J.-B. SAY K SON FRÈRE LOUIS SAY (DE NANTES
(Inédite.)
Paris, 1827.
J'ai reçu ton dernier ouvrage, et je te remercie de fenvoi. J'y ai trouvé beaucoup de bonnes choses, et toutes sont dictées par Tamour du bien et de Hiumanité. Tu as donné souvent d'heureux développements à des passages de mon Traité, où je fais distinguer les profits qui sont dus à une production véritable, de ceux qui ne sont un gain pour un homme qu'aux dépens d'un autre; et surtout k une considération importante de mon article dans V Encyclopédie.
Cependant je ne te cacherai pas que je suis Tâché de cette nouvdle publication ; je crois que tu aurais recueilli plus d'honneur en t'exerçant sur d'autres sujets. Je suis fâché, par exemple, que tu aies écrit sur la nature et l'usage des monnaies, sans avoir lu les nombreux écrits que les Anglais ont fait paraître dans ces dernières anpées sur ce sujet, où ils se sont instruits à leurs dépens, notamment, outre les brochures de Ricardo, celles de Th. Tooke, de Parnell et de A. Mushet. Tu aurais pu y suppléer en lisant les chapitres xxiii et xwi, liv. I, de la cinquième édition de mon Traité. Tu aurais vu en môme temps combien je suis empressé de me corriger du moment que la vérité brille à mes yeux; mais il ne suffit pas de lire en courant; et ensuite de rouler sur ses propres idées. Il faut étudier profondément les bons auteurs, se pénétrer