J.-B. SAY A M. S
(Inédite.)
Parts, 9 mai I8I&.
Toiri, monsieur, la comparaison qu*on peut faire entre les fonds Mies anglais et U-s nôtres.
V% capitaliste qui a des Tonds à placer |>eut acheter à la bourse de . pour 57 Trancs environ , une rente annuelle de 5 Tr., son placem lui rapporte à très-peu de chose près 8 f pour ceuL Cq capitaliste peut acheter à la lx)urse de lx)ndres, dans les 3 pour
* lcN«fceiil 4c mrUre au ninf «iea produit! d'une naUon eeui qui lool lea résultai» d« létraniwr.
r, peo4anl lc« Ont joun, m'avait fait MMulcr par Banano et Sauvo pour que l>|n«f la plunir rt qnt* yc pM»u\aa^ qur Ir cours des effets public» était plus liant en 'natr^u'rn Antlctrrre, cl par cfinsrqui'iit, li* crédit du uuu\eriieiiM*iU iiii|ierial ^uperleur *4liu 4u «••uïfrnemciit britannique. Je m') refusai cl lU celte lettre pour montrer que ce 1M l'aa «MUaii qoe |e prouvasae n'elait pat vrai. { J.-B. s. .
»0i CORRESPONDANCE
0/0 consolidés qui composent la majeure partie de la dette anglaise, pour 57 livres sterling environ (le cours du 29 avril était 57 -J^) une renie annuelle de 3 1. st. Son placement lui rapporte donc à peu près 5 7 pour 0/0.
Lorsque Tun et Tautre gouvernement contractent l'espèce d'engagement que, dans chaque nation, on regarde généralement cooime le plus solide, le gouvernement anglais trouve donc des préteurs qui se contentent de 5 ^ pour 0/0; tandis que le gouvernement français n*en trouve qu'autant qu'on leur paie 8 y pour 0/0 ; et probablement s*il créait des inscriptions et s'il en mettait sur la place , les rerait-il tomber plus bas encore.
La diflerence des monnaies prêtées ne change rien à cette propo^ tion, parce que les intérêts, de part et d'autre, sont payés en monnaie pareille à celle qui est prêtée. Cela ne change que la quotité de la somme et la quotité des intérêts. Un homme qui achète pour 57 L sL de fonds publics anglais place une somme dix-neuf fois plus forte que celui qui achète pour 57 fr. de fonds français ; mais aussi les 3 1. sL qu'il retire annuellement sont 19 fois plus considérables que les 5fr. que le nôtre retire annuellement.
H est vrai que la dépréciation de la monnaie anglaise par rapport à la nôtre fait gagner quelque chose au capitaliste français qui change son argent de France en argent d'Angleterre pour le placer à Londres. Le Français peut acheter au cours du jour pour 19 fr. 25 c. une livre sterling qui, avant la dépréciation, lui aurait coûté 24 fr. Avec an capital égal, il achète donc en Angleterre un capital plus fort et par conséquent une rente plus considérable. Mais ce qu'il gagne sur le capital qu'il fait passer en Angleterre, il le perd sur les intérêts qu'on lui paie en Angleterre et qu*il faut qu'on lui fasse passer en France. Chaque livre sterling de ce$ intérêts ne lui rapporte en France que 19 fr. 25 c. et non pas 24 fr. Le taux pour 0/0 reste donc le même. Il perd en outre la commission que lui fait payer le banquier de Paris et celle de son correspondant à Londres. ^
Le bas intérêt auquel un gouvernement trouve à emprunter tient « un grand nombre de causes compliquées ; mais les deux principales et dont l'influence est majeure, sont l'abondance des capitaux à prêter, et lo crédit que ce gouvernement inspire.
La somme des capitaux épargnés et prêtables chaque année en Angleterre est très-considérable, comparée avec la sommo des épargneif
AVKC M. S \n
en France annuellement, l^s profits de l'iniliistric y sont intiit plus muUiplii'S et les <lrpenses mieux n*<;Iéi*s. lit sous ce rapn ^ouvenienient «pii excite à la |irofusion nuit iiu\ |)r(^ls qu'on ait lui faire.
M!f^)nile eauju* principale et probiihlement la plus influente du
lèn^l, le crédit propn^meiïl dit tient à la persuasion plus ou
furtr où l'on est, que le gouvernement paiera exactemeut les
ts. Tetle persuasion ne peut ôtre vive et générale que lorsque
• politique est assez stable et assuré |)0ur cpie le public croie lera Tannée prochaine comme cette année. Tannée suivante e Tanm'*e prochaine, etc., et lorsque le public sent qu'aucun emeni ne saurai! avoir lieu |>ar aucune volonté arbitrain*. Kn terre, quelque parti qu'on suive, on a la persuasion intime que |ue fût le désir ou du prince régent, ou de la chambre des lords,
la chambre des communes de recourir a la banqueroute, ils aient en faire la tentative , et voilà pourquoi ils trouvent dea irs malgn' Tétat déplorable de leurs finances.
I comme les \olontés humaines, quelque fermes et unanimes BS soient, échouent contre la force des choses , la subversion lieu. Quand on déjHMise chaque année un milliard au deli des ies courantes, que les impôts qui fournissent ces rentrées cou- \ doivent par n>nsi*ipient «Mre augmentés chaque année de tout ^t de ce milliard euiprunté et que ces impôts, tels qu'ils sont, iruciMit drjà a devenir intolérables et ne produisent plus ce que en pnimettait, il faut qu'il y ait un éclat, quehpie intéressé* que e monde soit à l'éloigner.
• finances de France sont dans une bien meilleure position, aient dans une |»osition excellente, si TtTonomie |H)litiq>ic était
II mieux entendue parmi nous.
KecTve/, Monsieur, mes salutations.
J.-B. Saï.