CATÉCHISME
ciiNTRE I. — De quoi se composent les Richesses, et ce que c'est que
la Valeur.
Queu<e fur nous enteigne Véamomie politique f
Elle nous enseigne comment les richesses sont produites, distribocfs et consommées dans la société.
QH'csInuitf^-roiu par ce mot les Richesses?
Od peut étendre la signification de os mot à tous les biens dont il ot permis à l'homme de jouir; et sous ce rapport la santé, la galté rat des richesses. Mais les seules richesses dont il est question en Mooomie politique, se composent des choses que Ton possède et qaî Qot une valeur reconnue. Une t terre, une maison, un meuble, des ctofllps, des provisions, des monnaies d*or et d'argent, sont des poriKfoA de richesses. Chaque personne ou chaque famille possède une ^oaDtilr plus ou moins grande de chacune de ces choses; et leurs *ilem rvunies composonl sa fortune. L'ensemble des fortunes parirulms com|iose la fortune de la nation, la richeue nationale*.
'Iliat un MiTracr flêmenUiiT, où Ton est obligé d'emprunter le langage ( teca obmnifrKant, j'ai dQ renoncer à des etpreuions plua riactet, mala qol tuppoeent aM Ir krctrur et plu» d'initructlon et plu» de caparltc pour réfléchir.
Tsu ktt Uetm capables de aatiifalre les be»oins des hominei, on de gralifler lean dé- ■« MOI de drui lortei : ne lont ou dei riiKisses naturelles que la nature noat donne fvi.!«Bent rnounc l'air que nuu» re»pironi. la lumière du rolell, la santés ou dea ri* «Htfi gncia^ff que nou» acquerun» par de» aerricct produr {(§, par des traTani.
Lfl (evflBiTTfa ne peu? ent pa» entrer dan» la tphère de l'économie politique, par la râlai fi file» ne peuicnt être ni produite», ni distribuées, ni consommées.
Lm nr looi pas produites, car nous ne pouvons pu augmenter, par eiemple, la maasê fu rtspirablr qui enieloppc le globe i et quand nous pourrions fabriquer de Pair reapi* '•ttf. rv aerad en pure perte, puisque la nature nous l'offre tout fait.
I^ nr MM pas éuinbuees , car elles ne loni refuscci a perionne .et la; ou eUea
& CBUVRES DIVERSES.
Pour que les choses que vous avez désignées comme des richesses méritent ce nom^ ne faut-il pas quelles soient réunies en certaine quantité?
Suivant l'usage ordinaire, on n'appelle riclies que les personnes qu) possèdent lewrovp de bicmt; aais lorsqull à'agil d'étudier eomnent les richesses se forment, se distribuent et se consomment, on nomme également des richesses les choses qui méritent ce nom, soit qu'il y en ait beaucoup ou peu, de même qu'un grain de blé est du blé, aussi bien qu'un boisseau rempli de cette denrée.
Comment peut- on faire la comparaison de la somme de richesses renfennée en éiJJiretUs objets?
En comparant leur valeur. Une livre de café est, en France, au temps où nous vivons, pour celui qui la possède, une riche sse plus grande qu'une livre de ris, parce qa^elle vaut davantage ^
Cammenl semmurt leur valeur?
En la comparant aux difTérentes quantités d'un même objet qu'il est possible, dans un échange, d'acquérir par leur moyen. Ainsi, un cheval que son maître peut, da momeiit quili le voudra, échanger contre yingt pièces d'or, est une portion de richesse double de celle qui est contenue dans une vache qu'on ne pourra vendre que dix pièces d'or*.
manquent (eomias les r«joii8 selalres à ntauiH), «Iles Matrefuséei i tout la monde.
Enfin, elles ne sont pu somommables, l'usage qu'on en filt ne pouvant en diminuer la quantité.
Les rich€tse$ tocialest au contraire, sont tout entières le fmit dç la production, ooimne on le volt dans la soite de l'ouvrage; dlea n'appartiennent qu*à ceux entre lesquels elles se distribuent^ par des procédés trèa-eonpliqués et dans des proportions très^iveiMS; enfin elles s'anéantissent par la consommation. Tels sont les faits que réconomie pollUque^a pour objet de décrire et d'expliquer. (JVofe de l'Auteur.)
* L'idée de la valeur ne peut être iépuée de l'idée d'une mesure des richesses ; car ce qui fait grande la richesse du possesseur d'un objet, rend petite la richesse de ceux qui ont besoin de racqnërir. Ainsi qnand le blé renchérit, la rlehesse de ceux qui en ont devient plus grande, mais la richesse de ceux qui sont obligés de s'en pourvoir diminue.
On ne peut donc pas dire : Tel objet est une grande ou une petite riehesse, selon qu'il a beaucoup ou peu d«ra{fur; mais la richesse de telle persoime ou de telle communauté est grande, quand les objets qu'elles possèdent ont beaucoup de valeur; elle est petite dans le cas contraire.
C'est ce qui fait que les variations dans la valeur réciproque des produits, ne changent rien aux richesses d'une nation. Ce qui est gagné d'un cdt/é est perdu de l'antre.
C'est ce qui fait en même temps que toute une nation est plus riche qnand les fMf da. production baissent pour quelque produit que ce soit; dans ce cas, la naUon qui estriichrtf ur de ce produit, le pale moins cher, sans que le vendeur y perde : car le vendeur» ie son cAlé, acquiert à meilleur compte un objet quil produit avec moins de frais. (FcT.) / * On sent que l'échange, ou tout au moins la poseibtllté de réchange, est i
rmÊtqmoiévahie'impimi&i kt clumupar la quantitéde tmmmM fu'elies pewveui prœmrer^ quê par Umte auire quantité f
Nrre qu'en raisim de l'usage que nous faisons Journellement de la Monnaie, sa valeur nous est mieux connue que celle de la plupart des aalrrs objets; nous savons mieux œ que Ton peut acquérir pour deux enis flrancs, que ce que Ton peut obtenir en échange de dix hecto*' ttrrs de Mé, quoique au cours du Jour ces deux valeurs puissent être parfaitement égales, et par conséquent composer deux richesses pimiles*
Eêt-€t «ne ckoÊC poi9ibie que de enrr de la ricke^ef
Oui , puisqu'il suffit pour cela de créer de la valeur, ou d'augmenter la valeur qui se trouve déjà dans les choses que Ton iHMsède.
("ammfnt danne-t-on de ta vmieur à uni obj^t?
Ca lui donnant une ulilUé qu'il n'avait pas.
Cmament amgmente't'On la valeur qua les chaees ont tlêjàt
En augmentant le degré d'utilité qui s'y trouvait quand on les a arquises.
CIAFITEE n. — Ce que c'est que ITUlité, et en quoi consiste la Production des Richesses.
i^'eniendeZ'Vitus par rutUitr?
J'mteods cetlc qualité qu'ont certi^ines choses de pouvoir nous «nrir, de quelque manière que ce soit.
Pourquoi l'utilité tVunr chose fait-elle que cette choie a de la valeur ï
l*arce que l'utilité qu'elle a la rend désirable, et porte les hommes à faire un sacrifice pour la possétler. On ne donne rien pour avoir ce qui D'est bon à rien ; mais on donne une certaine quantité de choses que Ton possède .une certaine quantité de pièces d'argent, par exemple pour obtenir la chose dont on éprouve le besoin. C'est ce qui Tait M valeur.
pMr aHfrmlnfr U valeur «Tune choM qui Ufu cHa ferait arbitraire. Je peui e»tiin«r i^AifriDci Dfi jardin que J'aflrrrtkmne; maU cette ertlmMkm e»t arbilralra ai perfonnr ai flnH«t a m'en ilonner rr prit ; quand m ^-aleur rrhangeablf* n'est que de &,non franci^. 0 ar wii, en rralite, nrhr que dr .S.tNIO frn nr4, à raimo de rr jardin : r'r»l-à-dirr que jr Fil. m le «niant, me rendic maître de liHJlfn leii jnuiManre» i|ur l'on |m>uI a«nir piiur ».na franra. '..Vme rfr VA ufe iir.>
10 (DUVRES DIVERSES.
Cependant il y a des choses qui ont de la valeur et qui n'ont pas d^utililé, comme une bague au doigt ^ une fleur artificielle?
Vous n'entrevoyez pas l*utilité de ces choses, parce que vous n'appelez utile que ce qui Test aux yeux de la raison , tandis qu'il faut entendre par ce mot tout ce qui est propre à satisfaire les besoins, les désirs de l'homme tel qu'il est. Or, sa vanité et ses passions font quelquefois naître en lui des besoins aussi impérieux que la faim. Lui seul est juge de l'importance que les choses ont pour lui, et du besoin qu'il en a. Nous n'en pouvons juger que par le prix qu'il y met : pour nous, la valeur des choses est la seule mesure de l'utilité qu'elles ont pour l'homme. 11 doit donc nous suflire de leur donner de l'utilité àses yeux, pour leur donner de la valeur.
Lutililé est donc différente selon les lieux et selon les circonstances?
Sans doute : un poêle est utile en Suède, ce qui fait qu'il a une valeur dans ce pays-là ; mais en Italie il n'en a aucune, parce qu'on ne s'y sert jamais de poêle. Un éventail, au contraire, a une valeur en Italie, et n'en a point chez les lapons, où l'on n'en sent pas le besoin.
L'utilité des choses varie de même dans un même pays selon les époques et selon les coutumes du pays. En France, on ne se servait pas de chemises autrefois, et.celui qui en aurait fabriqué n'aurait peutêtre pas réussi à en faire acheter une seule; aujourd'hui, dans ce même pays, on vend des millions de chemises ^
La valeur est-elle toujours proportionnée à l'utilité des choses?
Non, mais elle est proportionnée à l'utilité qu'on leur a donnée.
Expliquez-vous par un exemple.
Je suppose qu'une femme ait filé et tricoté une camisole de laine qui lui ait coûté quatre journées de travail : son temps et sa peine étant
* C'est rutililé d'une chose et non les frais de production qui en fait la valeur; car un poéic coûterait, en Italie, des frais de production, et cependant n'y aurait point de valeur . mais il faut qu*en chaque lieu l'utilité soit assez grande pour déterminer les hommes i payer les frais de production que coûtera la chose. En Suède, un poêle est assez uUlc pour valoir ses frais de production ; mais il ne les vaut pas en Italie. En France, les chemises qu'on y vend valent leurs frais de production ; elles ne les y valaient pas autrefois : on n'en demandait pas, parce qu'on n'en éprouvait pas le besoin.
Comme les choses ne sont pas produites quand elles ne valent pas leurs frais de production, et que d'un autre côté, elles sont produites du moment que les consommateurs consentent à payer ces frais-là, plusieurs auteurs ont écrit que c'étaient les frais qui étaient la cause de la valeur. {Note de V Auteur,)
<:ATËCIIISMi; Dl^CONOMie POLITIQUK. H
une espèce de prix quelle a payé pour avoir on sa possession celle rambole, elle ne peut la donner pour rien, sans faire une perle qu'elle aura soin d'éviter. Kn conséquence» on ne trouvera pas à se procurer «Ifs camisoles de laine/sans les payer un pris équivalent au sacrifice que cetle femme aura fait >.
i.'eau, par une raison contraire, n'aura point do valeur au bord d'une rivière, parce que la personne qui l'acquiert pour rien, peut la fioaner pour rien; el, en su|)po5ant quelle voulût la faire payera celui qui en manque, ce dernier, plulAt que de faire le moindre sacri- 6ce pour l'acquérir, se baiï^serait |)our en prendre ^.
(."est ainsi qu'une utilité communiquée à une chose lui donne une uleur. et qu'une utilité qui ne lui a pas été communiquée ne lui en tk>nne |ioint.
y y a-i-ii pas drt ohjvh qui ne sont capables dr satisfaire immédiatement a^run hnoin^ ri qui cependant ont une valeur?
«HjI: les fourrages ne peuvent immédiatement satisfaire aucun des
* I nr |^r«4iniii- ijin f.ilirnpir aiiiM tlr<> rlioN'S .1 nui ll^a{;•^ «e pri^'urr l't l'iiii^^niimc di*'* r rfït^-** <!i>iii 1.1 %3ltMir n'a im.- vW mutniilirtnimiK^iU drlnlliic n arrêtée ni In* un \endrur rt un arhririir. On {wut alnr» évaluer la pnrtiuti de rirhessi* roii'»oninin' d'aïui'^ li: ^.1 *\u un jiirjil nbliiiti ilu |titMluil, »i 1*00 avait JlUi* a prti|M>« di* If \oililrt*. CvA \i*ii- 'jt '?!!•:.: i-itif %.t!riii ipii. dans «iile rirmnrlantv, a l'tt* riin»4»iiiiiii'f. \.v> aiit'Mir.* qui m* ■••r.' «(•(••i«r« ilr i-fiif Ii\|ifiih«-i- |ii>tir |iri»u\(t iiu'il > a ilr> iirhr««r> {lUNluiti'!^ rt fonsoiiisy^r* Il 1 1 rr» qiit' rrllr* qui ont niii' \aleui iiinMaln* par un «t lia nue. n'niit fait qu'um* ta;:ir cijiraiii-. il> mil rticrrht* .1 l'mlirouilUT rr i|Ui rUit rflairri. i'.c^l |M»ur uim; «cmlda- Ui' riiMfCi •{u il > a iMMiit'oup di- livri-» xVvt ••niniiM' |i«ili(ii|iii' pin» iiui.-ibU^ «priitiles au pruf:o Jr U -4 \»'ti*'f. I II rM:nnwii«*aiit (ait Ineii df ne pa» \v> lirr. parrc qu'il^i jfltmt de» u\t^rof iip« dam titn f>pril . rt celui qui a dnt niiliiin<i arititi*<> fait de im-me lucn di* \\v |nii 1i>^ i<'r. («Mir nr pa* prrdrr -on ll■nlp^.
Lrxrm^W rjp(«irirdaiiB le le\te fait \iiir (|u<' le« iii'Ih^n':* Hicinic.* ne vint |N»int nu don iriiuil fait a rhi»min«-. qurllr> uni nW-ey^iirnitMil unr'\nlenr, ri qu'il faut tuiipurs l«*f H«*^. M."!! p^r un travail qui a un pri\.MMl par un autn* produit qui a un pruè^aleinenl.
• io 4««l m etcrplri tiMitrfui* k? pruiluil* du fiind»d(' leife qui. citnitiic on le T«Ta ail- •un. M-^ii 11 11^ viN'ur que le priipriHairr ihi »4*» prriliVe^M'ui» )M»>Mtli'iit à litre oraliill, et l« lU tue mi^nl |ia* d^ m^iie. Lit nnilif^ en »ont donm^ à IVndmil mi il en m qucatlon.
■ In irrrr d >au dnurr prut aiotr un IrêA-graml pii\ dans une lra«iT:«e de mer, lor«fvf U ^••«i*Kiu d'eau r«t i>puiM^ . et quiiiqu'il n'ait rien mute â rpliu qui se tronif* >«otr m M pii^*Ai^inii. I>lte eirmnManre exlrannlinaire, qui auçnii*nt«* beaucoup la ^ainir d unr rYwte, mu* qu'on \ ait ajoiitr nu«* nou\ellc uliiilf. r.«t rrlTrl d'une ei^piS-r dr •ccrfipole . rr n r«t p'Hnt un airriii»iirnient. mai?* un drplarenn'iil di* rirht>«i-. |-:||«* fait |»a!i- •rr Ir pni du «err^ 4>au dr la potlir du paN^aari qui Ir di*!>trf ardfmnirnt. dan» rrll«* 1« fêtMarr qui rontenl a ^'•*n piuier. Il n'> a pa» m rii*.itinn d'unr immiiHIi- lulir^^r.
besoins de Phomme, mais ils peuvent engraisser des bestiaux qui ser* virant à notre nourriture. Les drogues de teinture ne peuvent immé-^ diatement servir ni d*alifnent, ni d'ornement, mais elles peuvent servir ^ embellir les étoffes qui nous vêtiront. Ces choses ont une utilité indirecte ; cette utilité les fait rechercher par d'autres producteurs, qui les emploieront pour augmenter l'utilité de leurs produits; telle est la source de leur valeur ^
Pourquoi un contrai de rente, un effet de commerce onUiU de la valeur guoiquHU ne puissent satisfaire aucun besoin P
Parce qu'ils ont de même une utilité indirecte, celle de procurer des choses qui seront immédiatement utiles. Si un effet de commerce ne devait pas être acquitté, ou s'il était acquitté en une monnaie incapable d'aclieter des objets propres à satisfaire les besoins de Thomme, il n'aurait aucune valeur. Il ne suOit donc pas de créer des effets de commerce pour créer de la valeur : il faut créer la chose qui fait toute la valeur de Teffet de commerce; ou plutôt il faut créer Tutilité qui fait la valeur de cette chose.
Les choses auxquelles on a donné de la valeur ne prennent-elles pas un nom particulier f
Quand on les considère sous le rapport de la possibilité qu'elles confièrent k leur possesseur d'acquérir d'autres choses en échange, on les appelle des valeurs; quand on les considère sous le rapport de la quantité de besoins qu'elles peuvent satisfaire, on les appelle des produits. Produire, c'est donner de la valeur aux choses en leur donnant de l'utilité ; et l'action d'o& résulte un produit se nomme Production.
■ L'uUlilé, en éooDomie politique, doit être comprise d«D« le sens le plus étenda. Une diose peut être uUle, parce que les bonunes veulent U consommer pour leur satisfaction personnelle ; teUe autre, parœ qu'ils veulent 8*en servir dans une consommaUoa reprodttcUvc; M dernier cas est celui où se trouvent tontes les matières premières des arts. A vrai dire, dans toue les cas, les hommes ne recherchent les choses et n'y mettent de prix que parce qu'elles peuvent servir k leur satlsfacUon. Or, c'est une sorte de satisfaction que 4'employer des matières premières pour se faire des revenus ou accroître ses capitaux.
Un champ possède une valeur, quoiqu'il ne satisfasse immédiatement aucun besotii. mais il produit du blé qui est propre à la nourriture de l'homme ; il a une utilité iodirecta, I^ demande qui a lieu pour le blé établit la demande, et par conséquent la valeur de li^ chose qui peut contribuer A procurer celle denrée. (NoU de VA uteur.)
CATflCIIISIIE DËCONOMIK POLITIQUE. <3
IIUAPITRE III. — De rindustrie.
Vonâ m'atTz dit que produire e'fiaii donner de CutiHlé aux choses : f^mmenl donne^i-on de VulUitr? comment produit-onf
l»*uiie infinilô de manières; mais, pour notre commodiUs nous pou- «niu ranger en trois classes toutes les manières de produire.
Qn^ie est la première Manière dont on produit ?
C'est en recueillant les choses que la nature prend soin de créer, hiA qu'on ne s«* suit mNé en rien du travail de la nature, comme l<nqu*on fèvhe des |H)issons, lorsqu'on extrait les minéraux de la terre; soit qu'on ail, par la culture des terres et par des semences, dirigé ri favorise le travail de la nature. Tous ces travaux se ressemblent par iinir ohjet. On leur ikmne le nom d'industrie agricole^ ou lïagricuiture.
Quelle utilité communique à une cAote celui qui la trouce toute faite ^ rvmwte le pickeur qui prend un poisson^ le mineur qui ramasse des miné-
rnmjrf
Il kl met en |>osition de ponvoir servir à la satisfaction de nos Kfsoins. Le poisson dans la mer n*est d'aucune utilité |K)ur moi. Du moment qu'il est transporté à la poissonnerie, je peux Tacquérir et en hire usage; de la vient la valeur qu*il a, valeur créée par I industrie du p^heur. De même, la houille a beau exister dans le sein de la terre, fUe n'est là d'aucune utilité pour me chaufler, pour amollir le fer d une forge : c'est l'industrie du mineur qui la rend propre a ces usa- %r^^ CD reitrayant par le moyen de ses puits, de ses galeries, de ses mues. Ilcn*e, en la tirant de terre» toute la valeur qu'elle a étant tirée.
t.ommemt le cultivateur crre-t-il de la valeur'/
Ijc» matières dont si* com|H)se un sac de blé ne sont pas tirées du ttrant ; elles existaient avant que le ble ne fût du blé ; elles étaient n iundufs dans la terre, dans l'eau, dans l'air, et n'y avaient aucune ulililr, rt par conséquent aucune valeur. L'industrie du cultivateur, en t'y prenant de manière que ces diverses matières se soient réunies mu» la furme d'abord d'un grain, ensuite d*un sac de blé, a créé la îAltfur qu'elles n'avaient |ias. Il en est de même de tous les autres produit» agricoles.
(/mette est ta seemuie manière dont on produit 'f
(:*ri4 en donnant aux proihiits d'une autre industrie une valeur plus paiide par les transformations qu'on leur fait subir. 1^ mineur pro-
U OEUVRES DIVKRSKS.
ctire le métal dont une boucle est Taite; mais une boucle faite vaut plus que le métal qui y est employé. 1^ valeur de la boucle par-dessus celle du métal est une valeur^produite, et la boucle est un produit de deux industries : de celle du mineur et de celle du fabricant. Celle-ci se nomme indvstrie manvfactvrière.
Quels travaux embrasse l'industrie manufacturière ?
Elle s'étend depuis les plus simples façons, comme celle que donne un grossier artisan villageois à une paire de sabots, jusqu'aux façons les plus recherchées, comme celle d'un bijou, et depuis les travaux qui s'exécutent dans Féchoppe d*un savetier, jusqu'à ceux qui occupent plusieurs centaines d'ouvriers dans une vaste manufacture.
Quelle est la troisième manière dont on produit?
On produit encore en achetant un produit dans un lieu où il a moins de valeur, et en le transportant dans un lieu où il en a davantage. C'est ce qu'exécute l'industrie commerciale.
Comment l'industrie commerciale produit-elle de futilité^ puisqu'elle 9ie change rien au fonds ni à la forme d'un produit^ et quelle le revend tel qu'elle Va acheté?
Elle agit comme le pécheur de poisson dont nous avons parlé, elle prend un produit dans le lieu où l'on ne peut pas en faire usage, dans le lieu du moins où ses usages sont moins étendus, moins précieux, pour le transporter aux lieux où ils le sont davantage, où sa production est moins facile, moins abondante, plus chère. Le bois de chaufTage et de charpente est d'un usage et par conséquent d'une utilité très-bornée dans les hautes montagnes, où il excède tellement le besoin qu'on en a qu'on le laisse quelquefois pourrir sur place; mais le même bois sert à des usages très-variés et très-étendus, lorsqu'il est transporté dans une ville. Les cuirs de bœuf ont peu de valeur dans l'Amérique méridionale, où Ton trouve beaucoup de bœufs sauvages : les mêmes cuirs ont une grande valeur en Europe, où la nourriture des bœufs est dispendieuse, et les usages qu'on fait des cuirs bien plus multipliés. L'industrie commerciale, en les apportant, augmente leur valeur de toute la difTérence qui se trouve entre leur prix à Buénos-Ayres et leur prix en Europe >.
' Avant qu'une analyse rigoureuse des opéraUona productives eût élé faite, les auteurs qui ont écrit sur le commerce ont dit et répété, les uns après les autres, que le commerce consiste essentiellement dans l'échange que Ton fait du superflu de ses nuirrhandisos contre
c:ATÉt:HlSIIK D'I^XONOMIR IMILITIQrK. 15
(/memnpretid'Cm moum U nom d'intlustrie t^mmercialeY
Toute espèce d'industrie qui prend un produit dans un endroit |M)ur k Innsporter dans un autre endroit où il est plus précieux, et qui le ■etiinsi à la portée de ceux qui en ont besoin. On y comprend aussi, pirmalogie, l'industrie qui, en détaillant un produit, le met i la portff des plus petits consommateurs. Ainsi Tépicier qui achète des mardmdiies en gros pour les revendre en détail dans la même ville, le bourher qui achète les bestiaux sur pied pour les revendre {lîèce à pièor, exercent Tindustrie commerciale ou le commerce.
K'ff û't'il pas de grands rapports entre toutes ces diverses manières dr fWirirf.»
lis plus grands. Klles consistent tontes à prendre un produit dans un dit, et â le rendre dans un autre oii il a plus d'utilité et de valeur.
< lapcrflu lie» autrr* . rt qur lecoiiimcn'C e»l prolltable on ce que de* doux pan» on ftagnn I ff ■irrhc. i> o'oM puiQl U lo rondoineiit do la i»riMlurtion roinnHTci.il(>.
Il D « a une nou\dle valeur |iniiluit«* que h nu il y a uno utilité priMluilc, et quo cette BUlitf est lo fruit d'un !>oniro, d'un travail qucironque. Or. qurtio est l'utilité donnée H-'koooiiiirrranl j la nurr ha n dise qu'il me M'tu\:' eVsi évidemment de l'aïuir mbe hou» ■i BiiD. la localité d'un ok|iC« il Jt peux mVxiH-imer ainsi. Oi^t iinv | a. 'lie de ta prul*»ir» Ml If mt^iiûe eo lo rhaoffrant de plaro, et on lo flkMlitlc 5urtoiit nnih le rapport ^* Ml gtilito . car un nlijol auquel on ne sjuiait ulteinilre iiepeiit MTwr.
(<llraaéA5caUun e^l antérieure au mumcnt de l'irhanue, car IWlian^e nr nnHliflc non. ^1 pndaita. uik- ta Ile do ca fi* d'oïl n'itè, iino «ommo d'aroont do l'autro, arrivosi on |pn'- "(Bcr. leot. apPt l'erhango ciMiclu. au mèmcctat qu auparavant : ilsKint an mt^me lion tu>nt lii>.i>ur'« li-ur prix courant du niumnit. M:ii5, fNMir que la balle do rafe \int la, I fallu 4ii •! > «'lU di^ reivloes rendu» iiai deMMmllil^-ll>llnil^l•«, des arninteur;». de.» ma- ^»<i. V» rumnii*. |iar le ne.mi.-tnt lui-niènie iiiii n rtuini l'iqifr.itiiiii , li'.<>r.ipiiau\ eu\- ^vacoipln^r» dan» rrtle alTaire. «nt rendu des ««-rTn e^ ; voilà une |i^ittii dos^ etènient> ^ffii d' U niarchandiH*. e|finenl.« \orilab'einent priulnetifs. ear il falhut que tous roid iintfr» Îu-Knt re^dll^ |iuui i|ue le n^ultat fut oliieiiu. l.e fait de la \ente et de l'achat ' iMitUtr I rxittrui'i' ilo ri-tti- ^.ili'ur, mai» ne I a p.i> ilnniiee.
•.■■*»l nrlle anal>»o qui a tire la théorie de la prmluclion foninioreiale. de la rok'ion df» naoov» et do» idooïi vBsuo». et reux qui te provalimt de «r que les vrai» prinoipoa do IV- 'w«Bjf politique loot oncoro trop peu répandu» pour n'produiro le» Mippofitlon» ^ratuiloa 4rf,«Qdi1Ur a cr ^ujrt. te donnent beaucoup do (N'ine pour remotlro dan» l'olMcurito ce fion rfl a tir^ lli foraient rétrograder lo» connaiwances humaine», h cola était |iossiblo. I tiuM rt qui prm<do. je met» hors do la question le cas (h\ Tun des doux contractants est <ifr par I aatrr. ot vend, par exemple, dans un lieu donne, du café a dix pour cent ariwda rcitiri. t^U ne change rien a la valeur du cife. I.c prtdlt fiauduleui que fait le •«Anar ofl iffUl de cc aMTChe. est une perte pour lacheteur qui a pa>ea tort. ItMjt autant m iaairo a pfnê i iDrt. Ce n'est point U une \aleur pniduile : rot uno \aleur i|i I a ytMod uDo porlir ilans ano autre, cnmmo le» prrlo* rt le» eains du jou. comme le* pronis An laérsr*. Sntr de V Auteur,
i6 OEUVRES DIVEkSES.
Toutes les industries pourraient se réduire k une seule. Si nous le^ distinguons ici, c'est afin de faciliter Tétude de leurs résultats; et malgré toutes les distinctions, il est souvent fort difficile de séparer une industrie d'une autre. Un villageois qui fait des paniers, est manuflacturier ; quand il porte des fruits au marché, il fait le commerce. Mai^ de façon ou d'autre, du moment que l'on crée ou qu'on augmente Futilité des choses, on augmente lear valeur, on exerce une industrie, on produit de la richesse.