‹ Œuvres diversChapitre 71 sur 128 · J.-B. SAY A DAVID RICARDO · texte numérisé non relu

J.-B. SAY A DAVID RICARDO

Paris, 10 Juillet 1831.

Mon cher Monsieur,

J'ai reçu, avec votre lettre du 8 mai, un exemplaire de la tnMsièine édition de votre important ouvrage. Recevez-en mes remerctmenti J'y vois une nouvelle preuve que les matières d'économie politique sont prodigieusement compliquées, puisque , tout en cherchant la vérité de bonne foi, et après que nous avons, les uns et les autres, consacré des années entières à approfondir des questions fondamentales, il y a plusieurs points sur lesquels nous ne sommes point encm d'accord. Au milieu de ces dissentiments, c'est toutefois un très^-bon signe que nous nous accordions sur Tessentiel, je veux dire, sur la possibilité qu'ont les hommes de multiplier leurs richesses et leur bien-être, ainsi que sur les moyens par lesquels on peut parvenir k œ but. Nous arrivons tous aux mêmes conclusions, quoique, dans un petit nombre de cas, par des routes diverses.

Vous pensez que mon ouvrage vaudrait beaucoup mieux si j'approfondisssais davantage les lois qui déterminent le taux des fermage! et celui des profits. Biais, permettez*moi de vous dire, mon dier Monsieur, que ces questions me paraissent moins importantes q/A vous, et que j'évite , par-dessus tout, des abstractions qui n'ont, je vous en demande bien pardon, rien d'applicable dans la vie réelle.

Je vois que, dans votre dernière édition, vous vous êtes beaucoup étendu sur ma manière de voir relativement à la valeur des chœei (que je regarde, et que vous ne regardez pas, comme la mesure la plis sûre des richesses). Le sujet est important; et je crois que ce qui sois empêche d*étre d'accord est que vous donnez trop peu d'attention aus deux sortes de richesses que je n'ai pas pu distinguer autrement qsB par les noms de richesses naturelles et de richesses sociales.

Vous m'exhortez à soumettre ma doctrine à de nouvelles méditations. Je l'avais déjà fait à l'époque où je fus critiqué par vous dans votre première édition ; j'ai recommencé le même examen en publiant la quatrième édition de mon Traite d'Économie politique; enfin, je viens de remettre encore ce même sujet sur le métier, en travaillant k un

\\¥A: llAVIf) RICAUhO 119

lien plus considorabh^ «|ue (oui oe quo j'ai fait* ; t*l ji* vou!» ?roUc (loctriiio nio srrnbli^ toujours conforme aux faits (qui maîtres à tous , en m^me temps qu'elle ne laisse sans exaucun (les phénomènes de l'économie |H)litique. •ur irlian^oable des chosc^s, pourvu (]u'on la connaisse sous a| ports et avec toutes ses variations, me semble ofTrir, dans henomène, une quantiO' appréciable, qui est un fait. Or, les de ce ifciin* sonlla seule base solide de toute tloctrine scienin> toutes les recherches (économiques, il faut, je crois, com- -lar alTermir cette base ; car enlin, pour savoir ce qui f:iit u dmnnuer nos biens, il faut savoir auparavant ce qui i(*s grunth ou f)e(ifs.

lurais admettre ce (|ue vous appelez, avec Adam Smith, vaiue Test-ce que de la valeur en utilité y si ce n'est de l'utililt* pure : ' 1j* mot utilité suflil donc; mais l'utilité seule ne me donne rort* une idée de la valeur. Continuant à l'étudier, j'observe dans chaque produit, une portion de celte utilité que la nalunflfre Kratuitemenl, et une portion que nous créons, en Iral en faisant travailler avec nous nos capitaux el nos terres, lune aucun de ces ditrérents services ne s'offre gratuitement, que, lorsf|ue nous avons cnV* cette |tortion d'utilité qui est , nous ne consentons ù céder les droits que nous avons sur utanl f|ue Ton nous donne en (^hanf;e une autre portion d'upe de la mi^me manière et au\ mêmes frais, nant. eomment pouvons-nous mesurer retendue de riiltlitê I avons crét*e dans un produit? Vous, vous croyez. Monsieur, ie troni|>e. que c e.sl piir la quantité </«• travail qu'on a dépensée néer; or, je pn*nds la liberté de ne pas adopter cette appréil y a d**s multitudes de qualités diverses dans le travail; on iiesurer la ipiantite de ehacune d'elles. Je mesure celte utilité, «les proiiuits. par les diverses vu<in/i<^j( d'un autre produit que *nt a ilonnf*r |iour l'arqucrir. I iie utilité pour laquelle, sur le on offre deux b(>isM*au\ de fmm«*n(, vaut le double di* celle uelle on n'offre qu'un .seul lioisseau. (Test ici seulement que îpnt h^ iil^'e» de valeur et de riches-v, telle* qu'on les con-

rt enmpUt d'Eeonnm%f poiirtf ur. qui n'a t{r romplr Unie rit piiMit qu'ra 1S29.

çoit dans la société; c'est ici seulement que commence ractioD des lois de réconomie politique.

Mais on paie une livre d*or (dites- vous dans la dernière édition de votre livre, que vous avez la bonté de m'envoyer) â,000 fois plus qu'une livre de fer; et pourtant elle ne contient pas S!,000 fois plus d'utilité. Voici comment, dans ma doctrine, ce phénomène est expliqué : en admettant comme vous que, dans une livre de fer, il y ait li même utilité que dans une livre d'or, quoiqu'elle vaille 2,000 fois moins, je dis qu*il y a dans le fer 1,999 degrés d'utilité que la nators ne nous fait pas payer; un degré que nous créons par des travaux, des avances auxquels nous ne nous livrons qu'autant qu'un consommateur consent à nous les rembourser; d'où résultent les 2,000 degrés d'otililé qui se trouvent dans une livre de fer; tandis que, dans une livre d'or, nous n'obtenons les 2,000 degrés d'utilité qui s'y trouvent dans votre supposition, qu'à titre onéreux, c'est-à-dire par des travaux, une industrie, des risques, des avances qui égalent 2,000.

Les 1,999 degrés d'utilité que nous ne payons pas, lorsque nouscoih sommons du fer, font partie de nos richesses naturelles, comme Tair et l'eau dont nous nous servons sans les payer; car c'est à la nature qœ nous devons l'abondance du fer, ses qualités physiques, la facilité de son exploitation, etc. Le seul degré d'utilité qu'on est obligé de payer ( parce qu'il n'a pu être donné gratuitement) fait partie de nos riches* ses sociales ; c'est cette utilité dont il y a dans une livre d'or 2,000 fois plus que dans une livre de fer.

« M. Say, dites-vous ( page 336), oublie toujours la différence • tielle qu'il y a entre la valeur en titUUé et la valeur échangeable. • Sans doute, je la néglige ; car, en économie politique, nous ne pouvous nous occuper ( si ce n'est accessoirement) que de la portion d'utilité qui a été donnée avec des frais; car l'utilité sans valeur ne saunûl entrer dans l'appréciation de nos biens, pas plus qu'une santé robuste, si ce n'est pour remarquer la jouissance qui en résulte.

A l'égard de l'exemple ingénieux que vous me citez dans votrt lettre, de deux pains égaux en qualité, égaux en valeur; l'un, quiaété produit sur une terre dont le fermier paie un gros fermage; laulre, sur une terre dont le fermier pa^e peu ou rien, cette hypothèse nJC parait exposer votre doctrine plus clairement qu'elU^ n'avait été exposée jusqu'à présent. Permettez-moi de l'expliquer d*après la mienne.

La nature fait présent aux hommes du sol, et, par conséquent, do

AVEC DAVID UICARIIO. Aûi

e productif que peut n'iMln» le sol. Si 1rs hoiniiu's si' parla;;«Mit vluits spoiitanôs d«» la Iitiv, l'ommi' Tout Us ptMipl«'s rlmsstMirs na<l«^s, W mnsommaleur \n* paie rien pour le M^rvire rmuIu par re. Si 1i*s lioinnies jupMit à pri>pt>s, pour que les produits soient ilioiiiLinls, de se parla^er le sol luiniùme, et «lallrihuer seula qufl«pies-uns li'entre eux (aux propriétaires n)nciers') les e» proilurtirs que le sol |H*ut rendre, on verra arriver ce que nous !v>u> les yeux, c'est-à-dire que les profils ronciers qu'un proire tirera de son fonds, seront considêral>ies si les besoins de la

* sont considêral)les, si sa terre cxi^c pim de frais de culture ; bi s<*ront petits ou nuls, si le prix courant du produit ne peut lyer au delà des frais de main-craMYre et des intêriHs du capital yès à la culture. CVest. au resti*, eonune vous le savez fort liien, Irinc d'Adam Smith, qui dit quelque part que, de tous ceux qui arent, soit directement, soit indin'ctement, à la production, le Plaire foncier est celui qui a le plus à soutrrir des circonstances ires à la pro«luction.

ir compreiuls pas |HMirquoi vous dites, dans votre lettre, que Ton it tÏHT aucune conclusiiui de l'explication que je donne, dans ivrap's, du phénomène des deux pains qui valent le même prix, le l'un ait coûté lieaucoup plus de travail que Tautre. II me 5 que nous en pf>uvoiis tirer cette instruction ( ainsi que je dans plusieurs endroits de mon Traité), que les pro;;rès essen-

* ta production consistent dans la substitution qm* nousréussisfairedes >ervices gratuits de la nature, aux services coûteux de industrie et desinstruniiMits qu'elle est obligée de payer; car si, le supposition im|M>ssible à réali'ier complètement , nous parsâ obtenir {lar des services gratuits toutes les utilités imaginamus Stemms tous plus riches ipie l>avid liicanlo; car il y a il«*s

désirables qui surpassent la |N)rlée des plus grandes fortunes. I ajoute/ : « Ce que nous voulons savoir, c'est la loi générai e letermine la valeur du pain ri*lativemenl à la valeur de toutes iutri»s choses. Il Mais, mon cImt Mousii'ur, n'est-ce pas la conicp qiieji* cherclie à donner en analysant les causes qui influenl

quantiti'*< ojfiTti'S vi ilrmiiidees? I.i»lM»«ioin qu'on a d'iuie clinsi» llrr la di-manile; li'< fiais nrrr<sain'N |Miur pniilirn» Cflli» rlinM' gnent la quatidlt* iliMUiiUilfr. I.ursqu'aux \i'ux ilucfinvininiatiMir luit vaut autant que les frais de producti«)u qu'il eoûh*. «m li*

produit; lorsque la valeur qu'on y attache n'égale pas la valeur des services productifs, on ne le produit pas , et toutes ces valeurs, celle des services productifs, aussi bien que celle des produits, sont des valeurs échangeables, qui ont leur prix courant; et leur prix courant sont des faits. Le travail ne détermine donc pas seul la valeur des produits, ainsi que vous l'établissez dans vos ouvrages.

Je ne crois pas me tromper en affirmant que ces doctrines, avec tous leurs développements, posent les bases essentielles du sujet.

C'est avec bien du plaisir que j'apprends que vous avez formé à Londres un club d'économistes politiques ; et je ne doute pas qu'il ne contribue puissamment à répandre les principales vérités dont se compose cette science. Ce que je désire par-dessus tout^ c'est que ceux de ces principes qui ne sont point abstraits, ceux qui ne sont que l'exposition naïve des faits et de leurs conséquences, se répandent dans toutes les classes des citoyens. Nous n'avons pas besoin de former des controversistes habiles dans l'arme du syllogisme, mais des économistes pratiques ; or, il ne faut pour cela que des notions accessibles au simple bon sens. Ce que je crains, c'est que nous ne rebutions le commun des hommes par des raisonnements trop abstraits.

Si vous admettez des associés étrangers , je m'estimerai heureux

d'être membre d'une société si respectable.

Agréez, etc.

J.-B. SAY

P. S. J'ai vu avec peine que plusieurs des écrivains anglais qui ont fait mention de mes Lettres à Malthus ont interprété ironiquement les éloges que je donne à l'illustre auteur de VEssai sur la Population. Vous le rencontrez quelquefois; ayez l'extrême bonté de lui dire que les témoignages de mon admiration pour son premier ouvrage sont la fidèle expression des sentiments qui m'animent ; sentiments que ne sauraient altérer les discussions où nous sommes entrés sur quelques questions d'économie politique. J'ai lu les principaux écrite où l'on a attaqué ses principes sur la population ( qui ne sont au reste que Topinion développée de presque tous les publicistes sur cette matière ?i et je serais bien aise qu'il sût que toutes ces attaques n'ont en riec ébranlé l'estime que j'ai conçue pour le livre et pour l'auteur.

AVEC DAVID RIOARUO. 4S3

DAVID RICARDO A J,-B. SAY

Loadrei, & man IISS.

Mon cher Monsieur,

l'ai rc(;u votre bonne loUre en réponse à la mienne du mois de mai. J« vous dois beaucoup de rrmerclments pour la peine que vous avez pnscde mexpliqucr votre manière de voir, relativement à la valeur; cC/ubsene avec plaisir que notre dissentiment est beaucoup moins grand que je ne lavais cru jusqu'ici.

Vous dites qu'il y a deux espèces d'utilitrs; Tune qui dérive de la nature, à laquelle le travail de Thomme n*a aucune part : vous dites que pour cette utilité naturelle, on ne |>eut rien obtenir en échange; nais que c'est seulement pour celle qui est donnée par le travail ou rinduslrie, que Ton peut avoir quelque chose qui ait une valeur du Béme i:enri*: vous dites quVn économie poiUùpie nous ne pouvons nous tmper que de (a portion trutHHè qui a et*' donnée avec des frais; et, d'après ce prînci|)e, vous expliquez le casque jt* vuus ai oppose d'une livre de fer et d'une livre d'or, auxquelles j'ai sup|K)Si' exactement la même alilitê, quoi(|ue l'or vaille *i,000 Tois davantage. Si nous donnons 2,000 focs plus pour l'or que |K)ur le Ter, c'est, dites- vous, parce que cette espèce d'utilité, qui est du ressort de l'économie politique, est 2,000 fois aus»i grande que celle qui est donnée au fer; et que le fer a 1,999 parties d'utilité naturelle, |K)ur laquelle on ne donne rien, et dont l'or n'f»t pas |»ourvu.

Uuoique je ne puisse pas approuver les termes dont vous vous servez pour expliquer cette vérité, je dois convenir qu elle est incontestable, cl je ne me suis jamais opposi's au fond, au raisonnement qui la prouve, puisque j'ai toujours soutenu que les produits ont un prix égal i la quantité de travail qu'on y a mise. Kt lorsque vous dites qu'ils sont précieux CB proportion de leur utilité, et qu'ils sont utiles en proportion de la quotité de travail ou d'industrie qu'on y a mise, vous exprimez dans lefaii la même opinion en d'autres mot.<.

Il résulte de votre doctrine (|Ut^ si, par un procédé plus i'*conomique, des*j.uoO|iorliou.s d'ulililé données «i l'or par l'industrie, 1,000 portions ««uaiiMit «s iHre données par la nature, et 1 .000 autn*s |>ar l'industrie, l'or intnluTait a la minlié de sa valeur d'iVhange. Alors, une livre d'or fornïTaii-cllp une portion de rirhessf égale ù ce qu'elle était auparavant? -V..US SiTicz olilip» de convi^nir que non, car vous dites que la ri- ^l|•')^r 9c fonde, non pas sur lu quantité de la marchandise, mais sur ^valeur. Kt moi, au contraire, qui n'estime |>as les richesses fiarleur

valeur, mais par la somme entière d'utilité que possèdent les choses qui constituent la richesse, de quelque source qu'elle provienne (que ce soit de la nature ou de Tindustrie ), je dirais que je suis aussi riche après qu'un procédé plus économique a été découvert, quoique ma richesse fût effectivement réduite a la moitié de sa valeur antérieure.

En m'cxprimant ainsi, je serais justifié par plusieurs passages de vos ouvrages. Dans la seconde édition ^ de votre Catéchisme d'Économie politique, vous dites ( page 2] que la richesse d*UDe personne est proportionnée à la valeur des choses qu'elle possède, et non i leur quantité. Et quand votre interlocuteur vous demande d'expliquer ce que c'est que la valeur des choses, vous répondez que c'est la quantité de toute autre chose que leur propriétaire peut se procurer par leur moyen, s'il juge k propos de les échanger. Il me semble qu'il y a Udedans une contradiction; car vous nous dites que la richesse est proportionnée à la valeur, et que la valeur est en proportion de la quantité des choses. Les richesses sont donc en proportion de la quantité; et, cependant, vous dites qu'elles sont en proportion de la valeur, et non en proportion de la quantité.

Supposons que la même cause, un procédé plus économique, en diminuant la valeur de l'or de moitié, diminue au même point, d'une manière analogue, les chapeaux, les souliers, le drap et le linge : une livre d'or achètera tout autant de chapeaux, de souliers, de drap et de linge qu'auparavant. Je vous demande si, dans ce cas, un homme qui possède une livre dor est aussi riche qu'auparavant? D'abord vous répondrez : Non, farce qu'il ne possède pas une marchandise de valeur pareille; et ensuite vous répondrez: Oui, parce qu'il peut acheter une même quantité de toute autre chose.

Dans vos Lettres à Malthus, vous dites, avec grande raison, que si une certaine quantité de blé ou de drap venait à être produite avec une facilité telle, qu'on eût pour les mêmes frais de production une quantité double de ces produits, leur valeur baisserait de moitié. Quoi! vous considérez la seule valeur comme la mesure de la richesse; et, cependant, vous concevez qu'une personne qui obtient en échange une quantité double de drap ou de blé, obtient plus de richesses î

* Cette seconde édition est de 1822, la troisième parut en 1825, la qaatrième fut donnée en 1835, après la mort de Tauteur, par M. Ch. Comte, secrétaire perpétuel de TAcadêmic des Sciences morales et politiques, et gendre de l'auteur. La cinquième, enflo, est celle contenue dans ce volume. Ces détails permettent de s'étonner que M. Mac Culloch n*ait pas fait mention de cet ouvrage dans imo Ril»liographie de llVonomic politique ( The literaturc ofpoWical cconorn»/), publiée en 1845. On est surpris, également, que le même écrivain, 8? prodigue en général de notes et de commentaires, ait à i)Cine consacré deux page» à rappréciation des travaux économiques de J.-B. Sat. (EL D.)

ATEC DAYID RICARDO. 4tS

• Les produits dans un tel Change, dites-Tous, sont mis en opposi-

• lion de vali'ur avec les services productifs ; or, comme en toutéchan-

• ge, l'un des deux termes vaut d'autant plus qu*il obtient une plus

• grande quantité de Tautre, il résulte que les services productifs

• valent d*au(ant plus que les produits sont plus multipliés et k plus

• bas prix. Voilà pourquoi la baisse des produits, en augmentant la

• valeur des fonds productifs d'une nation et des revenus qui en éma-

• nent, augmente les richesses nationales. (*«ette démonstration, qui

• ae trouve en détail au chap. 3 du liv. ii de mon Traité d'Économie

• folitique^ 4« édition, a rendu, ce me semble, quelque service à la

• fcience, en expliquant ce qui jusque là avait été senti sans être ex-

• pliqué, c'est que bien que la richesse soit une valeur échangeable, la

• richesse g«*nérale est accrue par le bas prix des marchandises et de

• toute cs|W>ce de produits. -

Ainsi, doublez par des procédés (*conomiques la pro«luction du producteur A, du producteur H, du producteur C, vous n'augmentez pas leur richesse, si la concurrence met leur produit au niveau de leurs frais de production : mais collectivement, ils sont deux fois aussi riches qu'auparavant. Rien sûrement, dans une telle explication, les mots ntktssfs et ralevrs ne sont pas employés dans un même sens.

Rrlativement à l'autre cas, celui des deux pains d'égale valeur, quoique la n*nte qui en provient soit fort ditTérente, nous sommes d'accord à iH'aucoup «regards. 1^ rente ; fermage ) est reflet du monopole dont jouit la t«*rre. et doit hausser avec la valeur du pain et les difficul- Irsqui se rencontrent à en obtenir davantage. Mais le dernier pain qui peut surmonter ces diflicultés no paie que pou ou (tojnt de n*nte au pn»f>ri(*tain\ f*t sa valeur, aussi birn que celle de tous les autn*s pains, »rk*ve parce qu'une plus grande partit* de son utilité vient tle travail K d industrie, v{ une moindn* partie, d'agents naturels. Vous dites que l'iilTre l'I la tieniande règlent le prix du pain : c'est bien vrai; mais qu'eM-n* qui règle la quantité «itlerle* Les fr:iis de protluction, la quanlitf d'ulilite (-un)nuniiquee au pain fiar l'industrie >. La rt*nte ( fer- Biap* ; e>t nn efTet du haut prix et n'en est pas la cause. Dans le prix df n*rtains pains, il entre peu de ri*tite, peut-être pas du tout.

Vous dites que le prix liu pain est déterminé par les services pn>diMiifs: sans doute; mais dans un |iain de 5 shillings, lt»s services pro* ductifs |)eu\enl être reprtis ain>i :

*if ffi.i* qii^ nir.inln r»i |rl «Un» l'iTiriir, fl ton fiplii'iilion iilKénrurf nufllt pour le K^trr. ^iMiiii !•• |m*m».ii!i (Ii> U »iirii>(c Hiiit (li'%riiijc |»lii<i pros.intii. If puin n'iirhéril; **Tr lift (.ni \r tT.ixnA itii riilii\;iifiir qui ni vW\r \v jin\, rV»! \v U'^uii tlu fonn«»m- ^>ur, ri il rn rnulk un plui grn» sain [N»iir 1p prupii«-iairp Uu trriaiii ; en il eM ici 1 4'rJeU iNTmanrnl». iJ.*B. 8.^

Mais il faut revenir sur la première partie de votre objection: les producteurs de blé et les producteurs d'étoffes produiront alors plus de bk et d'étoffes que les uns et les autres n'en pourront consommer. Âh! Monsieur, après avoir prouvé que , malgré une baisse de moitié dtns la valeur des produits, le même travail pouvait les acheter m totoii(^ et se procurer par là une fois plus de moyens d'exister et de jouir, seraije réduite prouvera l'auteur justement célèbre.derfMaixvrfa/iqfwfarton, que tout ce qui peut se produire peut trouver des consommateurs, et que, parmi les jouissances que procure la quantitédes produitsdont les hommes peuvent disposer, ils ne mettent point -au dernier rang les douceurs du ménage et la multiplication des enfants? Après avoir écrit trois volumes justement admirés, pour prouver que la populatioo ft'élève toujours au niveau .des moyens d'existence, .avaz-vous pu admettre le cas d'une grande augmcntaiion de produits^ avec un nombre êtatùmnaire de consommateurs et des besoins réduits par la parcimonie 'f

11 faut que ce soit Tauteur de V Essai sur la population qui ait tort, ou bien que ce soit celui des Principes d'ÈcononUs politique» Mais tout nous prouve que ce n'est, point celui de VEuai sur la population, qui est dans l'erreur. L'expérience, comme le raisonnement, démontre qu'im produit, une chose nécessaire ou (^réa6/e à l'homme n'est dédaignée que lorsqu'on manque des moyens de L'acheter. Ces moyens d'acheter sont précisément ce qui établit la demande du produit , ce qui lui donne un prix. N'avoir pas besoin d'une chose utile ^ c'est ne pouvoir pas la payer. Et comment estK>n dans L'impuissance de la payer? c'est lorsqu'on estdépourvu de ce qui £ait la richesse , dépourvu d'industrie, ou de terres, ou de capitaux.

Une fois pourvus des moyens de produire, les hommes aj^roprient leurs productions à leurs besoins; car la production' elle-m^me est un échange où l'on offre des moyens productifs et où l'on demande exi retour la chose dont le besoin se fait le plus sentir. Créer une chose dont le besoin ne se ferait pas sentir, ce serait créer une chose sans valeur : ce ne serait pas produire. Or, du moment qu'elle a une valeur, son producteur peut trouver à l'échanger contre celles qu'il veut se procurer.

Cette faculté des échanges, particulière à l'homme entre tous les animaux, approprie tous les produits à tous les besoins, et lui permet

* p. 365» édiU angl.; 280» édit. Guillaumin.

AVEC. M. MAI.Tlirs. 463

k ti-nir compte, pour son exislcnce, non de l'espèce du produit (il crhaiigera dôs i|u'il voudra, s'il a do la valeur . mais de sa valeur.

1^ dinicultê, direx-vons. est de créer des produits qui vaillonl leurs nis de pnKlucUoii. Je le sais hien ; et, dans ma lettre suivante, vous rerrez ce que j'en pense. Mais, dans l'hypothèse où nous sommes encore le la litiertê d'industrie, vous me permettrez de vous faire remar- |iier que l*im n*èpniuve de la difliculté à créer des produits qui vaileot leurs fraûi de production c|u'en raison des prétentions élevées ta marchands de services productifs. Or, le haut prix des services pro- Uictils dénote que ce qu'on cherche existe; c'est-à dire qu'il y a des ■Dplois dont les produits suffisent pour rembourser ce qu ils coûtent.

Vous reprochez à ceux qui partagent mon opinion de « n'avoir aucun

• égard à Tinfluence si géiitTalc et si importante de cette disposition de > l'homme à l'indolence et â Toisivelé*. > Vous supposez le cas où des inmme>, après avoir pniduit de quoi satisfaire à leurs besoins de première nècessi^itê, aimeront mieux ne rien faire au delà, l'amour du "^epos l'emportant dans leur esprit sur celui des jouissances. Cette ftuppoftilion, |H.*rmcttez-moi de vous le dire, prouve pour moi contre rous. Khi que dis-je autre chosi*, sinon qu'on ne vend qu'à ceux qui ivoduisf ut .' Pourquoi ne vend-on point d'objets de luxe A un fermier |ui veut mener une vie grossière.' c'est parce qu'il aime mieux rester ùsif que de pruduin* de (|Uoi acheter des objets do luxe. Quelle que Mit la cause qui borne la production, que ce soit le défaut de capitaux ou de |)o|»ulation, ou de diligence, ou de liberté, l'eiret, selon moi, est le mt^me : on ne vend |ias les ol)jets qui s'otrrent d'un ccMè, parce qu'on produit trop peu de l'autn».

Vous regardez l'indolence qui ne veut pas produire comme directesent contraire aux dclM)uch('s, et je suis bien de votre avis. Mais, alors comment |ioiivr/-vuus ro^ardiT, ainsi que vous le faites eh. vn, s. 9), l'iodHence de ce que vous ap|ielez des consommateurs improduetifs^ comaie favorable âccs mêmes débouchés? • Il est absolument néces- - faire, dites- vous-, qu'un pa>s qui a de grands moyens de pnxluc-

• tMMi possède un corps nonibn*ux de consommateurs improductifs. • Locnment so |Hrut-il que l'indolence qui refuse de produire soit con* liaire aux débouchés dans le premier cas, et leur soit favorable dans le SMCuud/

> Y iÀB.cdiL aogL: 3S&.êdit. GuiUiumm. — • P. 4ia, édkt. aacl.s «Si.

que nous faisons de nos services productifs contre les produits. Certes, si, au moyen des mêmes services , nous acquérons plus de produits, nos services valent davantage ; nous sommes plus riches, puisque nous acquérons plus de choses.

Cette explication, dont toutes les parties sont susceptibles, je crois, d'une démonstration rigoureuse, s*accorde fort bien avec la proposition qui établit que deux portions de richesses sont entre elles comme le3 quantitfis d'un même produit que l'on pourrait acquérir par leur moyen.

Du reste, je ne pense pas que nous devions avoir la prétention de donner des définitions abstraites, notamment de la richesse; c'est-àdire une définition où nous ferions abstraction du possesseur et de la chose possédée. C'était ainsi que procédaient les disputeurs du moyen âge ; et c*était, je crois, la raison pour laquelle ils ne s'entendaient jamais. Une définition trop générale, et qui n'entre pas dans les particularités qui caractérisent chaque objet, n'apprend rien. Ne vaut-il pas mieux faire connaître un objet à mesure que l'on peut lui appliquer les caractères qui le distinguent? Le lecteur alors en conçoit nettement l'idée.

Savez-vous bien, mon cher Monsieur, que votre lettre contient un aveuprécieuxque je regarde comme un hommage rendu à la vérité. C'est quand vous dites que vous n'aimez pas à mettre en un bloc les frais de production et que vous avez besoin de savoir dans quelle proportion chacun d'eux donne de la valeur à un produit. 11 m'avait semblé que jusqu'ici vous n*accordiez ce privilège qu'au travail ou à l'industrie; et que vous le refusiez au fermage et à l'intérêt du capital. En pariant ainsi des difierents frais de production, vous approuvez implicitement l'analyse et l'estimation que j'ai essayé d'en faire.

Je suis fort reconnaissant de l'accueil que la Société économico-politique a bien voulu me faire, et je lui en témoigne ma gratitude dans une lettre que j'adresse à son secrétaire, M. Cowell junior. Je soumets en même temps aux méditations de la société deux ou trois questions dont la solution me semble importante.

Notre nation, absorbée par les affaires, par les plaisirs, par les querelles politiques, donne bien peu d'attention aux questions économiques; aussi les progrès de son instruction en ce genre sont-ils bien lents. Je développe deux fois par semaine quelques principes élémentaires entièrement d*application, dans un très-joli amphithéâtre que

AVEC M. CH. ROBRRT PIUNSEP. 49»

If pMirernement a fait construire au Conservaloire des Arts et Métiers; f ( j'olMcrvc, à la hoiitcde notre nation, que la moitié de mon auditoire «f roinp4>Ae d'étrangers, AnKlais, llusses, Polonais, Allemands, Ks|>a- K'nnU. |H)rtuf:ais et (îrecs. l.e prince héréditaire de Danemarck, qui va biontAi partir |>our lA)ndre8, ne|)Ouvanl suivre cet enseignement» m'a prie de l'initier en particulier aux principes de iV'Conomie politique qu'il m'a paru saisir Tort bien ; ce qui est d'un bon augure pour les [ifuples qu'il aura k gouverner.

Veuillez» mon cher Monsieur, demeurer toujours persuadé de ma haute estime ci de mon constant attachement.

J.-B. Sat.

A M. CHARLES-ROBERT PRINSEP, M. A,

Paris, mal 1121.

MONSIEL'R,

je suis reconnaissant, comme je dois r(^tre, des obligeantes expression» de votre lettre et vous remercie de l'exemplaire qu*elie accompagnait de votre traduction de mon Traité d'Kconomie politique. Cet ouvrage a trouvé en vous. Monsieur, un élégant interprète, et Thonneur que vous lui faites doit me paraître d'autant plus précieux que langlais est la simule langue européenne dans laquelle il n*e&t pas encore été imprime.

J'avais déjà lu votre lettre au comte de. Liver|K>ol, publiée en t8l€, sur l'avantage qu'il y aurait eu à réduire l'argent de la livre sterling à la quantité de métal qut* Ton pouvait obtenir pour une livre sterling en papier-monnaie déprécié; en d'autres termes, à rendre légale cette d«*préciatioii déjà o|H*rée en fait. Je fus trés-frap|»é de vos raisons, et depuis je les ai d'autant plus approuvées que j'y ai plus rclléchi. C'était une banqueroute. puis(|ue l'Ktat ne payait plus les créanciers qu*avec une monnaie qui avait fierdu le quart de sa valeur primitive; mais c'était une banqueroute déjà oiMTée depuis plusieurs années : elle avait produit tous les mauvais effets qu'elle pouvait avoir, et il n'y avait que du mal à attendre de la reintégration de la valeur originaire de la livre sterling.

I.n elTetv la valeur totale de l'agent de la circulation, au taux où il eiail tombé, s'était pro|>ortionnée aux besoins de la circulation. Les

WO COKKKSPONDANCK

valeurs de tous les biens, meubles et immeubles, s'étaient proportionnées à ce taux; le nombre des unités suppléait à leur moindre valeur, et votre dernière législation, en réduisant la quantité des billets de banque, a rendu la monnaie trop rare: on a commis des injustices dans un sens opposé à celles dont le mauvais etTet était passé.

Ainsi, votre gouvernement, par ce seul coup, a augmenté de 30 pour 100 le montant de toutes les contributions, des gros émoluments, des pensions, des sinécures et de tous les abus qui pèsent sur la nation anglaise; tous les créanciers des particuliers ont été injustement favorisés aux dépens des débiteurs : on a remis la dette publique sur son ancien pied, sans profit pour ceux qui avaient vendu ou acheté des fonds publics depuis la dépréciation; tandis que la nation était libérée d'un quart de cette énorme dette ; enfin les prix de toutes choses, et, par conséquent, des frais de production, étant payés en une monnaie plus précieuse, le prix de vos produits s*est trouvé,dans l'étranger, hors de proportion avec les prix des nations rivales. Dans l'intérieur, ils ont excédé les facultés de beaucoup de consommateurs. Vous avez donc bien raison de voir dans cette erreur d*économie politique la cause de la détresse éprouvée en Angleterre, depuis six années.

Je vous avoue que je n'approuve pas de môme votre proposition d'un papier-monnaie qui serait invariablement fixé à la même somme, ou qui n'aurait pour régulateur que Tautorité publique. On pourrait, k la vérité, savoir fort bien le nombre de ses unités, mais leur valeur serait exposée à varier beaucoup. Quand la somme des échanges a conclure viendrait à augmenter, la valeur d'une monnaie plus demandée hausserait. Elle baisserait dans le cas contraire. Dès lors toutes les obligations contractées augmenteraient ou diminueraient. Je préfère l'expédient proposé par Ricardo. ^e pouvant rendre la valeur de la monnaie absolument invariable, il fait du moins qu'elle ne varie qu'autant qu'un môme poids de métal d'argent. Dans l'état des relations entre toutes les parties du monde civilisé, pour que la valeur d'une once d'argent varie dans un pays en particulier, il faut qu'elle varie partout; les variations de hauteur s'ciTacent sur un si vaste niveau. Il faut des siècles pour qu*elles deviennent sensibles. C'est peut-être autant qu'il en faut à nos institutions humaines.

Venons à votre traduction, Monsieur; elle m'a paru faite en conscience et avec un sincère désir de propager les connaissances écono-

AVEC II. ni. IlOliKUr IMtINSKI*. 431

miqiM. J'aurais <l«>Ain* que vt)us y eussiez joint le Discours préUmintiir^ qui commence I ouvrage et VKpitome qui le termine. Je ne sais Mir qu«*l motir vous avez supposé (|u'un préambule qui détermine lobji't lie l'^:conomie |>oliliquc, et qui répond aux objeclions qu'on nppDse a ce genre de connaissances, qui montre les nvanta^zes que les bnmmes en retirent, et donne une histoire abrégée de S4*s progrès, Tût Mn» int«*aH |iour les lecteurs d'un livre écrit sur cette matière. Les professeurs qui ont fait de ce livre le texte de leur enseignement en lulio. en Allemagne, en Pologne, en Uiissie, en Suède, en Hollande, s'ont point partagé cette opinion. Ceux do vos compatriotes m(>me,qui oat traite de celte science, M. Pryme, M. Senior, M. Mac Culloch, ont mi» à cf^ntribution cette partie de Touvrage.

Lhpiiome était nécessaire |)our délînir les termes: car je ne pouvais mployer que des mots déjà faits, et mal faits, parce qu'on a nommé kl choses avant d'en connaître la nature comme lorsqu'on a fait le •ot inUréi de l'argent >; il était donc bien nécessaire d'en déterminer le sens. Plusieurs lettres m'avaient demande ce tableau ramassé, dont kl rommençants et même quelques adeptes m'ont avoué avoir prollê. Si les libraires qui ont fait l'entreprise de votre publication, ont eii|pp ces suppressions, pour épargner les frais de quelques feuilles d'impression, comment n'ont-ils pas senti qu'ils encouraient, d'un ■Qlre c^tè, le reproche de n'olTrir au public anglais qu'un ouvrage iMomplet, et que la traduction ne dispensait pas, dès lors, les personnel jalouses de s'instruire, de la nécessité d'avoir recours à l'original friBçais. Je n'en apprécie pas moins. Monsieur, le mérite de votre traviil, et l'habiieté avec laquelle vous avez rendu un très-grand nomkrede morceaux. Ce mérite a été senti par M. Riddie, de IMiiladelphie, qiia publié le même ouvrage aux Ktats-l'nis, et a fait son profit de *«4re traduction.

Je TOUS dois aussi mes remerclments pour les notes critiques liont viaiavez souvent accompagné le texte. Vos critiques sont fondées à VRiques égards, et j'en prolilerai quand je publierai de nouvelles édititm: mais, permettez-moi de vous le dire, vous me faites aussi des ■vfrorheaqui me semblent injustes; et je vous prie de n'être pas fAché •ij'en relève ici quelques-uns tl.ins l'intérêt de lu science.

fil dit, dans mon traité, que la valeur (|ue les hommes attachent ' «m rhosi*s a son premier fondement dans l'usage qu'ils en peuvent

» faire ; qu'ils ne mettent aucun prix fc ce qui n'est boa i rien. •

Sur quoi vous Tailes une note ainsi conçue. « L'utilité n'est pas le seul ingrédient de la valeur. Dire qu'un objet

> a de la valeur, est affirmer la présence de deux circonstances, Tuti-

• lité d*abord et la difficulté de parvenir à la possession (difjkul^^ » attainment) A moins qu'il n'y ait quelque difficulté à surmon-

• ter, nul désir n'est excité dans l'âme humaine, aucun motif de se

• donner de la peine, de faire aucun sacrifice, etc. • Tome 1, page 4 de l'anglais*

Or, Monsieur, ce que vous dites là, je le dis moi-même un peu plus loin; car, après avoir caractérisé ce qu'il faut entendre par l'utilité des produits, et avoir esquissé les diOerents genres de services que les hommes peuvent en attendre, j'ajoute : « Nous jouissons des biens

• que la nature nous accorde gratuitement, de l'air, de l'eau, et dans

> certains cas de la lumière, sans être obligés de les produire. Ces

• choses n'ont point de valeur échangeable, parce que Ie3 autres

> hommes, les possédant de leur côté, ne sont obligés à aucun effort

> pour les acquérir.... Mais il est beaucoup d'autres choses, non moins

> essentielles à notre existence et à notre bonheur, dont l'homme ne » jouirait jamais si son industrie ne provoquait, ne secondait, n'ache- » vait les opérations de la nature. » ( Liv. I, chap. 2. )

Je montre ensuite que ces travaux de l'industrie secondée par les instruments qu'elle emploie, constituent des frais de production , et que les gens qui ont fait ces frais n'en cèdent les produits qu'autant qu'on leur donne en échange d'autres produits qui ont coûté des/rais équivalents^ c'est-à-dire les mêmes difficulties of attainment. Voilà, disje, ce qui constitue la valeur échangeable, la seule quf entre dans les considérations de l'économie politique, within the province of polr tical economy; ce sont les propres mots de votre traduction. Comment, dès lors, pouvez-vous me reprocher de ne point faire mention de ces difficultés, de ces frais dont je parle durant tout le cours de l'ouvrage sous le nom de services productif s^ de frais de production^ que vous traduisez vous-même par les mots productive agency^ cost of productianî

C'est donc bien inutilement. Monsieur, que chaque fois que je parle de l'utilité donnée à une chose, et de la valeur qui résulte de l'actioD de l'industrie, vous prenez la peine de me corriger et que vous surchargez votre traduction de notes pour me reprocher de ne point faire

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