‹ Œuvres diversChapitre 53 sur 128 · ii (IKi;\KKS DIVEKSES · texte numérisé non relu

ii (IKi;\KKS DIVEKSES

pour la faire préférer. Cet ordre équivalait à ceci : La machine à vapeur ^ à égalité de frais ^ fait autant d'ouvrage que cent hommes; chargez de poids ses leviers, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus faire V ouvrage que éTun homme. C'est, comme on voit, travailler à perdre précisément ce qu'il s'agit de gagner : l'augmentation des résultats obtenus par un meilleur procédé.

(/administration dont il s'agit était trop peu éclairée pour comprendre que le bon marché d'un moyen quelconque de production mAtiplie remarquablement les produits et leurs consommateurs; qu*au lieu d'avoir une navigation languissante, des droitsléfera procureraient une navigation active ; et que le fisc lui-môme aurait gagné davantage avec des droits légers. On sait que lorsque le vertueux Turgot diminua de moitié le droit que payait la marée à son entrée à Paris, ce droit rendit le double.

Raisonnement fondamental en faveur de la liberté du commerce*. — Une nation, sans introduire dans ses procédés de nouveaux pe^fe^ tionnements, peut continuer toujours à échanger avec les mêmes profits ses produits contre ceux de l'étranger. Si, avec le produit de deux journées de tnivail appliquées à des ouvrages de quincaillerie, TAngleterre peut acheter en Russie une quantité de chanvre qu'elle ne pourrait obtenir chez elle à moins de trois journées de travail, il lui convient d'acheter perpétuellement le chanvre de la Russie; et, de son côté, si la Russie, avec une quantité de chanvre qui lui coûte deui journées, peut acheter en Angleterre, une quantité de quincaillerie qu'elle ne pourrait produire elle-même à moins d'y consacrer trois journées, il lui convient d'acheter à perpétuité des quincailleries « l'Angleterre.

Tel est le fondement de tous les raisonnements qui établissent que la liberté de commerce est ce qu'il y a de plus Tavorable pour les nations.

Le commerce est favorable a la liberté politique 2. — On peut tirer une conséquence Men importante du parallèle que M. Storch reproduit d'après Smith entre la richesse commerciale et la richesse agricole.

Si les économies capitalisées en améliorations sur les terres, sont des richesses plus solidement acquises pour une nation, ou du moins si ce sont des richesses qui se détériorent moins que les immenses capi-

• storch, l. m, p. 83. - • Ibid. p. 8î>.

lIOMMLiMTAlUE SUR STORCIl. Mb

iMu\ qui rmcltfieiil dans les villes de commerce, ces améliorations sont d'un autre c(Hê des encouragements pour la mal -administration et l'arbilraire. Un propriétaire foncier 4 surtout quand il a mis sa terre en Kraiid rapport, est toujours sous la main de l'autoriU': il ne peut lui i-rhapper. \ji propriétaire foncier ne peut pas prendre son champ et l'cmpurter sous son bras; conmie Tesclave, attaché à la (;lébe, il est obligé de subir le joug du gouvernement quelque léger ou (|uelque lourd qu'il soit. 1^ capitaliste, le négociant, au contraire, ()ourront envoyer leurs fonds au dehors, et les suivre au besoin, bravant plus librelucnt l'oppression. L*indôpendance de leurs pi*rsonnes donne de Tin* dépendance à leurs |)ensc«'S; c'est là qu'on trouve |»lus de dignité, de >rai patriotisme, aussi l'autorité est-elîe obligée en général de les ménager, ou tout au moins d'être juste envers eux. ix fisc étend ses ravages sur les terres; elles sont toujours là pour répondre de l'acquit* lemeni des tributs ; tandis que les capitaux, l'industrie désertent si les eiaclions deviennent tmp fortes, et le lise, pour ne |ias |>erdre entièrement sa pAture, est obligé de modérer sa rapacité.

Aussi voyons-nous que les tAai» des|)Oliques, sont presque tous dos Mats agricoles, tels que la Chine, l'indoustan, la Perse, lÉgypte. Ln liurope, la France, |iays presqu'uniquement agricole jusqu'au wiii* Mtrcle, n a pas su réclamer sa liberté; tandis que l'Angletern*, À mettre qu'elle est devenue commer<:ante, a constamment iHHiquis des droits, obtenu des tribunaux «'équitables, et la lilMTté de la presse qui prévient toutifs les grandes injustices. Kt lorsque de nos jours PiU a perfectionné la corruption parlementaire et comprimé le vœu public au mn^en de votes achetés, comme ailleurs on Ta com|)rimé par des soldats achetés, dans quelle classe a-t-il trouvé plus de d(KrilitéM)ans cdle des propriétaires fonciers. Si maintenant ceux-ci se révoltent, c'est parce qu'ils ne peuvent plus vivre, eux, ni leurs fermiers.

to phénomène curieux qu'a pn^»enté notre siècle, c'est une éniigraiNin de capitaux et d'industrie causiV, non par des persécutions relidCietiMfs, ni même |)ar des perst'vuticms |M)litiqiies« mais par le poids des impùCs. Les provinces de France, lt*s déserts de rAnierique septeiitrioiialr, ont ete peuples d'Anglais (|ui ne voulaient que travailler et vivre «an» partager avec le lise* ; et si le gouvernement anglais rentre un |ieu iri«iiit«fnaiit dans l«*s voies nationales, ce n'est point au palriolisiiie des f'HM tMiniiain-s publics, ni au n*spect dr la libiTlé et dr l'hunianili* qu'on

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doit ce retour, c^esi à riiidépendancc de ceux qui n*ont point de terres ou qui ont eu le courage de les vendre.

Ce ne sont pas les capitaux du commerce qui mettent en jeu les AUTRES INDUSTRIES ^ -— Il y H une coofusiou qu'il est d'autant plus utile de signaler, que Smith^ qui sert de guide à 31. Storek en cette circonstance, n*en est pas exempt lui-môme. (Voyez Smiihj liv. Il, chap. v.) L'observation pourra donc servir également aux lecteurs de Tun et de l'autre.

Un capital, selon qu'il est employé à l'agriculture, aux manufactures, ou au commerce, met en jeu des quantités de travail fort diverses. Un capital, employé à l'exploitation des terres, met en jeu les qualités productives du sol, des bestiaux, des laboureurs, etc. Celui qui est employé aux manufactures, met en jeu les facultés productives d'un nomlm considérable d'ouvriers; enfîn, celui qui est employé au commerce met en jeu les facultés des commis, voituriers, matelots, employés dans le commerce ; et cette quantité de travail est incontestablement moiadre que celle qui met en jeu les deux autres industries.

Jusque là il n'y a point de difliiculté, et l'on peut donner son assentiment aux principes avancés par Smith et soutenus par M. Storek. Mais ces deux auteurs attribuent aux capitaux une autre sorte d'influence qui se confond dans leur esprit avec la première, et qu'on ne peut leur accorder.

« Le marchand russe, dit notre auteur, qui envoie à Kasan despro- » duits manufacturés de Moscou et qui, en rapporte des produits agrieo- » les, remplace (remarquez ce mot) nécessairement dans chacune de 8e5 • opérations deux capitaux distincts, et qui sont tous les deuxem- > ployés dans l'agriculture et les manufactures de la Russie. •

J'observe, en premier lieu, que ce mot remplace, dont tous les tra" ducteurs français se servent au lieu du mot anglais replace^ n*est fsS l'expression propre. 7b replace, en parlant des capitaux, veut dire rme* àourser. Le sens de la phrase l'indique, de même que celui de toutes l€S phrases où le même mot est employé. Or, un capital qui, en achetant à d'autres producteurs les produits de leur industrie, les rembourse de leurs avances, n'est point le capital qui met en jeu leur industrie, i^ marchand russe qui se pourvoit d'objets manufacturés à Moscou, potir

' Slurch, l. Ul. I». 04.

COMMENTA IRK SUR STOHCH. 327

les aller rendre à Kasan, emploie' son capital à faire aller son commerce, mais non à faire aller les manufactures de Moscou. Celles-ci vont au moyen de capitaux qui leur sont propres, qui appartiennent à leurs entrepreneurs, ou qui ont été empruntés par eux, et qui sont tout autres que le capital du marchand. Ce dernier capital ne sert pas davantage k l'entretien des cultivateurs de Kasan dont le marchand achète les produits pour les revendre à Moscou. Il y a là dedans trois entreprises distinctes, mises en activité par trois capitaux différents 11 est très-vrai que lorsque le marchand achète & Moscou, il rembourse au fabricant l'avance que celui-ci a faite au moyen de son capital, et lui permet ainsi de recommencer une production nouvelle; mais c*est sans mettre dans ses mains une valeur nouvelle. Le fabricant avait cette portion de capital sous forme de marchandise : après la vente, il la mettra sous forme de matières premières : elle sera en marchandise dans les deux cas ; mais dans le dernier, elle sera en marchandise susceptible d'être travaillée. Ce sera un avantage très-grand, sans doute, mais un avantage qui ne vient pas d'une nouvelle accession de capital.

D'où vient-il donc?

De rîntelligence de l'entrepreneur. Suivant qu'une entreprise de manufacture est plus ou moins bien conduite, chacune de ses opérations occupe son capital moins longtemps. Or, c'est l'occuper trop longtemps que de faire des produits tels, ou de ne pouvoir les établir qu'à des prix telS) qu'ils attendent longtemps leurs acheteurs. L'industrie du négociant n'est point ce qui fait naître la demande des objets manufacturés : il les fait tout au plus connaître ; mais pour qu'ils se vendent il but qu'ils se recommandent d'eux-mêmes par l'utilité qu'ils ont proportionnellement avec leurs prix. C'est cette utilité dépendante des lieux'et des hommes, qui les fait désirer, qui les fait demander, et du nnmient que la demande existe, il se trouve toujours assez de commer- Ws pour établir la communication entre les fabricants d'une part ^ les coa<M)mmateurs de l'autre. Les capitaux du commerce n'y font rien.

Sans doute un commerçant peut payer d'avance au fabricant sa ourchandise; il peut encore au lieu où elle arrive faire crédit au dé- WUeur qui doit la vendre : alors il n'est pas seulement commerçant : '' est aussi capitaliste, faisant des avances à d'autres entreprises que '^ sienne, parce qu'il en résulte quelques avantages pour son com-

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doit ce retour, c est à l'indépendance de ceux qui n'ont point de terres ou qui ont eu le courage de les vendre.

Ce ne sont pas les capitaux du commerce qui mettent en ibu lis AUTRES INDUSTRIES ^ -— Il y a uue confusion qu'il est d'autant plus utile de signaler, que Smith^ qui sert de guide à 31. Storek en cette circonstance, n'en est pas exempt lui-même. (Voyez Smiihj liv. Il, chap. i,] L'observation pourra donc servir également aux lecteurs de l'un et de l'autre.

Un capital, selon qu'il est employé à Tagriculture, aux manuractures, ou au commerce, met en jeu des quantités de travail fort diverses. Uo capital, employé à l'exploitation des terres, met en jeu les qualités pro* ductives du sol, des bestiaux, des laboureurs, etc. Celui qui est employé aux manufactures, met en jeu les facultés productives d'un nombre considérable d'ouvriers; enPm, celui qui est employé au commerce met en jeu les facultés des commis, voituriers, matelots, employés dans le commerce; et cette quantité de travail est incontestablement moindre que celle qui met en jeu les deux autres industries.

Jusque là il n'y a point de difliculté, et l'on peut donner son asseatiment aux principes avancés par Smith et soutenus par M. Stanh. Mais ces deux auteurs attribuent aux capitaux une autre sorte d'influence qui se confond dans leur esprit avec la première, et qu'on ne peut leur accorder.

« Le marchand russe, di^ notre auteur, qui envoie à Kasan despro- » duits manufacturés de Moscou et qui, en rapporte des produits agrico* » les, remplace (remarquez ce mot ) nécessairement dans chacune de ses » opérations deux capitaux distincts, et qui sont tous les deux em- > ployés dans l'agriculture et les manufactures de la Russie. •

J'observe, en premier lieu, que ce mot remplace, dont tous les traducteurs français se servent au lieu du mot anglais replace^ n*est pas l'expression propre. To replace, en parlant des capitaux, veut dire rembourser. Le sens de la phrase l'indique, de même que celui de toutes les phrases où le même mot est employé. Or, un capital qui, en achetant à d'autres producteurs les produits de leur industrie, les rembourse de leurs avances, n'est point le capital qui met en jeu leur industrie. Le marchand russe qui se pourvoit d'objets manufacturés à Moscou, pour

• Slorch, t. Ul. I». U4.

COMMKNTAIRK SUR STOUCII. 327

ies aller vendre à Kasan, emploie' son capital à faire aller son commerce, mais non à faire aller les manufactures de Moscou. Celles-ci vont au moyen de capitaux qui leur sont propres, qui appartiennent à leurs entrepreneurs, ou qui ont été empruntés par eux, et qui sont tout autres que le capital du marchand. Ce dernier capital ne sert pas davantage à l'entretien des cultivateurs de Kasan dont le marchand aehète les produits pour les revendre à Moscou. Il y a là dedans trois entreprises distinctes, mises en activité par trois capitaux différents 11 est très-vrai que lorsque le marchand achète à Moscou, il rembourse au fabricant l'avance que celui-ci a faite au moyen de son capi- U,et lui permet ainsi de recommencer une production nouvelle; mais c'estsans mettre dans ses mains une valeur nouvelle. Le fabricant avait cette portion de capital sous forme de marchandise : après la vente, il ta mettra sous forme de matières premières : elle sera en marchandise ikos les deux cas; mais dans le dernier, elle sera en marchandise susceptible d*étre travaillée. Ce sera un avantage très^grand, sans doute, mais un avantage qui ne vient pas d'une nouvelle accession de ctpital.

D'où vient-il donc?

De l'intelligence de l'entrepreneur. Suivant qu'une entreprise de manubeture est plus ou moins bien conduite, chacune de ses opérations occupe son capital moins longtemps. Or, c'est l'occuper trop longtemps ^ de faire des produits tels, ou de ne pouvoir les établir qu'à des prix telS) qu'ils attendent longtemps leurs acheteurs. L'industrie du négociant n'est point ce qui fait naître la demande des objets manufacturés : n les fait tout au plus connaître ; mais pour qu'ils se vendent il taut qu'ils se recommandent d'eux-mêmes par l'utilité qu'ils ont proportionnellement avec leurs prix. C'est cette utilité dépendante des iieux*et des hommes, qui les fait désirer, qui les fait demander, et du BMxnent que la demande existe, il se trouve toujours assez de commer- Çtuts pour établir la communication entre les fabricants d'une part et ies consommateurs de l'autre. Les capitaux du commerce n'y font rien.

Sans doute un commerçant peut payer d'avance au fabricant sa DUurchandise; il peut encore au lieu où elle arrive faire crédit au détailleur qui doit la vendre : alors il n'est pas seulement commerçant : il est aussi capitaliste, faisant des avances à d'autres entreprises que '^ sienne, parce qu'il en résulte quelques avantages pour son com-

merce^ mais la simple action d'acheter à un fabricant» et de vendrea un détailleur, ne fournit aucune portion du capital ni à Fun ni à Tautre.

Quoique ces principes ne puissent être saisis sans quelque esprit d'analyse, on aurait tort de les regarder comme abstraits. Ils sont fondés sur des faits que tout le monde peut observer, et par conséquent, il faut les considérer comme de TÉconomie politique expérimentale et pratique, la seule bonne.

Du COMMBRCE EXTÉRIEURE — Les vucs de M. Starch relativement au commerce extérieur me paraissent fort sages ; mais je ne sais pe s*il a assez nettement, assez complètement exprimé les avantages que ce commerce procure à une nation.

On a beaucoup répété que le commerce extérieur consiste i échanger son superflu contre le superflu d*un autre peuple. Le fait est qu'aucun peuple n'a de superflu ; car il n'en est aucun qui soit assez insensé pour produire des choses dont il n'a pas besoin. Qu'est-ce donc que ce prétendu superflu que l'on envoie à l'étranger? Ce sont des produits que l'on travaille, que l'on crée dans le dessein de les exporta. Si la Russie ne trouvait pas le débit de son chanvre et de ses bois en Angleterre, elle ne sèmerait pas du chènevis et n'exploiterait pas des forêts pour ces exportations. On ne verrait aucun superflu dans les magasins de Riga. Ce qu'on y voit sont des marchandises russes produites expressément pour le commerce de l'Angleterre. Et lorsque la Russie à son tour consomme des marchandises anglaises, ce sont ses propres produits qu'elle consomme sous une autre forme; car une nation n'a jamais à consommer que ce que produisent son industrie, ses capitaux et ses terres.

Quel avantage trouve-t-elle donc dans son commerce avec l'étranger! Elle y trouve l'avantage de produire indirectement à moins de frais, des marchandises qui lui reviendraient plus cher si elle les produisait directement ; ou même de produire des objets qu'elle ne parviendrait jamais à produire directement; ce qui équivaut à une cherté excessive. Ainsi, quand la Russie produit du chanvre, pour recevoir en retour des cotonnades, elle produit ses cotonnades en chanvre; et elle emploie ainsi moins de travail et moins de capitaux pour avoir une certaine quantité de cotonnades, que si elle fabriquait directement

* Storch,t. III, p. 127.

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celte néme quantité. Quand on lui porte des vins de France, et qu'on rapporte en retour des suifs ou de la cire, elle produit ce vin» en suif ou en cire; et quel que soit le prix qu'elle le paie, elle en obtient toujours une quantité quelconque; tandis qu'elle n'obtiendrait pas une seule bouteille de vin de Bordeaux, si elle voulait le produire directement. tm en peut dire autant du sucre, du café, de tous ces produits qui ne croisaent que sous la zone torridc.

i»r, par ce moyen, un peuple augmente considérablement sa production et sa consommation, c'est-à-dire ce qui fait le raractère d'un peuple civilisé, ce qui le distingue de la brute et du sauvage; et Ton peut dire que les princes et les législateurs qui s'opposent aux communications libres d'un peupla avec les étrangers, le repoussent autant qu'il dépend d'eux vtr$ la barbarie^ ou du moins nuisent à ses progrès.

indépendamment de cet avantage fondamental du commerce extérieur, il en est un autre qui consiste dans les profits qui naissent de ce genre d'industrie. Les travaux, les capitaux au moyen desquels on le cultive, rendent des profits q.jï sont le prix des services rendus par ces capitaux* par cette industrie; d'où nait cette autre question : Convient-il a ■ne nafiofi d'exerctr une industrie qui consiste à exporter ce qu*ette eatmeam dehors^ et à importer cê qu'elle en tire? \ quoi Ton peut répondre que cela ne lui convient pas, quand ses travaux et ses capitaux sont plua proOtaMement employés & produire ce qu'elle attend du dehon; ci que cela lui convient lorsque, tout compensé, cet emploi de ses capitaux et de ses facultés lui est plus profitable que la production intérieure. Hais cette réponse prouve combien la question est oiseuse, car dans tous les cas il faut laisser les industrieux ^'occuper de ce qui leur rapporte le plus.

Cela nous montre du moms qu'on |H:ut être fort sage en laissant, roame font les Chinois, aux nations étrangères le soin de faire tout leur commerce extérieur. I .es Chinois n'en n*cueillent |ïas moins le ;«iiicipal avantage de ci* commerce qui consiste i^sentiellement à produire chez eux, en thé. en nankin, en |>orcelaine, les fourrures, les quincailleries, les piastres dont ils ont lH«s<iin.

M. SToa<:H, sao»?iDe PâariE : théorif df. la civilisatio.'v K -- On est facile que M. Storrh qui n'a fait que des |ias ««ssun'*s tant qu*tl s't^ «ppu^e sur le!% auteurs dont il \VÊrU* un |hmi lè^èrenuMit dans son m-

*i.<tb. t. m. p. .':•».

trotluction à la seconde partie, abandonne dorénavant leur méthode qui lui a valu quelque succès. On verra oii cela le conduit, ci s'il est appelé à recueillir une gloire qu'Adam Smith a laissé échapper: ce soot ses expressions.

Sur cb que M. Storch nohmb des biens interhbs^ ^ Au milieu du vague et de l'impropriété des expressions employées dans ce chapitre et dans quelques-uns des suivants, je ne puis pas répondre d'avdr bien compris le sens de Tauteur. Je l'ai pourtant dierché de bonne foi. Je dirai ce que je crois en avoir saisi, et ce que j'y trouve à reprendre. 11 est inutile de répéter que mon seul but est d'éclaircir la Traie nature de chaque sujet. Si je suis forcé d'être sévère envers un auteur dont les intentions sont droites et les travaux considérables, c^est qu'il m'était impossible de faire autrement sans donner quelque consistance à une doctrine qui me parait sans fondement, et qui , si elle faisait impression sur quelques personnes, embrouillerait les questions au lieu de les éclaircir.

L^auteur appelle biens internes^ des choses qui sont des avantages ])our l'homme, et qui existent avec lui, tels que la santé ; et il regarde, «linsi qu'on le verra plus tard, comme productifs, les travaux qui procurent ces biens. Jusque là rien que le bon sens ne puisse avouer.

Mais quelle incohérence dans la nomenclature de ces biens! quelles lacunes dans leur dénombrement! J'y vois la santé ^ qui est un état, une manière d'être trop souvent indépendante de notre volonté, de nos efforts. J'y vois la dextérité qui est une qualité que l'on acquiert, pu du moins que l'on perfectionne. Les lumières^ qui appartiennent également à tous les hommes qui veulent se les approprier; le gcM, qui est un de nos sens ; le culte^ qui se compose d'actes extérieurs; la sûreté^ qui n'est qu'un résultat de circonstances aussi étrangères à notre individu que la température de l'air où nous sommes plongés; le loisifj qui n'est qu'une conséquence de quelques autres biens. Ces choses n'ont entre elles aucune analogie ; il n'y en a pas davantage entre les diverses manières de les produire et d'en jouir : et Ton ne voit pas pourquoi l'auteur n'y a pas admis Vamour, l'amitié, que nous ressentons, ou que nous inspirons, la bonne renommée, dont nous jouissons, la screnilé^ la gaité^ qui répandent tant d'agrément sur notre existence, toutes les vertus, toutes les qualités, toutes les circon*

' Slorch, t. ni, I». 22;J.

COMMI-IMIAlUt: SUIl STOItCll. 331

lUnc» qui innuent de près ou de loin sur noire sort. Celte doctrine le inel en opposition avec les notions déjà acquises, bouleverse les loalysM-s déjà hites, et comme |K)ur mettre le comble à la confusion, Taulpur appelle l'ensemble de toutes ces choses bi€n:t internes ou riVtfiMlion, deux mots qu*il est impossible de concilier, puisque l'un désipoe des avantages purement {Hïrsonnels, et Tautre des avantages lont nous ne jouissons que par la société ( rivilas ] et en commun avec rlle.

Sans doute l*homme possède des biens autres que les biens matériels i|ui servent à le nourrir, à le vêtir, k l'abriter, k satisfaire ses goûts msuels. Ces biens peuvent devenir Tobjet d*une étude importante : car il nous importe de savoir si on peut les accroître, quels sont les moyens de les accroître, quelle est la meilleure manière «l'en user, ils peuvent donc, ou du moins beaucoup d'entre eux peuvent entrer dans roDaeignement de l'économie politique; ce sont ceux qui obéissent aax mêmes lois que les biens matériels. Mais il faut les y placer sans IcfDenUr des lois constatées, sans s*écarter de la méthode adoptée pour les autres parties de la même science, et sans donner aux mots une aatre signification que celle qu'oh leur avait donnée. M. Siorch^k Texemple de Smith, a dans tout le cours de son livre entendu par le mot palfvr, la valeur échangeable des choses, c'est-à-dire cette qualité qui tait qu'elles procurent à leur propriétaire, |Nir échange, et du moment ifu'îl le veut, une quantité plus ou moins grande de toute autre chose utile, selon que la valeur de la pn*mière t^t plus ou moins grande. Et ■wintenant, il ap|ielle les biens internes des valeurs; le culte une va- Icof; les appi*llant des biens, il cesse de les app(*ler des richesses!

Hais, dira-t-on en premier lieu, comment M. Siorch p«mvait-il faire autrement |POur pn*senter un dénombrem^*nt complet de nos biens? ^

Je crois qu'il devait les ranger en deux class4*s qui auraient compris :

rOux dont la possesMon, sillon l'acception commune, ne rend |)as on homme, une famille, une nution riche;

SM^ux dont la |M)sst*ssion caractérisa» la richesse selon l'acception commune, et dont la privation caractérise la imuvreté.

Iittos la première classi* il faut mettre Tair que nous respirons, la lomière et la chaleur du soleil, IVau qui nous abreuve quand nous l'ai-oos autant que nous en |Mnivons gratuitement désirer; il faut y mettre l'attachement île nos proches, la ^atisfaction d'une l»oniie conscieniv KtfHisce» biens dont la j^Hiissaiice est à la |N)rti*r du pauvn* comnir

du riche, mais jque Ton ne peut acquérir pour de l'argent, que Tonne peut vendre, dont la possession, en rendant plus agréable l'existence du possesseur, ne le rend pas plus riche dans le sens ordinaire de ce mol.

Dans la seconde classe se rangent tous les biens qui ont une valeur échangeable, ou qui, s'ils ne sont pas suceptibles d'échange , ont une valeur appréciable, au moyen des produits échangeables qu*ils peuvent faire naître. C'est dans cette classe que figurent les terres cultivables, les capitaux, les approvisionnements de toute espèce, les talents naturels ou acquis, tous les biens, en un mot, qui peuvent s'échanger immédiatement, ou produire des biens échangeables.

Leur valeur s'établit suivant des lois naturelles connues; et la valeur plus ou moins grande de tous ces biens, fait que l'individu, la nation qui les possèdent, sont plus ou moins riches.

Les biens de cette classe sont les seuls dont réconomie politique puisse s'occuper, par la raison que ce sont les seuls qui relativement à leur accroissement, k leur distribution, à leur consommation, obéissent à des lois constantes et dont on peut décrire l'action et assigner les effets. Ce sont ces biens que dans mes écrits je nomme richesses soeiaks^ parce quêteur existence suppose le^roit de propriété qui ne peut être garanti que par la société; et que leur valeur suppose la possibilité de réchange, la Hxation d'un prix contradictoirement débattu; ce qui ne se rencontre que dans l'état de société.

Quant aux biens de la première classe, ils sont soumis à d'autres lois. L'air atmosphérique, la lumière solaire, le sable des bords de la mer etc., suivent les lois que font connaître la physique et l'histoire naturelle; les satisfactions du cœur, la paix de la conscience, suivent les lois de la morale, de cette science qui nous fait connaître l'homme moral et la manière dont s'enchainent les causes et lesefiets dans ce qui a rapport à la conduite de la vie. Tous ceux qui tenteront de ranger sous les lois de l'économie politique les choses qui n'ont, ou ne peuvent acquérir aucune valeur échangeable, ne feront que des bavardages et rien de plus.

Aussi, depuis Adam Smith , tous les auteurs de quelque réputation, après avoir sommairement désigné ces biens naturels ou moraux, les ont ils soigneusement écartés du cercle de leurs considérations. Ce ^rand homme a fait ainsi de Téconomie politique, non plus une science conjecturale et hypothétique, mais une science positive, agissant sur (les j;randeurs connues et suseeplihles d'apprécialions rigoureuses.

tiOMMKNTAIItK SIU STOHCH. .13.t

Coaunent dira-t-on en second lieu, M. Storcb devait-il classer autrement ceux de ces biens qu*il appelle internes^ et qui font véritablement partie des richesses que Téconomie politique peut étudier?

Les richesses qui entrent dans la sphère de rt^oonomic politique, sont •Hi desfimds qui produisent des biens échangeables, ou des produits qui uaïA^enl de ces fonds.

¥m quoi consistent les fonds y Ils se compobent de fonds de terre, de capitaux ou de facultés industrielles. Ces dernières comprennent la fcirre du corps, Tadresse, le talent qui rendent un homme capable de concourir à la formation d*un produit. Or, remarquez qu'il n'est aucun de ces fonds qui ne remplissent les conditions qui constituent une ridifsse sociale. t!n fonds de terre a une valeur échangeable, puisqu'il petit procurer i son possesseur une autre valeur égale atthchéc à d'autres objets.

On en peut dire autant d*un capital.

Les facultés industrielles, capables de concourir à la production, ne peuvent pas se vendre, il est vrai, parce qu'elles ne |ieuvent pas être leptrèes de leur possesseur ; mais leur possesseur peut en vendre les produits; il peut vendre les services qu'elles le mettent à portée de rendre, senices qui sont aussi des produits; par conséquent, elles rapportent un revenu, et ce revenu sudit pour que Ton puisse apprécier la valeur du fonds, t^n homme à qui son talent rapporte dix mille francs par an, est possesseur d'un fonds de facultés industrielles que l'on peut suivant la nature du talent et les circonstances estimer cent mille francs plus ou moins. Il est évidemment plus riche que celui k qui ses larullés industriellt*s ne permettent de gagner que cent écus i^ar an.

Quant aux richesses qui sont des produits et qui naissent journellement de nos fonds productifs, il est encore plus facile de les évaluer d'après la quantité plus ou moins grande de ce que Ton offire pour les obtenir.

i/est ainsi que l'on possède des richeues en fonds, et des richeues ^n reremm. Parmi les richesses en fonds se trouvent quelques-uns des iHrns que M. SUprck ap|»elle biens internes, tels que la dextérité. Parmi les richesses en revenus se trouvent les services journaliers annuels, que nous sommes en état* de rendre ; services qui sont des produits que nous vendons comme nous vendons les produits de nos terres, et qui. de la m4'*me manière, composent nos revenus.

||r»r« iU* là il n'y a rien «le pnris« |>arce (|tie l'on ne peut rien appre-

3» OEUVHKS DIVERSES,

cicr, parce qucTon ne peut déterminer aucune grandeur, et que ce n*est que la possibilité de les déterminer, de connaître par conséquent quand et comment les biens augmentent, quand et comment ils diminuent, et dans quelles proportions ils se distribuent, qui a fut de Teconomie politique une science positive, qui a ses expériences et fait connaître des résultats. Ici tout est concordjant, les analogies se retrouvent, les caractères distinclifs se manifestent; on sait d'oùl'on part, et où l'on peut arriver.

Dans la consommation improductive le consommateur he preiq PAS PART A LA PRODUCTION ^ — Cette coopératiou du consommateur poussée au point où M. Storçh la porte, devient quelque peu ridicule. Je conviens qu*un élève qui consomme les leçons d*un maître pour se faire un fonds de science dont il tirera parti, coopère avec le maître à se créer une capacité qui sera pour lui une véritable richesse; mais c^est parce qu'il y a là dedans une véritable production à laquelle il concourt. C'est ainsi que le maître d'un jardin travaille i l'embellir de concert avec un architecte ou avec son jardinier. Ceux-ci sont payés de leurs travaux parles honoraires qu'ils reçoivent; le propriétaire est remboursé de ses frais et en outre payé de ses peines par la valeur supérieure que le tout aura donné i sa propriété ; il y a de sa part une véritable coopération et une production véritable. Mais supposer que dans une consommation stérile, le consommateur prend part à la production parce qu'il prend la peine de consommer le produit; prétendre que le public coopère à la production d'un spectacle parce qu'il s*en laisse amuser, est une proposition qui n'est pas soutenable. Autant vaudrait dire que Ton contribue à la production d'un pâté, lorsqu'on prend la peine de le digérer.

M. Storgh confond les services rendus par un homme, avec les

FACULTÉS industrielles QUI LE METTENT EN ETAT DE RENDRE CES

SERVICES ^ — M. Storch a confondu dans sa théorie les facultés industrielles qui sont un fonds productif y et les produits immaiérieUqu sont des produits et prennent rang parmi nos revenus. Or, ce n'est point, quoi qu'il en dise, faire avancer une science que de confondre ce qui se trouve déjà analysé.

Cette analyse, je suis forcé de la remettre sous les yeux du lecteur ^ pour qu'il puisse se former une opinion.

' SU.rrh, l. m, p. n-i. — î Ibid. p. 237.

COMMENT AllU: SUU STORCH. 335

Tous lea services rendus sont des produits immatériels qui sont consommés à mesure qu'ils sont créés. Mais ils peuvent être consommés stérilement ou reproductivement, de même que les produits matériels. Le service d*un valet de chambre est consommé improductivement, car il n'en résulte aucune autre valeur qui, étant accumulée, puisse composer un fonds productif de nouvelles valeurs. Le service d*un professeur est également consommé à mesure ; mais celui-ci n*est pas consommé improductivement, puisque chaque leçon va grossir le fonds de science ou de talent dont rélève fera plus tard la source de son revenu. Il y a dans ces deux consommations de produits immatériels une analogie complète avec la consommation que Ton fait des produits matériels. Quand on brûle du bois pour se chauffer, on le consomme improductivement; quand on en fait une charpente, un édifice, on le consomme d*une manière qui reproduit sa valeur dans un autre objet.

Maintenant, parce qu'on a dit que des produits immatériels, ou, si Ton veut, les services rendus, sont nécessairement consommés à mesure quilssont rendus, M. Slorch conclut qu'on a dit que les capacités qui résultent de ces services, n*ont aucune durée; ce serait en effet une fort grave erreur si quelqu'un l'avait commise; mais, à ma connaissance, cela n'est encore arrivé à personne. On sait fort bien que les qualités humaines durent autant que leur possesseur, ou du moins autant que son état de force ou de santé; puisqu'on les a mises dans la classe des capitaux. Et si l'on a assimilé aux capitaux les qualités, les capacités humaines, M. 5lorcA peut- il se vanter d'avoir trouvé le premier que c*étaient des valeurs durables ?

Sa découverte se borne donc à avoir réuni sous la dénomination impropre de Inens internes^ non-seulement les facultés capables de rendre des services qui ont un prix, ce qui serait juste; mais encore des qualités non productives de biens échangeables, comme les mceurs; des actions qui n'en produisent pas davantage comme le culte; enfin» des circonstances extérieures très-favorables sans doute aux produc- ^rs, mais qui no sont pas proprement productives, comme la sûreté.

DlSTmcriON A FAIRE ENTRE LES SERVICES RENDUS ET L'INDUSTRIB DE

CKLVi QUI LES REND ^ — 11 y a, dans toute cette doctrine, quelque chose de vague et de peu satisfaisant qui provient, je crois, de ce que

' îîtorch^l. ni,p. 257.

336 ŒUVHKS DIVERSES.

l'auteur refuse de considérer les services comme des produits de Tio* dustrie de celui qui les rend. Ces services peuvent, comme les induits matériels, être consommés reproductivement ou non. Quand je consomme le service d'un ouvrier, je le consomme reproductivement puisqu'il en résulte un produit qui est ma propriété. Quand Je consomme le service d'une troupe de musiciens ou d'acteurs, je le consomme improductivement, comme je consomme les mets d'un repas qui sont des produits matériels.

Pourquoi l'auteur dit-il que le résultat des services est toujours incertain et qu*on s'accorde rarement pour sa valeur? Quand des musiciens d'une part et des spectateurs de l'autre, consentent les uns i payer en commun un certain prix, les autres à le recevoir et à donner un concert en échange, ce service acheté et payé, n'a-t-il pas eu une valeur dont on est tombé d'accord?

L'auteur veut compliquer cela d'un bien durable, qu'il appelle bm tnterne^ et il suppose qu'en achetant, un service, c'est ce bien durable qu'on achète; mais cela n*est pas un fait, il est trop évident que le spectateur d'un concert a joui du produit qu'il a acheté, mais qu'il n't rien emporté hors de la salle ou du concert, et que c'est un produit dont il ne reste absolument rien.

M. Storch^ dans son Introduction, déclare, d'après un autre auteur, qu'il ne faut adopter que les conséquences rigoureuses défaits bien constatés. Il ne suffit pas d'approuver une méthode : il faut la suivre.

1/exempIe critiqué par l'auteur avait pour objet de combattre l'opinion de Siniih qui appelle un médecin un travailleur improductif. Il fallait bien lui prouver que le médecin est producteur d'un avantage, tout au moins quand il sauve le malade.

Traits caractéristiques de la civilisation. — L'auteur procède dans le livre 11 de la seconde partie i l'examen du développement qu'éprouve ce qu'il nomme les biens internes dans les différentes phases de la société ; et c'est la même chose selon lui que d'observer les progrès de la civilisation, mais je crois qu'il ne donne pas une idée nette de cette dernière.

Comme il la confond toujours avec les biens internes, montrons d'abord en quoi la parité est délectueuse. Ces biens sont, d'après ]m^ liste qu'il en donne, la sanlé, la dextérité, les lumières, le gotU^ les

• Slorrh.t. 111, p. 30y.

9 la sûreté, le loisir. (Voyez plus haut, page 330.) La es biens, dans son idée, caractérise la civilisation; mais giner que Voltaire, parce qu'il manquait de santé, manliion? que le maréchal de Richelieu, l'homme brillant «lis XV, rat dans le m(^me cas, par la raison qu*il avait iestahloit? et que la société de Ninon de TEnclos, celle udefant, celle de Frédéric II, quoique composées des us distingués de leur époque, ne fussent pas composées ^, parce qu'ils avaient le malheur de ne jamais aller i faire gras pendant le Carême?

reconnaître k d'autrt>s traits la civilisation. 5 la caraclérisor ; on en verra mieux peut-être quelles lérations des chapitres suivants qui se trouvent y avoir érilahle; considérations, au reste, dont beaucoup sont ressantcs, soit que l'auteur les ait puisées dans des ous qu'il consulte de préférence; ou qu'elles soient le fruit s observations. J'en citerai pour preuve tout ce qu'il dit à Tesclava^e.

li$ation est nouveau en français ; mais quelle qu'en ait été e refusera |wis, je |»ense m(^me M. Storch^ de convenir qu'il urs ri<lée il'un certain développement des facultés physiiles de l'homme, ('ne nation est plus civilisée qu'une autre

que les facultés humaines y ont acquis un plus grand dé- ; développement qui ne peut avoir lieu que dans l'état s raisons nombreuses que je supprime ici. ;ultes sont de deux sortes : nous avons le pouvoir d'agir r de jouir ; de créer des produits et de les consommer : la era donc d'autant plus grande, que l'on produira et que inera davantage; que l'on aura plus de l)esoiiis, et qu'on

y pourvoir. Qu'avons-nous par-dessus les Kalmouks? que sons et que nous con>ommons davantage, remarque peut ^tre faite sur la parti% grossière comparée p dèvelop|)ée d'une mi^me nation. L'habitant aisé d'une de villes t'st plus développe que le paysan de la Basse-Bretagne, ent II* besoin d'une habitation et d'un vACement plus renne nourritiin* pins délicate, parce qu'il est capable de 'turc, qu'il sait jouir <les pnMiuctions des h^aux-arls, eti*. , cheik satislaireM*sbesonis en produisant, >oitpar.scs talents A. — n. û^

personnels, soit par ses capitaux et ses terres, les choses propres i ec but, ou du moins de quoi les acquérir. Remarquez en outre que la civilisation n*est pa» caractérisée seulement par la production et li consommation des services ou produits immatériels. L'architecte qui construit des habitations agréables, le peintre qui les décore, le manufacturier qui fabrique des étoffes élégantes, caractérisent une nation civilisée aussi bien qu'un habile médecin, un grand acteur qui satisfait des besoins d'un autre genre, par des moyens purement intellectuels.

Si ce qui précède donne une idée Juste de la civilisation» nous devons conclure que les circonstances sociales qui lui sont le plus favorables sont celles qui tendent à développer chez l'homme, le goût, le besoin des Jouissances bien entendues, et à lui faire découvrir les meiUean moyens de satisfaire ces besoins. Je dis les Jouissances bien entendues; car sans cette condition , notre faculté de jouir n'est pas portée au plus haut point ; et Je dis les meilleurs moyens d'y satisfaire^ parce que, sans cette autre condition, notre faculté de produire n'y est pas portée non plus.

M. Siorch en montrant jusqu'à quel degré les phases de la société sont favorables ou contraires à la santé, à la dextérité, aux lumières, aux mœurs, au culte, à la sûreté, montre sans doute jusqu'à quel point elles ! sont favorables ou contraires au développement de quelques-unes de \ nos facultés, de produire et de jouir ; mais il n'a pas adopté une dassi- j fication qui les embrasse toutes, et souvent il désigne comme une fio, j ce qui n'est qu'un moyen.

II est permis, par exemple, de regarder tout ce qui peut développer un certain degré d'activité dans les esprits, comme éminemment favorable aux progrès industriels, et comme disposant les hommes k che^ cher des jouissances raisonnables. Or, la soumission passive à une autorité arbitraire, à une autorité sacerdotale, en éteignant cette activité salutaire, diminue chez un peuple ses moyens de produire et de coqsommer et la grandg supériorité que nous remarquons à cet égard dans les pays libres et protestants, par-dessus les pays esclaves ou catho — liques, nous est dès lors expliquée.

Un jugement sain qui fait qu'on applique avec succès les matériau^ et les lois de la nature, à la satisfaction des besoins de l'homme, ao jugement sain, cette qualité dominante de l'industrie, ne fait pas partie de celles que U. Storch admet à composer la civilisation ; et l'unde^

COMMENTAIKK SUR STORLII. :i:i!i

\ qu*il adinet ouvre la porte à loutes ces supersUUoiis qui, dans \ ki temps, ont faussé le Jugement des hommes et propagé l'une des plus dangereuses infirmités de son esprit. CVstâ la pureté du culte que Socraie fut immolé, de mi'^me que les innombrables victimes de l'inquisition.

Enfin, il ne fallait pas faire considérer comme une lin, ce que Ton doit regarder seulement comme un moyen. Vu peuple n*est pas civilisé pme qu'il jouit de la sûreté. Il y a beaucoup de sûreté en Laponie, car, leloii les voyageurs, on y voit rarement de serrures aux portes des maisons; et Ton n'y est point exposé aux exacteurs du lise, ni aux esfkwa de la police; cependant on ne peut pas dire que les lapons soient rîvîltsés. La sûreté ne constitue donc point par elle-même la civilisation; il fallait se contenter de dire qu'elle est une circonstance néceslaire pour qu'une nation devienne complètement civilisée.

Mais b?isuite, comment m. storch a-t-il pu dire que les progrès

K L*RCM'STRIB, malgré L'aCGROISSEMETTT de richesses Ul'l E?l EST LA

sens, frrAiBAT rsiB chose pel désirable*. -— Les progrès de Tindustrie et l'accroissement de la richesse nationale, choses peu désirables, qo'd Caut supporter, mais non pas accélérer! eh! quel est donc le but que nous nous proposons, si ce ifest d'arriver à cet état si peu désirable 7 Qu'enaeignons-nous, sinon les moyens d*y parvenir?

ÏJB fonda de pensée de l'auteur est bon ; il ne veut pas qu'on parvienne i cet état par de mauvais moyens, que Ton fasse forcément» et par des encouragements mal entendus, d une nation agricole, une tation manufacturière ; mais cette pensée n'est pas, ce me semble, bien rendue , il ne fallait pas déplorer le n'sultat , mais seulement les noyens; moyens presque toujours fâcheux (|uand ils viennent de l'aolorité, parce que Faulorité ne peut jamais favoriser les uns qu'aux dcfeos des autres.

Iinqu'ici trois biens internes ont été examinés : la sanie, la dextérité ^VwUtUigenee; et l'auteur trouve qu'ils déclinent dans la grande masse ^ peuple à mesure que les nations font des progrès en population, en "riiMtrie et en lumières. Or, comme dans je système de l'auteur, les ^^^^^ internes sont la même chose que la civilisation, il en faudrait ^'^More que la civilisation décline à mesure que Ton fait des pro- ^^ On ne peut pas supposer qu'un homme aussi sensé que M. Storrk,

' ^iwvii. I. Ml. |>. i*?.

340 ŒUVRKS DIVKRSES.

ait voulu tirer celle conclusion absurde. La faute est dans le plan qu'il s'est tracé et dontrincohérence se manifeste à mesure que l'édifice s'élève.

J'avoue que je ne comprends pas comment le progrès des lumières est contraire à celui de l'intelligence.

Les armées permanentes favorables a la liberté ^ — On sent combien ces questions sont délicates à traiter dans un cours destiné h instruire des princes et à ôtre imprimé aux frais d'un monarque.qui dispose d'une armée réglée de cinq cent mille hommes.

si même il était permis de sourire en traitant d'aussi graves inti^ rets, on pourrait en trouver l'occasion en voyant l'estimable auteur essayer de prouver que cet instrument passif d'une autorité sans contre-poids, a quelque chose de favorable à la liberté.

Le loisir ^ — C'est tordre le sens des expressions que d'appeler fotitr le temps qu'un négociant, qu'un manufacturier donnent i leurs travaux. Celui môme qui médite une affaire et qui combine les moyens de la faire réussir exécute un travail productif. Le loisir est le temps où l'on se délasse. Ce n'est point directement une source de richesses; mais, de même que la sûreté, il en favorise la création. j

Cet état de bien-élre appelé loisir^ comme la santé, n'est point non plus un des traits caractéristiques de la civilisation; autrement ks Turcs seraient beaucoup plus civilisés que les Français; car ils se reposent beaucoup plus, et restent dans les temps ordinaires, la majeure partie de leurs journées, assis, les jambes croisées, une pipe k U bouche, ne prenant pas même la peine de réOéchir, et se complaisant dans leur imperturbable gravité.

Conclusion ^. — L'auteur qui heureusement prend l'expérience pour guide est ramené malgré lui, en terminant, à une exacte représentation de la manière dont les choses se passent dans Téconomie sociale. Les» hommes industrieux produisent, les uns des objets matériels comoK^ nos aliments, les autres des produits immatériels, ou des services, tel^ que le service que nous rend un médecin qui apaise nos douleurs, u t\ acteur qui dissipe notre ennui. Ces deux sortes de produits, maigri* leur divcraité, s'échangent les uns contre les autres, valeur pourvoileur; et il est clair qu'une société dans laquelle naissent beaucoup de produits immatériels qui s*échangent enlr*eux, ou bien contre d«'>

• Storch.l.in, p.4l8.— « Itihl. p. 6()7. — Mbid. p. 517.

<:ommi:maiuk si h MtHu:ii. :ivi

produits matmcls, e^t mieux pourvue en jouissances qu'uno siiciétr où il f*en produit peu. Il s*y trouve une plus grande masse de besoins satisfalU. Otie doctrine existait ; elle avait été professée quand M. Storch écrivait, et il « donné de fréquentes preuves que Touvrage où elle est consignée, ne lui était pas inconnu.

Je dis qu*il revient, fnalgré /iit, à celte doctrine, parce que dans toute la seconde partie, qu'il nomme Théorie de la civilisation, il proune autre doctrine comme étant sa découverte et comme rcnint la première; une doctrine où il refuse le nom de produit au pénllai des travaux qui ne s'exercent pas sur une matière; ne saisiswit pas l'analogie qu'il y a, par exemple, entre les travaux matériels ran cuisinier, et les travaux immatériels d'un médecin qui, par des talents et des procédés sans doute fort inégaux en mérite, concourent cependant, l'un et l'autre, i l'utile but de ranimer nos forces et de MHS conserver la santé.

La santé et les autres biens internes que M. 4StorvA représente com- M des travaux immatériels ayant acquis une existence durable, sont Huleoient des résultats obtenus, non par le fait de l'existence de ces Iniaux, mais par le fait de leur consommation ; de même que la chaleur d'un homme bien vêtu, ne résulte pas de l'existence de sou habif. ■its de ht consommation qu'il en fait.

Le fonds auquel nous devons les travaux immatériels, est le fonds ta facultés industrielles des hommes. Ce sont ces facultés, les unes douces par la nature, les autres acquises par le travail, qui mettent ki hommes en état de rendre des services qu'ils échangent daboni tMre de l'argent, et ensuite contre les objets variés dont le besoin st» bt «eotir à eux.

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