Vers d'Artemii^e, tragédie de M. de Voltaire
Je l'ignore dit Piron : — seraient-ils malheureusement de vous? Quittons le sarcasme, monsieur, interrompit M. de Voltaire en colère, et dites-moi ce que je vous ai fait pour me tourner ainsi en ridicule? Pa^ plus, répondit Piron, que Lamothc à l'auteur du Bourbier «. A cette réplique, Voltaire baissa la tête, et disparut en disant : — Je suis embourbé.
PIRON envoya sa tragédie de Gustave à la reine de Suède et accompagna cet envoi de vers de sa façon- Cette princesse, en répondant à son ambassadeur, écrivit ces mots par apostille, de sa propre main : « J'ai reçu la tragédie de Gustane, et je l'ai lue avec un vrai plaisir. Témoignez-en ma satisfaction à l'auteur, et faites-lui de ma part un présent tel quïl convient que je lui fanse. Je m'en remets à vous là-dessus. » L'ambassadeur montra la lettre à Versailles, au souper. M. le comte de Livri qui s'intéressait à Piron, vint chercher le lendemain notre poète, pour le présenter à son Excellence. Notifiez, dit-il à l'auteur, le présent que vous souhaitez qu'on vous fasse... On était en guerre dans ce temps-là, et la cour de France négo-