‹ Œuvres diversChapitre 36 sur 128 · DE L'ANGLETERRE ET DES AM;LAIS. ±K · texte numérisé non relu

DE L'ANGLETERRE ET DES AM;LAIS. ±K

It fait néiM |iour la monnaie métallique lorsqu'on ne veut paa perdre riolérèl duMaomme dormante; maison a beau se débarrasser le plus tôt qu'on peut des billets qui passent entre vos mains, on a beau suppléer par des virements journaliers de parties ^ à des paiements en billeU, il n*en est pas moins constant que, dans I état présent des choses, on m peut en Angleterre se passer de 62 millions sterling cnviroQ de papier-monnaie, au taux de sa valeur actuelle ; que si sa valeur nominale diminuait d*un quart ^c'est-à-dire si au lieu de 62 milliooa eo circulation on n*en laissait que 46 ou 47), la valeur vénale de ces 47 millions augmenterait et achèterait autant de denrées que Ton peut en acheter aujourd'hui pour 62 millions.

C'est donc la quotiti^ des billets et non le discrédit qui inOue sur leur valeur ; le discrédit, quel qu'il soit, n'a pas la moindre inOuence sur celte valeur : résultat, kwdé sur les faits, fort diflerent, ce me semble, de l'opinion commune, et qui doit iiiOucr sur l'idée qu'on se forme do papier-monnaie d'Angleterre, sur les moyens qu'on propose pour l'acquitter, et sur les craintes qui peuvent résulter de son défaut de mnboursement.

Que si l'on me demandait k quelle époque je crois que la banque d Angleterre paiera ses billets à bureau ouvert, je répondrais que je D'en sais rien; mais que ma nrponse, en supposant que je fusse en fiât de la faire, n*aurait aucune importance. En elTet, lorsqu'on traite une monnaie précisément de la même manière que si on ne lui accordait aucune contiance, qu'importe sa matière? c'est comme si l'on de Bandait quand fera-t-on succéder une monnaie d'or à une monnaie d argent?

* \«llc pMl «a n'a pouuè pkit Ioid qu'en Anglflerre TfaMiomte qu'on pent faire dmnà r«iVÉM 4e k mmaele (tuAt qn'eUe âMl «n 9^pm ou en or), c'oit-o-dire qu'ai e>l ImpoiêMile ^ turc U néme quaoutr 4'operaUunf, de veniet et d'^haU, a>cc nioiu» d'interuMNluire <« U nrrulatNNi. Lt but de cette econoaiie rat d employer le moint puttiUte cette portion de '■^ui qui ne traïaïUint pa> ne donne |iuint de pruOt. I^es plui riche» maliun» n'ont prc«fit ftÊÊÊ d'arfMM m eaiiac. EHea n'en aTaieat paa daTantaft quand U monnaie était d ur fit IfOMBl ^'fllo «M de papier. La plu» acuve défiance ne «aurait en garder utoiiu ^'•lltt n'en ipirdent. Les Uiiiquiefï de Loiidri** eui-niéiiiea qui font luu(e« Ir» ret-rite* aini le* paieflicnU de» maiioni de commerce, et chei qui par cuuaequent il circule jour- — ^tat unr lamenie quantité de \alrur», n'emploient peut-^tre pas la «lugtiteie partie ^ttfai aiIkttiB aailt nectiiaire pour tant de recette» et de paiement». Il* tout oonvemi» ^ ■naemSIcf ton» chaque jour et de te communiquer le» oundat» dont il» tont porteun ** «ai Mf In autre». U* balancent ce» mandaU par débit et crédit et n'mit â te pam ^^ kiertMldci de compte. v^<''^ «i^ i'Àutrur.

Ces phénomènes monélaires, entièrement neufs, jettent beaucoup de jour sur la théorie générale des monnaies, et produiront par la suite des fails assez extraordinaires ^

H est un autre point qui n*est pas lié aussi intimement a?ec les circonstances, mais sur lequel il me semble que l'opinion a aussi bien besoin dètre éclairée. C'est sur la puissance qu'on croit que l'Angleterre tire de ses colonies, et notamment de Tlnde, de ce pays où une compagnie de marchands anglais possède une étendue de pays plus vaste que les trois royaumes, et règne sur quarante millions de sujets.

Les Anglais ne peuvent tirer des richesses de l'Inde que comme souverains ou comme négociants ; ils n'en peuvent rapporter que des tributs ou des proGts.

Examinons les tributs qu'ils en tirent comme souverains.

On voit dans Colquhoun % que les différents gouvernements de l'Inde fournissent un revenu brut de 18,051,478 livres sterling.

Les frais d'administration et de défense du môme pays, suivant le même auteur, coûtent 16,984,271 iiv. sL

Mais il convient d'y ajouter les frais d'entretien et de réparation des établissements de la Compagnie dans l'Inde et en Europe, et ceux de la factorerie de Canton en Chine 355,067

Et de plus les intérêts de sa dette, qui n'est pas moindre de 46 millions st., et qui prend son origine dans les dépenses et dans les pertes qu'elle a dû supporter pour établir sa souveraineté » 1,691,363

Total des dépenses de la Compagnie. . . . 19,030,701 liv. sL On voit par là que ses dépenses excèdent ses revenus d'une somme de 979,223 liv. st. (plus de 23 millions de francs). C'est donc une souveraineté plus onéreuse qu'utile.

Comme compagnie de commerce, sachons quels bénéfices elle faiU Une année moyenne prise sur les quatre aimées 1807 à 1810, a donné

* Voyex mon Traité d'Économie politique, liv. 1, chap. 21, sur la A'afurf el VVsage ie^ Mommies.

* On the V»>rt/f/i, fH', of tht British Empire, Appendix, page 38.

* (Jt tuprù, page 05.

DE l/ANr.l.KTKIlHK KT DKS \\«;L.\IS. ââH

un bên«*tirt» commercial tl<* 1,728 9.'iH liv. st.

Siir quoi il a fallu pn*lcvcr Tcxccdaiil di» ses

ilef>cnses sur ses revenus comnie soiivcrniiie. .

Kt les annuités quVIle touche à la f

i-â I . . ' i,OI5,ii9

t»anque il Angleterre, qui ne sont pas i

Ir fruit d*un profit commercial. . . . 36,2*26 ^

liretiedefro/Unet. 713,509 liv. st.

ijcs profits pour une compagnie qui a six millions st. de capital et U millions de dettes, ne sont assurément pas bien considérables. Cepenilant ils paraissent exagérés; ils sont pris sur Tindication de quatre années vraisemblablement meilleures que les autres; plusieurs auleun respectables aflirment que les actionnaires de la r«ompagnie de» Indes, ne gagnent pas comme négcx^iants ce qu'ils |>crtient œmme mverains; et ce résultat semble confirmé par les emprunts auxquels U compagnie a souvent été obligée d'avoir recours, pour que ses ac- (mmaires ne Tussent pas privés de dividende.

N'importe, les partisans de la Compagnie des Indes aflirment que, m^me en perdant, elle est utile h TAiigleterre.

Ib disent qu'une Tort grantle |iartie de ses dê|)enses dans Tlnde, lourwtit au profit des employés civils el mililaires qu'elle y salarie. J'en «^mviens; mais ces salaires sonU pour la plupart, gagiu's dans l'Inde; ib> $oiil consommes et irajoutent rien à la puissance de la nation ancUee en Europe*.

Ib disrnt que les marchandises anglaises, auxquelles ce commerce pronire un débouché, répandent des l)énélices en Angleterre. J'en CQQ^ieiis également; mais les capitaux e( l'industrie des Anglais, s'ils ^ s'appliquaient |ias aux approvisioiineinents de l'Inde, s'appliqueriaciil à d'autres objets. El qui emp^Vherait les Anglais de trafiquer •Hc l'Inde, ei d'y vendre à peu près les marnes articles, quand ils n'en *îtmit pas les dominateurs M. a suiverainetê ne Tait pas achètera « peuple ce qu'il n'est pas en étal de pyer, ou cv qui ne convient

' l'umtt Indifiinf fct dr UO milir hommf». rnnimand«*i» |gii OimIO offlrif i> aiikiLnu. l.'ar- ■« ••cUiic dan» rindf,|Mi)f« par U (Uinifaiinii'. «>l lif '.'* miH** homoini. Ir» fflirirri» *«|ta Le i'jtmpëpkw ptlarif en oulrr 26 niilk' iiiali loU. Lllr rni|»luit' daiu 1 Indr mmiiM» jl». •Éainiil fleuri, fcm dVfllaf. rununto, lUoC* Aniclai», at au df là de t'J millr nalifr.

(Voir de l'Auteur.

230 UKUVRES DIVERSES.

pas à ses mœurs; et quand on lui ofTre ce qui lui conyient, il l'achète sans être assujetti.

Il ne faut pas, au surplus, évaluer trop haut les marchandises anglaises qui s'écoulent dans l'Inde, on sait assez que les pays de l'Orient estiment plus l'argent que les marchandises de TEurope. Je trouve que dans l'espace de six années, de 1803 à 1808, les exportations de l'Angleterre aux Indes se sont élevées à une valeur totale de 16,306,825 livres sterling, sur laquelle 6,286,344 livres sterling ont été exportées en numéraire; ce qui laisse pour les exportations en marchandises 10,020,481 livres sterling, et donne pour une année commune l|67O,O80 livres sterling d'exportation en marchandises.

Le privilège de la Compagnie des Indes, qui comprend la faculté d'exercer, sous certaines conditions, la souveraineté sur les pays de rinde qui ont été conquis à ses frais, ou acquis par les traités qu*dle a conclus, et la faculté exclusive, à de certains égards, de faire le commerce de rOrient; ce privilège, dis-je, a été renouvelé plusieurs fois; et comme à mesure que les nations s'instruisent, elles s'aperçoiveot mieux des avantages de la libéralité des principes, a chaque renouvellement du privilège, le sort des sujets dans l'Inde a été amélioré, et une liberté plus grande a été accordée au commerce ^

A différents degrés, il en est des autres colonies anglaises comme de l'Inde, avec cette différence, que le gouvernement qui y exerce la souveraineté, mais qui ne fait pas le commerce, n'est point dédommagé par les profits du négoce, des pertes que ces colonies lui occasionnent comme souverain ^ Le vieux système colonial tombera par--

* Le dernier reDouvellement a eu lieu le premier avril 1814. En coniéqueooa de oett^ charte, la compagnie ne retient le privilège exclusif que du commerce de la Chine et di» commerce du thé, de quelque lieu qu'il vienne ; elle fait le commerce des pays sitnéi au éAI^ dn cap de Bonne- Espérance, concurremment avec tons les sujets de l'empire nritanoiqoe^ Les navires particuliers sont pourtant obligés de se pourvoir d'une licence de la Cooipt-^ gnie et de se soumettre à quelques autres formalités. En cas de difficultés la commission di^ contrôle prononce. Les directeurs de la Compagnie sont soumis à cette commission créée pa:^ le gouvernement pour tout ce qui a rapport à l'administration civile et militaire de Ilnd^ • La Compagnie paie les forces de terre et de mer et nomme les fonctionnaires publics soa^ l'approbation de la commission du contrôle, qui surveille l'emploi des revenus publics, ^ même l'emploi des profits commerciaux. {!fote de l'Auteur,)

* On peut citer comme un exemple de ce que font perdre les colonies, les frais de gouve* nement de l'Ile de Sainte-Hélène, qui, pour les agents civils et militaires et l'entreUen dtf établissements, coûte annuellement 84 mille livres stefling, et rapporte douze cents livro' sterling. {Note de l'Auteur.)

III*: L'A.NGI.KTI'.KRI*: Kl UKS AXW.AIS :2:it

(oui ii^ns le cours ilu dix-noiivième sièrie. On iviioiicfia ;i la Inllr prrlt*iiliuii d'admiiiisIriT des pays situés à deux, trois, six mille lieues «le distance; el lorsqulls seront indépendants, on fera avec eux un itmimeire lucratif, et Ton éiwrj^nera les frais de tous ces établisse* menis militaires et maritimes qui ressemblent à ces élançons dispendieux, au moyen desquels on soutient mal i propos un édifice qui s*érroule.

Telle est, du moins sous ses principaux points de vue, la situation où Ifs événements de notre époque ont amené la Grande-Bretagne. Je miis n*avoir ni exagéré, ni déguisé les diflicultés de sa position» car ff me sens exempt de toute prévention. Je forme des vœux pour la prospérité de l'Angleterre, comme pour celle de la France et de tout autrp pays, l/une de ces prospérités, loin d*étre incompatible avec une autre, ainsi que le commun des hommes Timagine, lui est au contnire favorable. J'ai voulu consigner des faits curieux et de grandes npériences en économie politique, parce que ces expériences sont nm, et qu'elles coûtent cher. Files feront peut-être naître dans de Nmis esprits d'utiles réflexions. Pour le vulgaire» les événements se «urrèdent : ils s'enchaînent pour Thomme qui pense. Quelquefois mtee, il lui est permis d'entrevoir quelques-uns des chaînons qui iHmt le présent au futur; il connaît alors de Tavenir, tout ce qu*il i^i Iffnni» d'en savoir, depuis que les pythonisses et l'astrologie judiciaire «Bt passés de mode.

Page 1