‹ Œuvres diversChapitre 77 sur 128 · B. SAT. — IV · texte numérisé non relu

B. SAT. — IV

4S2 CORKËSPONDANCE

Mais, supposons pour un instant que les produits agricoles et muafacturés de TAniérique du nord et de rAmérique du sud fussent toutk coup devenus très-considérables lorsque la paix s'est faite, alors leun populations, plus nombreuses et plus productives , auraient acheté facilement tout ce que les Européens y ont porté, et leur auraîtDtfottrni à bon compte des retours variés.

Quant aux Ëtats-Unis, cet effet aura lieu, je n'on ûds aucun doutt, lorsqu'ils pourront joindre aux objets d'échange que leur commene BMritime nous fournit^ une plus grande quantité de leurs produib agrioolesS ^^ peut-être aussi quelques produits manufacturés. Lev culture s'étend, leurs manufactures se multiplient ; et> par une suite naturelle, leur population croît avec une étonnante rspidité. Encore quelques années, et l'ensemble de leurs industries formera une msne 4e produits parmi lesquels se rencontreront plus d'articles propres i fournir des retours profitables, ou, du moins, des profits dont les Américains emploieront une partie & l'achat des marchandises d'Europe.

On portera aux États-Unis les marchandises que les Européeiii réussissent à faire à moins de frais; on rapportera celles que le sol et l'industrie des Américains réussiront à créer à meilleur marché que d*autf es. La nature des demandes déterminera la nature des produetions; chaque nation s'occupera de préférence des produits qu'elle fait avec le plus de succès, c'esl-à-dire avec le moins de frais de produ^ tien ; et il en résultera des échanges mutuellement avantageux, et avantageux d'une manière conslante. Mais ces améliorations commerciales ne peuvent avoir lieu qu'avec le temps. Les talents et Texpérieuce que les arts exigent ne s'acquièrent pas en quelques mois^ il y faut des années. Ce n*est qu'après plusieurs t-entatives que les Américaios sauront quels produits manufacturés ils peuvent créer avec succès'.

1 Les produits commerciaux des États-Unis, qu'ils nous fournissent en échange, um\ : du sucre de Tlnde, de la Chine et de la Havane, du café, du thé, des nanlùns, de riodif^ du gingembre, de la rhubarbe, de la cannelle, de la soie écrue, du poivre.

* Les produits de leur sol et de leurs arts, qu'ils nous foumisseot, sont : du coton, du tibac, de la potasse, du rii, du quercîtron ( quercus citirùia},de l'huUe de poisson, quelfus bois de teinture.

* Les travaux manufacturiers qu'un peuple nouveau peut exécuter avec plus d'avantaje, •ont, en général, ceux qui donnent des préparaUons anx maU^ras de son cru on d*un c«imerce peu coûteux. 11 n*est pas probable que les États-Unis fournissent jamais des drifi à l'Europe; mais ils lui fourniront peut-être des tabacs manufacturés, des sucres raffines; qui sait même s'ils ne parviendront pas à établir des cotonnades à meilleur compte qw rAnglelenref {Nous et i'imiwr.;

leur portera plus ces produits-là ; mais les profits qu'ils »tle production leur procureront les moyens d'acheter luits européens.

cAié, les entreprises agricoles, quelque rapide que soit n, ne peuvent que par degrés fort lents oDrirp par leurs • débouchés aux produits de TEurope. A mesure que la Biviii^ation s'étendent au delà des monts AUeganys, dans ei dans les territoires d'Indiana et des Illinois, les preont employés à nourrir les colons à mesure qu'ils arrivent is anciennement peuplés, à bâtir leurs habitations. Les KCëdeiit ces premiers besoins servent k étendre leurs déles suivants, à fabriquer des produits manufacturés pour ition locale : et ce ne sont que les épargnes du quatrième ippliquent à manipuler et transformer les produits du sol ionimatiou loiutaioe. C'est alors seulement que les Étals lUs otTrent, à nous Kuropéens, quelques détouchés; mais ce ne peut être dans leur enfance : il faut pour cela que ion ait eu le temps de sacrroltre, et que leurs produits mt devenus assez abondants pour qu'ils soient obligés d en aleur au loin. Alors et par le progrès naturel des chossp, insporter des produits bruLs« ils trans|)ortent des produits •e<;u quelques façons, et qui, offrant, par conséquent, plus is un moindre volume, peuvent supporter les Trais d*un De tels produits arriveront en Kurope par la Nouvelle- L* destinée à devenir un des plus grands entrepôts du

sommes pas encore à ce point ; faut-il donc s*étonner que •os des htats-lnis n'aient pas encore offert des débouchés Telaii commercial qui a suivi la paix? Faut-il s'étonner uits commerciaux amenés par les Américains eux-mêmes )rts, à la suite d'un développement exagéré de leur iudusï, s*y trouvent eu surabondance?

z, Monsieur, que i*e fait n*a rien que de trés-conformeà la Teasée par vos antagonistes.

à la situation (KMubk* uù se trouvent tous les genres d*in« urope, je pourrais ajouter au di'cuuragement qui résulte production niuUiplié> à l'excès, les désordres que de tels tans la production, la distribution et la coiuH^mmatioa des

valeurs produites ; désordres qui amènent fréquemment sur le marché des quantités supérieures aux besoins, en écartant celles qu'on y pourrait vendre et dont les vendeurs emploieraient le prix à l'achat des premières. Certains producteurs cherchent à récupérer, par la quanlité dé ce qu'ils produisent, une partie de la valeur dévorée par le fisc. Certains services productifs ont pu se soustraire à l'avidité des agents du fisc, comme il arrive souvent pour le service des capitaux, qui continuent dans bien des cas à toucher les mêmes intérêts, tandis que les terres, les bâtiments , la main-d œuvre, se trouvent surchargésu Un ouvrier qui a de la peine à nourrir sa famille rachète quelquefois par un travail excessif le bas prix de la main-d'œuvre. Ne sont-ce pis là des causes qui dérangent Tordre naturel de la production, et qoi font produire dans certains genres au delà de ce qu'on aurait fait, à ne consulter que les besoins des consommateurs? Les objets de dos consommations ne nous sont pas nécessaires au môme degré. Avant de réduire à moitié sa consommation de blé, on réduit au quartsi consommation de viande, on réduit à rien sa consommation de sucre. Il y a des capitaux tellement engagés dans certaines entreprises, particulièrement dans les manufactures, que leurs entrepreneurs cooaentcnt souvent à en perdre les intrrôts, à sacrifier les profits de leur propre industrie, et continuent à travailler uniquement pour soutenir Fentreprise jusqu'à des temps plus favorables, et pour n'en pas perdre le fonds : d'autres l'ois ils craignent de perdre de bons ouvriers que la suspension de louvrage roiceiailàse dispeiher; Thumanilt' s-ouioues entrepreneurs sullit, dans queliiuus circonstances, pour coatinuLT une fal)rication à laquelle les besoins ne lepondeiit plus. De là desiiô?ordres dans la marche de la production oL de la consommation, pui graves encore que ceux qui naissent de la barrière lies douanes ci* la vicissitude des saisons. De là des productions inconsidérées, en recours à des moyens ruineux , des commerces bouleversés.

Je remai'querai en môme temps que, quoique le mal soit grand, ii peut paraître encore plus grand qu'il n'est. Les marchandises qui surabondent dans les marches de l'univers peuvent frapper les yeux ['«r leur masse, eflrayer le commerce par Tavilisscment de leurs prix,«t n'être pourtant qu une tort petite partie des marchandises laites et consommées en chaque genre. 11 n'y a pas de magasin qui ne s«* vidât en peu de temps, si toute espèce de production de la marchandiscquil contient venait à cesser simultanément dans tous les lieux du oioude-

n a rrmarquô, on outro, que U* plus \v^er excès des envois par-dessus •( he.MiinH suffît pour HtlênT eoiisidêrabiemeiit les prix. C*cst une k«4Tvatioii ilu Sp(H*t:ileur tVÀdfUson il" :200 ), que, lorsque la récolte *sbl«'s surpasse d'un dixii'^nie ce qu'on en consomme ordinairement; bit- tiinibe à moitié prix. Ihilnjmpir^ fait une observation analogue, ne fdiil donc pas s'étonner qu'un lé;;er excédant soit représenté aoufit roinm*» une suraliond.'ince excessive.

Ode suralKindance, comme j'en ni déjà fait la remarque, tientaussi Tigriorance îles producteurs ou des c«1mmerçants sur la nature e iradue des lM*soins dans les lieux oîi Ton adresse des marchandises, minl ces ilerniéres ann«'»es, il y a eu un ^rand nombre de spêciilains hasardées, parce (pril y avait l»eaucoup de nouveaux rapports itreditTerentes nations. l\'irtout on manquait des données qui doint entrer dans un bon calcul ; mais de (^ qu'on a mal fait beaucoup iflairi s, sVnsuit-il qu il t'iU impossible, étant mieux instruit, d*ea irv tî" lionnes V J'ose prédire ipi'à mesure que les relations nouvelles 'Mi'n.imnt ancieiin«»s. et qui» les Iwsoins n'^ciprociues seront mieux ïfn'Tii'!*. les enpirireinenls cesseront partout, et qu'il s'établira des 'latiM'.is eonslaiites mutuellement profitables. M.ii« i 'I mt^iiie temps il r«)ii\ieiit flattenuer graduellement, et autant ne !.-si-in'i»nMjiiH-«»M|o chaqut* état le |>ermeltront, les inconvénients »TitTaMX et pennaniMits tjui nais^ient d'une production trop dispen- '•'•»«■. Il t.nl !pie l'on se ptTsuaile bien que cli;nMn vendra d'autant '!'!* ajsi'mffjt ses pro«]ints cpie les autns hommes çrafrneront davani:**. q-i il u\ a qt^uiie s»*'ile voie pour ^a^ne^, c «si de produire, '»' pir ^fiii travail, ^•>il pir li' travail des capitaux et des terres qu'on <***♦• il»; i|«i«» !i»s cnT!<oni!iriteiirs improductils ne sont que des homiHs •^'ibs!iti««s aux consniuni.iteurs productifs ; que plus il y a de Ttidurii-'ii-i. filus il > .1 deroii-iomiîiateurs; «pie. par la mt*^ me raison, hjq»:f Ti:irion est iiiî» resséeà la !»n»sjM»rit!» des autres, el que toutes •Kil iri'iTi>>eis à a\tv! enseiiihl** \\< plus faciles communications, ir ('x/i- .t.ilii'iiltr I- |iii\aiit a iiiir mm. m -ntation «le trais.

Ir.,.- 1 •! i.i liiH'ti \ur ri.ihlii' li.ïiiN lu-'s l'cTils. cl qui, jc VOUS l'avouc, loii*ii':r. î:f m»* | ar.ijl pa?» avi»ir «mi «ire eti' ébraiilei*. J'ai pris la .^:i.»* (•>]! !.i ili'fii.ili'-, u«»:i |Mr«j' iiuflli» r^\ inieiilie. ipi'esl-re, uirt'Mlfsi -riiii.N MiîrnMs. ijii lin iiiiM'iatiIe .-iinoiir propre d auli*iir?}

io%n<lr,iliiii|x ni II' f'";i"i *if "iT'Hi'l .n «r •ullnin. ji.,j. |. KilinttNint^. iT.la

mais parce qu'elle est éminemment sociale, qu*elle montre aux hom» mes la source des Trais biens, et les sTertit du danger de la tarir. Le reste de cette doctrine n'est pas moins utile en ce qu'il noua montre que les capitaux et les terres ne sont point productifs à moins d'(tre deyenos des propriétés respectées; que le pauvre lui-mémb est intéressé k défendre la propriété du riche; qu'il est intéressé, par conséquent, au maintien du bon ordre, parce qu'une subversion qui ne pourrait jamais lui livrer qu'une proie passagère lui ôterait un revenu constant. Lorsqu'on étudie l'économie politique comme elle mérite d'élre étudiée; lorsqu'on s'est une fois aperçu, dans le cours de cette étude, que les plus utiles vérités reposeut sur les principes les ploi certains, on a rien tant à cœur que de mettre ces principes à la por\k de toutes les intelligences» N'augmentons pas leurs difficultés natordles par des abstractions inutiles ; ne recommençons pas le ridicule des économistes du xviii* siècle, par d'interminables discussions sur le prod«iYn«Mes terres; décrivons la manière dont les faits se passent, et mettons à nu la chaîne qui les lie; c'est alors que nos écrits acque^ ront une grande utilité prtUiquej et que le public sera vraiment redevable aux écrivains qui, comme vous. Monsieur, ont tant de moyen pour l'éclairer.

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