AVKC DUPONT (DE NEMOURS
et que vous ne dissimulez point assez, mon cher Say, n'empêche pas que vous ne soyez, par la branche de Smilh, un petit-fils de Quesnay 9t un neveu du grand Turgol.
Votre discours préliminaire m'avait fait du chagrin par la manière plus lue- flnoîde, un peu dure et hautaine, dont vous y parlez des prédécesleurs, qui, pourtant, ont puissamment concouru à notre instruction. J*ai 'eiroDvé un peu de cette sorte d'affectation dans le livre même. Vous fêtes pas comme les Allemands, qui ne citent jamais un écrivain sans r chercher ce qui coïncide avec leur propre opinion, ce qui la fortifie, ii sans l'accompagner d'un éloge. Vous ne nommez guère que pour léoigrer , pour réfuter, pour rabaisser. Votre travail approfondi, votre lure talent pour la discussion, devraient vous mettre au-dessus de cette teîMesse. Corneille a dit :
« Je vois d'un œil égal croître le nom d'aatrui.
» Je tâche à m'âe?«r anui haut comme lui,
» Sans hasarder ma peine à le faire descendre. »
Montaigne a dit : « Je donnerais volontiers un coup d'épaule pour » rehausser ceux en qui je vois un mérite réel. » Voltaire a dit :
« Nous sommes assez grands pour être sans envie. »
Répétez-le; car vous êtes très-grand, mon ami.
Vous ne désignez Quesnay que par sa qualité de médecin. Quoiqu'on eflet il ait été médecin, même un illustre médecin, est-ce sous cet asiwet qu'en traitant de l'Économie politique vous deviez mentionner rhomme qui a vu que l'agriculture est à la tète de tous les travaux humains? qui a discerné et indiqué la distribution que les cultivateurs elles propriétaires des terres font des récoltes à leurs salariés directs tt indirects, et ce que oeux-ci donnent en retour? qui le premier a noonnu l'eiUstence du produit neiy sa fonction, son importance dans U société: et que Ton ne pouvait, sans ruine, faire contribuer aucune ftotre branche de richesse aux dépenses publiques ( ce qui renferme toute la théorie de l'impôt)? celui qui, contre l'unanime opinion de ^les philosophes et de tous les publicistes qui Tavaient précédé, a déeouvert, soutenu, prouvé qu*i7 n'était pas vrai que tes hommes, en se '^MMiem/ en société^ eussent renoncé a unb partie de leur liberté et de ^s droits pour s'assurer Vautre; que jamais ils ne se sont confédérés P^ y perdre j mais au contraire pour y gagner, pour garantir et pour ^dre l'exercice et la jouissance de tous leurs droits? D*où il suit 4u'aucun gouvernement n'a celui de gêner leur travail, ni de porter atteinte à leur propriété, puisque c-est pour défendre et pour augmenter Fun et l'autre qu'ils ont uni leurs forces et se sont donné, non des ^aUres, ce qu'ils n'auraient pas du tout voulu, mais des chefs.
Comment votre esprit juste et sagace, mon cherSay, n'a-t-il pas vu
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pompon, cela ne me (àil rien du loul; vous êtes brave, et savez Texercice. Je vous reçois avec joie comme un bon officier dans notre bataillon. Ne l'affaiblissons point, il n'est pas trop nombreux. Cependant avant deux siècles, peut-être avant un, il aura conquis le monde.— Si l'un de nous partait du pied gauche, l'autre du pied droit, un demi-temps perdu ou gagné noua remettra au poê. Mais arrivons ensemble, bayoDnette en avant, sur le pont tremblant des prohibitif et des réglementaires ; ils seront dispersés. — Nul de nous ne reculera, ni ne flécUri. Qu'aucun aussi ne tire sur ses camarades. Point de duels dans notre troupe. Si nous aimons l'escrime, je promets de n'y porter que dloi armes courtoises : bouton au Qeuret.
Et sur ce, mon jeune frère d*armes, le vieux sergent à moustaches blanches vous embrasse de tout son cœur.
DUPONT (DE NEMOURS) A J.-B. SAY
A bord du Fingal, 22 avril ISIS, 41 degrés de UUtude; 43.90 de longilude.
Mon cher Sat,
Je viens d*achever la lecture de votre trèfr-bel ouvrage, dont jeia connaissais, en France, que le discours préliminaire, la renommée et les extraits insérés dans divers journaux.
11 m'a inspiré un grand intérêt et donné beaucoup de consohnioo* Quelques jours après la blessure de Morelleti, cet habile et excettont homme m'exprimait sa douleur et la mienne de ce que noua devenians vieux et courions vers la mort, sans laisser d*élèves et d*hériiien qoi pussent continuer nos études et notre doctrine, comme nous aivonshit celle des amis et des instructeurs dont nous avons été iea coMpagnons.
le vois que ce n'est pas un élève que nous avons en vous, mais m fort émule, qui, avec trente ou quarante ans de moins, contribusn^ aussi bien que nous-mêmes, à propager, à démontrer un grand Bomte des vérités les plus utiles au genre humain.
Vous avez presque tous nos principes; et, si l'on en excepte ce^ui concerne les revenus publics, vous en tirez exactement les mêmes conséquences pratiques. La fantaisie que vous avez de nous renier
n l'étali cMié la J«inl»e dana un accident àa ? oiture.