‹ Œuvres diversChapitre 65 sur 128 · AVEC THOMAS JEFFERSON · texte numérisé non relu

AVEC THOMAS JEFFERSON

"ez juger de l'étendue de l'exploitation qui conviendrait à votre famille; le perdant pas de vue que, tandis que la terre elle-même fournit à la ^Dsommation de votre maison tous les articles qui sont de son ressort, ' a vente au marché doit subvenir à toutes les autres consommations. J'ajouterai que le sol et le climat sont éminemment propres à la rigne, qui vient abondamment dans nos forêts, et vous ne sauriez imener ici un travailleur plus précieux qu'un bon vigneron.

La seule de vos questions qui me reste à éclaircir, est celle qui a rapport au prix des terres. Une réponse exacte à cette question demanderait des détails qui excèdent ce que peut contenir une lettre. Nous n'avons point de monnaie métallique. Nous sommes encombrés de billets de banque, dont la dépréciation élève le prix nominal de UMites choses, et ne fournit aucune valeur réelle pour point de comparaison. Je vous donnerai une idée de cet état de choses en vous disant que,

En nslyDoas avions i banque nu capital de dollars 1,000,000

Ed 1791, nous en avions <1 au capital de — 13,135,000

Eol7»4, » — 17 — — 18,642,000

EnlM», — 34 - ~ 29,112,000

Eo 1804, 6C, capital non connu.

Et maintenant (en 1815) nous avons, selon toute probabilité, une eentaine de banques dont le capital s'élève à cent millions de dollars, et elles sont autorisées par la loi à émettre eu billets trois fois cette nleur ; tellement que Tagentde notre circulation peut maintenant être de 2 i 300 millions de dollars, pour une population de huit millions et demi d'habitants.

On a pu, pendant un temps, soutenir au pair la valeur de toute cette friperie, ou plutôt les banques ont pu déprécier la valeur du métal en même temps que celle de leurs billets, en gardant des dépôts d'espèces suiBsanls pour les acquitter à présentation; mais la guerre ayant ^isé nos ressources en argent comptant, elles ont toutes suspendu leurs paiements en espèces, en promettant de les reprendre aussitôt fie les circonstances permettraient de se procurer des métaux préeteux. Les plus prudentes et les plus honnêtes d'entre elles tiendront peut-être à leur parole; mais le plus grand nombre ne voudra, ou ne pourra pas en faire autant. En attendant, comme nous n'avons aucun autre agent des échanges, nous prenons.ces billets par nécessité, mais nous les gardons en nos mains le moins longtemps que nous pouvons.

Le gouvernement met en circulation des bons du trésor bien garantis et portant intérêt. La confédération des banquiers, et les négociants, qui soutiennent les banques parce qu'ils en dépendent pour ieurs escomptes, cherclienl à ruiner le crédit de ces bons ; mais le pays,

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en généra^ les soutient vivement, comme un effet qui inspire bean coup de sécurité; aussitôt qu'il y en aura dans lacirculationune aaflBsan te quantité, les billets de banques ne pourront plus circuler. Vous juge bien que, dans cet état des choses, les possesseurs de billets de banqa sont disposés à donner de bons prix des terres, et que, si je me borna' à vous dire crûment le prix actuel des arpents , vous n'en auriei pi une idée qui pût servir de base à un calcul; mais leur prix s'est éiei progressivement depuis quelques années. De cette augmentation, àk tinguez celle qui est due à nos progrès en population» en industriel en richesse, du prix exagéré qui n'est fondé que sur l'état désordoM de notre intermédiaire. Il y a, dans mon canton et dans un auti canton qui n'en est pas éloigné, des morceaux de terre d'exoelleol qualité, qui ont été vendus, suivant les époques, aux prix suivaati savoir:

Le premier, en 1792, pour 4 dollars l'acre; en 1802, pourlOd.;< il vaut actuellement 1 6 d.

Le deuxième, en 1796, pour 5^ dollars; en 1803» pour 10 d. ;et vaut à présent 20 d.

Le troisième, en 1797, pour 7 dollars; en 1811, pour 16 d. ; et il tib h présent 20 d.

Au total, nous pouvons calculer que la valeur de nos terres cral chaque année d'un vingtième, et que si notre monnaie était maintenant dans une situation régulière, elles pourraient valoir de 12 i 19 dollars Tacrc. Je crois qu'il n'y a aucun de nos États qui bordent ïk\r lantiqueoù les terres puissent, toute proportion gardée, être obtenues à aussi bon marché; lorsqu'il s'y trouve une maison d'habitation, oi en dt^mande en général un prix un peu plus élevé. Ces maisons sonl de bois et assez médiocres^

Le travail salarié est ici exécuté presque entièrement par des geai de couleur libres ou esclaves. Un homme bien constitué gagne €1 dollars par année, et il est vêtu et nourri par celui qui l'emploie. L salaire d'une femme est la moitié de celui-là. On peut avoir des OB vriers blancs ; mais ils sont moins soumis, leur salaire est plus étofi et leur nourriture beaucoup plus dispendieuse. Un bon cheval de chtf rue coûte 50 à 60 dollars ; un bœuf de trait, de 20 à 25 d. ; une vad à lait, de 15 à 18 d. ; une brebis, 2 d. La viande de bœuf coûte envirai 5 cents (le cent est le centième d'un dollar); le mouton et le porc,' cents la livre; une dinde ou une oie, 50 cents la pièce; un poaM 8 cents; une douzaine d'œufs coûte le môme prix; la livre de beoir frais, 20 à 25 cents. Pour vous mettre à portée autant qu'il dépend d

■ 11 ne faut pas perdre de vue que ces renseigaemenU ont été donnés en 18I&.

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■oi d'asseoir vc)scalciils. Je joins à ma lettre la reuillo des prix courants de Ptiiladelphic, où Ton voit le prix de la plupart de nos produits aalionaux ou étrangers *.

le n*ai aucun doute (|;i'il ne soit très- avantageux pour vos enfants et leurs di*scendants de venir dans un pays où Tesprit d'entreprise et lei talents trouvent taut de ressources et des voies ouvertes k toute «fère de succès ; noais Je craindrais qu'i votre âge, avec vos habitudu, et accoutumé comme vous Têtes aux sociétés distinguées de France, vous n*y trouvassiez pas autant de bonheur personnel. Mon observai» est bien désintéressée; car je peux ajouter avec la plus entière fciîtf que ce serait pour nous un très-grand bonheur que de vous CHBpter parmi nos voisins; i>our y [larvenir, il n*est aucune démarche, Mcan service en mon ftouvoir que je ne sois prêt à exécuter avec plaierel pnimptitude. Veuillez en a^'réer Tassurance en même temps que aHe de ma grande estime et de mon respect.

Tu. Jeffekson.

^. S. Cette lettre vous sera remise par M. Tickner, jeune homme da Massachuset, de beaucoup d*érudition et d*un grand mérite, qui le UYMve heureux de cette occasion d*étre présenté à rauteûr'^dû Trade tTtconoMie polUique.

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