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L'ÉTAT ACTUEL DE LA FRANCE

Pour qui sait observer, jamais le patriotisme français n'a été plus prononcé qu'à Tépoque où nous sommes. Non , ce patriotisme qui ressemble à l'esprit de parti, ce patriotisme exclusivement occupé de faire triompher un système aux dépens d*un autre; mais ce patriotisme pour qui le bien du pays est tout; qui le cherche par tous les

* Le but de cet écrit était de pousser l'opioion publique à se prononcer de plai en plu en faveur de la coopération de Tindustrie privée dans les grands travaux publics. L'Aotenr était frappé de la manière dispendieuse dont ces travaux étaient conduits par le goutcniement ; d'ailleurs les finances étaient alors en mauvais état ; la plupart des entreprises étsleat suspendues; les canaux restaient inachevés, et le pays perdait ainsi les intérêts et tooi les avantages qu'il avait dû attendre de ses premières dépenses. Malheureusement le sjfslèBN adopté en France pour l'étude et la conduite des grands traVaux, et l'organlsaUon docffpi des ponts-et-chaussées, n'a pas permis que l'intervention de l'industrie privée pnetfftt tous les avantages qu'on en espérait. Pour ce qui concerne les grands canaux entrepris pu l'État, le gouvernement, au lieu de concéder à des compagnies le droit d'achever et d'exploiter les canaux à leurs risques et périls, a préféré se réserver la conduite et tous les rtiquo des travaux et les compagnies n'ont plus été que des réunions de véritables traitatUt qsl ont fourni leurs capitaux moyennant intérêts, sans courir aucun risque industriel, obte* nant que les canaux fussent en qnelque sorte hypothéqués à la garantie de leurs prêts; it devant recevoir en outre, comme véritable prime, une part dans leurs produits fotoit' C'est là l'origine de ces actions de jouissance qui sont devenues une si grande entnve aas modifications de tarif réclamées plus tard par le commerce.

Quant aux canaux de Saint-Denis et de Saint-Martin, commencés par la vUlede P^n»! et que l'auteur avait plus particulièrement en vue, ils ont en effet été concédés à descflU^ pagnies , mais à des conditions onéreuses pour la commune ; et l'on a eu à regretter de dV voir pas pris en suffisante considération la question de distribution des eaux dansPtriit l'intérêt de la navigation est le seul qui soit traité ici. (H S. )

moyens compatibles avec le bon ordre ; qui voit par le bon côté les institutions existantes; et qui pense que le plus sûr moyen de leur concilier l'opinion publique, est de les faire servir à la prospérité générale. Les derniers progrès de Téconomie politique ont été très-favorables au développement de cet utile patriotisme. La découverte des véritables sources des richesses, en montrant qu'on les trouve dans la culture de ses terres, dans l'emploi de ses capitaux, dans l'activité de son iodustrie, plus silrement et plus abondamment que dans les dépouilles de l'ennemi, a détruit le fondement des jalousies nationales, et ce système de déprédations, héritage sanglant des nations de Tantiquité, que nous a trop fidèlement transmis la barbarie du moyen âge. On commence è s'apercevoir que la plus mauvaise paix est plus profitable que la guerre la plus glorieuse; et a mesure que les gouvernements représentatifs prendront plus de consistance, la tendance aux communications pacifiques deviendra plus générale et plus décidée, pirce qu'elle est dans l'intérêt des nations. Quel congrès, fût-ce celui de l'abbé de Saint-Pierre, pourrait offrir de plus solides bases?

J*en reviens au patriotisme des Français tel qu'il se manifeste à nos yeui. Je vois que tout ce qui présente des avantages sociaux évidents réveille le zèle de toutes les classes de la société. Les talents s'empressent de fournir des vues; les grandes fortunes avancent des fonds; l'Administration prête son appui ot accorde de bonne grâce tous les eocouragements qui dépendent d'elle. Les écoles pour l'instruction première se multiplient partout. Le plus beau pont de l'Europe se construit k Bordeaux, comme pour servir de couronnement au plus beau pal de la France. De nouveaux bassins vont faire du Havre, de cette Tille qui dans le dernier siècle n'était qu'une retraite de pêcheurs, un port de mer du premier ordre, le port de mer de Paris. Nulle part l'argent ne manque pour des entreprises utiles, du moment qu'on croit pouvoir les conduire avec sécurité.

Dans de telles circonstances, trouverait-on superflues quelques notiODS qui peuvent tendre k donner une bonne direction à de si louables efforts, et qui par conséquent doivent en assurer le succès? Le %le et le courage, éléments si nécessaires de toute espèce de succès, ^ sont pas les seuls; les travaux d'art les plus parfaits pourraient ^i-mèmes ne donner aucun résultat, ou ne produire que de somptueuses inutilités. Il est encore d'autres données qui doivent entrer dios de bons calculs, et c'est k l'économie politique à les fournir.

234 OEIIVHKS DIVERSES.

Parmi beaucoup d'objets d'utilité publique» on 8*occupe vivement des canaux de navigation. Mais tout le monde sait-il bien en quoi et jusqu'à quel degré ils sont favorables k la richesse nationale? Je voudrais pouvoir conduire avec moi les personnes qui pourraient concevoir quelques doutes sur ce point, jusques dans les gorges des mont;^s:nes du Jura, en Auvergne ou dans les Pyrénées; je leur diootrenis des arbres de cent pieds de haut, qui ne valent pas cent sous; quedtoje? qui n'ont aucune valeur, puisque leurs propriétaires les laissent périr sur place. Je leur montrerais ensuite ces mêmes arbres, ou les phn* ches qui en proviendraient, conduits par des transports faciles sur les quais d'une grande ville, acquérant dès lors une valeur, et fournissiot de nouveaux produits aux besoins de Tindustrie et de la consommi* tion.

Appliquons les réflexions que fait naître cet exemple à tous leseis de production et de consommation, et nous aurons la clef de tous l« avantages que procurent la mer, comme moyen de communication, les chemins praticables, et les canaux de navigation qui ne sontqw des routes perfectionnées. Création de valeurs là ob elles n'existaient pas; augmentation de valeur là où elle existait; augmentation de la quantité des produits en faveur du consommateur ^ Dès lors toutes les parties d'un pays jouissent de tous leurs moyens de production. On peut, avec sécurité, produire des blés dans la Beauce, des vins dans la Champagne, des huîtres à Cancale, et des pâtés à Amiens. Les firaisde transport de tous ces produits à Paris, n'absorbent pas la totalité de leur valeur, et Paris, de son côté, peut les payer en meubles, en châles ,^ en livres.... Qui peut nombrer Timmeusité de ses produite?

Cependant les progrès dans Tindustrie commerciale, comme dans les autres industries, consistent à obtenir les mêmes avantages à moins de frais, ou, ce qui revient exactement au même, de plus grands avantages pour les mêmes frais. Les produits en sont moins chers ; ils sont plus généralement consommés, plus activement reproduits. Or, le roulage est un moyen de communication borné et dispendieux. Il n*ip-

* Voyez dans mon Traité d'Économie politique (Ht. 1 chap. 15, ) comment rabondiDC^ des prodaits d'une nation, tout en faisant baisser les prix dans Tintérét des comômisateurs, ne nuit cependant pas aux intérêts du producteur. Il se fait ft piésent en PiriDtf. cent fois plus d'étofTes de tous genres qu'il ne s'en faisait sous le règne du roi Jean; on k> achète à bien meilleur marché, et il y a beaucoup plus de gains faits par les antenn detf g enre de production. {Soie d9 l'Àutmr,)

DKS CANAUX hK NAVIGATION. S.V»

rtient pts k un étal tr^a?anci* de communications commerciaict» d'approvisionnements. La navigation intérieure, dans la plupart des I, doit remplacer le roulage, comme le roulage a remplacé le transit à dos de mulet. Une bète de somme porte sur son dos deux à Ns quintaux : une fois qu'elle est attelée k une charrette, elle en ilne quinze à dix-huit ; par le moyen des bateaux, elle en mène plus I soixante.

Eto deux mots, tous les moyens de communication sont bons, en ce éVs mulplient les valeurs (|ui sont des richesses ; et parmi les moyens r communication, les meilleurs sont les canaux. S, ce que je ne crois pas possible, quelque homme, retranché derère les vieilles habitudes, et attaqué d'une espèce d*hydrophobie Mre tout ce qui ressemble à des progrès, nous disait d'un air capa- |p : Ihiitquan s'eti j)ait$é de rananx pendant quatorze cents an*, <m peut m s'en poster encore ; il faudrait renvoyer ce brave homme aux douivsdu régne de Chilpcric;ou bien si quelque bourgeois, regardant m raison Clhilpéric comme une plaisanterie, voulait seulement s*en ■ira ce qu*ont fait ses prédécesseurs, échevins de cette cité, on pourilt lui montrer le plus hupé d*entre eux , il y a trois ou quatre siècles, léoBBant le matin son habit de bure pour vaquer k ses affaires. Il pasit par UD casse-cou qu'il appelait un escalier, pour sortir de sa bicon qu'il appelait une maison ; et, après avoir franchi une mare cn>u- ■note, formée par les eaux de son ménage, il enjambait les ornières dont étaient sillonnées des nies sans pavés; et le soir il : s'estimer heureux s'il rentrait, à lAtons, sans avoir été dépouillé vdes vnlears. Nous qui partons, je me flatte que nous ne serons pas ridicule» aux yeux de nos descendants, mais ne nous figurons pas lortaut qu'ils ne nous trouveront pas un peu retardés sous certains Worts

Passons donc snr des objections trop indignes de nous arrêter, et Mans en quoi l'étal de la France réclame plus vivement des commu- Kaimns navigables qu'à aunme époque antérieure. 4ii milieu de nos troubles et des convulsions de TEurope, Pindustrie iBçaise a pris un très-grand développement. t"est un fait qui n'est lai contesté. CHi peut en assi(:ner les causes; elles sont nombreuses, Mis étrangères au but que j«* me propose en ce moment. Je ferai BalemenI remarquer qu'une interruption presque totale de commuieattOM maritimes, et des armées nombreuses sur le continent, ont

refoulé constamment cette industrie vers Tintérieur; les arts, lesmi* nufaclures et le commerce intérieur, ont été appelés à pounoir aux besoins d'une population toujours croissante et accoutumée à se mieux traiter ; car la fièvre des révolutions et des conquêtes n'est pas de ces maladies qui commandent la diète.

Les denrées nécessaires à la consommation de nos ménages, les matières premières de nos manufactures, ont plus que jamais circulé sur ces belles chaussées, restes du moins utiles de la grandeur de Louis XIV et du patriotisme de nos États provinciaux. Mais, i toutes les époques, on s'est plaint de la dégradation de nos routes et des grandes dépenses qu'il fallait faire pour les entretenir, même impiP faitement. Preuve qu'elles étaient fatiguées par de trop lourds far deaux, et que les différents gouvernements qui se sont succédés, soogeaient à se soutenir par d'autres moyens encore que Pamour du bieo public, qui cependant est le seul appui solide.

Mais nos grandes routes fussent-elles aussi bien entretenues qu'dies sont fastueuses, les denrées lourdes et encombrantes ne peuvent supporter les frais d'un charroi un peu long. I^s seuls favoris de la fortune pourraient se chauffer à Paris, si le bois et la houille n'y parve> naient que par la voie de terre. Les grains et farines, même lorsque leur rareté en élève le prix très-haut, ne peuvent supporter, par terre, un transport éloigné. Dans la dernière disette, l'Alsace mourait de faim, tandis que la Bretagne était dans l'abondance.

Les grands fleuves qui arrosent la France, sont loin d'être utiles autant qu'ils pourraient l'être aux communications commerciales. On peut, si l'on veut, transporter par eau des marchandises de Nantes à Paris. On évite .autant qu'on peut d'expédier par cette voie. Maigre li communication plus directe de Rouen à Paris par la navigation, le roulage est encore préféré. La navigation des fleuves est trop souvent entravée, lorsqu'ils n'ont pas des canaux qui sauvent une partie de leurs détours, qui marchent même à leurs côtés, et sur lesquels les bateaux trouvent, en toute saison, une quantité d'eau suffisante, une eau sans courant, sur laquelle ils puissent glisser également bien dans les deux directions.

D'ailleurs, les fleuves fussent-ils en tout temps navigables , il faut bien une navigation artiflciclle pour passer du bassin d'une rivière dans le bassin d'une autre. C'est l'avantage qui résulte des canaux i point de partage et de l'usage des écluses, de ces encaissements où

■ iolroduit les bateaux, et où Ton fait arriver Teau jusqu^à ce que bateau soit soulevé au niveau du canal supérieur sur lequel il doit ifiguer. Ile gradins en gradins, on lui fait de cette manière franchir doi dr» hauleum qui séparent les vallées. Il suffit de former, dans lieu le plus t>as de c<*s hauteurs, des réservoirs capables de subnir à la dépense d*eau que réclame de part et d*autre le Jeu des liMes.

H. t;inird. dans un excellent Mémoire qu'il a lu à TAcadémie des kaces, a fait remarquer que les progrès de la navigation inlérieun' % Etats , ont été en raison inverse de la grandeur des canaux qu'on I creusé», fjes anciens ont voulu faire passer des navires de la mer Mge dans la Méditerranée, et du IH)nt-Eu\in dans la mer Caspienne, paraît qu'ils ont échoué. Lorsqu'au quinzième siècle on se fut avisé s écluses, on réduisit les canaux à trans|)orter les barques en usage ïï les rivières, d'un lit dans un autre. C'est sur ce plan que fut creusé, M Henri IV, le canal de Briare, et, sous l^uis XIV, celui du Midi; oauments honorables pour le règne de ces princes et pour le génie Bi Français.

Toutefois, la Usante de ces canaux a rendu leur confection et leur rtRtien disfiendieux. Ixurs résultats, quelque vanti^ qu*ils soient, e preaentenl peut être pas une indemnité suffisante de ce qu'ils ont oÉléi.

lo drmier pas restait à faire : c'était de rendre les canaux simplem des chemins fluides, sur lesquels on pût faire glisser , sans frottant, de longues caisses n*ctangulaires, qui méritassent à peine le màe bateaux, mais qui, enchaînées les unes aux autres et «^ pn^ ■I à toutes les sinuosités de leur route, comme les anneaux d*un vpoit. fussent |iourtant suffisantes pour toute es|»èce de transport et IV le commerce le plus actif. Or, c'est ce qu*ontfait les Anglais. 1^ ^ de Bhdgewater, vers 1758, imagina de rendre navigables les ri- Hki formées par l'eau d'épuisement de ses mines de charbon de terre, Im le voisiiia^r de Mancht^ster. Il établit un canal parallèle à la ritwp MrrM?), piHir conmiuniquer avt>c IJverpool, et ramener les pn)-

' <to ■ • MMirr. cl'apn** \r irli'vr <|ui f n a été fiUl, que la totalitr de» frai» de mcifer- '■mék tMm\ du Muli. mluitit au rourii du jiNir, nr «Vhr^eni |»a« a moio» de .li» millimw; *(pilr pn4ait nH arln^l de ri* Tuinal ne ira qu'A 313 mille franiv{ smw d'un et ua !■■ pm cnt (.Vnir de rànteur.)

duits de ce port de mer. li réussit; et rien n*eat contagieux eoumie le succès. C'est depuis ce temps que les canaux de navigation, devana moins disfiendieux et couvrant moins d'espace, ont pu se moltiplier i tel point sur la surface de 1* Angleterre, que leur longueur totale »oède aujourd'hui deux mille lieues.

Les petits canaux exigeant peu de dépense d'eau pour le service da écluses, et leur premier établissement, comme leur entretien, n'entraînant pas des dépenses excessives, les droits de navigation, sans être onéreux pour le commerce, indemnisent largement leurs entrepreneurs.

Tels sont les moyens de communication que réclame aujouidliDÎ la France. Elle les réclame plus vivement encore que l'Angietem, m elle n'est point, comme elle, dédommagée des difficultés de ses communications intérieures par un développement de côtes considérable, et un littoral fortement découpé, qui laisse pénétrer les mers jusquo dans le cœur du pays. Les houilles de Newcastie et du Lancashin peuvent arriver à Londres par mer; pouvons-nous faire venir de même celles de Saint-Étienne et de Valenciennes? Sachons donc gié aa capitalistes patriotes qui dirigent leurs vues vers ces utiles spéculations. Puissent-ils, sous un gouvernement protecteur, trouver, dans les produits de leurs entreprises et dans l'approbation publique, un juste dédommagement de leurs sacrifices !

Si toutes les provinces de France ont besoin de canaux navigables, Paris et ses environs les réclament plus vivement que tout autre. Paris est fort différent de ce qu'il était avant la Révolution. De vastes bâtiments passés des mains du sacerdoce dans celles de l'induatrie; des capitaux livrés au commerce, parce qu'il n'y avait plus honneur à les dissiper follement ; l'activité des esprits, résultat ordinaire des discordes civileS; se portant dans les voies de l'indépendance et de la fortune; les étonnants progrès des sciences appliquées aux arts; toutes ces causes et plusieurs autres ont, depuis vingt- cinq ans, fait de Paris une des plus importantes manufactures du monde ^

' On aurait tort de croire que le génie manufacturier ne se déploie qu'en grands atdicn. Les petit;} entrepreneurs présentent par leur réunion une masse d'industrie manoflKtD* rière que n'égaient jamais les plus grandes entreprises. H y a telle rue de Paria, eonuM la rue Bourg-rAbbé, celle des GraTilliers, dont chaque étage de chaque maison, est one annufaclurc, et où dix mille ouvriers trouvent une occupation jimmallère. Quels atdien piésentent une auaal grande masse de travail industriel ? On trouve encore dm Parie dei

DES CANAUX DK NAVI(;ATMKN.

ta mèmm Icmps que Paris devenait une ville de mauufacliirea» il deffMil une ville d enirep<H. bunkerque et Bordeaux, Marseille et I ue pouvant plus coroniuiiii|uer eiiseail>le par nier, ont commupar Psria. Les denrées d'outre- mer sont arrivées par terre. Tout wmidait au centre et du centre se répandait aus extrémités. Ceslee fM peuvent attester les nombreuses maisons de commission qui se «Mt élevées dans Paris, et les vastes magasins qu'elles ont faitconsCfUin*. C*est re que confirme cette multitude de maisons de roulage fil le montrent dans presque tous nos quartiers.

Laugmentation de la population de Paris est une nouvelle preuve tapftigrésde son importance commerciale. M. Necker, en 17^4, portait cette population â 640 ou 680 mille habitants, suivant la saison le I année. Lavoisier ne trouvait que 593,070 âmes. Les relevés Taits ca 17M, sous rAssenibliHî constituante, duiiuaieat un nombre encore «feTH'ur ^550,800 liabilaiiU;. Kt voici qu'un recensement exact, fait ca tsi7, nous annonce 713,765 habitants!

Il Hait reconnu en 1789, par les autorilcs de l'époque, que la oon- MNUuaUuii journalière de farine dans cetle grande ville, était de IM taca de 32 j Uvres chaque ^ tUe s'élève aujourd'hui a 1860 sacs èi iDeme |HMds, quoique Ton fasse usage, dans la classe indigeute» liMw beaucoup plus grande variété d'aliments, et que la consomma- IM des pommes de terre, notamment, ait quadruple \ Aussi, les pcncNUMBS Agée» et judicieuses remarquent-elles que les rues de Paris nat plus «mbarrasMM» de piétons et de charrettes qu'autrefois ; et les ■agiMrais préposes à cette partie de la police, conviennent que les qui en résultent sont aussi plus fréquents qu'a aucune I antérieure, i^e nombre des tiacres n'était que d'environ neuf

«iHirri. mnimr 4*«ii\ dts linprimfur», «(u'un nr ranur pa« coininuDifnieiii parmi !•■« ma- ^fcrtiiTff . quot^u'th k mienl bmi fmtablffwnl. l'iie boutique de Uoét» eM nw «■gfKiurr i iM en peul 4iic auuiu d'une cuuumî de li(»Uura(«ur. ..Voie de i'Auttur.)

' iilhur \iiuué • ^('y«H^«' "• t ronce, UMic I. pà^. 4tMi de rcdition aDglaite.

Mi4ti. la ^iMiii ili> («iuinirii de UrriiMl l'ii enUi' danst Pan», rhaqui* iiiui», rn^iiuii ^.^i M<». iiTMiit TiNi Uxws chacun. Kn iHi:, la |Mipulaliuii de Pariai a décore:

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«I.n KufffA. «i en uulrc 6,3^.UI0 livir» tte \iaude de |mm-i: luèe, et plunde J milwm ér livf«« d'auUe viande luer. {hHt ûê i'Àulfur.i

cents ; il n y avait point de cabriolets de place. Actuellement le nombre

des uns et des autres s élève à deux mille quatre cents environ.

Les habitants de ces vastes quartiers qui ont été bâtis au nord de Paris dans une ceinture d*une demi-lieue de large, et de près de deux lieues de longueur, viennent se croiser au centre de cette grande ville, dans des rues faites du temps de Philippe-Auguste, pour une population de cent mille habitants, et lorsque le nom même de carrone et de cabriolet était inconnu.

Or, ce grand accroissement de population , la consommation qui raccompagne, l'activité commerciale qui en est h la fois la cause et II conséquence, sont principalement alimentés par le roulage. Une multitude de charrettes et de chevaux encombrent et fatiguent les approches de la capitale, tandis que la solitude de la Seine, au-dessas et au-dessous de Paris, est rarement troublée par aucune navigatioD. Quant aux canaux, il n*y en a point à vingt lieues à la ronde.

Au point où nous en sommes, il faut donc que les canaux de navigation se mutiplient. Voilà le but : où sont les moyens? Le grand ait en économie politique, quelque puissant qu'on soit, n*est pas de dire: Je veux. Les obstacles qui naissent de la volonté et des facultés des hommes, sont , dans beaucoup de cas , tout aussi insurmontables que ceux que nous oppose la nature ; ou plutôt ce sont des obstacles naturels aussi bien que les autres. Napoléon, condamnant au bûcher, sur nos places publiques, les marchandises d* Angleterre, u*était pas, aux yeux du philosophe, moins insensé que Xerxès, qui faisait fouetter la mer parce qu'elle avait eu l'insolence d'engloutir ses vaisseaux.

Plusieurs moyens se présentent de favoriser la multiplication des canaux de navigation. Peut-être les examinerai-je quelque jour ea détail. Du moins convient-on dès è présent que, pour étendre en tous sens de nombreuses ramifications de canaux, on ne peut guë« compter que sur l'industrie et les capitaux des particuliers, et surtout des compagnies qui seules peuvent réunir de grands moyens. M. Delaborde vient de montrer ce qu'on peut attendre de l'esprit d'association et d'administration locale; et ses pensées ont rencontré des analogues dans tous les esprits. On assure que des capitalistes-citoyens offrent les fonds nécessaires pour terminer enfin cette ceinture de canaux qui, embrassant le nord de Paris, doivent joindre la navigation de la Haute-Seine avec celle de la Seine-Inférieure et de TCNifl. Espérons que le corps qui représente les intérêts communaux, et

DES CANAUX DK NAVICATlOiN. Mi

teioisCration éclairée qui représente les intérêts de la France cn- M, ne laiaseront pas échapper cette occasion d'attacher leurs noms radièvement de cette utile et belle entreprise. Die eaquiise des avantages ({ui doivent en résulter, no sera pas iplaeée ici.

te sait qu'à quelques toises des barrières de Paris, du cAté du noni, ciiste déjà un port qui approche en grandeur du bassin de Londres *, iqui Texcède en beauté. Il dépend de nous de voir ce port couvert aabarcalions et entouré de magasins. I^cs productions des deux nades peuvent y arriver par le Havre et Rouen ; là peuvent aussi se iadre, par l'CMse, r Aisne, le canal de Saint-Quentin et TEscaut, tous % produits des provinces lielgiques et des départements du nord : escfaarboos de terre, des bois de chauffage et de construction, des liai et une foule d*autres denrées nécessaires i la consommation Bios fabriques et de nos maisons.

Ce pori peut encore être le rendez^vous des vins de la Bourgogne, ■ productions du midi qui se rendent vers le nord, et en général t foules les denrées et marcfaandisses qui affluent par la Haute- É», TYonne, la Loire, l'Allier, et les canaux qui déjà communiquent wc eea nvicfes*

Ui quais ombragés d*arbres qui entourent ce port, seraient bientôt ■plis d*UDe population animée, encombrés de ballots, de porteraix, ichairetles; on y respirerait ce parfum qu exhalent les dennres équinialcs; on y entendrait ce bourdonnement confus, signe dune tive industrie, précurseur de l'abondance et de la richesse. Ao lieu de réaliser ce tableau, faut-il perdre le terrain et les milas déjà consacrés à ce vaste projet? Faut-il que le bassin de la RiCte demeure une nappe d'eau inutile et déserte, un but de pmmede à quelques désœuvrés» un point de vue à deux ou trois guin-

II est temps de faire cesser un pareil reproche. Vingt millions «ouffrvs dans les travaux déjà ex«'*cutés, coûtent annuellement un rihoo pour le moins d'intérêts à la ville de Paris, qui |)aie ce million ries revenus, ou, ce qui revient au même, est priviHs du revenu rdie tirerait à pn'^sent de ses avances, sans que son commerce, sans

' 1^ hÊêêtn de U Vilirttr sur une loogucur de 700 imirff f t une iâri»;iir dir 70, pri'M'nlr MiaHff«iétMpaflclc. Lebtifiiidcljoadrci(toNdoii l>ork ) a 3«& mètres sur tîhk l.-S. BAT. — IV. 16

que ses nombreux consommateurs jouissent encore des avantages qu'ils s'étaient promis d'un si grand sacrifice ^ La place de la Bastille, la gare de l'Arsenal, ne sont que des décombres amoncelés dansoD cloaque, qui obstruent et déshonorent une des plus belles avenues de Paris, dont ils pourraient ^trc un des plus beaux ornements.

Peut-on, sans quelque regret, voir les vastes terrains qu'occupent d(*jà les canaux entrepris, ravis à ragriculturo sans être donnés au commerce? Le voyageur qui arrive du Nord par les routes du Bourget, de Saint-Denis, de Clichy, que pense-t-il en voyant ces avenues de la Capitale coupées par des tranchées, surchargées par des remparta de terre, comme si l'on attendait encore l'ennemi? Est-ce l'incurie de l'administration qu'il accuse? Est-ce l'inconséquence de la natiODy ou son indigence?

11 me semble que si, au lieu de ces traces de bouleversement, toajours fâcheuses par les réflexions qu'elles font naître, on rencontrail des ponts solides, des canaux couverts de bateaux dans une perpétuelle activité, des portes d*écluses s'ouvrant à toute heure au commene et à l'abondance, la vanité nationale (sentiment louable quand il ne se comptait pas dans un vain faste ou dans l'humiliation d'un ennemi), aurait lieu d'ùtrc plus satisfaite. Des travaux abandonnés, qui ootde rinconvénient partout, en ont davantage encore sur des points aussi fréquentés. Je suis importuné de ces remarques qui se renouvellent trois ou quatre cents fois par jour sur un grand travail entrepris durant une administration précédente, et que l'administration régnante ne trouve pas les moyens d'achever.

Or, de quoi s'agit-il ?

Le bassin de la Villette est le réservoir où se rendent déjà les eius de la petite rivière de Bcuvronnc. II reste encore à faire une prolongation de canal de quelques milliers de toises, pour que nous puiasious y voir «arriver les eaux de la Térouane , et surtout celles da rourcq, rivière assez considérable pour porter bateau, et qui se jette

' Outre les inlêrèu des travaux faits que la commune de Paris perd sans oompensalM ausËî longtemps que les travaux demeurent suspendus, elle est obligco à des frais posktfh pour l'entretien des parties terminées et même pour la continuaUon nécessaire da surplHb \jc temps de lu confection, épntiuc de dépenses et de souffrances » se prolonge de ceUe manière, et le moment où Ton doit jouir de tant de sacrifices s'éloigne. C'est conimc al vgsk avoir entrepris sur le corps d'un malade une opéraUon douloureuse, or la suspendait pan marchander avec le chirurgien. , . ( jfote de VÀutewr» )

dans la Marne quelques lieues au-dessus de Meaux. Rien ne s'op|)ose plus à rachëvement de ces travaux. Les grandes difficultés sont vaincues.

L*eau rassemblée ainsi au bassin de la Villette, excédera dès lors de beaucoup la quantité nécessaire pour alimenter ces belles fontaines vers lesquelles l'étranger se fait conduire dès les premières heures de ion arrivée, et qu'il ne peut se lasser de contempler. Un vaste surplus «répandra par deux canaux pourvus d*écluses, d'une part dans la Seine près de Saint-Denis, et d*un autre côté dans le même fleuve par kl fossés de l'Arsenal , qui présentent un port déjà creusé, à portée dn bubourg Saint-Antoine, de ce faubourg qui lui seul est une ville di manufacture du premier ordre; et ce port deviendra une gare où les bateaux pourront se mettre à l'abri des accidents de la rivière.

Le premier de ces embranchements doit se nommer le Canal de Saint- DaUs: il est creusé dans toute sa longueur. 11 n'attend plus que ses > ponts et ses écluses pour amener au port de la Villette les marchantes de Rouen et du Havre, et toutes les denrées qui descendent par FDise des départements du nord.

L'autre embranchement, celui qui du port de la Villette doit se MDdre au port de l'Arsenal, se nommera le Caml Saint-Martin. 11 tarersera le faubourg du Temple et le quartier PopincourL Bordé fc quais , d'arbres et de magasins, les bateaux de la Haute-Seine pour- Bt venir se décharger sur ses bords.

Les deux embranchements réunis formeront la jonction de la Seinu-

férieure avec la Seine-Inférieure, de telle manière que les marchan-

[4iK8 de la Bourgogne et du midi, destinées pour le nord, et les

d'outre-mer qui seront destinées pour le cœur de la

I, ou bien pour la Suisse et rAUemagnc, pourront franchir Paris,

les ponts nombreux et les barrages qui précipitent le cours de

I, présentent en ce moment un obstacle à peu près insurmontable

h navigation.

Les marchandises qui maintenant remontent par eau de Uouen et

rOiaei arrivées à Saint-Denis, ont encore un détour de sept à huit

à faire pour atteindre les ports de Paris. Elles n'ont que trois

toises à parcourir pour se rendre de Saint^Denis au port de la

Elles évitent plusieurs ponts, des hauts-fonds, les crues deau,

dibides et tous les accidents de rivière. Ce n'est pas tout : le

d de Saint-Denis achevé, celui de Pontoise reconnu praticable par

les gens de l'art, en suivant la vallée de Montmorency, ne tardenit pas à s'exécuter. Voilà encore six lieues de gagnées, et les grands détours de la Seine, ses hauts- fonds, ses machines de Marly sont flranchis. Le canal de Dieppe, qui lie un autre port de mer avec Paris,, reçoit à son tour un puissant encouragement. Son exécution devient assurée. Les produits de TOise, c'est-à-dire, ceux de l'Aisne, de la Somme et de TEscaut, au lieu de faire le circuit de Conflans-Sainte-Honorine, de Saint-Germain, de Marly, et d'y rencontrer et des dépenses et do dangers, arrivent par une route plus directe, plus prompte et plus sûre, au port delà Villette. Cette facilité ouvre de nouveaux débouchés, provoque de nouveaux perfectionnements dans les canaux correspondants du Crozat, de Saint-Quentin, de Mons, et voilà un système de communications commerciales presqu'entièrement créé.

De l'embouchure de l'Oise jusqu'à Rouen, la navigation de la Seine, par un ensemble de canaux bien entendus, peut être rendue et phn courte et plus sûre, et praticable en toute saison. 11 est véritablement honteux, qu'à portée de lumières de tous les genres et de Gapitalistei puissants, et en dépit des intérêts du commerce, la navigation de Rouen à Paris ait encore fait si peu de progrès, et qu'un bateau, pour franchir le court espace d'une de ces villes à l'autre, soit obUgé de voyager pendant vingt-cinq jours, au prix d'une dépense de S,500 à 3,000 fr.

Les canaux entrepris entraînent nécessairement toutes ces améliorations, et beaucoup d'autres du même genre du côté de la haute Seine. Ils facilitent non-seulement la navigation actuelle et en provoquent l'extension , mais la navigation possible ; et celle-ci n'a point de bornes.

Aux avantages d'une navigation plus courte, moins dangereuse et moins dispendieuse , le port de la Villette et ses deux embranchements, en joignent beaucoup d'autres qu'ils tiennent de leur situation par rapport à cette grande ville.

Maintenant, les bateaux qui surmontent les dégoûts que présente la navigation de la Seine, arrivent au quai d'Orsay, au port Saint- Nicolas. Sur ces bords, le commerce voudrait trouver des magasins : il n'y rencontre que des palais. Franchit-on ces palais, on ne trouve dans les quartiers Saint-Honoré, des Halles, de la Grève, que des maisons resserrées et des rues étroites; point de terrains pour servir de chantiers, pour y pratiquer des hangars; et partout des loyers trop chers pour former aucun grand magasin.

Cependant il faut ac hAter de débarquer les marclmndiscs; car les vahaliona de la rivière en font une loi ; ci si, tandis que le di'^cliarKcnent ae fait, une pluie, un dégel font craindre de grosses eaux , il faut lider les ports en toute hite. On a plusieurs fois été forcé, dans Tespare d'une nuit, de débarrasser les ports, de remonter les marchandises sur les quais, non sans beaucoup de frais et d'avaries.

Quand il s'agit ensuite de transporter les marchandises qui arrivent par la rivière, dans les magasins des négociants, les voitures occupées i CF transport, partant du lieu le plus bas de la ville, sont obligées d'aller en montant, quel que soit le quartier où elles se dirigent. Il faut qu'elles circulent par des couloirs pleins d'encombrements; et apn-^ avoir échappé aux accidents de la navigation, elles sont expoiées à d'autrfs accidents dans les rues de i'arts.

Ce serait toute autre chose avec le port de la Yillettc : dans quelqa'endroit de Paris qu'on ait affaire, on trouve, partant de là, de belles iienues pour s'y rendre : le faubourg Saint-Denis, le faubourg Saint- Martin, celui du Temple. Les nouveaux boulevards conduisent k rcxtrémité de toutes les grandes rues de Paris, et surtout à ce faubourg Saint-Antoine, où les bois de menuiserie et de marqueterie, : de teinture, les fers, les charbons de terre, sont perpétuellement Pour le transport de ces marchandises, les chars ne roulent fa'en descendant et par des chemins où les mômes fardeaux sont ooaduits avec moitié moins de chevaux.

Toules les extrémités de la ville qui avoisinent le port de la Villette 4 le canal Saint-Martin, offrent de nombreux magasins et de vastes Le boulevard Saint-Antoine, toutes les belles percées du , jusqu'à la rue de la Verrerie, deviennent vivantes et animées. % ctiaque écluse du canal Saint-Martin, on peut établir deux usiner pourvues «l'un moteur hydraulique. Chacune s'entoure d'une population d ouvriers «»t s ouvre d«*s communications avec les quartiers les plus marchands de i*aris.

lies bords du canal, les quais du port, sont entourés de terrains où jMivent se former des entrepôts de toute espèce : entrepi'tts de houille, Imis de cliaulTage et de construction, de cotn'ts, iW. charlmns de Ikiis, Ir ftHirm^es. I.es bateaux piMivent y dé|H)ser leur chargement, et ^partir |iour en prendre d'autres. Qu'on veuille bien compari*r à cette arihte la |iatience que doivent avoir les entn*preneurs de navigation, |ui font arriver ces gran<ls bateaux de charbon que nous voyons accu -

• le consommateur. Si les marchands pouvaient des barrières, ils ne paieraient point d*octroi vent leurs marchandises ; ils n'en feraient eniccessaire pour garnir leurs magasins de l'introduits de leurs ventes leur faciliteraient alors s.

e Tavance de l'octroi, devenant intolérable pour ent des droits bien plus forts que toutes les aué rétablissement, dans Paris, d'un entrepôt où ie arrivent sans payer les droits qu'ils n'acquitessivement, en sortant de l'entrepôt pour se nmatioii. Mais un entrepôt intérieur serait im* illes, des bois de chaunage,des fagots, des fourîllement aux portes de Paris, aux environs du

leuvent également servir d'entrepôts pour toutinécs à passer debout^ c'est-à-dire, à poursuivre aris, et qui, par conséquentjdoivent éviter d'en insi que les villages de la Chapelle, et de la Vildéjà d'entrepôt à une foule de marchandises; s qui arrivent par rouliers. Celles qui arrivent resqu'cntièrenient privées de cet avantage, qui vins et les eauxde-vie que la paix laisse mainu midi de la France, et dont une partie se dis-

inés autour du port de la Villette, entre les rou • lagne et de Suisse, situés à portée des maisons et sous leur surveillance immédiate, seraient js favorable.

\c gouvernement, souscrivant enfin aux désirs lui accordait V entrepôt réel pour toute espèce de ?s, c'ost-à-dire, la faculté de n'en acquitter les monuMit où leur destination est trouvée? trepôL réel à Paris n'est pas encore jugée. I/étentivenuMit les raisons quy opposent les négo- . Mais si Ton venait à prouver c^ue les ports de retirer un profit de toutes les facilités accordées .1 \ si l'on venait à considérer Paris comme une

â46 OEUVRES DIVERSES.

mules autour du pont du Louvre et du pont Marie. On ne leor Uisse pas commencer la vente de leur cargaison, jusqu'à ce que tons ta bateaux antérieurement arrivés, à tour de rôle, aient débité la leur tout entière; afin que, vidés successivement, ils puissent faire place 1 d'autres. Ces malheureux marchands attendent, de cette maniéie, quelquefois jusqu'à dix-huit mois, pour commencer leur vente I Or, qu'on prenne la peine de calculer ce que la perte de dix-4iuit mois d'intérêts sur une marchandise prête pour la vente, ce que les fnis de garde des bateaux, les droits de gare, les accidents possibles et la détérioration inévitable, doivent ajouter au prix d'un objet de commerce 1 Ce sont tous frais qui n'ajoutent rien au mérite de la mardiandise, des frais qui retombent sur le consommateur, sans profit pour le producteur.

D'autres motifs encore rendent précieux l'emplacement du port de laVillette.

Une administration dévorante et fiscale prononça le rétablissement des octrois des communes, et entoura chacune de nos villes, de nos bourgs et même de nos villages, d'une ligne de douaniers. Quoique ces droits soient assez modérés dans la plupart des lieux, leur répétition sur divers objets de consommation journalière, ne laisse pas, au bout de Tan, de grever le citadin d'une contribution beaucoup plus forte qu'il ne l'imagine, et qui ne figure pas sur le budget des dé* penses publiques.

A Paris, cet impôt est très-considérable. Les dépenses communales de cette grande cite, l'obligation de verser une portion de ses revenus dans le trésor royal, ont exigé qu'on portât l'octroi municipal à un taux qui excède tout ce qu'il avait été jusqu'à présent. Les marchands, petits et gros, qui viennent vendre à Paris des objets de consommation, sont obligés d'en faire l'avance aux barrières, et n'obtiennent le remboursement de cette avance qu'ils font de l'impôt, qu'au moment de la vente souvent tardive de leurs produits. Elle est peu sensible, cette avance, sur les objets qu'on apporte chaque jour au marché par petites portions, mais elle est quelquefois gênante pour le marchand qui fait venir les denrées de plus loin, et par grosses parties, comme cela se pratique, par exemple, pour les charbons de terre. 11 lui faut, dès lors, de plus gros capitaux, circonstance qui exclut toujours quelques personnes de la possibilité de faire ce commerce, et qui le rend plus ditlicile et plus dispendieux, c'est-à-dire, moins avantageux pour le

lirodilclaur comme pour le consommateur. Si les marchands pouvaient Canner des dépôts hors des barrières, ils ne paieraient point d*octroi au moment où ils reçoivent leurs marchandises ; ils n*en feraient entrer que co qui serait nécessaire pour garnir leurs magasins de Tinteneur de Paris, et les produits de leurs ventes leur faciliteraient alors ratquiUemcnt des droits.

Cette nécessité de faire Tavance de Toctroi, devenant intolérable |K)ur les buissons qui sup|K)rtent des droits bien plus forts que toutes les autres denrées» a déterminé rétablissement, dans Paris, d*un entrep<*>t où hs vins et les eaus-de-vie arrivent sans payer les droits qu^ils n'acquittent dés lors que successivement, eu sortant de Tentrepôi j^our se répandre dans la consommation. Mais un entrepôt intérieur serait im" praticable pour des houilles, des bois de chautrage, des fagots, des fourrafes. Il se place naturellement aux portes de Paris, aux environs du port de la Villelle.

Les mêmes environs peuvent également sonir d'entrepôts pour toutos les marchandises destinées à passer debout^ c*est-à-dire, à {KHirsui vre leur route au delà de Paris, et qui, par conséquentdoivent éviter d*en pS) er ks octrois, (^est ainsi que les villages de la Chapelle, et do la VilleUe elle-même, servent déjà d'entrepôt à une foule de mardiandist»s; mais seulement de celles qui arrivent par routiers. Celles (|ui arrivent par la navigation sont presqu entièrement privées de cet avantage, qui serait précieux pour les vins et les eaux- de-vie que la paix laisse main- Icnaiit arriver par mer du midi de la France, et dont une partie se distribue au delà de Paris.

c»r, tous ces dépôts formes autour du |>ort de la V jlletle, entre les rou • tes de Hollande, d'Allemagne et de Suisse, situés à |»ort«*(* des maisons de commerce de Paris, et sons leur surveillance immâliate, serai<*nt places dans le site le plus favorable.

Uut* scrail-i*t* donc, si le gouvernement, sous<Tivant enfin aux divsirs du commerrc de Paris, lui accordait l>ii/rr/>#» nrl |Hmr toute es|>éct» de marchandises élran;:êres, c'eî.l-à-dire, la facullé tie n'en an|uiltiT les droits df doua:ie t\\ïix\\ moment nû leur deslinalion est tro'j\e(*.'

Cette que>lion de IVutrepôl réel à Pans n'est pas encore jugée. I>quite veut qu'on |H*se atteiitiveiuiiil icsrai>oiis iiuy nppostMit les ur-^nriant» des |i«>rtsde mer- Mais si l'nii Vih.til â prouver que les porl» de mer eux-mêmes doivent retirer un prolit de touli*s les Jucililes accordées au commerce en général ; si l'on venait à considérer Paris comme une

position centrale oh les marchandises étrangères peuvent arriver avec facilité, et cnsuite,par de belles routes, par une navigation encore iro* parfaite, mais susceptible de grands accroissements, se distribuer avec la même aisance et dans la province et chez les nations du centre de rEurope;si l'on parvenait à comprendre que les capitaux qui se trouvent amoncelés dans la capitale, seraient par là susceptibles de procurer à Tesprit d'entreprise de nouveaux moyens de spéculation; alors peutêtre la question de Tentrepôt à Paris se déciderait-elle aflirmativement^ Nos canaux, dans ce cas, amèneraient avec profusion, à nos portes, des denrées coloniales plus légères, puisqu'elles ne seraient pas encore grevées du fardeau de Timpôt.

11 n'y a rien de chimérique dans ces espérances, rien qui ne soit excédé par les travaux que nous admirons chez nos voisins, rien que cinq à six années de volonté ferme ne puissent réaliser chez nous. Défions-nous de la timidité et de l'esprit de routine. Trop de gens qui no savent rien faire, ont le déplorable talent de nuire à qui veut faire. Leur esprit, stérile pour trouver des moyens d'exécution, est fécond en objections et riche en obstacles. Ne les imitons pas. Osons encourager, et sachons honorer les bons citoyens qui ne craignent pas de mettre en avant leur fortune et leurs travaux pour nous faire jouir de ces éléments de prospérité que j'ai trop imparfaitement décrits; et nous serons dignes à notre tour d'être imités par d'autres *.

Je me souviens qu'étant à Glascow, un ami me conduisit hors des faubourgs de la ville , du côté du nord. Nous primes un chemin qui montait. Après quelques circuits, et continuant toujours & monter, je levai les yeux par hasard, et fus surpris d'apercevoir, au sommet de

* l'n entrepôt de douane a été à la fin accordé à Paris; ses magasins sont coDStamment pleins, cl l'expérience a montré combien étaient vaines les craintes si vivement exprioiée» par les cliambres de commerce des ports de mer contre cette créaUon. Loin d'en souffrir. eurs propres aiïaires y ont trouvé des facilités nouvelles. (H. S. )

* Une loi du 20 mai 1818a en effet sanctionné la concession faite par la ville de Paris i une compagnie des droits de navigation sur les canaux de TOurc^ et de Saint-Denis , pour quatre-vingt-dix-neuf ans à partir du 1" janvier 1823, époque où les travaux devaient être terminés. La concession des droits sur le canal Saint-Martin fut faite trois ans plus tard. La navigation a été ouvcite sur le canal Saint-Denis le 12 mai 1821 et sur le canal Saint- Martin le 4 novembre 1825.

Ce qu'il y a eu de fâcheux pour la .ville de Paris, c'est qu'elle a aliéné, pour obtenir l'achèvement du canal Saint-Denis, son droit d'exploitation du canal de l'Ourcq, enUèrement exécuté à ses frais, et dont il eût été si important pour elle de rester en possession pour conserver toute liberté d'action dans la distribution des eaux à Paris. (H. S.) ,

DES CANAUX UE NAVIGATION. i49

la colline» une forêt de mâts. Je crus que c'était une illusion ; et quand on ai*eut alllnné que c'était véritablement un port, et que ce que je voyais sur cette colline étaieut bien réellement des navires qui venaient de traverser rocéan, je m*imaginai qu'on voulait abuser de ma crédulité. Nouscontinuimes noire route, et, i force do monter, nous arrivâmes au boni de l'eau, li, jo vis en efTet le canal qui, au travers de Tl'Icosso, loint les deux mers; je vis de nombreux navires, des magasins, des charpentiers de vaisseaux, des matelots, tout ce qu'on voit dans un port de mer. Dès lors, je n'ai cru à l'impossibilité de rien en ce genre : et nuintenant je ne doute nullement que nous ne joignions bientôt, au-dessus de Paris, le haut avec le lias de la Seine, et que nous ne OHMitrions de môme un port couvert d'embarcations sur les hauteurs de la Villette.

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