AVEC LES PRODUCTIONS
JuiUet 182&.
On a inséré, dans l'avant-dernier cahier de la Revue enejfekpééUfm, un article de M. de Sismondi, relatif à la balance des ecmommaikmi avec les productions, où l'estimable auteur reproduit les craintes qu'il avait déjà manifestées ailleurs, de voir les progrès des arts multiplier les produits jusqu'à rendre impossible leur complet écoulement; d*o& résulterait la détrosse d'une multitude de producteurs, principalement parmi les classes ouvrières.
Cette doctrine contredit celle que David Ricardo et moi nous avons cherché à établir dans nos ouvrages, où il est dit que les produits s'achètent les uns les autres, et que leur multiplication n'a d'autre eOet que de multiplier les jouissances de l'homme et la population des ^ états. En général, c'est avec quelque répugnance que je réponds aux critiques; il me semble que la vérité doit se défendre elle-même; si elle fait alors son chemin plus lentement, peut-être le fait-elle plus sûrement. Toutefois, le nom de M. de Sismondi est si justement célèbre, ses intentions sont tellement recommandables, que ce serait le traiter avec trop peu d'égards que de laisser sans aucune réponse un article très-susceptible, je crois, d'être combattu, et sur un sujet auquel il attache avec raison beaucoup d'importance. Ricardo n'existe plus. Les philanthropes de tous les pays, qui ne font actuellement qu'une même nation, le regretteront longtemps. Ce sentiment et l'amitié qui en particulier m'unissait à lui m'imposent peut-être le devoir do ledéfviidre contre une attaque qui nous est commune; mais œ sera sans me faire oublier que l'amitié m'attache aussi à son illustre adversaire, auquel le public doit un grand nombre d'ouvrages, tous
* ExUait de la Revue encyclopédique. 67* Cah. T. XXUI. )