas le temps, et les livres sont trop chera. Lm ricfaea qui peuvent ne songer qu*à jouir, ont d^autres jouissances que celles de Tesprit, et ces autres jouissances rendent inhabiles i ces dernières. Le peu que les gens du grand monde lisent, en général , D'ert jamais ce qu*il y a de meilleur : les lectures vraiment utiles exîfmit une application qui leur pèse; et quand, par hasard» ils lisent de bons ouvrages, c*est une semence qui tombe dans un sol épuisé, ou les bons fruits ne sauraient prospérer. 1^ classe mitoyenne est la seule qui eCudie utilement pour la société, et bientôt elle ne pourra plus étudier en Angleterre ^
Il y a cependant deux sortes d'imprimés qui se lisent, qui sont de oeresailé première : la Bible et les journaux. Il reste à savoir ce qu'on peut y puiser d'instruction.
J'ai dit qu'en payant tout plus cher on n en gagnait pas davantage; souvent même le producteur d'une denrée gagne d'autant moins qu'elle devient plus chère. La cherté diminue le nombre des consommateurs, parce qu'elle met les marchandises, à commencer par les moins néoeséairea, hors de la portée de certaines fortunes, ceux qui ne se pn%'eQt pas tout k fait d'une chose, en réduisent tout au moins la nuMommatiop; dès lors elle est moins demandée qu'elle n'était. La eoocumoce des consommateurs dimhiue, quoique la concurrence tk» producteurs reste la même ^.
t:'eat ainsi que les producteurs, à mesure «lu'ils s'imposent des privations sur les denrées de leur coiisomuiatioii, éprouvent plus vivemtQi le besoin de vendre, mi^nie à très-petit bénéUc4s les denrées qu'da produisent Nulle part les efTorU faits |M>ur attirer Tattention des acheteurs, ne iont poussés plus loin qu'en Angleterre. De là, celte
* Oa imt qor, lonH|a'll r»t qiir»tlnn <l'ufH* çnindf nattoo rtnamf l'AnglftcirB, Il fiut mii«n Mipyaur bfsnfoiip d>Kc«pttoiu. (»n tait ioii)iiuni de irè«-bnnmt études, quoique M ftn vilbiqnci. à Otford. Il > • quflqur ihuM' Ui* |ilii> librral diiOA cdletde GUicow. 1^ pmlrMftirft MiurU d'MinibiNjrg Miiilieniitiii re«-l;il ilf cvlXe Umfàne l'niveriitf. la bif . l'amour du pa>s. «*> m^tr ni avpr li* uim'iI de* Ii*llri4. H \ donnant a la Utté- , qui Mfu cria n'nt qu'une rarrimlr purnie. d** l'importaiire ri de la wHdlIr. L'ff- *«6«rfà arrtrw ait prul-iMre le nit*iUf*ur jiMirniii lilli^rain* du monde; il est lu de P% i>dHpfci€ i GilniUa. .Vnre de VA utêur, ■
' On «ait dam aoa Traite d'Efloooaiie politique li«. II. rh. iv >. onmineot d par quellia Twtmm ht vÉaK fin peut a«oir lieu sur toute» k» denrée» à la foàa, et n'cH pai aeul#-
grande recherche des boutiques, ces ornements bizarres, par lesquels on s'efforce de les faire remarquer; de li, ces annonces multipliées, ces marchandises offertes au-dessous du cours, ce ton de charlatanisme qui frappe les étrangers. Les entrepreneurs des premiers spectacles, vantent eux-mêmes, du style le plus pompeux, les applaudissements que leurs acteurs ont reçus de leur auditoire ravi, auditoire qu'ils avaient, jusqu'à un certain point, composé eux-mêmes. Pour avertir le public d'une entreprise nouvelle, d*un simple changement de domicile, une affiche immobile postée au coin d'un mur, ne suffit pas, et Ton promène comme des bannières, au milieu de la foule affairée de Londres, des affiches ambulantes que les piétons peuvent lire sans perdre une minute.
Ce besoin de vendre établit une lutte entre les producteurs. C'est k qui vendra meilleur marché ou moins chèrement; mais comme la production est réellement dispendieuse, à cause des charges dont elle est grevée , le producteur économise sur les qualités. Aussi remarque-t-on en Angleterre, comme partout, que les marchandises sont d'autant moins bonnes qu'elles sont plus chères. Des qualités qui, autrefois, étaient excellentes, sont devenues détestables. La bonneterie des Anglais, leurs ouvrages de peau, dont la réputation s'étendait par toute TEurope, ne valent plus ce qu'ils valaient. Leurs soieries ne sont plus qu'un souflQe; et sous le nom de vins, le peuple qu'on dit le plus riche du monde, est condamné à s'abreuver des plus dangereux poisons ^
Lorsqu'on voit une nation si active, si noble, si ingénieuse, forcée par un mauvais système économique, à se donner tant de peines, et cependant k éprouver tant de privations, on se demande avec amertume : A quoi sert donc la liberté civile et religieuse, celle de la presse, la sûreté des propriétés et la domination des mers !
Le grand malheur de TAngleterre vient d'avoir eu, depuis de nombreuses années, des administrations successives qui, en commettant toutes les fautes possibles, n*ont jamais commis celle de manquer aux engagements du gouvernement. Cette régularité passée en principe,
* On m'a assuré en Angleterre, que l'importation du vin de Porto n'excède pièn le Uers de la quantité de ce vin qu'on y consomme. De sorte que la plupart deeeux qui m boivent» sont obligés de se contenter d'une drogue rouge, fort chère, qui ne contieotpas un atome de vin. On ne peut boire avec sécurité du vin que dans les bonnes miiaoïiB.
(i^Tote de VAutewr.)
DE i;an<;leterre et des a^iw.ais. ai?
> i la publicité des comptes et ^ l'édifice spécieux de la caisse d^amortÎMemeDt, consolidé par M. Pitt, a élevé le crédit du gouvernement au point de lui permettre de consommer le principal des revenu< i venir du peuple anglais, de Taire porter aux générations futures le poids des fautes de la génération présente, et de décupler, de centupler l'importance de ces fautes, par les vastes ressources que ce CTNlit mettait aux mains des directeurs du cabinet politique.
Qu'on prenne la peine de combiner cet élément avec l'orgueil d*une nation à qui Ton peut faire commettre toutes les sottises imaginables, pourvu qu*on lui parle de sa gloire et de ses droits maritimes >.
Il y a sans doute beaucoup de lumières en Angleterre; mais a quoi servent les lumières, qu'im|K>rte qu'on connaisse la véritable nature et la véritable situation des choses, une fois que les passions sont en jeu ? .\e voit-on pas perpétuellement les joueurs risquer leur argent sur des chances que le calcul leur démontre défavorables ? Mais on finit toujours par payer avec usure toutes les sottises qu*on fait ; et plus on ap|>roche du terme où il faut nécessairement compter, et moins on a de latitude pour commettre impunément de nouvelles erreurs. L'économie politique n'est plus une science de spéculation et de luxe, rhabiletê est d'obligation ; et Ton peut hardiment prédire, que tout gouvernement qui en méconnaîtra ou en méprisera les prinripes, est destiné k périr par les finances.
Kevenons a notre sujet :
* Crftr opinloci n'ert point iniptrre ptr un pr^iug national rontrairf ; eWe Mt partagée m ^agWtprre par Imit re qu'il y a dr Hem» in>lrult« H vérilableinfnt nmU di* leur paya. I ca ai t« ri rntcnda un Unè*-|rand nombrr ; maU m* pouvant rlter des ronver«atliiu*, je Uadairai ce qoc dd à re Mjet M. J«iMph Hamilton, à qui Von doit de «avanies^ rrchercbea lOT la éttir puMique, et les plut aalnr» vur« pour U proapérité de TAnglelerrr.
• S U% nation», dit-il. pouvaient tirer quelque profit de l'eiprrienee, »l elle» Jugeaient de
• wm cocrrea artodie» avec le même Mng<frold que nous Jugeons des guerres passées, on
• amt ameralcuieot bien plus pacifique. On ne peut se dissimuler que nous non»
• mmmm fréquemment eniagés dans la guerre pour des motlf«i peu Importants, ou pour
• POMT des poinU Inatteignables ; qu'en général, les plus grands sucrés n'ont point pro-
• iait les fniiu que nous nous en prometllon» ; que, sous prèteite de prévenir desdaneer*
• lnun et imaonalres, nous avons encouru das maui présents et réels ; que la colère
• it rargunl national. plutAt que des vues Justes et Mgement cakulèas, ont dirige ntiire
• ■ndnitr politique ; que nous nous sommes engagés dans la guerre étuurdiment , que nous *lit«us Mulenue avec obatiiialioii, et que nou» avons souvent rrfufe dr» mnditions de ' lait livoraUes pour en accepter ensuite de moins avantageuses. » .4ji inquiry inio tkf
I dr^l of Crcal-anfuin ; pay. Zl . .Vole de l'A uleur.;
ÏJBL nécessité d'épargner sur tous les frais de production a pourtant produit en Angleterre quelques bons effets à travers beaucoup de mauvais; elle a, si l'on peut s'exprimer ainsi, perfectionné l'art de produire, et fait découvrir des moyens plus expéditifs, plus simples, et par conséquent plus économiques de parvenir à un but quelconque. Comme les fabrications en grand sont en général les moins coûteuses, on a fait en grand les plus petites choses. J'ai vu à Glascow des laiteries de trois cents vaches où l'on vendait pour deux sous de lait. L'éducation du pauvre, qui fait peut-être la seule sûreté di} riche, était entravée par la cherté des livres et des instituteurs, et quelques années plus tard on n'aurait pas été, au sein d'une des nations leS plus dvisées de l'Europe, plus en sûreté qu au milieu des Caffres. Tout à coup on s'avise de faire des écoles où un seul instituteur enseigne avec succès et rapidité & lire, écrire et compter, sans livres ni plumes, i cinq cents enfants à la fois *.
Mais c'est principalement l'introduction des machines dans les arts, qui a rendu la production des richesses plus économique, il n'y a presque plus de grandes fermes en Angleterre où l'on n'emploie, par exemple, la machine à battre le blé, par le moyen de laquelle, dans
' Je fais ici allusion à ce qu'on appelle le nouveau système d'éducation, d'abord introduit par M. Lancaster, et depuis perfectionné par d'autreg. J'en ai vu des effets admlraMei dans toutes les principales Tilles d'Angleterre; et ici, comme dans uneinflolté d'aotra cas, les efforts des particuliers anglais, rachètent et couvrent les fautes de l'administntion. Les désastres viennent d'en haut, comme la grêle et les tempêtes; les biens viennent d'en-bas, comme les fruits d'un sol fécond que rien ne lasse. 1^ philanthropie des Anglais ▼a an reste être imitée en ce point par la philanthropie frani^ise, qui s'oecupe en ee moment de l'établissement d'éooles économiques pour les pauvres, sur le plan de eelles dei Anglais.
Ce nouveau système d'Instruction est fondé sur le parti qu'on peut tirer de rémulatlOB dirigée vers un bon but, et du petit excédant d'instruction qu'un élève a par-deiMU on autre, en faveur de ce dernier. Chaque classe d'une école est divisée par escimade de boit élèves rangés par ordre de savoir, tellement que le plus avancé corrige ee que les antrei font de mal. 11 est obligé de céder sa place du nroment qn'nn autre en sait plus qne lui, et il passe dans une classe supérieure dn moment qu'il peut y figurer, d'abord comme élève, ensuite comme chef d'esoouade.
I^es mêmes moyens ne sont pas exclusivement applicables anx basses écoles. M. Millans» à Edimbourg, les a appliqués à des écoles relevées; et dans le colley appelé High Sckooh cinq professeurs suffisent pour faire surmonter à sept cents élèves, les difficultés da latin et du grec.
On pourrait vraisemblablement employer dans l'ordre politique, les mêmes le? len avee des sueoès merveilleux ; c'est ce que nos neveux verront peut être. {Noté de Finieiv.)
UF. f/ANGLRTRRRR ET DFS ANGLAIS. SI»
uw irmsse nploitalMiii, on fait plus d ouvrage en un jour, qu'en un moM par la méthode ordinaire.
Rnfln le traTail humain, que la cherté des objets de consommation a rendu si dispendieux, n'est dans aucune circonstance remplacé aussi avantageusement que par les machiner à mpeur.
Il n'y a pas de travaux qu*on ne soit (larvenu k leur faire exécuter. HIes font aller des liiatures, des tissages de coton et de laine; elles brassent de la bière, elles taillent des cristaux. J*en ai vu qui brodaient de la mousseline et qui battaient du beurre. A New-Castle, a l.eeds, des machines k vapeur ambulantes traînent après elles des chariots de houille; et rien n*est plus surprenant, au premier aliord, pour un voyageur, que la rencontre, dans la campagne, de ces longs convois qui «^'avancent par eux-mêmes et sans le secours d*aucun être animé '.
Partout les machines à vapeur s(* sont prodigieusement mtiltipliées. Il n'y en avait que deux ou trois k Londres il y a trente ans; il y en a drs milliers k présent. Klles sont par centaines dans les grandes villes manufacturières : on en voit même dans les campagnes, et les travaux industnels ne |ieuvent plus se soutenir avec avantage qn*au moyen «If* leur puissant concours. Mais il leur faut en abondance de la houille, de ce combustible fossile que la nature semble avoir mis en réserve pour suppléer k réftuisement des forêts, résultat inévitable de la civilisation. Aussi pourrait -on, k Taide d'une simple carte minéralogique, trarer une carte industrielle de la t Grande-Bretagne. Il y a de Tindustrie partout où il y a du charbon de terre.
Mais on a beau abréger les moyens de produire, Timp^t, le terrible impôt, qui agit sur la pnMluction annuelle précisément de la même manière que tous les autres frais, semblable au cauchemar des rêves qui gagne du terrain malgré les cfTortH qu'on fait pour lui échapper, artHnt« outre- passe les économies des producteurs industrieux; et loin qoe la nation jouisse de son admirable industrie et de Tactivité soutenue de ses travailleurs, on lui fait payer cher ce qu'elle produit ^
* On i«ii que éè% iKis In rhemfnt 4r for et Ir» lofomnliveji ^aifnl en uMgf pour l>ifàMttaym 6n mtiiM rn Anitetfrrr. 'H. S.^
* O mol proénirf »>ntffld \r\ mmnip dan« loulf^ 1m qiif«ltnnp d'éronAmk poliliqiip, d« ymu Mpépf d'arlmn qui ronrourt. mèma partkllfmênt, k U compl^tr ronfmtnn d'un ppoéall OiaiMl il «'■(ht d'iiiK mouiwlinf df» Indr». par rifmple, Ir riilti\iitfiir qui n •«r«Hl1i Ir raton. 1^ fabriranC qui l'a AM rt Wué, If n^ipuiant qui a faii vrnir la miiuw^ icv. et mêmiÊ k marchand qui la défaille, rn aont Ira proditrtrun. L'indutirir du nég^
SâO OEUVHtIS DIVERSES,
à bon marché; el la mettant dans Timpossibilité de vendre à aussi bon compte que d'autres nations moins écrasées par les charges publiques, on lui ôte, dans Télranger, tout moyen de soutenir la concurrence de l'étranger ; on lui ferme tout débouché extérieur : car si le gouvernement a le pouvoir de faire payer aux Anglais les choses au delà de ce qu'elles valent, il n'exerce pas, Dieu merci, le même pouvoir sur les Français, sur les Allemands, sur les Brésiliens.
Que serait-ce si la longue séparation de la nation anglaise d'avec les terres classiques de l'Europe, avait peu à peu altéré son goût dans les arts? si ses vases, ses meubles, ses flambeaux n'avaient plus de pureté, de légèreté, d'élégance dans les formes? s'ils étaient retombés dans ce goût gothique et contourné, dans ces ornements lourds et compliqués qui ne représentent rien? si les dessins des étoffes, si le choix des couleurs étaient en arrière des progrès de l'Europe, et si FAngleterre ne pouvait se remettre au courant sans une longue et active communication avec le continent ^ ?
Faut-il s'étonner du peu de succès qu'ont obtenu les marchandises anglaises dans les grands marchés de l'Europe, et peut-on leur en présager davantage à l'avenir, si leur système économique ne change pas?
Cette position critique que j'ai essayé de peindre et dont j'ai tftcbé de découvrir les causes, anime des débats qui n'ont pas lieu seulement dans les deux chambres, mais parmi toute la nation, et donne une grande importance aux attaques d'une opposition beaucoup moins redoutable par le nombre de ses partisans que par le poids de ses raisons, et par les grands noms, les grandes fortunes, les grands talens qui figurent au milieu d'elle.
La question des blés et celle du papier- monnaie sont l'occasion des principales discussions. Le gouvernement vient de faire des lois sur ces deux objets ; mais des décrets ne remédient point aux diflicultés qui viennent de la nature des choses, et les embarras renaîtront avec une
riant, quoique étant en Angleterre plus favorisée, moins chargée que les antres, l'est néanmoins beaucoup encore. Plusieurs nations de l'Europe peuvent transporter des mardiandises, sdit par mer, soit par terre, à meilleur marché que les Anglais. {Note de l'Aut9wr,) ■ Ce n'est point ici le lieu de placer une dissertation sur le goût dans les arts; mais In formes grecques et égyptiennes adoptées sous l'Empire, pouvaient justifier des reprocbes analogues à ceux dirigés ici contre les formes préférées alors en Angleterre. Sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres, les libres communications entre les peuples deralent être éminemment uUles. (H. S.)
DE L'ANGLETERRE ET DES ANGLAIS. »l
Mavdte vigueur. Pour se Taire des idées nettes sur ces questions, quelques explications deviennent nécessaires.
Nous avons vu au commencement de cet écrit, quelles circonstancrs, en favorisant l'activité du commerce et des manufactures de l'Angleterre, y avaient fait monter le prix du blé. Les contributions du cultivateur, le loyer que le fermier \me au propriétaire, ont monté dans la m^me proportion : et maintenant ceux qui se mêlent d'agricuture prétendent que pour que le prix du blé puisse rembourser au cultivateur ses avances, il faut que ce prix se maintienne entre 95 et 100 shillings le qnarier^ et que par conséquent, il convient d'en empêcher l'importation du moment qu'il tombe au-dessous de ce prix.
Ils ajoutent, que si la législature ne consacre pas ce principe, il sera impossible aux fermiers de payer aux propriétaires leur fermage, à TKtat ses contributions, que la culture du grain donnant de la perte, offi abandonnera Texploitation des terres médiocres, qu'on changera la destination des bonnes, que le grain deviendra plus rare, qu'on n'rvitera pas son renchérissement, et que la nation anglaise se verra iiHijours davantage |)our sa subsistance à la merci des étrangers.
D'un autre cAte, les manufacturiers et les négociants soutiennent, que si les denrées de première nécessité restent à ces prix exorbitants, la main«d*vuvrc doit hausser pluUM que diminuer, et que chaque jour ils présenteront leurs produits avec plus de désavantage, dans les narchés de l'étranger.
l/altemative est terrible, (lu c'est l'agriculture et h*s propriétaires qui sont ruinés, si les grains ne montent pas; ou bien c'est le comoiercc el les manufactures, s'ils montent.
Les Chambres du Parlement, en lixant le prix au-dessous duquel un ne |iourra |»as importer du froment à 80 shillings, viennent de prendre un mezzo-temûme qui ne satisfera personne.
Mais je suppose que, sans mécontenter les cultivateurs, le Parlement eùi trouvé un moyen de faire tomber le froment à 65 shillings, on ne wrail pas encore sorti d'embarras, i^e blé ne forme, dans les Iles Britanniques, qu'une |wrt de la nournture de la classe ouvrière; les pom- OMS 4e terres, la viande, le poisson, forment une autre part considérable de leurs aliments. On estime que chaque personne. Tune portant l'autre, ne consomme pas au deli d'un quarter de blé par année >. ()r.
VI aAJAS iàMJùm CoMtirfrrafioM oa BriUik mgrtcuUurr, pag. 18.
le quarier moins cher de 15 shillings ou 18 francs, ne procure i l'oo* vrier qu'une économie d'un sou de France, par journée.
L'influence en serait faible sur la main-d'œuvre S 4ui ne forme die même qu'une partie des frais de production. Quinze shillings de plus ou de moins sur le prix du blé, influeraient donc faiblement sur le prix des produits et sur les ventes à l'étranger.
Ce n'est pas le prix d'une seule denrée, fût-ce même le blé, qui a un grand effet sur le prix des choses qu'on fait ; c'est le prix de tout, et le prix de tout est exagéré en raison des charges publiques qui, sous mille formes diverses, atteignent le producteur et se combinent dans toutes ses dépenses ^. Ce sont les contributions directes; ce sont même les préjugés et les mœurs du pays qui vous imposent des obligations et des charges auxquelles il n'est pas plus facile de se soustraire qu'aux véritables impôts.
1^ question des billets de banque, plus épineuse théoriquemoit, a moins d'inconvénients dans la pratique. Pour la bien entendre, il faut connaître le fonds du système monétaire actuel de l'Angleterre, qui est assez curieux.
La Banque d'Angleterre est une compagnie particulière de capitalistes, qui escompte des lettres de change et se charge, moyennant
* On dira peut-être que chaque ouvrirr ayant sa famille à nourrir, il faut mulUplier U dépense de sa consommation de blé par le nombre des individus dont elte Mcoopoie; mia comme en général U femme et les enfanta travaillent en même temps que le père, eo supposant une économie d*un sou par tête d'ouvrier, on a égard à la dépense en Dourritiire de la femme et des enfants.
* On est tenté de croire, sur un premier aperçu, que lorsque tout est cher, rten n'ot cher, et qu'on se dédommage par le haut prix de ce qu'on vend du haut prix de ee qo'oo achète. U n'en est pas ainsi. On achète avec le revenu qu'on a ; ce revenu est le fruit, soit des terres que vous louez, soit des capitaux que vous avez placés, soit du profit de l'Industrie que vous exercez. Or les produits, résultats de toutes ces sources de prodactioo, n'augmentent pas en proportion du haut prix des produits qui en résultent Quand lei produits se vendent une fois plus cher, le fermage de la terre qui y concourt, ne douille pas. Une manufacture dont les marchandises doublent le prix, ne donne pas dix pour cent d'intérêt, au lieu de cinq pour cent, à ceux qui y ont des fonds placés, ni un salaire double aux ouvriers qui y travaillent. Elle ne pourrait pas soutenir son entreprise, et rentrepreneur lui-même gagne moins, quand ses produits sont plus chers. Chacun de eeux qui prennent part à une entreprise, sont donc obli(^, avec des revenus qui augmentent peu, d'acheter des produits qui augmentent beaucoup. En Angleterre, tous les produits, tous les objeU de consommation, peuvent en général être estimés valoir le double de ee quik valent en France, le fort portant le faible. Il y en a qui se vendent le triple; mais par contre, il y en a quelquea-uns qui ne valent pas le double. {Notes de l'Auteur.)
DE LANGLBTERRE ET DES ANGLAIS. Ut
félriboUoii, de piusieurt servion publics, comme du ptîemeoi des mUfli sur l'ÊlaL Elle a successivement prêté au gouvernement, nonffuleoient une somme égale aux fonds de ses actionLaireSi mais des flomnes en billets de banque qu'elle a fabriqués pour cet usage, et qui, par conséquent, n'avaient d'autres gages que les obligations qu'elle recevait du gouvernement en écliange, oUigatioos qui portent intérM, mais dont le fonds n'est pas exigible, et qui, par conséquent, ne peuvent servir à Tacquittement des billets, dont elles ont provoqué
taBanque d'Angleterre a acheté, à ce prix, la continuation de son privilège, moins sage en cela que celle de France. Celle-ci a bien prêté au gouvernement ce que le gouvernement, par un abus de la puissance, lui a demandé sur ses capitaux. Ses capitaux étaient la propriété de aes actionnaires, qui pouvaient en disposer à leur gré; mais elle n*a point fabriqué de billela pour les prêter. Aussi, qu'est-il arrivé, relativement à la Banque d'Angleterre? Que les billets prêtés par elle au gouvernement, et donnés par le gouvernement à ses créanciers, Mint revenus plus ou moins promptemeiit, et surtout dans les moments de discrédit, pour se faire rembourser; et que la Banque, n'ayant pas rtçu de valeurs réelles ^ au moment de l'émission de ses billets, n'a pu les rembourser.
U fallait, dès lors, ou que le gouvernement payAt la Banque pour «|u*eUe pût payer ses billets, ou qu*il l'autorisât à ne pas les payer. Cesl ce dernier |iarti qui fût pris en 1797. Iji suspension des paiements co espèces) de la Banque autorisée alors, a été renouvelée plusieurs lois depuis, et vient de l'être encore tout récemment. Ses billets ont acquis par là le caractère d'une véritable monnaie nationale; on n'a lias pu exiger des particuliers, ce qu'ils ne pouvaient exiger de la Bansue. Les dettes, les effets de commerce, n'ont plus été pa>és qu'en UMs, et quand on acbèle une lettre de change payable en Angletcm, on sait d'avance que les billels de t>anquesont la seule monnaie dont cUe sera acquittée.
* T^^et llKABM. On the high price of BuUion, pag. 64.
* 1» hmmm Irttivi Se chaD«e qnl rvprftnitent ose porikm dn capitint de reai qui let •. «ni dei valeara réelle». Avec de iHlei Irltm de chaiiff , ptinblei à ém
», une Stnqne bien condiilli* rrtirr, quand elle irnit, la lotalile de an dr trlle» Mtff» dr rhaitfcr muiI pa>ef«, hhI en bllletode la Banque, wlt avrr qnoi un |iml rrllrrr Ir» billeU. {Sûtes éÊfAutritr.t
ââ4 (euvrës diverses.
Il en est résulté ce qui résulte toujours d'une semblable mesure. La somme des monnaies, soit de papier, soit de métal, devenue parla plus forte, relativement à la somme des autres valeurs ea circulation, et ne pouvant pas être réduite par un remboursement de billets qui n'avait plus lieu, a été dépréciée, a perdu de sa valeur comparativement à la valeur de toutes les autres choses, et par conséquent, comparativement à l'or en lingots ^ Dès cet instant, l'or en monnaie, qui circulait concurremment avec les billets de la Banque, participant à la dépréciation générale de la monnaie ', a gagné à se mettre en lingots, et les guinées ont disparu K
Les directeurs de la Banque ont accru cette dépréciation, ea ne refusant jamais d'escompter les lettres de change souscrites par les bonnes maisons de commerce, ce qui a porté les spéculations de quelques particuliers au delà de leurs capitaux réels, aux dépens d'un capital fictif (les billets de banque) dont la valeur réelle et vénale décroissait en proportion de leur augmentation nominale ^.
■ Quiconque veut se mettre en eut de comprendre et d'expliquer les phénomènet qal peuvent se présenter relativement aux monnaies, doit considérer la monnaie de métal ou de papier, comme une marchandise totalement différente de Tor et de l'argent en lingots. L'une de ces marchandises est susceptible de se transformer en l'autre ; mais tant que la monnaie est en état de remplir les fonctions de monnaie, c'est une autre marchandiae que le lingot. Voilà pourquoi leur valeur réciproque est susceptible de varier beaucoup.
* Le mot dépréciation ne veut pas dire discrédit, mais seulement abaissement de priK. Le papier-monnaie, de même que le sucre, de même que les étoffes» baisse ou hausse de prix, suivant la quantité qu'on en off^e et la quantité que réclament les besoins qu'on en a, et indépendamment de l'opinion qu'un peut se former de la probabilité ou de l'improbabilité de son remboursement définitif en espèces. Les monnaies métalliques elles-mêmes varient dans leur valeur comparée à la valeur des autres choses ; mais leurs variations ne sont pas aussi subites, parce qu'on n'en peut pas verser à la fois d'aussi grandes masses dans la circulation. Voyez plus haut la note de la page 208, qui prouve que la monnaie métàlliqoe elle-même était dépréciée en Angleterre, quoiqu'on ne pût pas certainement cesser d'avoir confiance dans la monnaie d'or.
^ Cette quantité de guinées sortant de la circulation conrnie monnaie et versées dans la dr^ culation comme lingots, soit avant, soit après leur fusion, ont fait baisser en Angleterre la valeur du lingot d'or par rapport ù toutes les autres marchandises, excepté par rapportais monnaie de papier ( les billets de banque )qui avait baissé encore davantage. De là les fortnnes qui ont été faites pendant un temps (en 1810 et 1811} à extraire des guinées de TAngleterre et à remettre en retour des lettres de change sur Londres. Les contrebandiers passaient les guinées au risque de leur vie ; et on leur payait ce risque; mais ce n'étaient pas euxqni faisaient les spéculations. (Notes de VAuteur.)
* Voyez à cet égprd les principes des directeurs de la Banque, dans rinterrogatoiie qn'lls
DE l/ANr.LETERRK ET DES AM;LAIS. 2S5
que Tor et Tiirgent ont disparu de la circulalion par la cspliquAe plus haut, et qu'il n*est plus resté pour remplir Toflice dp monnaie, une seule pièce nationale, une seule pièce frappée par le irouvemement *, la seule monnaie dont on puisse faire usage se compose des engagements d*une compagnie particulière nommée la Banfvf d* Angleterre, lesquels portent la promesse, qui n*est jamais eflectttée, de payer des livres sterling métalliques au titre et au poids deUrminés par les lois.
Il n'y a point de billets de la Banque d'une somme inférieure à une
ènrt sieriing; et cependant comme on a besoin d'une petite monnaie
pour les menues transactions, et que si le gouvernement frappait des
pièces légales elles seraient fondues, la Banque est autorisée à mettre
en «rculalîon des coupures de ses billets en pièces d'argent, qui ne
•odC que des médailles et qui ne contiennent guère que les trois
quarts de la quantité du métal qu'auraient des pièces légales de même
dénomination. On ne gagnerait i les fondre qu'autant que les billets
de t>anque, avec quoi on pourrait les acheter, tomberaient au-dessous
«le» tnns quarts de leur valeur nominale, puisqu'alors avec une valeur
moindre que les tn»is quarts d'une livre sterling métallique, on aurait
an lingot qui vaudrait les trois quarts de la livre sterling.
lian» cet état de choses, l'hc^tel des Monnaies de Londres, le seul qa il y ait en Angleterre, n'aurait absolument rien k faire s'il ne fabriquait, à fafon, pour compte de la Banque d'Angleterre, les coupures m^taUiques de ses billets dont il vient dVtre question.
Il y a dans chaque comté et même dans chaqut* ville, des banques fwnviDciales qui mettent en circulation des billets et des coupures mê-
I Ir 13 Ban IllO, devant le comité de la rhaiiibrc dr« rommunes, et \ft vrai» prin- \ lor la sature di« choto, eUblis dans IVirellfiiti* brochuri' de M. Uavid Ri- «»ii Mtf le haut prit des matl^ra d*ur et d'argnit. {Xvte de iA yfryr.
' U % adaof U circulation de \leui thtlhngt d'argent qut ont été frappe» Jadis par le wuwiut aDua le renne de tiuUlaume III, mai» qui vont tellcnient utè», qu'il* no mn- ■n«i ||aa ancaiic trare d'cmpreknle et ne contiennent pas le» tniia quaru de la quantité ^ «Hal ^'ila devraient avoir ; de aorte quVn lea achetant et m \n pavant ave«- do i>illrU I^Im^h, pour Ica fuodre, un n'aurait paa un linirot eeal a relui qu'on peut acheter a\^ iMSlBa kllet». Il n'y a donc rien à gagner à lea fondre. U en cat de méaM dea miu« de rul- *i*'-Hiat ml pai fondui parce que, quoique toute la monnaie ault déprécln*. lU valent ^■it plat an Booiuke qu'ila ne vaudraient en lingot. Mali al la mf>nnaip venait à être ^1 aa| pli dépréciée, alor» il pouriait v avuir dr l'avantaice a fnndrr tout cela, ri l'np^- '««i fa icraH MentAi (aitr ^'*tr ,ir riuUur.
l.-t. îi4T. — 1%. ••'»
tailiques de leurs billets « mais n'ayant point, comme la banque d'Angleterre, le privilège d*en refuser le paiement lorsqu'on le leur demande, elles les acquittent à présentation en billets de la banque d'Angleterre, qu'on ne peut refuser, comme tenant lieu de nionoaie nationale.
La somme totale des billets de la banque d'Angleterre s*élève à environ 31 millions sterling. On estime que la somme des billets de toutes les banques provinciales, est à peu près égale à celle-là. La somme totale de la monnaie des Iles Britanniques est donc environ de 62 millions sterling, qui, au change du jour, de 20 francs pour une livre sterling, fait une valeur d'environ un milliard deux cents millions en argent de France.
Sauf les coupures métalliques, sur le montant desquelles je manque de données, mais qui ne forment qu'une bien petite partie de ce total, cette valeur n'a rien d'intrinsèque, c'est-à-dire n'a aucune valeur comme matière; mais sa valeur, comme monnaie, est très-réelle et ne pourrait être remplacée que par une valeur réelle équivalente.
La valeur de ce papier-monnaie, comparée avec la valeur des autres marchandises, ne subit plus de grandes variations, ce qui prouve que la banque d'Angleterre maintient la somme de ses billets dans la même proportion, relativement aux besoins de la circulation. Si elle réduisait la somme de ses billets, ce qu'elle pourrait faire aisément en laissant écheoir une partie des elfets de son portefeuille et en n'en prenant pas de nouveaux à l'escompte, elle ferait probablement remonter ses billets au pair; c'est-à-dire qu'avec un billet d'une livre sterling on trouverait à acheter une livre sterling en or ou en argent, au poids et au titre des lois.
Je dis que ces billets remonteraient au pair par le besoin indispensable que dans un État social compliqué» et avec une grande masse d'affaires, on a de cette marchandise appelée montiaie, quelles qu'en soient la forme et la matière.
La question du discrédit n'entre pour rien dans tout cela, parce que le besoin qu'on a de monnaie l'emporte de beaucoup sur la mauvaise opinion qu'on pourrait concevoir des billets de la banque. En effet, dans un pays où il n y a point de monnaie métallique, que peut faiie l'homme le plus méfiant dans ses transactions sociales? chercher à garder dans ses mains le moins longtemps qu'il peut la monnaie eia laquelle il n'a point de confiance. C'est aussi ce que chacun fait. 0cm