DEUXIEME LETTRE A M, MALTHUS
MO!<ISIEUR,
Je crois avoir prouvé, dans nia première lettre, que les produits ne peuvent s'acheter que par dos produits; je ne vois donc point encore de motifs d'abandonner la doctrine, que c'est la production qui ouvre des débouchés à la production. Il est vrai que j*ai regardé comme des produits tous les services qui sortent de nos capacités |RTSonnelles, de DOS capitaux, de nos fonds de terre; ce qui m'a obligé d'esquisser de nouveau et en d'autres termes la doctrine de la production que Smiik évidemment n'a |)as conçue, et n'a pas dwrile en son entier.
Opendant, Monsieur, je sens, en relisant la m* section de votre chapitre vin, lîv. Il ', qu'il est encon^ un |)oiiit dont vous ne voudrez point convenir avec moi. Vous m'accorderez peut-être que Ion n'achète les produits qu'avec d'autres pmduiU;mais vous persisterez à soutenir que le» hommes peuvent, de tous les produits ensemble, cré<*r une quantité Mififrieure à leurs besoins, et qu'une partie, en conséquence, de ces produits peut ne pas trouver d'emploi ; qu'il peut y avoir surabondance et engorgement dans ton*; les genres à la fois. Pour pn*senter votre objection dans toute sa force, je la transformerai en une image sensib>. et je dirai : H. Malthus convicjulra volontiers, que cent sacs de bJ«- aciiêtent cent ; i jces d'élolTc dans une société qui a besoin, pour se vêtir et se nourrir, de crlir qtiantité d'étotre et de nîtte quantité de blé; mais SI la même société vient à produire deux cents sacs de blé et deux cents fiièces d'elulTes, ces deux marchandises auront beau |>ouvoir s'é-
* r'nliL. ao^l. éi% Prtnctprs d'Ecnnotntf pohhtiue; '> nlit.Jnrc il, m\-|. J, ilii rliapiirf •«i^# d# re llTre -, — p. '.'*fl ri mii\., l'ilit. (Hiillaiiniin, rr\iir mir Ir tritr ilr la pm-r-
La l'*cdiliofi anilaiie, a laqiifllf >r ra|i|iurlrnt Irn riialion!» d<' J.-K Sii>. it»i ili- IN'.'M; la r ac iaaa.rt potierlcurf et dcui anncei a la mort de l'autfur.
changer Tune contre l'autre, il soutiendra qu'une partie d*entre dles pourra ne pas trouver d'acheteurs. II faut donc, Monsieur, que je proufe en premier lieu que, quelle que soit la quantité produite et la dépression des prix qui en résulte, une quantité produite en un genre suffit toujours pour mettre ses auteurs en état d'acquérir la quantité produite en un autre genre ; et, après avoir prouvé que la possibilité d'acquérir existe, je devrai chercher comment des produits qui surabondent font naître les besoins de les consommer.
L'entrepreneur qui produit du blé, ou le fermier, après avoir acheté les services productifs du fonds de terre et du fonds capital qu'il occupe, après avoir acheté les services productifs de ses serviteurs, et y avoir ajouté ses propres travaux , a consommé toutes ses valeurs pour en faire des sacs de blé; et chaque sac, ses propres travaux, c*est-à-dire ses bénénces compris, lui revient par supposition à 30 francs. De son côté, l'entrepreneur qui produit des étoffes de lin, de laine ou de coton, peu m'importe, le fabricant, en un mot, après avoir consommé de même les services de son capital, les services de ses ouvriers et les siens, a fiait des pièces d'étoffes dont chacune lui revient à 30 francs également. Si même vous me permettez d'arriver d'un saut au centre de la question, je vous avouerai que mon marchand d'étoffe représente, dans ma pensée, les producteurs de tous les produits manufacturés; et que mon marchand de blé représente tous les producteurs de denrées alimentaires et de produits bruts. Il s'agit de savoir si leurs deux produits, en quelque quantité qu'on les multiplie, et quelle que soit la dépression qui en résultera dans les prix, pourront être achetés en totalité par leurs producteurs, qui sont en môme temps leurs consommateurs: et comment les besoins s'élèvent toujours en raison de la quantité produite.
Nous examinerons d'abord ce qui se passe dans l'hypothèse d'une liberté parfaite, qui permet de multiplier indéOniment tous les produits, et nous examinerons plus tard les obstacles que la nature des choses ou rimpcrfection des sociétés opposent à cette liberté indéfinie de produire; mais vous remarquerez que l'hypothèse de la production indéfinie est plus favorable à votre cause, parce qu'il est bien plus difficile de placer des produits illimités que des produits restreints ; et que l'hypothèse des produits restreints tantôt par une cause, tantôt par une autre, est plus favorable à la mienne, qui établit que ce sont ces restrictions mêmes qui, en empêchant de certaines productions, nuisent à
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■lencer SOS o|)êratious. IX uù sont, dites-\uus, les proliU des producleurs? ïj: capital tout entier a servi à les» pajer > ; et c est le prix qui co a été |»a\e, qui a runiié les revenus de tous les pruducleurs. Si lo produit qui iii esU résuRê \injt seulement cent mille francs, voilà le ménit} capital retahli, et tous les producteurs MiUt pa\es '.
Je II ai donc pas|>eur de rendre votre tibjcetion plus iorte que vous ■e l'avez faite, en l'exprimant ainsi : * U^iuiqu^ chacune des marchan-
• didcs puisse avoir coûté pour sii production la m^ine quantité de tra-
• vail i-t de capital, et qu'elles puissent équivaloir Tune à Tautre, ee- ■ (M'iidant «lies |>euvent toutes les deux tHre atxindaiites au point
• de ne |iouvoir acheter plus de travail (piVlles n'en ont œùté. i^ns
• ct- cds la pnKluctîon pourrait-elle >e continuer/ Indubitahlemeut
\iiu .' ïA |i<iunpi(ii, j^* ^^'ii>*^ prie? l*ourquoi des Termiers et des manufacturitM's q\ji feraii:nt ensemble |H)ur soixante Ir. de valeurs en l'ro- Ment et en ètoires, qui, je l'ai dêmcuitre, M-rainit en f (at d'uclifter tttut entière cette quantité de marcliandi>es« sullisante p«Mir leurs heaoïns, ■e |iourraient-ils pas recommencer après l'aviiir aclh'Lee et i-oiisum- Bee ? Ils auraient les mOnies terres, les mêmes capitaux, la nx'^ine industrie qu auparavant ; ils seraient prcci^emi lit au inOme |M)iut où ils datent en commem^ant ; et i\> aui aient v«ru, et ils >e >eraieiit entretenos dr leurs reveiius, de la vente de leurs siTvice> priHluclils. Une fautil de plus |N)ur la conservation d«* la S(jcieti*? (le f:raiid phénomène de la production, anal> se. eX|M)Si* sous ses véiitiihies traits, expii(|ue loue.
Aprt*s la crainte que vous iiianil'e>te/, .Mon>ieur, «pie les prnauits de Ift société ne dépassent en c|uantile ce «pi elle peut et veut en coiisom-
• M .• 1 ^jt • j- fM.Tii ••* • ini.iH !■' ' 'i i-, «•■...<•■ I m,- ••■• ij- I ;. î .'■: .jé" M' •■• ii:it ;■«!•■ Il ^m f i 11. ilr II' f'.i|iiiiil iji I t *\ i ii,| îoyi I i , ih.it •!• - iii.il • Il • , H iiii«' »•' li'i .'«I |>i» t iiip^}<^ « r.iflul lie -rrvii •-■* l'.i iliJi l.t*. I. • <l iii.i li.iiil.t.i :ii.il.<i>- jijiiiiitM I*. l'-liii'ilii'
■§: -iiL [^-^it ' ■j'.t II .1 il .iii' Il ^.ii< >ii «l'i • •,!. |-M • • !>• iiiiiii ..: .1 1 .• ii-|i.iiiii.i jmt li's
•«?« .rr^ , ri>lii(-til«, i|iii *';. kIiI t.iil iiU | Ii>it. iC' \.iîi tii . «Jii.iiiil l.i m ..n ii- pn liiii-|r i >l
4f r.uiL- ialrut,illi- Il iiiiiiIkii* .lin iiii) iiiiiii uii • .i|iilal . iiu.iiiii il f.iiil 1.1 [■.1)1 1. rt- l'.iii-ari.i D i-^l »{** 11- uiiiIkiiii** iiiiiil il* o >' i^<> • « l'iiNluiIif? i|ia lui niil iIkhm' ili l.i \,i.i ur.
' !«■ I>rklii* •{ni f.i.l 1(11 i iiU' |iii i.i ur iLiii" m n tiilif|iii«i t-iil Ir Ni,.i.rt lîn Ii.:\.i I • l 4fff u.«^nt« •|ii'ii J iiiii li.iii!! !><iii :itTiiri. Il nr t-nitiiiiiic l.i iiuiik iiili6{irior ipi ji,««i loii^trs)i« •;..' o o...:it i>l l< 1, ipiil mil (••'liiiail (u- oimut imiiihi-i m iI.m.- m-i .iiiii* «tr«;:.- . li •»! nii •]•» |<r«4iui itura uca»>airi>, tl m*8 i>ruLU fui)i,|>.<rii> ■:• - f .],..-... Ik.'rv 1.1 ,rf ( r<>aa< li>>ii.
' I'. Ifll.ruil.IjUUUlAmia. ..\l>rr« Uf l .4uriMi.;
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Avant de vous répondre, Monsieur, je vous préviens que, si, par condescendance, j'emploie votre mot rravat/ qui, d'après les explications données dans ma précédente lettre, est incomplet, je comprendrai sousc^tle dénomination, non-seulement le service productif d'un ouvrier et d*un chef, mais encore les services productifs rendus parle capital et par le fonds de terre, services qui ont leur prix aussi bien que le travail personnel, et un prix tellement réel que le capitaliste et le propriétaire foncier en vivent.
Ce point entendu, je vous réponds avant tout que les produits, en baissant de prix, ne mettent point les producteurs hors d'état d'acheter le travail qui lésa créés, ou tout autre travail équivalent. Daus notre hypothèse, les' producteurs de blé, par de plus habiles procédés, créeront double quantité de blé, et les producteurs d'étoffes double quantité d^étofles; et le blé comme les étoffes baisseront de moitié. Qu'estce que cela ? l.es producteurs de blé, pour leurs services qui seront les mêmes, auront deux sacs qui ensemble vaudront ce qu'un seul valait; et les producteurs d'étoffes auront deux pièces qui ensemble vaudront ce qu'une seule valait. Dans l'échange appelé proc/iie^to»» les mêmes services auront obtenu, chacun de leur côté, double quantité de produits; mais ces deux quantités doubles pourront s'acquérir l'une par l'autre comme auparavant, et aussi facilement qu'auparavant, de manière que, sans dépenser davantage en services productifs, une
chant à le resserrer et à le rendre plus clair, je crois devoir donner en note la traduetioD exacte de ses passages.
« Si les marchandises ne devaient être comparées et échangées que les <mes avec les au- » très, il serait alors vrai que, pourvu qu'elles augmentassent suivant des proportions oon-
> venables, elles pourraient, quelle que fût leur augmentation, consener la même valeur » relative. Mais, si nous les comparons, comme nous le devons, avec le nombre et avec le^ » besoins des consommateurs, une grande augmentation de produits avec un nombre sta- » tionnaire de consommateurs et des besoins réduits par la parcimonie occasionneront de « toute nécessité une grande chute dans la valeur des produits estimée en travail, telle-
> ment que le mémo produit qui aura coûté le même travail qu'auparavant ne pourra plos » en acheter la même quantité. »
c On avance (]u'unc demande effective n'est autre chose que TolTre effective que l'on fait
• d'une marchandise en échange d'une autre. Mais est-ce bien là tout ce qui est nécessaire
• |K>ur une demande cffcrtive? Quoique chacune des marchandises puisse avoir coûté, poor » sa production, la même quantité de travail et de capital, et qu'elles puissent équivaloir » l'une à l'autre, cependant elles peuvent, toutes les deux, être abondantes au point de ne
• pouvoir acheter plus de travail qu'elles n'en ont coûté, ou du moins de n'en pouvoir » acheter que très-peu au delà de ce qu'elles ont coûté. Dans c« cas la demande serail-die » effective P SufUrait-elle pour engager à continuer la production ? Indubitablement NON. " (P.d55,édit. angl.; ?80-2Sl,é<lit. Guillaumin.^
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nation nii ct*ttp raculU' pnxliictive viendrait à so doplo\er^ aurait une fois plus «rnbjHsâ ronsominor, sitit «mi Mr, soit tMi ètotTes, soit en tout, puisque nous somnii'S convenus dt* reprmMiter avec du bU* et des rtotTes toutes l«^ choses dont res|H.*ce humaine |ieut avoir besoin |iour «entretenir. Les pmduits, dans un tel échange, sont mis en opjiosition de valeur avec les siTvices productifs ; or, comme en tout écliange, l'un des deux termes vaut d'autant plus qu'il obtient une plus grande quantité de Tautre, il resuite que les services productifs valent d'autant plus que les produits sont |)lus multipliés, et à plus bas prix '• Voili pourquoi la baisse des produits, en augmentant la valeur des fonds productifs d*une nation ef des revenus qui en émanent, augmente les nrhesses nationales. C4*tte dêmonstralicm. qui se trouve en détail au chap- indu liv. Il de mon Jraitè tV Economie poiiîique . V édition , a rendu, re me semble, quelques sen'iccs à la science, en expliquant ce qui, jusque la, avait été senti sans ^In^ expliqué; c'est que, bien que la rfchtrsse soit une valeur échangeable, la richesse générale est accrue par le bas prix des marchandises et de toute espèce de produits \ Jamais probablement une augmentation du double, dans la puissance productive du travail, na eu lieu tout à coup et pour tous les produits a U fois; mais il est indubitable quVIIe a eu lieu graduellement pour beaudiup de produits et dans des pm|)ortioiis fort diverses. Un manteau de pourpre chez les anciens, à égalité de liiiesse et de grandeur, à égalité de solidité et d'éclat dans la teinture, coûtait sans doute au delà du double de ce qu'il coûterait chez nous; et je ne doute pas que le blé paye en travail n'ait baissé de moitié tout au moins à l'époque ignorée de l'invention de la charrue. Tous ces produits, coûtant moins de travail, ont ele, en raison dt» la concurrence, donné pour ce qu'ils ont coûté, «ans que personne y ait perdue et tout le monde y a gagne dans ses revenus.
* >ui%an( l'eipre^Aioii nniclaiM' H hm they cio nut command iKe iamr (|H<iiifify of /a* î^«r ai le fort.
M^lf dPini»ii»tralion. imui W dm- m iMMaiit, ruinr cuin|ilrlriiK'nt unr aucrtion dr I. lêUfcMi, i|ur l* ttiri marchr nt toujuun aiii dépens tlf\ profits |Mi:r :iTU;,el ruine, K^vuirqurnl, biu« !«•• iaiMiiiiifiiu'iil> i{u il fniidi* Mir ritif |*a>«'. l.a nit'ino driiiiin»lrjtiuii '••i^DM-ni'* fjlalt' ■ tiiuif ri'ltr |i«rli*' «It- In (tiiririiip di'M. Huardo, uu il h- flaUr dVlablir iw ce Hicii Irt frais lif prttducitun, vl non la pru|Hjrlion dr \'i*lfrf aiiv ta drmantte, qui '"'>* «^ prit dc« piMluilii. Il iiiriiiilii- li-.i frati dt pruductwn a\n- Ir» produits, taiidia <B.îi «..Qt rn uppoiitivn, ri que U» puiiiici* luiit U'aulanl uiuiiidier, qu«r le» tct-undi toot M aloadMiU. {Koie 4ê VAuttmr..
4M CORRESPOiNDANCE
S'il faut parler net> cette indolence leur est contraire dans les deux cas. Qui désignex-vous par ce corps nombreux de corfsommateiin improductirs, si nécessaire, selon vous, aux producteurs ? Sont-ce les propriétaires do terres et de capitaux ? Sans doute, ils ne produiseol pas directement; mais leur instrument produit pour eux. Ils consomment la valeur à la création de laquelle ont concouru leurs terres et leurs capitaux. Ils concourent donc à la production, et ne peuvent acheter ce qu'ils achètent qu'en raison de ce concours. S'ils y contribuent en outre par leurs travaux, et joignent à leurs profits oomme propriétaires et capitalistes d'autres profits comme travailleurs, produisant davantage, ils peuvent consommer davantage; mais ce n'est point en leur qualité de non-producteurs qu'ils augmentent les débouchés des producteurs.
Désignez-vous les fonctionnaires publics, les militaires, et les rentiers de l'État ? Ce n'est pas non plus en leur qualité de non-p^od^^ teurs qu'ils favorisent les débouchés. Je suis loin de contester ta légitimité des émoluments qu'ils reçoivent; mais je ne puis croire qw les contribuables fussent très-embarrassés de leur argent dans le en où les receveurs des contributions ne viendraient pas à leur secours; ou leurs besoins seraient plus amplement satisfaits, ou bien ils emploi6 raient le même argent d'une manière reproductive. Dans l'un et l'autre cas, l'argent serait dépensé, et favoriserait la vente de produits quelconques égaux en valeur à ce qu'achètent maintenant ceux que vo» appelez consommateurs improductifs. Convenez donc, Monsieur, que a n'est pas à cause des consommateurs improductifs que la vente est favorisée, mais bien à cause de la production de ceux qui foumissentî leur dépense ; et que, dans le cas où les consommateurs imp^oda^ tifs viendraient à disparaître, ce qu'à Dieu ne plaise ! il n'y aurait pis pour un sou de débouchés fermés.
Je ne sais pas mieux sur quel fondement vous décidez*, que la production ne peut se continuer si la valeur des marchandises ne paie que peu de travail au delà de ce qu'elles ont coûté, il n'est nullement nécessaire que le produit vaille au delà de ses frais de produ^ tion, pour que les producteurs soient en état de continuer. Lorsqu'une entreprise commence avec un capital de cent mille francs, il suffit que le produit qui en sort vaille cent mille francs, pour qu'elle puisse recom-
1 p. 4S6, édit. angl.; 280, édit. Guillauniin.
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■lencerses opérations. hX uù sont, iliicsi-\ous, les proiUs dos producteurs? ïa: capital tout entier a siTvi à les» payer > ; et cest le prix qui CD a été |»a)e, qui a ronné les revenus de tous les proiluctcurs. Si lo produit qui m esU ri^suRé vatit seulement eent mille Iruncs, voilà le ménii; capital retahli, et tous les producteurs >ont pa\es '.
Je n ai donc pas |»eur de rendre votre objection plus torle que vous me l'avez Taite, en rex|»rimant ainsi : •> Quoitiue chacune des marchan-
• iïiacs puisse avoir coûté pour sji production la in^me quantité de tra-
• vail et de capital, et qu'elles puissent équivaloir l'une â l'autre, ce-
• |n-iidjiit i-llt*s |>euvent toutes les deux être abondantes au point
• de ne |H>uvoir acheter plus de travail ipiVlies n'en ont coûté, ilans
• Cf l'as la production |>ourrait-elle >e continuer/ indubitablement
Niin .' Kl poun]ur)i, je \uus prie? Pourquoi des fermiers et des manufacturii»rs qui ferak^nt ensemble pour soixante tr. de valeurs en fro- Bfut et en èloires, qui, je l'ai démontre, m raient en <*lat d'adieter tout entière ctqtr quaniité de marcliand!>es« suUisunle |Miur leurs besoins, ■e |KNirraient-ils pas recommencer après lavoir uchclce et consommée ? Ils auraient les mêmes terres, les mêmes capiLaux, la même industrie qu'auparavanl \ ils siTaieiil preci>emiiit au même point où ils Cliient en commeni^aiit ; et ils auraient \ecu, et ils >e .seniient entrete- UU5 de leurs revciius, de la vente de leurs MTvice> productils. Une taut-
il de plus |K3ur la conservation di* la siiciete'/Ce ^rand phénomène
de la production, anal > se. «'XpoM* njus si's véritables traits, expli(|ue
tout.
Aprf*s la crainte que vous maint'e>te/, MouMeur, que les proiiuits de
la societt* ne dépassent en quantité ce «pi'elle peut et veut en consom-
• n .. i ,iit • l-T-Mi' «'* * jni.iH ! • ■ 'i •". •• , "' '»' ' ;• 1 i' ■; -II* »>'■•■ I ii!n ;■> ■"'■
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fliS M-. \^ «.Il ' •,< I II -1 •! aii II ^••i■ >i: ■!■•• > • •<' '|i- l'i' • ' •!' :iiii>> .' •! < -• !<-|i.iii>;i,i ji.ti i«'B
•#?«.rr« I roïiii'^if-, i)iii l'.i ••lit l.ill iil> I li.il, IIM \.iii lil . OiJ.iliil l.i III .•i«-li' ('Il lliirii- I ri
éff i.uih- ijtiui.itit- li'i lliiHiMt* aiH iiin p.iilit (iij i .i|i.IjI . i(ti.iiiil il fini la |ij>t r. tf |>iii'- Bn.l a • "l •!.«• H- i( iiiU'Ui** lut ni <i> > ^• i ^ .• t • |<imtui \ïif iiiii iiii «'iil it>>iiM- tJi l.i \.i.t iir.
* l^t (•'••[11* •)iji f.il un I hlP !•!• tii i«r li.iii' >'n « iili< |iii*i ^•■lll !•' >.ii:iiri- iiu ti..\.i 1 1 1 é0 L» «-m» ■{•l'ti a III» «l.iii<i Miii :it1 un . Il m' (-niilinur l.i iiiifiir i iili6|»riM- iiirjit-.oi l<ii^toit{.« •;..• ri M..iirf i'-l |>1, i|iiil n'i'ii iNHiriail |t:i« i>|ii'rir un ini-iiiiiii ilan^ ni!* .iiiiii fBl;*;: - . Il -Il un •!'.•• pf<>iliJi Ivura uvae^alrc», il i-i"» (irutite fulit.l-.'ith :• • r ■ - l'-rt*- M«.'f-« t.. .di ^ tiiiini l-"ti.
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AVEC M. MALTUUS. W
cboies m suecédeat ei s'encbilaeiit dans raccumoUtioo des
d^Abord que la plupart des accujsultUofii aocil ', hsQies» ToiU l(s moiulf*, quelque revenu qu'on ait, doit ytvn d'amaaieTy ei ce que j'appelle Ici la vk, eal, en général, \ diipeadieui qu'où mi pluji riche. Dans la plupart dea cai 19, rcntrctteu dune ramille et son éUblisfeaient em- ^la iotaljté daa rerenu^, et bieo nouveut des capiliiux ; et quaod éiiargoej» auuueUemeat faite»^ elles ^ot presque toujours \l^iilê proïKirlioii avec Ie3 capitaux actuellemeat employés* * qui a oeat mille (r. et uuo ludu^iric, gagae, dana laa ei eo ierme moyetii douze à quinze mille fr* Or, avec •lai fi une industrie qui vaut autant, c'eat-à-dire uae fortuae [ ani mille tr. il eai, économe a'il n'en dépenae que diai mille; donc aonueUametil que cinq miUo fir.. ou la Trogtitme I aon capitaL partagea» comme e'eat bien souvent le cas, cette fortune $9i99mm dont Time foumit rindustrie, Tautre le Cipttal, ^«&t liîftfi moindre encore, parce qu alor» deux ramiDeSt an vivre des pn)Qtii rvuni$ du capital et de l'industrie ^ il n'i a que les lr^*graDdea fortunes qui puisient épargnas» et Ica très grandes fortunes sontrsresan tas capitaux ne peuvent donc pas s*iopntnter avec ) capabli^ de produire de$ boulevmK-menlA dans riodustrie* ptrlager les craintes qui vous ont fait dire ' : • Qu*un exposé à un aceroiâsemaot plus rapide dn fonds de la classe laboricuaet qua de la daase labole ne suis pas cŒrajé davantage de IVnorme tiroduits qui peut résulter d'une augmentation de capital <> i^t au cniilraire, ces nouvepux capitaux^ et
^p Jî>tnh{jrT lie lu niânîtVv la nfus favo-
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Miter -*ii invite A plus de jouis*
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mer, il est naturel que vous voyiez avec terreur ses capîf âas s*acrrottre par l'épargne , car les capitaux qui cherchent à s'employer, procurent une au^entation de produits, de nouveaux moyens d'accumulation; d*où naissent de nouvelles productions : enfin vous me paraissez craindre qu'on ne soit étouffe sous Tamas des richesses ; et cette crainte, je vous Tavoue, ne me tourmente pas du tout.
Était-ce è vous. Monsieur, de reproduire ici les pr^ugés populairn contre ceux qui ne dépensent pas leurs revenus en objets de luxe? Vous convenez qn'aueune augmentation permanetUe de riekeue ne peiU avoir lieu sans une augmeniation préalable du capital; vous conœvei que Us travailleurs sont consommateurs aussi bien que les eonsammatem oisifs, et cependant vous craignez que, si Ton accumule toujours, on ne puisse consommer la quantité toujours croissante de ces marchandises produites par ces nouveaux travailleurs i.
il faut détruire vos vaines terreurs; mais auparavant permettez-moi une réflexion sur l'objet de l'économie politique OKMlenie. Elle est de nature à nous guider dans notre marche.
Qu'est-ce qui nous distingue des économistes de l'école de Quesnay? C'est le soin que nous mettons à observer Tenchaînement des faits qii ont rapport aux richesses; c'est la rigoureuse exactitude que nous nous imposons dans leur description. Or, pour bien voir et pour bien décrire^ il faut, autant qu*on peut, demeurer spectateur impassiUe. Non qw nous ne puissions, que nous ne devions même quelquefois gémir de ces opérations grosses de fâcheuses conséquences, dont nous sommes trop souvent les tristes et impuissants témoins : interdit-on à l'historien philanthrope les douloureuses réflexions que lui arrachent parfois les iniquités de la politique? Mais un rapprochement, une pensée, un conseil, ne sont pas de l'histoire, et, j'ose le dire, ne sont pas de l'économie politique. Ce que nous devons au public, c'est de lui dire comment et pourquoi tel fait est la conséquence de tel autre. S*il chérit li conséquence, ou s'il la redoute, cela lui suffit ; il sait ce qu'il a à Taire; mais point d'exhortations.
Il me somhle on conséquence que nous ne devrions nullement, moi d'après Adcnn Snn'th^ prêcher l'épargne ^ vous. Monsieur, d'après lord Lauderdale^ vanter la dissipation. Bonions- nous donc à noter coo-
* K 878, édit. angl.; ?78, édit. Guillaumia.
AVEC M. MALTHUS. Ul
ei choses se succèdent et s'enchaînent dans Taccumulation des
emarque d'abord que la plupart des accumulations sont nécesleot lentes. Tout le monde, quelque revenu qu*on ait, doit vivre que damasser; et ce que j'appelle ici la vie, est, en génêraU nt plus dispendieux qu'on est plus riche. f>ans la plupart des cas
professions, l'entretien d'une Tamille et son êtablLssement émit la totalité des revenus, et bien souvent des capitaux ; et quand
des épargnes annuellement faites, elles sont presque toujours me faible proportion avec les capitaux actuellement employés. Irepreneur qui a cent mille fr. et une industrie, gagne, dans les dinaires, et en terme moyen, douze à quinze mille fr. Or, avec
capital et une industrie qui vaut autant, c'est-à-dire une fortune IX cent mille fr. il est, économe s*il n'en dépense que dix mille; larpne donc annuellement que cinq mille fr.. ou la vingtième
de son capital.
rous [uirtagez, comme c'est bien souvent le cas» cette fortune des personnes dont l'une fournit l'industrie, l'autre le capital, pie e^t bien moindre encore, parce qu'alors ileux familles, au 'une, doivent vivre des profits réunis du capital et de l'industrie*, ites niaiiiêres il n'y a que les très-grandes fortunes qui puissent ie grandes épargnes i et les très -grandes ftirtunes sont rares en es pa\s. Les capitaux ne peuvent donc pas s'augmenter avec ipidile capable de produin*des boulovi-rsrments dans l'industrie. M saurais partager les craintes qui vous ont fait dire' : - Qu'un s e^t toujours expost* â un accroissement plus rapide du fonds Ijné a l'entretien do la classe laborieuse, que de la classt* lalK)se elle-même. * Je ne suis pas i'irra\é davantage de r«'norme lit de produiLs qui |>eut résulter d'une augmentation de capital :e de 5a nature. Je voi», au contraire, ces nouveaux capitaux, et venus qui en Mtrtent, se distribuer de la manière la plus favo* |taniii les producteurs. I) abord le eapitali.ste, augmentant son I, >oit s'augmenter son revenu; ce qui l'invite à plus de jouiss. In capital augmenté dans Tannée achète l'année suivante un
â» r»t liicn |ilu« fri^iiii'Ul i ii I i.it.i'i- iin'iii Aiulttriri . l'ii K- t.iu\ tii.« i>ri>hl<> iiiilii*- Jr i'iiiVrei ilt-s r;i|aiaii\ i »t \tf\* Ui.« )n>ui i|ur,il;ino !• ? ii.ilualrii? iirUUi.nn», Ita • luAtrnl J rcnirclifii d uiit- Urniik livpounruc de capitaux. rT.éait. tafl.i ssa, édit. CuOlauDiD.
peu plus de services industriels. Ces services, étant plus demandés, sont un peu plus payés ; un plus grand nombre d'industrieux trouvent l'emploi et la récompense de leurs facultés. Ils travaillent et consomment improducUvement les produits de Içur travail; de façon que, s'il y a plus de produits créés en vertu de cet accroissement de capital, il y a aussi plus de produits consommés. Or, qu'est-ce que cela, si œ n'est pas un accroissement de prospérité?
Vous dites* que, si les épargnes n'ont d'autre objet que d'augmenter les capitaux, si les capitalistes n'augmentent point leurs jouissances en augmentant leur revenu, ils n'ont point de motif suffisant pour épargner; car les hommes n'épargnent pas uniquement par philanthropie et pour faire prospérer l'industrie. C'est vrai ; mais qu*en voulez-vous conclure? S'ils épargnent, je dis qu'ils favorisent l'industrie et la production, et que cet accroissement de produits se distribue d'une manière très-favorable au public» S'ils n'épargnent pas, je ne saurais qu'y faire ; maift vous ne pouvez pas en conclure que les producteurs s'en trouvent mieux, car ce que les capitalistes auraient épa^ gné se serait trouvé dépensé tout de même. En le dépensant improdw^ tivement, on n'a pas rendu la dépense plus grande. Quant aux valeurs accumulées sans être consommées reproductivement, comme les sommes entassées dans les coffres de Tavare, Smith^ ni moi, ni personne n'en prend la défense, maJ3 elles nous effraient peu : d'abord, parce qu'elles sont bien peu considérables, comparées aux capitaux productifs d'une nation; et, en second lieu, parce que leur consommation n'est jamais que suspendue. U n'y a point de trésors qui n'aient Qni par être dépensés, productivement ou non.
Je ne sais sur quel fondement vous regardez les dépenses reproductives, celles qu'on fait pour creuser des canaux, élever des bâtiments d'exploitation, construire des machines, payer dcdr artistes et des artisans, comme moins favorables aux producteurs, que les dé|)enses improductives, que celles qui n'ont pour objet que la satisfacCioD personnelle du prodigue. « Aussi longtemps, dites-vous, que les > cultivateurs sont disposés à consommer les objets de luxe créés par
• les manufacturiers, et les manufacturiers les objets de luxe créés par
• les cultivateurs, tout va bien. Mais si l'une et l'autre classes étaient » disposées à économiser dans la vue d'améliorer leur sort et de pour*
K 373 et 360, édit. angl.; 275, 270, 289, 301 , édit. GuUlaumin.
*voir à rétablissement de leurs familles, ce serait tout différent. * (C'est-à-dire apparemment que tout irait mal I ) « Le fermier, au lieu 'de 86 permettre des rubans, des dentelles et des velours, se conten-
• terait des vêtements les plus simples ; mais son économie ôterait au
• manufacturier la possibilité d'acheter une aussi forte quantité de
• ses produits, et il ne trouverait plus de débouchés pour les produits
• d'une terre où rien n'aurait été épargné en travaux et en améliora-
• bons. Si le manufacturier de son côté, au lieu de gratifier ses goûts
• par des consommations de sucre, de raisin, de tabac, voulait épar- » gner pour l'avenir, il n'y pourrait réussir, grâce à la parcimonie du
• fermier et à l'absence do demande des produits des manufactu*
• res*. »
Et un peu plus loin : « La population nécessaire pour fournir des
• vêtements à une semblable société, avec le s ecours des machines, » se réduirait à peu de chose, et n'absorberait qu'une faible partie de
• l'excédant d*un territoire riche et bien cultivé, il y aurait évidemment
> un défaut général de demande, soit de produits, soit de population.
• Et, tandis qu'il est certain qu'une passion convenable pour la consom- » mation ( improductive) conserverait une juste proportion entre l'of-
> fre et la demande, quel que fût le pouvoir de la production, il ne
> parait pas moins assuré qu'une passion pour l'épargne doit inévita-
• blement conduire à une production de marchandises qui excéderait
• ce que l'organisation et les habitudes d'une semblable société lui
• permettraient de consommer 2. »
Vous allez jusqu'à demander ce que deviendraient les marchandises si toute espèce de consommation, le pain et l'eau exceptés, était suspendue pendant six mois seulement 3; et c'est à moi, nominativement, . que TOUS adressez cette interpellation.
Dans ce passage et dans le précédent, vous posez encore implicite-
*P.387,édit.GuUlaamin.
*P. 367, édit. angl. ; 288,289, édit. GaUlanmin.
'« QaeUe accumulation do produits! Quels prodigieux débouchés, selon M. Say, dit M. •Màlthus, un pareil événement ouvrirait ! » Le savant professeur se méprend totalement U lor le sens du mot accumulation : une accumulation n'est point une non-contommatkm; c'est la subsUtaUon d'une consommation reproductive à une consommation impro- ^Uve. Je n'ai point dit, d'ailleurs, qu'un produit épargné était on débouché ouvert ; J'ai ^l qu'un produit créé était un débouché ouvert pour un autre produit ; et cela est vrai, <oitqu*on en dépense la valeur improductivement, soit qu'on la joigne à ses épargnes, c'estinllre aui dépenses reproductives que Ton se proposas do faire. (J.-B. S.)
ment en fait, qu*un produit épargné est soustrait à toute espèce de oodsommation ; tandis que, dans toutes ces discussions, dans tous les écrits que vous attaquez, dans ceux d'Adam Smith^ de M. Ricardo^ dans le^ miens, dans les vôtres même ^, il est établi qu'un produit épargné est une valeur que Ton soustrait à une consommation improductif pour rajouter à son capital, c'est-à-dire à ces valeurs que Ton consomme, ou que l'on fait consommer reproductivement. Que deviendrait:^ les marchandises si toute espèce de consommation^ le pain et teau exceptée, était suspendue pendant six mois? Eh, Monsieur, il s*en vendrait ponr une valeur tout aussi grande; car enfin ce qu'on ajouterait par li ili somme des capitaux, achèterait de la viande, de la bière, des habits, des chemises, des souliers, des meubles, à la classe des producteun, que les sommes épargnées mettraient à l'ouvrage. Mai$ $i l'on se mettait au pain et à l'eau pour ne point employer ses épargnes ? C'est-i-
dire que vous supposez qu*on s'imposerait généralement un jeûne extravagant, par plaisir et sans dessein !
Que répondriez-vous, Monsieur, à celui qui mettrait au nombre des dérangements qui peuvent survenir dans la société, le cas où la lune
viendrait à tomber sur la terre ? Le cas n'est pas physiquement
impossible; il suffirait que la rencontre d'une comète suspendit, oh | seulement ralentit la marche de cet astre dans son orbite. Néanmoins je soupçonne que vous seriez tenté de trouver un peu d'impertinence dans cette question; et je vous avoue que vous me sembleriez excusable.
Je conviens que c'est une méthode que ne désavoue pas la philosophie, que celle de pousser les principes à leurs plus extrêmes conséquences, pour en exagérer et en découvrir les erreurs ; mais cette exagération elle-même est une erreur quand la nature des choses toute seule présente des obstacles toujours croissants à l'excès qu'on suppose, et rend ainsi la supposition inadmissible. Vous opposez a tous ceux qui pensent, avec Adam Smith, que l'épargne est un bien, les inconvénients d'une épargne excessive ; mais ici l'excès porte en lui son remède. Là où les capitaux deviennent trop abondants, l'intérêt qu'en tirent les capitalistes devient trop faible pour balancer les privations qu'ils s'imposent par leurs épargnes. Les placements solides
* c 11 faut conveoir qne les produits annuellement épargnés sont aussi régulièrement » consommés que ceux qni dont annuellement dépensés, mais qu'ils sont consommés pir » d'autres personnes. « Principes d^Êcon. polit, pag. 31. édit. angl.
AVEC M. MALTHU». 471
deriaiaent difficiles à trouver; on fait des placements dans l'étranger. Le simple cours de la nature arrête beaucoup d'accumulations. Une grande partie de celles qui ont lieu dans les familles aisées s*arrètent au moment où il faut pourvoir à l'établissement desjenfants. Le revenu des pères se trouvant réduit par cette circonstance, ils perdent des moyens d'accumuler, ;en même temps qu'ils perdent une partie des motifs qu'ils avaient de le faire. Beaucoup d'épargnes sont arrêtées par des décès. Une succession se partage entre des héritiers et des légataires, dont la position n'est plus la même que celle du défunt, et qoi dissipent souvent une partie de l'héritage au lieu de l'augmenter. La portion que s'en attribue le Gsc est bien sûrement dissipée, car rÉtat ne la place pas reproductivement. La prodigalité, Timpéritio de beaucoup de particuliers qui perdent une partie de leurs'capitaux dans des entreprises mal conçues, ont besoin d'être balancées par les épargnes de beaucoup d'autres. Tout sert à nous convaincra que, dans ce qui a rapport aux accumulations comme pour tout le reste, il y a beaucoup moins de dangers à laisser aller les choses à leur pente naturelle, qu'à vouloir leur donner une direction forcée.
Vous dites ^ que, dans certains cas, il est contraire aux principes d'une bonne économie politique de conseiller l'épargne. Eh, Monsieur, une bonne économie politique, je le répète, conseille peu ; elle montre ce qu'un capital judicieusement employé ajoute au pouvoir de Tindustrie, de même qu'une bonne agriculture enseigne ce qu'une irrigation biendirigée ajoute au pouvoir du sol : du reste elle livre aux hommes les vérités qu'elle démontre; c'est à eux de s'en servir selon leur intelligence et leur capacité.
Tout ce qu'on demande, Monsieur, à un homme aussi éclairé que vous, c*est de ne pas propager Terreur populaire, que la prodigalité est, plus que l'épargne, favorable aux producteurs*. On n'est que trop pwté i sacrifier l'avenir au présent ! Le principe de toute amélioration est
* P. 495, édlt. angl. ; 394, édit. Gaillaumin.
* • Quand il y a plus de capitaux qu'il n'en faut dans un pays, recommander l'épargne ■erteontraire à tous les principes d'économie politique. C'est comme si Ton recomman- *à»\i le mariage à un peuple qui meurt de faim. » Principles of poHtieal ^conomy, pag. 496. , édit. angl. 375, édit. Guillaumin.
Comment M. Malthus ne voit-il pas que le mariage fait naître des enfants et par conngoeol de nouTeaux besoins; tandis que les capitaux n'ont aucun besoin, et portent au «otnire eo eax-mémes les moyens d'en saUsfaire? (J.-B. S.)
au contraire le sacrifice des tentations du moment au bien-être de IV venir? C'est le premier fondement de toute vertu comme de toute richesse, l/homme qui perd sa réputation en violant un dépôt; celui qui ruine sa santé pour n'avoir pu résister à ses désirs ; et celui qui dépense aujourd'hui ses moyens de gagner demain, manquent tous également d'économie ; et c'est ce qui a fait dire avec toute raison que le vice n'est, au bout du compte, qu'un mauvais calcul.