‹ Œuvres diversChapitre 69 sur 128 · J.-B. SAY A DAVID RICARDO · texte numérisé non relu

J.-B. SAY A DAVID RICARDO

Paris, 2 mari 1820.

Mo?l CHBB MONSIELR,

Sans aucun doute, nous finirons par nous entendre. La vérité est en un point; quand on la cherche de bonne foi, on finit |)ar se rencontrer, â moins que notre vie ne se termine avant nos recherches. Peu s'en est fallu qu*il nVn arrivAt ainsi de moi ; une espèce d'attaque d*apoplesîe m*a averti du peu de fond que nous devons faire sur notre

Je TOUS avoue que je ne comprends pas trop la dilTérence que vous ctaUisMt entre ia valeur du travail qui ne détermine pus la valeur dea pr^dmiUf et la quantité de travail nécessaire à' leur production qui drier* mime /• valeur des produits. Il me semble que vous ne |K>uvez déterminer la quantité et la qualité du travail que par le prix que Ton paie pour roktenir. C'est du moins ce que j'ai toujours entendu par la quantité de ee service productif que j*ai appelé service industriel. .Son prix fait partie des frais de production, cl vous-mi^me établissez très-justement que Tensemble des frais de production règle la valeur du produit.

Vous Mimez une des notes que j'ai mises â la traduction fran^*aise que Coostancio a doum'^e de votrt* ouvrage (je crois que c est celle de

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la page 249. tome K<^ du français ). J'avoue que je ne vois pas trop comment la seconde partie de la proposition fait passer la première. N'importe : si la critique est juste pour cette première partie, je conviendrai volontiers que vous avez raison pour la seconde. En effet, quand un fermage ne sert absolument qu'à payer l'intérêt du capital qu'un propriétaire "a répandu sur sa terre, et qu'un impôt survient, le propriétaire n'abandonnera pas sa terre, et par conséquent le profit que rend ^^ son capital, pour ne pas payer l'impôt.Dès lors l'impôt ne porte pas sur le propriétaire en tant que propriétaire, et il augmente les frais de production, et par conséquent le prix des produits bruts. C'est un cas qui montre, en dépit des physiocrates, que tout impôt ne retombe pas sur les terres.

Agréez de nouveau, etc.

J.-B. SAY

DAVID RICARDO A J.-B. SAY

Londres, 8 mai 183|.

Mon cher Monsieur,

Je vous aurais écrit aussitôt que j'ai eu| reçu vos Lettres à Malthus i, sans l'espoir que j'avais d'être en état, en attendant un peu, de vous envoyer la troisième édition de mon ouvrage. Grâce aux retards que m'ont fait subir imprimeur et libraire, l'époque en a été plus reculée que je ne comptais; mais enfin je suis en état de joindre à cette lettre un des premiers exemplaires de cette troisième édition.

J'y ai remarqué la différence que vous et moi nous mettons à It signification qu'il faut attacher au mot valeur. Vous lui donnez le même sens qu'au mot richesse et au mot utilité; et c'est la partie de votre précieux livre que je désire beaucoup que vous soumettiez k un nouvel examen.

J'adopte presque entièrement votre doctrine des services productib; mais le fermage étant l'effet de l'élévation du prix, et n'en étant pas la cause, je vous soumets de nouveau la question de savoir s'il ne convient pas de le rejeter quand nous évaluons la valeur comparative des produits de la terre. Je suppose que j'ai devant moi deux pains,

* Celles qu'on Irouvera plus loin dans ce volume, et qui, au nombre de cinq, furent pobliées pour la première fois, en 1820, sous ce titre : Lettres à Jf. Malthus sur différents su^ jets d'Économie politique ^ notamment sur les causes de la stagnation générale du com^ merce.

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