AVEC M. CH. ROBERT PRLNSEK
eUienl à faire, elles pouvaient iHre le résultai des lumières do notre Cfioque : nul obstacle, nul danger, n'étaient à redouter pour Napoléon; il n avait même aucune peine à prendre, il ne fallait que protéger ce qui èUil bon et honorable, et du reste Jouir en paix. 1^ gloire ni la puissance, rien ne lui était disputé. Dès raiinee 1802, personne n'aurait ose aliaqucr le premier un lion devenu pacifique. Sans guerres, sans intrigues diplomatiques, l'exemple seul de la France exerçait une salutaire influence sur le reste de l'Europe. Les hommes de mérite du moude entier apportaient à Bonaparte le tribut de leurs talents, et lui en laissaient le prulil. lis pardonnaient inOme ce qu*il y avait eu d iUegal et de violent dans son usurpation ; il» lui Taisaient l'honneur d ajouter Toi a ses promesses, ior:»qu'il ieur disait : Paise^-voui que je MOU aues Jou pour recommencer au xi\' siècle, le rôle de César ou celui de CrumweUf
He bien! il a recommencé ce qu'il y a eu de pire dans riiistoire de i'uD et de lautre.
Il a rétabli pièce à pièce, avec un ai l et une («atieuce vraiment diabohques, tous les abus et tous les ridicules de l'ancien régime : il a successivement détruit tout ce qui pouvait consolider le nouveau.
Avaul son usurpation, les prOtres n étaient plus persécutes, mais diaqutf culte payait les siens; il a rétabli riullucnce sacerdotale et linlcnenlion du pape, et pourquoi'/ |Hiur satisfaire la puérile vanité aétre couronne par lui.
Toutes les places de l'insliuclioii publique elaieiil données au concoure et contiees a des honiines maries, intéresses a fonner des Citoyens reconimandables et éclaires. .Napoléon s'est n'serve le pri- Ti.egi: exclusif de plier la jeunes>e a son joug : toute e>pèce d'en- •eiguirmciU, niOme dans les écoles particulières, a ele place par lui tous l'autorité d'un grand niuilre de rLni\erMlei, choisi parmi ses plus plats courtisans.
La classe si ini|»ortaiite des sciences Momies et politiques existait daus l'iufttilut : il a supprime celte classe et l'a reinplacec par VAcadémt€ des iuscriptii/iis et iielUs Ltilns^ iiiblituec par Louis XIV pour dierclier des devises à la louanj:e du prince.
Il a enlevé à la nation française l'élection de ses représentants >, de SCS juges, et jusqu a celle de ses inagistrald municipaux.
■ Aflioara'bui nuauM mmUirr de l'xMtrucUon pulhque.
• «M. a Stpait rco4u au |»cuplc rdeaion d« li Clidiiibrr a«* Ufpuin, ini.« on n nndu
A la place des administrations provinciales, il a institué des préfète, espèces de proconsuls , étrangers aux départements qu*on leur donne k gouverner, richement payés par eux, escortés de gendarmes et foulant le peuple au lieu de le servir. En s'attribuant la nomination de tous les fonctionnaires civils, judiciaires et ecclésiastiques, il en a fait des espèces d'agents de police, d'espions plus empressés de satisfaire le gouvernement de qui ils tiennent leur pouvoir, que de protéger les simples citoyens de qui ils n'ont rien à attendre.
Ce que Bonaparte a appelé la réforme de la justice, n*a été qu'an moyen d'influer sur les décisions des tribunaux. En s'attribuant la direction des procédures, l'avancement des juges et le eboix des jurés, il a mis les prévenus à la merci de l'autorité.
A son avènement, les impôts les plus vcxatoires étaient supprimés: il a rétabli les droits d'entrée à la porte des villes, les droits réunis* et une foule d'autres, parmi lesquels Figure cette ignoble loterie impériale et royale, qui soutire l'argent du pauvre par une combinaison infernale, et occasionne, chaque année, en communauté avec les maisons de jeux, environ deux cents suicides à Paris seulement '•
11 a plus que doublé la somme des contributions que payait la Fnace avant qu'il parvint au pouvoir; et, à l'aide d'un vigoureux système militaire, il les a fait rentrer avec une rigueur inconnue jusqu'à lui. C'est ce que ses flatteurs ont appelé : Avoir remis de l'ordre dans U$ finance *.
la députaUon onéreuse, en privant.les députés de Tindeniiiité que réclament les fraUdeleor \o>age et de leur séjour dans la capitale. On les a mis par là dans la nécessité de eherdier les faveurs du pouvoir plutôt que les intérêts du peuple. (J.-B. S.)
* Ce que les Anglais appellent excise, que l'un a conservé après la restauration sous le nom de contributions indirectes,
* Cette loterie fut supprimée avec la monarchie et rendue plus désastreuse sous l'empire. Autrefois on ne faisait dans toute la France que vingt-cinq tirages par an. Bonaparte fit établir trois tirages par mois; dans chacune des six principales villes de France, on fiit trois tirages tous les mois, à dilTércnts jours de la semaine; ce qui procure deux cent eeite tirages par année, pour lesquels on délivre des billets dans tous les bureaux du royaume, cl pourjes plus petites sommes. (J.-B. S.)
La RévoluUon de juillet a fait justice de cette immorale instituUon, par une loi do 21 mai 1836. Elle avait été flétrie énergiquement déjà par un autre homme de bien, Dupont de Nemours, daus la séance du Conseil des Anciens du 30 geitninal an v ( 19 anil 1797}. — Voir notice sur Dupont de Nemours, tome 11 de la Collection des princtpatf économistes (Physiocrates ). (E. D.)
* Avant lui, le budget annuel ne s'élevait qu'à 600 millions de francs, sous sa deminatfcia il s*est élevé jusqu'à 1300 millions, dont 900 millions en principal et 400 mUlions ded^^
AVKC: M. MALTIIUS. i65
BenctT Si*s o|)cratioiis. i;t uii sont, ililos-\uus, les proliu des producleurs? 1^ capital tout entier a siTvi à les payer ' ; et c est le prix qui en a «-ti- |>a\e, qui a Turuié les revenus de tous les proilucteurs. Si le produit qui m e^ ri*suUê vaut seulement eent mille Irunos, voila le lliéa]«i capital retalili, et tous les producteurs ^ollt pa\es '.
Je n'ai donc pas peur de rendre votre objection plus torte que vous M l'avez faite, en l'exprimant ainsi : " Uuoi<|ue chacune des marchan-
- dtoes puisse avoir coûté pour s«i production la in(^iiie 4|uantiti'* de tra-
- vaii et de oapital, et qu'elles puissent équivaloir l'une â Tautre, ce-
• (HTiiddiit rlles peuvent toutes les deux Otre alMuidaiites au |K)int
• de ne |iouvoir acheter plus de travail qu'elles n'en ont coûté. I»aiis
• cv cas la productitin |Kiurrait-elle ^e continuer/ Indubitablement
Nnn .' Kl l'ounpMii, je \iius prie? Pourquoi des renniers et des manu- CacturittTs qui feraknt ensemble |Hiur soixante (r. de valeurs en t'n>- Beiitet en êtolTes, qui, je l'ai démontre, seraient em^tal d'acheter tout CDUere cette quaniité de mai*chandi>es, sulli>ante |K)ur leurs besoins, ■e pourraient-ils pas recommencer après l'avuir achetée et constim- Ae« ? Ils auraient les mOmes terres, les inOnics capilaux, la même industrie qu auparavant ; ils MTaieiil prccisenu nt au même |M)inl où ils €Uient en comineiii;aiit ; et ils auraient v<*cu, et ils >e seraient enlreteftns dr leurs revenus, de la vente de leurs M'rvicr> produclils. yue lauti| dt; plus |K)ur la conservatiun de la socieh*?tA* ^raiid phénomène et la production, anal \ Si*» expose >ous ses véritables traits, explique loul.
Apn*s la crainte que vous inaiiileste/, Mon>ieiir, «pie les proiiuils de la société ne deiuissenl en quantité ce i|u elle peut et veut en consom-
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*^ :9i, ruil. GuiiUUUlUI. ^Sotfi Uf 1 ÀUliHt.f
i.-i. ur. — * nr. 30
Si ce ne sont pas là des crimes, Monsieur, je ne m*y connais pas; et s'ils n'excitent pas votre indignation, je vous plains.
Je n'ose, après de si grands intérêts, vous parler encore de mon on* vrage et de votre traduction, et je vous prie d*agréer, etc.
J-B. SAY