‹ Œuvres diverses de G. TridonChapitre 17 sur 25 · CE QUI FUT FAIT · texte numérisé non relu

CE QUI FUT FAIT

C'est alors qu'on put voir les ravages de la maladie impériale et la putréfaction profonde de la France trichinosée. Tout se perdit en clameurs vaines et eu mouvements désordonnés.

Bonaparte, lui, ne s'endormit pas. Plût à son étoile maudite qu'il déployât contre les Prussiens la mfime décision que contre les patriotes et arrêtât lo prince

Charles comme il arrête les Républicains. Maïs on peut être policier capable et détestable général. Les Parisiens apprirent en même temps la nouvelle de la dé faite et leur mise en état de siège.

La gauche, qui pouvait tout, trembla à la seule idée de révolution. Elle lui préféra encore TEmpire et n'osa manifester ses tendances orléanistes. Le peuple, privé do ses chefs et bien entamé, ne sut que faire. Bonaparte eut le temps de rappeler 40,000 hommes sur Paris. Ces troupes eussent été précieuses en face de Tennemi, mais le Hollando-Gorse redouta encore plus la République que la Prusse et aima mieux perdre des provinces que sa couronne. Quand son maître se trompe, la France paie et pâtit.

Quand il eut ses 40,000 hommes sur Paris, il changea de ton. Battu, humilié, furieux, méprisé jusque de ses en tours, relégué aux bagages et oblige de se casser lui-même, Bonaparte n'en retomba qu'avec plus de frénésie sur la France et s'y accrocha avec la ténacité d'un crabe. Il traita Paris comme les Prussiens n'ont pas traité l'Alsace et nomma un ministère de compression.

Chaque nom est un défi et une menace. Palikao, c'est Doineau et le Palais d'Eté, le massacre et le vol ; Grandperret, c'est l'Inquisition, l'extermination juridique ; Chevreau, la déportation de décembre ; Clément Duvernois, l'apostasie effrontée ; Jérôme David, c'est tout dire. Tel est le cataplasme appliqué par Bonaparte sur Paris pour masquer sa défaite ; et comme il faut llatter sa monture en lui donnant de l'éperon, ce sombre maquignon nomma au gouvernement de Paris un de ces opposants de comédie gardés en réserve dans sa gibecière, le .clérical-orléaniste-bonapartiste Trochu.

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