J.-B. SAY A T.-H MALTHUS
Paris, Juillet 1827.
MoM CHER Monsieur,
A des objections faites avec candeur, permettez-moi de répondre de même. 11 me semble qu*il est de notre devoir de contribuer autant qifd dépend de nous à éclairer les points de l'économie politique qui peuvent laisser des doutes dans les bons esprits; et, en mon particulier, j'éprouve d'autant plus le besoin de m'éclairer que mon projet est de publier l'année prochaine, sur cette matière, un ouvrage plus complet que tout ce que j'ai fait jusqu'ici.
Je conçois très-bien qu'on puisse me blâmer relativement à Textension que je donne au mot utilité^ en l'appliquant à tout ce gui peut servir à satisfaire les besoins des hommes. Ces besoins étant de nature fort diverses, on devrait être porté à croire qu'il y avait des utilités fort diverses. Cependant, aux yeux de l'économiste politique, qui cherchée savoir ce qui est richesse et ce qui n'est pas richesse, il n'y en a que de deux sortes : l'utilité donnée par la nature, et qui ne coûte rien, et l'utilité créée par l'industrie, la seule qui coûte de la peine et qui soit de la richesse, parce qu'elle a une valeur échangeable, une valeur au moyen de laquelle on peut faire des achats.
Aux yeux du moraliste, il est important d'examiner l'espèce de besoin que les choses peuvent satisfaire; car il y a des besoins qui sont justifiables et d'autres qui ne le sont pas. Quant à Téconomiste politis que, pour qui il n'est question que de savoir d'où natt la valeur, il doit seulement caractériser et nommer la qualité commune à toutes les choses capables de satisfaire les besoins quels qu'ils soient , qui causent II demande d'où naît la valeur. J'ai cru pouvoir nommer cette qualité commune utilité^ de utilitas^ uti^ parce qu'on peut en user^ s'en servir. Si j'avais trouvé un mot qui convint plus parfaitement et tout à la fois au blé et au diamant, je l'aurais employé volontiers, mais je n'en coonais point.
VoujK ne cTuyez pas, Moiisiour. (|iril mû\ lv>niii «io vx^iw utiliU* ain>i ractoriMV |»our oxpliquor Ih pn'nhu'lioii : il iiif Mmhtr.aii roiilrairo, ie<(ij'«iou U* l»oiih(Mir il t'\plii|iiiT la prtKlurtioii. jr ne Ir littis qu à lie aiiaUso. S'il \ a 4k*s moyons dr C4uiiiniinii|urr aux ('Iu»m's rotio ialilei*ssi*iitielU\ si Mv l'ail la rii*hi*>si* ilr itu\ qui la (*tMiimuniquinil. \ a d«Hu- des moyens de créer de la richesse. Ik* ta. la description de s moyens et par suite de la pnKluclioii. Il fallait bien montrer coniinenl produit egaiemenieu |iêtrissant du pain et en polissant des diiimanls. ne fais i^as (iraiid cas de ceux qui fabriquent des cliH|H*letsi mais Us 9âmt*eni^ s'ils font une chose a laquelle il y a des hommes qui jugent iropus de mettre un prix: et si Ton nie demande |Huirquoi ci*s panes gens y mettent un prix, il f;nit bien que je re|H)nde : (.'i>l par la «on que les chapelets ont une util île |Hiur eux. lie nVsl pas à moi 'il faut s'en prendre, si je ne décris pas mieux un fait |H3sitif ; c'est l'imperfection de nos langues.
\olre discussion sur lus dcbunrhe.s commence à n'i'^lrc plus qu'une ipute de mots. \ous voulez que j'accorde le nom de produits à des ■rthandiM.'s qui |»euven( satisfaire un certain nombre de licsoins et H ont une certaine valeur, quiiique celte valeur S4iit iiisullisante |H)ur BdiuurMT la lotalilêde leuis liais de production. Mais le loiid de ma irtriiie .>ui la producluui l'tablil clan cineiil qu'il ii) a de production «iplete, qu autant que tous le> MM\ites nires!»^iin*> pour cetlr leuvie «t |»a%es par la valeur du piuiuit. Lorsqu'on de|KMi>e mx Ir.incs en i\aux et en argent, cl qu on ne prodiiit qu'une valeur de cinq Iraïu^i, cstc^ideiil qu il n*} a rei'ileiiiriil eu de produit tpi une ulititè' valant aq (ratio; si elle a coûU- du\ai!taKf à pMHluirc, il \ a eu un tit'fiat utilité et de valeur, et c'est à et* Jtfiiii tpi<* jr reliiv \v nom de protiuit. icrw» doiH: être autorise a dire qur tout ci' qui l'st irncubirm^Ht ptolU tHHiVe k se placer; que tout rr qui ne se plan* pas a rie um* tb« me laite iiiconsidêrémeiit .sans rien pioduin*; ••! ma doctriin* des *MrA€* demeure entière.
A réfsard de rinfluence du lermaj:e rmf Mir la valeur tles iiMHbnts. Mii» de votre avis, en ce qu»* ]•■ coiiMeitN qm* le Irrina^e iiitlue pi-n r les pni. Il egalisi* les liai^ (* • piikIucIjoii du Mi' ipn \ieiii <«ui Iin nn#^ trm's et ceux du ? lé >|i . vii pl siii b-s ni:iii\jtsi>. ifijUMli' milH- iA quailtitt* de lile qu nii |ii>ill ;iine||i-l Mil uii iii.in lu- ipii !< on r au dfVMls d un tel prix la | opulatioii du pa\sel s.i lutiesside I -i. 141. I. n. i'i
514 COAAESPONPANC^
teruiinent, d'un autre côté, la quantité demnAdéç; et c'eat ce ripfgri entre ces deux quantités (uant and 9Vfply) ()ui clétç/mine le pri]( w le blé est porté. Mais je ne m'étendrai pas ici sur cette doctrine qui œ peut être exposée par lettres, et que je me réserve de déYejopper dips un grand ouvrage l'année prochaine.
Vou:> remarquez tort justennant, Monsieur, %w lf)9 produit^ iwmêriels ne peuvent enUer en ligne de cpmpt^ daj9i3 1^ MWmmsÇèli9iê de richesses; aussi n'est-ce point là ce qui 90Ji^ diyil^ : le ppjint liwvtf c'est ['explication qu'il faut donner de ce ré^Mltut. Vqu^ 4it#s ^uç^tvt parce gue ces choses m consUl'uent pem ilf véritables produits, çt Je 4i$ ^ c'est parce qu'ils soni consommés à mesure qu'ils sfmf prçd^ts : je ne pense pas que ce dernier résultai doive leur Ijnijre r^user le nom dç produits; car une chose consoinmée n'en a p^is xooips été produite. Le revenu d'un propriétaire, d'un fermier, après que ces revequa spnt consommés, ne figurent pas moins dans les revenus de Tannée, soit que Vmti consi4lère les revenus du pa)« en général, ou «que I'ob eonsMèrele revenu de ces iudi^kkis en fMMtioul:iei* ; ^ oi âdam Smùhf m fom. Monsieur, ni personne , ne refusez de tes compron^i^ dans 4e eonpte des pr^MUictions île l'aimée, Domnie des revenue très-réeU. Voilà fNNirquoi j'ai pu parler des produiU MiMnaiériels des rousioieiis, des prèlra et des gouvernauts, qucHqu'il u*4)h reste rien. Les consommateurs oui joiii4ies servioes que ces persoimes ont rendus; ces services ont été Tobjel d'un échange, puisqu'on les a payés; et cet échange consomaié, les deuK parties contraciaules ont consonmiê, chacune du son côtt, le fN«oduit qui a été l^bjet de leur trausactiuii ; il -y a parité parfaite avec tout autre produit, ^t vous ne voulez pas que ce soient éts produits 1 "i^'est s'élever contre la nature des cffaosos : or, je crois que lorsque l'usage, lorsque Tautorité d'Adam Ssniih sont<*onire la nature des choses, ils doivent céder ; caria nature des4)liQses finira (oujeuri par être la plus forte : ce n'esl, f>as seulement le monde 'pbysique qui tourne dans un certain sens , c*est le monde moral : épurai «hmwt.
Mais une multiplication de services inutiles ne pi^t pius .é),re, «litçsv.ous, une augmentation de ricjxesses. — Permettes-mai» JHoojiîeMr, di^ vous demander si une multiplication de .coli^cUets et de .^luperfluiji^ est davantage une augmentation de rîcbes^c^i, quand ils sont cousooh mes. Cependant ce sont des produits matériels, du moment que lei hommes sont assez sots pQur y mettre un prix. jLomme moralistes.
AVE<: M. MAI.TIIUS. 315
tiHiSet moi. lions |n>uvoiis hlAnior ivtt«* proiliKiion v\ ii^itc coiisoin- Diliuii; i*oiiinu*iH*oiioinistos, nous ilevi^is los n*L:;inirr lOinnu* n't'lli'*». le peui.rommc ntoytMi. inallli^vr ilii uitiitii miiuliri' il«' tmuliniiiiairi'.s NiMics Mlarits «ii Qioyoïi ilti buUgrX ; iiuiis si la nation i*>t asst*/ peu nanc<*e|iour avoir boom df ivs fomMionnairos. t»l asMV pou rclain'c ^otiT roii:k*niâr à (layor un h*! htidurt. rVst un fait allligcant, >ans louti*, mai» c'est un fait; iit\s lors, runiirao >avanLs, nous ilrvons W krrin* ol ihhis dovons le rlasstM* aver sos analo(;ues.
l.'ii»age s'y oppose. — Mais si l'usap' leml à oonfondre les idées que aous croyons de notre devoir d't'rlairrir, devons-nous eons;irrer par MMre approbation un usa^e erroné ' J*ai biMUCOup d égards |K)ur les Aages m^me ridicules, mais je ne les favorise pas d(* mon appui. Je ire mon chapeau devant la |)rorcssion quand elle passe, mais je ne rai» (MMiit à la procession.
Vous trouvez plus forli* enL*4)re, Monsieur, l'objection tirée de l'imlioasibiliti* lie mesurer liitititê des produits immatériels. Mais poui cunslatt-r la production qui consiste en pnHiuits immatériels et m^me tu prtNluiid matcricls, uou» n avon> nul besijin de mesurer leur utibte rêelli*. Vous et moi, nou> évaluerions fort peu une lia^ue ou un bmilier: mais m nnu^ etinii> iiiii>ri*sst*s dans une labnque de bijoutelirs ou de |»orcelaine», nous l'valut* nous tort bien les bagues et les 1n*- Mlan^ qui nous seraient drniandi-.N p4)ur la consommation de la Hussie BU du Mexique. Il en est de im^ine di*> pi«idiiit> immatériels; il ne l'aut pat les évaluer selon ce <|u il> x.ileiit a nos yeu\. mai?» aux \eu\ de KUS qui les dt*mandent. si ces pauvre> gens tout de mauvaises connflunalion», tant pis |ioui t*tix ; mais lu chose consomnu'e ireii a pas mouàB fté produite.
Vcms ni*op|)o.M;z ropinion de M. Storch et de l'auteur d un article de la lievue encyrloptiêique. Vous me |H.Tmettie7. de rei'user ces autorités: las auleura doul vous parlez ne comprennent nnllement cette |tartie et l'économie politique.
PanlODUez, Monsieur. Ie> etloi Is «pie je tente dan.s la >eiile vued'auf;mrattfr le nonUire des idées que j'ai le lionheur de i^rta^er avec yoxis. ac aitrerz les nouvelles assurances que je vousdonm* ici de ma haute conaideratio» et de mon respectueux dévouement.
516 correspondan;ce
J.-B. SAY A M. NAPIER, A ËDIUBOURG.
;,Pirit, 14 aoAl ISie.
Mon cher Monsieur,
J*ai reçu la lettre dont vous m avez favorisé sous la date du 4 août, et suis sensible à votre souvenir et aux témoignages d'estime dont vous raccompagnez. Je m'empresse d*y répondre , en vous communiquaDt les renseignements que vous me demandez sur la Banque de France.
Vous savez que la Banque l'ut reconnue par le gouvernement de Bonaparte et reçut de lui, par une loi du 24 germinal an xi (14 avril 1803), le privilège exclusif de mettre en circulation des billets au porteur.
Le motif apparent fut de présenter au public une garantie plus respectable des billets en émission. Le motif réel fut de faire payer par h Banque le privilège exclusif d'avoir dans la circulation des billets ne portant point intérêt. Elle acheta ce privilège conmie la Banque d'Angleterre, en faisant des avances au gouvernement.
Les événements marchèrent : la campagne d*Austerlitz eut lieu. Le public, qui savait que la Banque avait été obligée de prêter à Bonaparte vingt millions de ses billets, et voyant sur les bras de ce prince TAutriche et la Russie, le crut perdu, et se porta en foule à la Banque pour avoir le remboursement de ses billets, bile en suspendit les paiements en décembre 1805. La bataille dAuslerlitz eut lieu le 2 décembre. Lj capitulation de Presbourg tut la suite de cette victoire. Bonaparte devint maître plus que jamais des ressources de la France. 11 s'acquitta envers la Banque qui reprit ses paiements au commencemeut de 1806.
Bonaparte se prévalut des extrémités où lui-même avait jeté la Banque, el pour prévenir a l'avenir, disait-il, les embarras qui lui avaient fait suspendre le paiement de ses billets au porteur, il en changea l'administration par une loi qu'il ht rendre le 2^ avril 1806.
Pai* celte loi Tadministration de la Banque fut donnée à un gouve^ neur (Jaubert; et à deux sous-gouverneurs, tous trois a la nominatioD du chef de l'État , mais qui devaient conjpte à l'assemblée des actionnaires représentés i^ar deux cents des plus forts intéressés d* entre eux.
En mémo temps le capital dr la Banque qui était composé de qua-
WKf M. NAPIEtt. 517
rjnd* rniq mille arlioiis à niillo rraiics Tiil |H>rlé à quatrc-viiiKtHlix millr artiolis formaiit un capital do quatro-vin^^t-dix millions.
I.4»^ lM*!ioitis du |>iihlii\ disait-on, rtH^lamaicnt de plus forts osroiiiplrs, H II* désir i|ti*il manil'eslait pour preiidn^ «tes actions dans cet établissement lurent le motif apparent. 1a^ motif réel fut, de la part du gouvernement, la tarilité que cet accroissement du capital de la Banque lui présentait |Nnir obtenir de plus fortes avances.
Les nouvelles actions furent vendues avec avantage au profit de l'éliMisseinent. Le cn*<tit et la puissance du gouvernement étaient portés Ml comble par des succé^s inespérés.
Le gouvernement de la lUinque exerçait une grande inOuence sur le l^Miaeil d'administration composé de gros négociants, dont les uns iklenaient ties dcTorations. les autres dos faveurs commerciales, les lutres des places pour leurs protégés. tVtte infitience n*était pas forcée, nais insurmontable. Les caractères fermes et qui méprisaient les avan- Mgts qu'on peut retirer du cnnlit se trouvaient on minorité dans toutes es délibérations. Le capital de la Banque fut sous ditrérentes formes [ toit en 5 p. 0 0 consolidés, soit en obligation du tn\sor et des receveurs lias contributions] presque entièrement confié au gouvernement; mais m oi^me lem|ts on S4' défendait autant 4|u*on pouvait de lui prêter des MleU au |W)rteur , les()uels n'ayant |K>ur gage que des engagements HMi exigibles du gouvoniemcnt, n'auraient pu être remboursés h pré- KoUtJon ).
Par un décret im|>érial rendu i\ Bayonne le IK mai IK08, on voulut lonner une nouvelle extension aux o|)érations de la Banque en raut4>> niint à établir des comptoirs dans les principales ville^ des pnwinces. ilD commença (uir en établir à Lyon e| h Boueii. Iles comptoirs miriMit n circulation d<*s billets et prirent des leltn*s de ehaiige à res<*f)mpte; 1» négociants tie ces deux vilU*s. moins iMmliaiits que eeu\ de Paris, Citèrent de la facilité des escomptes, mais lireiil |h.*u d'usage ties Wlets. Presque tous ceux qui étaient émis n^veiiaieiit :i n*mlNMirso- ■ni; et il (*3ftt H reinan|uer que ce nVst ;;ihti' qu a Paris ipio les l)illel«» lu porteur, soit de rannenne raisst* dVsi*i>iiipte. soit «le la Banque, ont ■main eu un cours assun*. \.r< princi|»ales maisims *\v nmimerce des lépartements n<* les ivl*ii<iMtl pas, parce qu'ils i*ii roiiiiriiss«*nt la soliililé, ■ais ils M)nt (ihti;:é> de U*> remettre à leurs rorres|HUhtaiils dr Paris.
In 1^11, Utr^qiie la Fraiie«* tlivisiV d*mtériMsel iro|Miiiuii fui eiivaliio mr Coules les armiM^s île ri.nro|»e, le uouvertienieiit idiligea la Banque
518 ' (:OHRESI»ONDA\r.E
de lui faire des \n'(^Xs extraordinaires. A celte époque ses billets et ses eiiga^^ements exigibles excédèrent d'environ vingt millions son numéraire et ses etTets à courte échéance. En conséquence, le 18 janvier, lorsque les porteurs de billets poussés par la crainte se présentèrent en foule pour obtenir le remboursement de leurs billets, elle fut obligée, non d*en suspendre coinplètement le paiement, mais de réduire les remboursements à cinq cent mille firancs par jour. On ne payait qu'un seul billet de mille francs à chaque personne. Elle réduisit ses escomptes, fit rentrer ses créances; et dès le mois de février suivant elle reprit ses paiements à bureau ouvert et pour toutes sommes.
r.orsque Paris Hit assiégé à la fin de mars, elle ne refàsa pas le paiement d'un seul billet. Les caisses étaient ouvertes pendant que le canon tonnait. On remarqua même dans ce moment qu'il sortait plus de billets pour les paiements qui se faisaient qu'il n'en rentrait par les remboursements. Plusieurs particuliers redoutant les suites d'un assaut, et croyant, dans toutes les su|)positions^ à la solidité de la Banque, transformaient leur argent en billets pour le cacher plus facilement en «s de pillage. Et comme de son c6té là Banque préférait, au moment d'un assaut, retirer ses engagements et ne conserver aucun argent dans ses caisses, elle ordonna que tous sc^s paiements seraient faits en espèces. On voyait dans les caisses ties gens désolés d'être obligés d'emporter en écus les sommes qu'ils avaient à recevoir.
Le mc^nie etlel eut lieu à la seconde invasion. Le paiement des billet* n'a pas élé inlrrrompu un seul instant.
F.n ce monient( 1-2 aortt 1816^ le fonds capital de la Banque se compose (Ir ce qui snil :
0uatrt'-vin2l-ili\ mill»- atMknis h mille franrî; cbaqnr ... F. 90,000,000 Rpsi^'rxiî '^rV^l-;» -«h H.', ii'U'inuîî* fiiitrs sur 1rs dividendes) . . 21.600,000
T«»lal du rapilal «1o la BanqiM' M 1,000.000
Kiiiplol dt* ri^ ra pilai :
Rn D p. 0|o r^>n>oiid«*s, U'spicls rapportait doux mlll)on^> dR
ronlr F. ;(3,bO0.000
En M'« propn-ft aciiouî* quVIIo a rarhrlrrii.; cr qui fait le même
•■flTct <\uv SI, par la loi de sa rréation, le nombre de se*
action!! «"lail plus borné) 2S,6OO,O00
Prêts faits au u'ouxiriicnn'iit >ur des lH>ua du Trésor, ou des»
nM'iîvcuis, MU M)us tout autre forme, portant intérêt. . . 26,000,000
lmmeublc> 4,000.ono
Kbpi'C't'^i ou ilTets de rouuneree qu'elle" a pris à l'escompte ou
n^'us en rompte rourant '•2,f»00,000
Somme êisalc. 1 1 1 ,600,000
AVEC M. ?IAPIRR. Mf
^ passif nigible se compose de
7o«om,000 «le billets actuellement en rimilation.
Ju,OOO,000 do dettes,en comptes courants, ou dépAts.
90,000,0IK> : somme qui est représentée en totalité fuir le numé- •îrr en caisse ou les effets de commence à l'échéance commune e quarante-cinq jours. Ainsi, en ajoutant i cette somme celle de S400«000 fr. cl-dessus, n est (HMistant que la Banque de VYance avait, le t août dernier, tant en espèces qu'en elTets de commerce, une somme e ff:i,600,000. Sur cette somme le même jour elle avait quarante-un ■IKons eii espèces sonnantes, le supprime les rompus. Chaque jour ell f rend compte de sa situation avec cette exactitude. Les billets au fiorteur qu'elle a en émisaion sont de iOOO et de SOO fr.; mm elle retire autant qu*elle peut ces derniers, voulant que ses billets jHrfasat^nt aui besoins du commerce en gros, et ne passant pas daos WÊÊ^e journalier. (Mi les rembourse à bureau ouvert, fwpène, mon citer Monsieur, que ces informations sont telles que na pouvez les ilêsîrer. Je m'estime heureux d*avair été k portée de l«a doiHier dea renseignements aussi exacts et plua récents qu'aucun etminaire n*en ait. Je suis tellement certain de ceux-ci que je ne craiua » d'être cité.
Ja pourrais vous procurer les statuts et règlements de la Banque im- 'Mwajusqn'âcejoursi vous le désiriet, et si je connaissais un moyen M dispendieux de vou^ les faire passer. Si quelque pers4>nne de votre «oaïasance venait à Pans, ave<* un mot de votre part, je les lui remetwm. Vous y verrier, l'organisation complète de (*et établissement. Je aiiis fâché que vos occupations m aient prive du plaisir de vous ■r a Paris. J'ispére en être iledommage quand vous > viendrez. J'ai I Ir r^rel extremi: de ne point \ rencxNitrer M. Playfair. Il a pris la me ti« (Mbiser à in4>n ancien logement sans me renc-onlrer. J étais alors ■a l6s embarras d'un demenagemenl . \ussitAt que j*ai eu un moment libr^je me suis infiirnie de sa demeure, et j'y ai ete; mais il était ip tard : il était parti. Ayez la boute de lui en témoigner uie?t regrets dr lut exprimer eombien je le révèn*.
Tous m'obligerez In^aucoup aussi de me rapp«*lef au sfHivenir de le pnrfesaeur TImhiui.h Hrown. J'ai reiicmiire ici un de m*> dincifile^ . Hodgkin qui a b^'auamp aii^nicnte, par <v qu'il m m a dit. la nMderalioii que iu'H\ailiii«ifiin* >a pei:«itiine. Faite» auv«iagri*er mon ipacl ifoi: • '«fUiUle.
Je ne vous parlerai pas politique, ne pouvant le faire avec lùreté.
Recevez, etc.