DELPHINE GAY
Saint-Point» l^jaUUt 1829.
Celui qui voit briller ces Alpes , d'où l'aurore , Comme un aigle , qui prend son vol du haut des monts , D'une aile étincelante ouvre les cieux, et dore Les neiges de leurs fronts ;
Celui-là , l'œil frappé de ces hauteurs sublimes ,
(1) AnJourcThiii madame Emile de Girardio.
28 A HADEHOISELLE DELPHINE GÂY.
Croit que ces monts glacés qu'il admire et qa'il fuit , We sont qu'affreux déserts , rochers , torrens , abîmes , Foudres , tempête et bruit !
Kesurons-les de loin, dit-U ; mais si sa route Le conduit jusqu'aux flancs d'où pendent leurs forêts , S'il pénètre au yain bruit de leurs eaux qu'il écoute Dans leurs Talions secrets ,
Il y trouTe , ravi , des solitudes Teries , Dont l'agneau broute en paix le tapis velouté, Des vergers pleins de dons , des chaumières ouvertes A l'hospitalité ;
Des sources sous le hêtre , ainsi que dans la plaine , De frais ruisseaux dont l'œil aime à suivre les bonds , De l'ombre , des rayons , des brises dont l'haleine Plie à peine les joncs j
Des coteaux aux flancs d'or^ de limpides vallées, Et des lacs étoiles des feux du firmament , Dont les vagues d'azur et de saphir mêlées Se bercent doucement.
n entend ces doux bruits de voix qui se répondent , De murmures du soir qui montent des hameaux , De cloches des troupeaux , de chants qui se confondent Aux sons des chalumeaux j