‹ Œuvres diversesChapitre 9 sur 17 · PORTRAIT DU DIABLE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DU DIABLE

n a la peau d'un rôt qui brûle,

Le front cornu, Le nez fait comme une virgule,

Le pied crochu ; Le fuseau dont filait Hercule,

Noir et tortu, Et pour comble de ridicule,

La queue au eu.

ON connaît l'éloignement que Voltaire avait pour la reli^on ; un jour que ce philosophe se promenait avec Piron, un prêtre, suivi de son escorte, portait le saint Viatique : Voltaire 6ta son chapeau; l'auteur de la Métromanie lui ayant demandé s'il était réconcilié avec Dieu : Nous nous saluons, répondit-il ; mais nous ne nous parlons pas.

ÊPITAPHE D'UN GRAMMAIRIEN.

r^i-GiT maître Jobelin, vlSuppôt du pays latin, Juré piqueur de diphtongue; Endoctriné de tout point Sur la virgule, le point.

La syllabe brève et longue, Sur l'accent grave, l'aigu, Le circonflexe tortu, L'U voyelle et l'V consonne ; Ce genre qui le charma, Et dans lequel il prima, Fut sa passion mignonne ; Son huile il y consuma, Dans ce cercle il s'enferma.

Et de son chant monotone, Tout le monde il assomma.

Du reste il n'aima personne, Et personne ne l'aima.

VOLTAIRE, dans une épître sur la vanité, tomba sur Piron qui n'y était pour rien, et dit :

Piron seul eut raison

il écrivit ce vers digne de son tombeau :

Ci-gît qui ne fut rien,

Il supprima malignement le second vers de i'épitaphe :

Pas même académicien.

sans lequel assurément Piron n'eût pas fait le premier. Il riposta à cette attaque par l'épigramme suivante ;

On nous dit bien que Voltaire Est un effronté plagiaire.

Admirez l'excès du larron!

Le trait léger dont il égorge, Ou croit bien égorger Piron Il le lui Tole dans sa forge.

88 UfcLVilLb UlYthbLb Dfc l'iUON.

CHANSON Ain : De la Frclane.

Vive notre vénérable abbé Qui siège à table mieux qu'au jubé !

Le service était, ma foi, bien tombé : Sans lui, le réfectoire était flambé.

Son devancier parlait latin ; Celui-ci se connaît en vin ; C'est un bon vivant, Nargue du savant!

Qu'est-ce que la drogue quil nous vend? Du vent, Souvent.

Tout est mieux dans l'ordre qu'auparavant. L'abbé, le moine, le frère servant.

N'observent le silence qu'en buvant.

Jamais de carême ni d'avent :

L'abbé les a mis hors du couvent, Dans ce bel institut de son estoc, Cbacun de nous vit ferme comme un roc * Pas un, de son froc, Ne ferait le troc,

Pour tour l'or du monde en bloc.

Tic toc, chic choc, cric croc!

Chantons frère Roc,

En vidant ce broc.

Vive notre vénérable abbé,

Qui siège à table mieux qu'au jubé l

Le service était, ma foi, bien tombé :

Sans lui, le réfectoire était flambé.

DANCHET était assis sur un banc dans les Tuileries, Piron, dont il avait à se plaindre, ne l'apercevant pas, s'assit sur le même banc. Danchet s'en alla surle-champ. — Quoil s'écria Piron, je ferais fuir Danchet, qui fait fuir tout le monde I

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