‹ Œuvres diversChapitre 82 sur 128 · AVEC M. LE BARON THËNARD · texte numérisé non relu

AVEC M. LE BARON THËNARD

ft*t$i que la réunion de louiez les rirhesses partirulières. >os nillcctions rourmilient d'idées ingénieuses qui n oui |ioinl eu de suites, ou n'en oot eu que de funestes ; et nous voyons tous les jours des gens à imagîDation, savants même dans la mécanique et la chimie, et qui échouent dans toutes leurs entreprises.

Il y a donc quelque chose de plus à apprendre (|uo les meilleurs pn»rédés dos arts. Cette chose est de savoir : Comment et en quoi le* aru 'vmewtremi à former (es valeurs, qui sont le véritable élément de la richesse. L'entrepreneur de toute espèce de commerce et de manuhcUire doit être instruit sur ce point, parce que c'est lui qui combine les efforts avec les résultats, les moyens avec le but, les avances avec les produits. Si l'on en voit qui font de bonnes aflaires sans instruction, r*esl qu'ils suivent, par routine, une bonne direction; mais il est touiours plus sûr de savoir pourquoi cette direction est la bonne. Or c'est oe que l*£conomie politique enseigne ; je dis l'I^conomie politique de la MNirelle école, l'Economie politique expérimentale. ÏJà partie systématiqam de la science n'est que dans les conséquences qu'on tire des faits; li partie essentielle est la connaissance des faits eux-mêmes, de la madont les choses se passent. On peut raisonner à perte de vue, et ' MUT leurs conséquences, sur la balance du commerce, sur Tindes divers impôts, et d'autres questions de ce genre ; mais lis qu'en Angleterre, en Allemagne, en France, on a fondé Vfxxh politique sur l'observation des faits qui arrivent journellement, QB est d'accord sur les bases essentielles; tous les écrivains qui tien- Mol le premier rang dans cette science, conviennent maintenant, par eiempie, que l'or et Targent ne sont pas les seules valeurs: que la ridicsso se forme et se dôtruil; on sait dans quel but et sous combien de formes on emploie les capitaux dans l'acte de la production, etc. , etc. n eeux qui ignoreraient qu'on a maintenant une grande quantité de ■otions positives sur ces matién^s, ne sont réellement pas au rourant des connaissances du siècle.

C'est faute d'avoir rmpKiyê ces notions à diriger la pratique, que l'on voit co France, peut-être plus qu'ailleurs, tant «rempressement à se livrer à des entreprises qui ne peuvent |»as avoir du succès, et i n>pousser des proctnlês qui vont ensuite enrichir Tétranger. On s'enthou- ■isiim pour un projet avant d avoir fait entnT tlans ses ralnils tous tes éléments qui devraient s'y tn)uver; sur un a|N»rçu vague et incomplel, 00 hasarde ::a fortune et celle de sa famille ; on dépense beaucoup

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d'argent, de temps, de travail, et même de science, pôiir un prodoit qui ne les vaut pas.

Si les éléments nécessaires pour les bons calculs, étaient plâs généralement connus, on ne verrait pas élever â grands frais d'immenses manufactures pour les renverser au bout de quelques années, é( réaliser quelquefois le dixième seulement de ce qu'elles ortt coûté. Dé li eette maxime populaire que, dans les grauds établissements, il Util que les premiers entrepreneurs se ruinent pour que les seconds làsMi fôHiJhe. Oue veut dire cela? Qu'on ne sait pas faife p^oitlél^^ utte irt* dustrie eii France, â moins d*étré débarraissé de l'intérêt dé la ]Mifaiière riii^ de fonds. Que dMidimniès habileâ, sods le rapport dé rarl. oTit été malheureux pour n'avoir pas su doiiner la ktiëiltèufé difèiHISh h Féurs talents !

Oh sait si peu, bien souvent, i qnoi tient le sucées ou le déclin êb entreprises, que beaucoup d'entre elles se ruinent graduéltértient saùs lé savoir. KHes ne se rendent point compte des circonstances qui léi entourent, et qui influent inèvitâblenkéftt sur leur sort; elles redcmbtéill d'èfTorts, et ne s'aperçoivent pAs que ptûs elles en font et plas elles s'enfoncent dans la détresse.

Et remarquez, Monsieur, ^u'un établissement qui va n^al, fait tAKi beaucoup d'autres du même genr^. Un itianufacturier de beaucoup A sens el d>xpérience, me disait \n\ jour : Je ne rrafns pas la concÈhiMk de cèvx qui font bien leurs affaires, wuis de deux qui les fdàt HmU *.

T'est ainsi que si l'on additionnait lés pertes sup(>ortèes pat les fabri- 4i{es de soude, d'alun, d'acidels, on serait etTrayé des rèâùfCàtd. Je t^î

* D€U\ rubriques df sel ammoniac «xis^Uiriil prèë de Paris. Kllei^ fournissaient faalemènt à Ir r(m.«fmmiAt\(m dp In France, (jni ne H*élHre pa« an delà de lin frAUte^ éétâpthdutt. Ellej* avalent à sKMitenir la t'oncurrence du net ammoniar de l'Inde <|ue leH Aoglfv )ntr(id(ii>^.nt en fraude. I^urs procédés étaient fort perfectionnés, et vinct an« d'existeDoe dan? une prospérité médiocre, prouvaienl que l^urs pro(tl« éUAènt fAdèlb^. L^ m tt houihcrif'fc do Paria qnVlles obtenaient A cinq ou six wus Ici qtfhVIâl, éttileM Vnr ilultii^ première.

De nouveaux entrepreneurs, mom!* expérimenter el moine iustruits, ont élevé une fabrique semblable, la matière première ( les oh • AVtfil Sifelors ftlo? (l^l^aïKfés, te |frix s*enêA ^evé à quarante sthis lé qumiat. Kn même temps la <iriaaOt^ de set ammoniar pnMMl, excédant la counimmation poviible. le prix en eiil tombé de2.S p.O/n. l-es nouveaux fabricant>ont emprunté; mai;: il n'(»nl pu soutenir leur fabrique qui s'est vendue a i6ou 20 p. Ôodc ce qu'elle à coûté, f.e .«urresjienr croit produire ave»* pins d'nvarita|(e; mab te eireonstances qui déterntiueul les pnx demeurant Icn meniez, doivent être snivifs dis mème.'i rèsultatbj et la France reperdra jM*ut-être une. industrie qu'elle avait conqui>e.

(J. B.Sat.

AVKr M. IF. BMION TIII-NARD. 59»

^foiro que m»Us »'n mthiis iliNlommiipVN par !«»s produit.s fulnr!» ilc cpA êT^s nom eaux; mnis nous Aurions pu les aoqiiôrir ôf^alemmt mhs lés pjTcr au<M rhor.

On poul fairi' lo m^niP rHÎiMwmeim'nl sur plusieurs «ris mécaniques nêi» Hp noin» ItMnps. sur !«'. liî.iliMO< il»' rotmi. H»' lin er ij«* laine. t»t turtouf sur l'emploi des moteurs. «Innl I utilité n'a jamais été lihii ralriilé^* lians s«'S rapfKYrls avee leur «leiMMiM* «le preiinef étahlissiement ef il'entretifM.

Ifi perfprlioniit'mt'Hl dans les priKvdes de fahriealion êrouomise errtairiement uni* partit' d«s frais île pnvturtiun; mais l'elle «Vonomie a des bornes; i*llr ne saurait passer lie certaines limites. iM il ne Tant pii<k la |Ui>iT au di*la de ei> qu'i*lle vaut, lel autre perfertioiUM'ment multiplie le^pimlnilsaver niif l'toiinaiite rapiiiilr: mai^ la eonsommatimi de n* iH'oduil a <li*s iNiriH's: ft il n'\ a rien a ^a;:iier, quelipi'incènieux «pu* soil li* pnMMMtr.à i'xetNl»»r le^ lMM'ne> df ta l'ouHiHnmalion pn«5itile. Mr rr.eoiitunii* fNtliliqur s4Milt' iiulitpie !t*HHfmeiils, la /'«//i/r/^* 4f» ^Uirt^nh, qu'il faut raiii' fiilrri dans se** ililTérenls raleuls. Vnii»» «avr/. Monsieur, ipi'il n'v a ilr jii^emi*nls !»ains ipie etMi\ où l'un fait nitrer la toialilê des ifcumêes qui peuvent înnuer ^iir les résultats.

• ombien d«* fausM'»» idei»>. dr faus^i's notions sur la vraie nature de4 rhoipsqui le*» intérr.^seiil. m* lr»Hivr-l-on pa«i répandues i1au< la classe #Ie* nècoriants l't iles manufaetiiriiTM? que les conversations qu ÎN lien nmt annonri*nl peu d'instruction! A peine suivent iU la \aleur des mot* dont il s«* MTveiil: ils attribuent des i*véncmeul> conniierciaiix â f^ causes qui ii \ ont aucune part ; ils prévoient des réMillais qui né •nnl pas dans l'onlreilen p«i«ibles. r,fu\qui ont Vl»ya^:e en \nple|erre. ont obserx'é comme mm nous pf>iivons le din* entr»* n«ius\ qui cet égard on y e^' tM*a.:^oup plii> avancé ». Vussi le«i eiiircpriM'> mal con- ^ur?». lu mauvais moyens li c\t'*i-ulii m cl les nnii-succê^. y muiI beaucoup moins fréquent> ipi li^ ;i >ont l'u France, un y voit moins de ce« ^Ml^^*mentsi q li \t*^''<Ml ou qui dei-liuent. e| ras|N*cl de rai!»anc^ y 9^ plus général, il faut bien en con\eiiii. ma1;:re le fardeau îles tm-

' 1^* niJiMilJ* tn: •;•.!• >.••■■ ;■ «i ',••!• fin ni. |>i>i«priiiii \tA: ■m iihIkiimu •'m|ilni ^ y%àf mnyrtt*. Il . -1 iM|>««H. |.|< il. lit |^T• 4f fliip'r ■■n pJiif'r •#'iir Tfi«Triirrii<n tux i>Hir« ^mMv» '\ l^<Miii||1t( |p>lili<|U* i|iii w r>tii( 4 MimlM-iit:: cl J lilii«t'i*« .Oii ««lil <|iH- I' r»l dan» '•tu iVllii'-fr *i'l'- l'ir |•^l(l•!^«.|•| \«1.fni SinUil, \r jH-f^ «1r I ^^nO'MIllf \*oït\u\ur mmlrrii^

524 CORRESPONDANCK

pots qui accablent riiidustrie en Angleterre. Il s*agit donc en France de détruire beaucoup de préjugés qui nous empêchent de bien juger dans les questions qui tiennent à Tindustrie; il s'agit de répandre beaucoup de notions qui sont déjà communes ailleurs, et de rendre nos manufacturiers supérieurs i des ouvriers renforcés. Ce complément est indispensable pour faire de nous une nation vraiment manufacturière.

On vous dira peut-être que les considérations qui sont le sujet de cette lettre, sont plus importantes pour le commerce que pour les manufacturer. Mais, en premier lieu, par la raison qu'elles seraient en même temps utiles au commerce et aux manufactures, faut-il en priver ces dernières? et, en second lieu, est-il possible d'être manufacturier sans être négociant? Le manufacturier ne doit-il pas acheter des matières souvent très-variées , et vendre ses produits en diverses villes et même en divers pays? Ne doit-il pas combiner la possibilité et les temps les plus favorables à ses achats et à ses ventes? Les procédés du commerce, les lois du conunerce, la tenue des comptes, l'emploi des lettres de change, Fusage des diverses monnaies, ne sont-ils pas les mêmes pour le négociant et pour le manufacturier ?

L'étude de l'Économie commerciale et manufacturière est encore propre à éclairer les fabricants et le commerce dans leurs rivalités réciproques, aussi bien que dans leurs rapports avec l'administration. Elle est propre à faciliter la tâche de Tadministration elle-même, qui balancera plus aisément des intérêts plus éclairés. Dans l'état actuel des choses, des fabricants ont-ils fait une fausse spéculation, ont-ils maladroitement placé une manufacture, ou multiplié des produits qui n'éprouveront point de demandes, ils accusent le gouvernement de ne pas protéger leur industrie par des primes en argent; ils l'entourent, le sollicitent pour obtenir de lui des lois sans eflicacité, ou capables de produire un eflel contraire à celui qu'on en attend, parce que c'est contre la nature des choses qu'on a péché.

Stimuler l'esprit d'entreprise sans l'éclairer, c'est nuire à la prospérité publique; instruire les hommes laborieux des procédés des arts, et provoquer l'emploi de capitaux, sans leur montrer les conditions indispensables pour que ces moyens puissent fructifier entre leurs mains, c'est leur tendre un piège. Les sciences peuvent doimer des produits admirables pour prouver jusqu'où va l'intelligence de l'homme; sans consulter l'économie industrielle, elles ne peuvent rien faire pouraon aisance, c'est-à-dire pour sou bonheur. Les autres musées peuvent se

AVRC THOMAS TOUKK. 5S5

borner k oOrir, aux Trais «lo IT.UI, Je.belles collections k la curiosité publique; celui où Ton st> pique de diriger rinstruclion vers rulilité, doit, de plus, nioiilrer romment Tulilité est produitt*.

Telles sont, Monsieur, les cinisidéralions qui méritent d'être mises sous les yeux du comité qui s*occupe de rendre le Conservatoire des Arts el Métiers le premier établissement de ce genre qu*il y ait en Europe. D'après les correspondances que j'entretiens dans les principales villes, j'ai lieu de fM'nser t|u*il se Tera l>eaucoup d'honneur, en prauuit Tinitiative d'une amélioration qui, de manière ou d'autre, aura lieu quelques années plus tanl. J'en juge par le grand mouvement qui 4 opère dans cet ordre d'idées, et dont je suis averti par mes relations.

J'ai l'honneur d't'^tre. Monsieur, avec un parfait dévouement, etc.

J.-B. SAY A THOMAS TOOKK*.

(Inédite.)

Hori>. 14 mai I87S.

Vous trouverez piuit-i'^tre. .Monsieur, que j*ai tardé longtemps à vous remercier du pn.*cieu\ présent qut* vous m'avez fait de vos amaidrra^ itams OH îke state oj the mrrenry; c'est que je n'ai point voulu vous parler de cet ouvrage avant de l'avoir lu, atin de (louviiir vous dire reilréme plaisir qu'il ma t'ait. Il m'a expliqué plusieurs circunstaiici*s de la détresse coinnierciaie que l'Aii^lelenv a eprouvtv dernièrement, H qui, ainsi que \ous l'observe/ justement, doit Taire iiaitn* de graves rellexiODS sur le système entier de sa circulation niunétairevo/ ker emrrencf . hiules \os observatiuiib sont toiuKrs sur lies taiLs, et toutes MHit applii*ables aux besoins de la MKit*te. t^ette philosophie pratique f»l bien supérieure à la métaphysique ol>scure à laquelle plusieurs de «o» a>m|iatriutes VDudraienl reduiie les questions écuiiouiiques. En rufidant leurs argunieiit> mh de.s principes abstraits plutôt que sur des laiU otiserves , ils arriV(;|il a des iXMu&équenceb tout à fait dill'erentes

• Auirui u'uii uuMiiKe iiuUiv »uov:NM«cflwiii eu clat parUei, Mat oi Ulit i ftevf JMf •md 4#idiia. Cil . I nUa-Uirv, IVnirri ri 4érelûpp§mml$ mm Im tti tfinu «Mirri ë€otiU€i de l\^^ ù la». LsBdKi, la-8» f *

djes résultats de rexpérieue^. j^iep n'ej^t plus prQ|)r<; à déjçr^iter i'éc^ qjDmie polJiliiqMe, ^\iç de lair.e croire (^'eljle p'e^t tK^fii^e qj^'^ fjfûre ualtre des discussion^ ennuyeiis^e^ jil'oii i^ jiç rj^ui^ç yue dq^ |9|4j{c^ti|f^ jiïii^es. 4pr,ès ayiofr fji vptrp iiyre, au pojiitrfiire, i| n'y a |M;|îj9t de péigotci^i^jt, de ,dire,ctfîMir d^ i^ M.W W Pi- ^^ ^''^IM'*!? ^'.^?^ SV' ^^ ^ fprcjt de coi^yei^y' qu'il lui fi ?*?|;péi;é i^s j^^^ JuUi^, et SfQ|M^^ ^ pr^.veji/ir le ri^tour .iJ\ç.s fpc^nyépienj;^ JPif^^*

Di^^ 1^ çiqqui^Q^e é(^tiO)n de mon Trifjtfi, que je )?r^pare jçp ce 109g[)€;iit, nifiis dont l'impression nç serft tçr.niipée ç^ecjan^ qy^f(|ifes jxiûif, )p in>ppuierai de votre opinion en parla^^ des baïui^^çp ^e (^rculf tion et d^ billets di^ confiance.

) avais prié Fr^ucis jPlace, nojii i^e yous consui^tjçr syr If tfjfi^ifctjoo qu'il avait entreprise d'un Essai économique et d'une petite Correspondance entre l>ayid Ricardo et moi, mais de vous demander si vous jugiez que cette broctiure pût avoir quelque intérêt pour le public aogiais. Je me suis coi^y^i/^ç^i ^iQi-^q^^^ (|ue l^ mofQ€j|[it, tout au moins, était fort peu propre à une semblable publication. J'ai renoncé i faire paraître ce morceau en Angleti^ri-e, et ^e vous demande beaucoup d'excuses de ce qu'on vous a ennuyé de cet objet.

Je m'estimtM'ai heureux s'il se présente quelque occasion où je puisse .you^ être utile en ce pays-ci, et je vous prie d'f^réçr ,l'e|Lpcç^Q|P de ma haute estime et d^ mon sincère (^évouea\ent.

i^. S. Uuand vous verrez ff . Wai b^rtçtn, je v.q.us prie de lui dÂre quf >e n>i poiut oublié ,se;s poUle^j|€^. Je serç^i ^n a^i^ aus^i d'être rwfeïé auMuvenir de M. vqtre fils nm ip'a f^jt vi^Ue à Oiay^w^t^r. 9i^ .viendra t-ii poiut à Ki^is?

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