‹ Œuvres diversChapitre 56 sur 128 · RÉFUTATION DE CETTE DOCTRINE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE CETTE DOCTRINE

L'accumulation s^eflectue encore indifTéremment en argent et en nature. Un propriétaire d'une brebis et d'un bélier mérinos qui les multiplie pour former un troupeau, Tait une accumulation en nature, accumule chaque année le produit de son troupeau et de ses pâturages, sans qu'ils paraissent pour cela sous forme de monnaie d'argent.

Un négociant qui au bout de l'an augmente son fonds capital du crédit de son compte de protits et pertes, c'est-à-dire des avantages qui résultent pour lui de la balance des comptes courants de ses correspondants, fait une accumulation qui ne parait point en numéraire.

Mais quand même toutes les accumulations se feraient en numéraire; qui ne voit que la forme substantielle sous laquelle se trouve momentanément cette portion de capital, n'est d'aucune importance et n*influe en aucune façon sur l'utilité de ce capital. L'essentiel est la valeur occumulée^ la grandeur du capital consiste dans cette valeur, sous quelque forme substantielle qu'elle soit. Et lorsqu'on veut commencer à la rendre productive on la transforme soit en main-d'œuvre, soit en matières premières, et pourvu que la valeur y soit, on achète ces choses avec le capital dans quelque matière que réside sa valeur. Un fermier paie ses serviteurs en blé : un fabricant paie sa matière première en lettres de change, et la production s'ensuit aussi bien que si ces choses avaient été payées en argent.

Que Ton dise que les achats se font plus aisément et plus vite quand préalablement le capital a été transformé en argent, j'en conviens, et j'en dis ailleurs la raison; mais il ne s'ensuit pas qu'à valeur égale, un capital en argent soit plus grand ou plus productif qu'un capital en nature.

L'argent ne remplit pas la première des fonctions productrices ^puiiqu'au contraire il doit être échangé contre des outils, des matières premières, etc., si l'on veut l'utiliser.

Ces objets sont précisément ceux qui ne peuvent être suppléés; pour faire des bas, un métier ne peut pas être remplacé par un sac de 1000 fr., tandis que c'est précisément l'argeut qui peut être remplacé; car ne servant pas dans les échanges en raison de ses qualités physiques, mais en raison de sa valeur, un billet de banque, s'il vaut autant que 1000 fr. sert aussi bien dans les échanges qu'un sac de cette somme.

Tllf.ORIR DK M. FKRRIER. 357

O qui e«t plus aflligcant encore; l 'écrivain cité, à de Tauftses iloctrines ajoute des imputations odieuses. Il ose accuser Smith, dont chaque ligne annonce un véritable philanthrope, non moins zélé pour le bien des hommes en général (|ue pour la vérité, de n*ôtre autre chose qu'un fourbe et un hypocrite* qui a professé ce que lui-même ne pensait pas, et de l'avoir fait dans le but secret de semer dans i' Europe des principes dont il sai*ait très-him que V adoption livrerait à son pays le wkorekéde Vnniters, lin homme qui a causé de grands maux à la France, H qui en a été sévèrement puni, récompensa ces odieuses inculpations ea donnant i rêcrivain l'un des emplois les plus brillante de l'administraUon, après celui de Ministre.

\je même II. Verrier ne s*eii est pas tenu li, et, sans doute par des motifs analogues, il a, sous un autre régime, en 18:1! **, accusé le même illuaire écrivain d'avoir professé à <;iascow des principes opposés k ceux qu'il a développés dans son traité de la Richesse des nations; et il n'en dotme d'autres preuves sinon que Smith a fait brûler tous ses manuscrits i sa mort ; démentant ainsi sans raison le témoignage unanime de ses contemporains, et celui de Dugald Stewart^ son respectable éditeur, et les lettres qui nous restent de ce grand homme, et la profonde moriUté de toute sa vie. La calomnie des morts illustres est une des plusIldMi, comme sont toutes les attaques dirigées contre ceux qui ne pratent se défendre.

* Pt t'Àdmtnutration tammerciaU, p. Mi9-.S:o, edil. rilrr.

* Date étUV éàWkm du \\%n d€ M. Ffrrier. La I" avait paiu loui l'Empire.

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