LE PLEBISCITE ET LE COMPLOT
Puis rassuré, tranquille, avec ses séides et ses complices autour do lui, avec le compérage des libéraux de toute nuance, à l'hosannah des Jésuites et des dy-
t la France, lo pIstahL
luAtiqura. il ilrmanda rncorc i sur la porp- : « M'alisolvez-%ous
Ollc liaulc mise en scf'iio ne fait pas oublier tt roi (W salliDitianqurs lt>s di'-taiU <le mentio ranlasm' ^orie. l'n complot do polico, forg)^ rn rollat>oralioa<!| Pietri el Lagran^, avw grand rcnrorl de picrate A potasse, de nilro-glyci'rine et de bomtk^, se IMBU juste à point pour affoler les imbéciles et încaicM des n^publicains. Quatre jours avant le vole plébinû taire, on mot on mouvement les grandes ficelles, U police bonapartiste, stylée par le maître, eiliiU' i l'heure dite ses Guérin et ses Verdier, un imjK'nWl*cidoen carton-pdte et des bombislos.
Lo tour était joué. Les électeurs de Panurge c raient fi l'urne. &s brutes votèrent entre las màlB^
(l'un homme la mort de leurs enfants, le sac de le
récoltes et de leur argent, l'Incendie de leurs cbitt mitres, la ruine et l'invasion do la France : le pl^ cite n'était qu'un acte du grand drame élaboré p» Carmagnola. Le dernier tableau, tableau supréme,W' ronaemenl idéal de l'édifice, c'était la guerre, i guerre qui devait noyer dans le massacre toutes k aspirations turbulentes et les énergies dangereuses ; ir^ guerre qui devait à la fois fermer la bouclte à l'arnif mécontente, phlébotomiser la France et asseoir sur 4 fondements indestructibles la dynastie des parte. 11 voulut donc la guerre.
LA nUIiRRE
Il rôvc dans sa solitude, le sultan desT bercé dans l'opium de ses cigarettes. Ses visîol fauves et étranges comme sa personne et si mélangées de sang et de t/ni''bres, de giiot-apens S coups de bourse.
Il rêve le démembrement des Rc'^publlques, l'agrandissement des empires, l'abaissement de ses rivaux, la discorde et la combustion du monde. !
Il a rêvé le Mexique. Exploiter la jalousie des Etats du Sud contre le Nord, créer cote à côte un empire du Mexique et une oligarchie sudiste, disloquer la grande République américaine et placer ses bons Jecker ; voilà un de ses rêves. Il a quelque peu tourné au cauchemar, mais qu'importe. Ces rêvasseries prennent corps aux yeux des imbéciles sous le titre fastueux de système de pondération des races, car les Bonaparte s'attachent aux races latines comme le vampire à sa proie. Ils savent que, seules de toutes, elles se battent pour un homme ou une idée, sans souci de leurs intérêts. Aussi faut-il à tout prix les atteler au char impérial, ces races d'élection; et si le frein ne suffit pas, le fouet et les entraves font le reste. Ces bandits aiment les races latines comme le loup aime l'agneau, et Tépervier l'oiselet. Riche bête de luxe et de somme, Machiavel, que les races latines ! Toutefois, gare aux ruades !
Le rêve du Mexique eut, nous l'avons dit, un affreux réveil. AprOs avoir inondé de sang l'autre partie du monde, Machiavel Carmagnola se retourne ailleurs. Après le Mexique, la Prusse.
On sait que la Prusse est l'œuvre personnelle de Bonaparte. 11 a fait la Prusse comme il a fait l'Italie. Bismarck relève de lui comme Cavour.
C'est lui qui a professé pour tous les fourbes la théorie immorale des annexions, ignoble parodie du libre suffrage, dont Bismarck va lui montrer, en Alsace et Lorraine, la manière de se servir.
C'est lui qui, éveillant les convoitises de la Prusse et de l'Autriche, a lancé ces deux forbans sur le Sleswig comme sur une pomme de discorde.
C'est lui^ qui a poussé la Prusse sur l'Autriche,
eMDpMnl ioner le iroisi^e larroa. U talonnait nloB | Im hèstUlions et les scrupult^ «le son vomp^ ()■»■ 1 marck à coup «le dUtwiin <^l de fMiiJIrs «U' police.
O't^sl lui iMifin <|ut, par» puliti<|iie tortueuse et M uaclii nations, a fait Sadoua et labriqué de toulrtf pitTps la vrrgK i\ui nous lirise aujourd'liuî.
Kli bien, «li^faire de ses malus soa ouvrage, IrouW ■ dans sa Tautc tal-me iin levier solide, s'appuyer sur !< iDifuiéludcs tl*> l'espril (nihlie pour rabattre le cnqu priis&ien (>diné par lui etorrrtràsee sujets éblouis ItJ mirajie des frontières du Kbîn. lel fut W plan de Bi parle. Ce fut le plan de Picerochole.
PICCROCHOLE ET MALBBOUGH
Tout le inonde connaît ces admirables chspit» écrits k l'cmporte-piiVe par Rabelais pour la flagelltlili des Pracasse de toutes les époque*. C'est l'épopée d Bonaparte. Aucun personnage n'y manque, même If plus infimes. JVxccptc le bon g^-ant Grandgousier. h duc de Menuail, comte Spadassin, s'appelle LelwiiF le capitaine Merdaillo se dit Frossard ou Lcbnil Écoulez-les dans leurs ehâteeux en Pmsse :
• aujourd'hui nous vous rendons le plus beureol « plus chevaleresque prince qu'oncqucs fut depuis'
I mort d'Alexandre Macedo... Votre armée pwdrt u comme trop bien l'enlendez. L'une ira sus Graui
II f^ouBtof et ses gens... L'autre part, cependant liW n vci-s Aunis, Sainwngc, Angoumois et Gascogne. Su " résistance prendront villes, châteaux et forlerTsa»; ■ Saisirez tous les naufs et pillerez tous les lieux DU ( times... ~ « Mais, dit-il, qun fait cependant Is F - de notre armée qui déconfit ce viens liuiM « (îrandgousier ? > — « Ils ne cliômoat pas, Nou' «
• rcnooDtrcrons iant&L Di vont ont prù Flandres,
• Hainaiit, Brikbant, Artois, Hollande, Zélande... ils « ont pasbé le Rhin sur le ventre des Soaisses et lans- " qucmcls t-t sont rassemblés en Bohëtoe après avoir « mis à sac Souabo, Wirtemberg, Bavière, Autriche. " Puis ont donné fièrement ensemble sur Lubeck, Go-
• tlia. Groenland, les Estrriins jusqu'à la mer Gla- ' claie, etc., etc. i
On croirait un article du Paga ou de l'Opini(M Nationale.
Jamais aliéné ae travailla plus fiévreusement à aa chute que Bonaparte, anxieux de voir lui échapper ion occasion de tuerie. Il alla chercher jusque au-deU des Pyrénées un autre bandit de son espèce, élève du 2 décembre, qui appliquait à son profit, en Espagne, la théorie dea races latines, et tous deux réunis brassèrent dans l'ombre un piège h Bismarck. Prim fut chargé de faire miroiter une couronne aux yeux avides du chancelier du Nord, et Bismarck, ébloui, morditàl'ha- ^' meçon. 5'
Aussitôt Bonaparte de se camper, la main sur la ^ '<
garde do son épée et de faire le matamore. j
De Grammont éclate. Benedetti tempête. Le pitre ;^
Ollivîer déchaîne sur l'Enrope te meurtre et l'ouragan : ^
tous ces hommes courent, * d'un cœur léger >, h leur ,^
perle et à la ruine de la nation. ^S
Toujours l'histoire de Piccrochole. Ç
Le nôtre avait voulu la guerre. Il l'avait provoquée. ^
li l'avait saisie comme une branche de salut ; il la dé- 3-
clarait à l'Europe d'une voix tonnante qui répandait %
partout la terreur et l'effroi. Et cette guerre voulue, ~ '
provoquée, saisie à deux mains, il ne pouvait la faire. 11 n'était pas prêt.
Oui, cette bande était aussi crétine que vwtarde et menteuse. Elle déclarait la guerre avec un fracas à épouvanter ses ennemis eux-mêmes, à leur arracher
des concessions arrogamment rejetées ; et cette bande n'avait ni armée, ni munitions, ni provisions, ni plan. Elle se voyait déjà à Berlin et ne pouvait mênit' défendre Paris. Elle empochait le Rhin dans ses convoitises cyniques, et allait se voir précipiter dans la Marne.
Cependant six cents millions par an, le plus pur de la France, le plus clair et le plus net de ses revenus étaient jetés dans le gouffre de l'armée. Dans quels canaux impurs s*étaiont-ils engloutis ? et à quels doigts étaient-ils demeurés accrochés ? Il n'en restait pas plus de trace que si l'enchanteur avait passé. Sans les poches vides des contribuables, on eût dit d'un rêve d'une nuit d'été. Le pays avait payé pendant dixhuit ans un budget de six cents millions : ci, dix milliards huit cents millions, et il n'y avait pas plus de soldats que de vivres ou d'habillements I Jamais on n'a constaté pareil escamotage. C'est la filouterie élevée à la hauteur d'un principe.
Et non pas seulement filous, tous ces capitans-pachas, mais ineptes, aussi brutes que fripons et vantards. Prenez-les tous, ducs de Magenta et je ne sais quoi de Palikao, les Bazaine, les Lebœuf, les Failly, les Ganrobert et les Fleury, mettez-les ensemble et vous ne trouverez pas l'étoffe d'un capitaine ou d'an honnête homme. Chez eux Scapin se double d'un Géroraé. Ils passent pour des foudres de guerre jusqu'au jour où leur impéritie et leur fatuité crève tous les yeux. Frossard était un génie jusqu'à Forbach, Magenta jus- (ju'à Wœrth, et Bazaine s'est laissé enfermer corani*' un enfant dans Metz. Attendons Trochu sous Paris. C'est à envier aux Autrichiens leur Benedek.
Ils font aujourd'hui de Lebœuf leur bouc émissaire. Manœuvre qui ne trompera personne. Tous sont solidaires des crâneries et des impostures do cet imbécile. Tous ont été convoqués avec lui en conseil
lie guerre, et tous se sont prononct's unanimemeiil ponr la guerre. On les a vus tous à l'œuvre.
Rien, chez ces ventrus, que l'instinct de la digestion H les excitations de la cupidité ou de la dt'bauche. Ils ont gagné leurs galons ou leurs épauletles en razziant les Arabes et en carottant sur l'ordinaire. Pot-de-vin el contribution forcée est leur drapeau. Voici Palikao, l'homme du Palais d'Eté et le patron do Doineau ; Baîaine, pillard et assassin du Mexique, véritable bourreau de Maximilien ; Failly, merveilleux héros de Menlana; les Canrobert, les Lebrun, les Bataille, et vingt autres qui ont fait les campagnes du 2 décembre et gagné les victoires des boulevards ou de Ctamecy. Il est plus commode, paraît-il, de venir à bout des foules désarmées que des Prussiens, et ces messieurs font meilleure figure dans les rues de Paris que sur les champs de bataille de l'Alsace et de la Lorraine.
Tels sont pourtant les conseillers superbes qui, en frisant tour moustache et brandissant leurs grands sabres, ont juré la victoire à Bonaparte et promis de ne lui faire des Prussiens qu'une bouchée.