THOMAS JEFFERSON
à%atH ASBAIftâMIB C^ rB4?ICK KT AXOCK PtliMK^T »E» i^TATS-t'NiS.
A J.-B. SAY »
Moiitkeno,}marelSi&.
Mon ain Mo?isiBta,
Voire lettre du 15 juin ne m*est parvenue qu'en décembre ; et ce n*est qu'après la ratiflcation de notre paix que j*ai pu trouver une occasiOD aûre pour tous faire parvenir une réponse. Je vous remercie de rexcmplaire que vous m'envoyez de la nouvelle édition de votre Truiié é'B^ptumie poiiiîque. Sous sa forme primitive, je le regardais déjà eosflie supérieur à tout ce que nous possédions sur cette matière; et, «MC les amélionitions qu'il a reçues, vous comprenez que j*y mettrai un Bonveau prix. Je me serais estimé heureux de recevoir chez moi votre Bb^eomiM votre lettre m'en donnait l'espoir. Il traverse tous nos États da sud au septentrion, et j'aurais été heureux de lui témoigner ma roQsklératkm pour son père; mais ses affaires ne lui ont probaUement pM permis de s'écarter à ce point de sa route, lorsqu'il a traversé la Virginie.
* On m mn^imi que la guerre t*éuii allumcc entre r Amérique et l'Angleterre, à cause «le la pretwUan que cette dernière avait Hrtre. de «Islter torn Ici bèUmenta det £lata-t*nli pnnr y ffcècfcher Ici matelots anglaU : ri que, tous ce preteite, les Anglais avalent enlr«r plmtenrs matelots américaint. l^es £tats-rols, avec grand'raison, n'avalent pat «onln m soumettre à de telles aïaiiie». Cette lettre répond à celte que l'auteur du prr- •m onvraiie atalt, dans des clrcoostanm ttcbeuses, écrite à Je0^rson pour la cononlte f dalifesMBl A un étaMissonoM au& Êlats-tnis. (.Voir de i prtwtitrt Éétieurt,)
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ans quatre fois plus de contributions qu'il n*était nécessaire, les Anglais en ont payé dix fois trop. Pourquoi? Parce que ma UgUmdekém se compose en majeure partie de gens à places, dont rindustrie (les votes) est payée par les ministres avec les impdts que leur accorde U légion de héros. Vous n'avez donc pas lu comment je les traite 7 A œ sujet, je crains d'avoir oublié de vous envoyer une brochure, que j'ai brochée Tan dernier, en arrivant d'Angleterre, opuscule où ils ne sont guère ménagés; mais je ne vous en veux pas, car je suis bam homm aussi.
Quant à ces demoiselles, dont la marchandise vous inspire qudque galté au milieu de nos tribulations, save^-vous qu'elles donnent lieu à une grande guerre entre nous ? Ce n*est pas pour leurs beaux yeux, sans doute; c'est pour la faculté productive ou non productive du travail ; c'est pour la question de la source des valeurs. Selon notre respectable Quesnay, et ses respectables disciples, la matière seule est une marchandise quand elle est vendable. Suivant Smith et son école, le travail est une marchandise aussi quand il est vendable; et suivant l'humble élève qui vous écrit, le travail du barbier est une marchandise vendable égalemei^t, quoiqu'il n\'ait 6té ma barbe et ne m'ait laissé aucune matière à la place. U m'a donné ses services, et moi je les ai consommés; mais, quoique détruits, ils ont été produits puisqu'ils ont satisfait à l'un de mes besoins, de même que la pomme que vous avez mangée à votre dessert, qui est détruite avM», mais qui était une richesse, puisqu'elle pouvait vous faire quelque bien.
Ah ! que vous devriez convenir avec moi que nos biens sont tout œ qui satisfait à quelqu'un de nos besoins; et que les services qu'on nous rend sont une marchandise que nous consommons, poar noire bien... et quelquefois pour notre mal. Mais ce n'est pas la faato do service, de même que l'indigestion que nous doQue un fruit, n'est pas la faute du fruit.
Quand ces biens nous sont donnés par la nature, comn^e la sapté, l'attachement de nos femmes, ce sont des richesses gratuites, les plus précieuses de toutes, comme la lumière du soleil ; mais quand nous les demandons à des étrangers, à des gens qui ne nous doivent ni leac temps, ni leurs peines, il faut bien leur donner quelque chose en échange. C'est le cas des services rendus par nos domestiques. , ^. Appliquez tout ce verbiage à ces demoiselles, et vous aurez Texplicition d'une conséquence incontestable de la doctrine de Smith, quoique
AVKC THOMAS JKFFERSCKN. .m
lui-même ne Tait pas aperçue ; ma» vous repousserez la conséquence, comme vous avez repouss4* la doctrine de Smilh, cl moi je n*en serai pas moins le constant admirateur de vos talents et de vos vertus.
P, S. Je n*aî pas reçu votre longye note sur Texpédition désespérée de Bonaparte. Mais quel homme! Il ne s*esl jamais servi des belles parti«» de l'humanité ; car le fanatisme militaire n*est pas plus recomoiandable que le Tanatismc religieux. H a Tait senir le premier à ce qu'il a cm élreson élévation, comme les pr(^tres ont fail servir le Tanalisme religieux à la leur; mais tout fanatisme est un méchant instruit; et une grandeur personnelle et vaine, un méchant but.