‹ Œuvres diverses de G. TridonChapitre 18 sur 25 · SOPHISMES ET INFAMIES POLICIÈRES · texte numérisé non relu

SOPHISMES ET INFAMIES POLICIÈRES

Ces mesures de terreur, comme toujours, obtinrent plein succt-s ; car, à l'ombre de ce pavillon, sans quartier, la police procédait à un travail souterrain, plein d'habileté et d'astuce, arme sûre et terrible.

D'abord, à la haine à l'empereur, cause et répondant du désastre, on opposa un premier sopbisnu' : « Repoussons d'abord l'ennemi. Nous verrons après. " Impudent mensonge, dont le résultat fut de maintenir à la tête des armées les chefs bonapartistes qui les avaient compromises, d'étendre et do propager le ma\ : le seul mérite de ces soudards était leur dévouement dynastique.

Pletri fil croire aux jocrisses qu'ils seraient Hhres de proclamer la République après le débarquement des Prussiens; et ce peuple de niais continua à porter les couleurs et le b&t de l'Empire et à verser sou saii^ sous son drapeau.

Du reste, pour plus de sûreté, on compléta ainsi ce fructueux sophisme : « Ne nous occupons pas de « l'empereur. 11 n'est plus rien. On ne le garde plus l'i • l'armée que par tolérance. Il est, de par le lait, ■ déchu et déposé, i

Va t'en voir s'ils viennent, Jean.

Ainsi cette pieuvre immonde, attachée aux flancs de la France, tient et paralyse tout du fond de ses fuuigons et de ses bagages. Il règne par Palikao, par David, par Chevreau et Pietri. Il a osé imposer à la nation écrasée un ministère atroce et des conseils de gnern; comme n'en a pas vu Juin, il a compromis l'armée autour de Metz en hésitant pendant deux jours à noinriiiT Bazaine. Quand cet être gluant se déplace, il entmvd vingt-quatre heures l'approvisionnemeat des armijcs.

C'est lui qui enraye et annihile Mac-Mahon. Il est encore l'Empire et l'empereur. Il fusille, tue, condamne et emprisonne, et le peuple, toujours dupe, accepta encore cet homme masqué en patrie pantelante. Ils se battent pour Badinguet, croyant défendre leurs foyers. Le mépris où ils le tiennent lui est même un sur paravent.

Ce n'était encore rien. Gomme bouquet, quelque argousin de génie inventa : I'Espion prussien.

Saluons cette nouvelle utilité de l'Empire, qui lui doit son reste de vie. L'impératrice régente, grande brûleuse de cierges bénits, doit certainement une chandelle au mouchard inspiré qui a levé ce lièvre et attaché ce poêlon sauveur à l'appendice du public. Sans l'EspiON phussien et sa salutaire intervention, la dynastie était flambée. Du reste, ce curieux personnage est une ancienne connaissance des Bonaparte, auxquels il a rendu de tous temps les plus précieux services. Déjà, en 1814 et 1815, il se trouvait à point pour endosser les éclipses et les défaites du Maître, avec lequel il a eu un si long et si intéressant tête à tête à Sainte-Hélène. Tout le monde connaît le rôle joué par lui à Waterloo et dans toute la campagne. En 1870, ce fidèle cie l'Empire sort du tombeau et reprend en main les destinées de Napoléon n° 4.

Il est de règle que les Bonapartes ne sont jamais vaincus, si ce n'est par les artifices de I'Espion prussien. L'aveugle confiance de Lebœuf et de son maître, l'éparpillement de nos forces, les honteuses déroutes, conséquence forcée d'une incapacité qui frise la trahison... autant de manifestations des mérites de I'Espion prussien.

Ce n'est même qu'une des faces de la question. Car on ne saurait, en vérité, énumérer toutes les vertus de cette panacée universelle. V Espion prussien est un des meilleurs chats que pouvoir aux abois puisse jeter

nies les

dans les jambes de ses adversaires (1). Le gouvernemenl des mouchards (l'empire Pietri-Lagranfrcl s'est mis à crier: « A l'espioa! > Plus fort que janiitis Carlouche a crié ; « Au voleur I »

Espion quiconiiue no soutient pas l'Empire ! K^pioii qui crie: Vive la République ! Espion qui denianili' la déchéance ou des armes ! Agcntde Bismarck qnicaiiigue ne trouve pas admirable les actes des nouveaux ministres.

Des feuilles de trottoir et de ruisseau, canaux ignobles de l'égout de Jérusalem, luttèrent entre elles de cynisme et d'infamie, afin de répandre dans lo couches cedissolvant énergique. Elles n'oublirn pour donner corps à cet agent précieux ei <■> chaque jour un plat de premier choix. A les en on avait arrêté Veapion déguisé en général, un fois en aveugle du pont des Arts, une autre en en carme, en femme, en religieuse ; que sais-jc, mais particulièrement en républicain. Bref, l'espiixi <Hait partout, en tout, de tout, pullulait comme les farfadets de Berbignier. Coffré quelque part, il reparaissait en cent autres endroits, se glissait dans les tiroirs les mieux fermés, prenait tous les visages, toutes les formes, tous les costumes. Aussi, des brutes affolées, soufflées par ces chenapans, ne virent bientôt plus qu'espions et, sous l'empire d'une véritable obsession, se firent les auxiliaires précieux du préfet de police. Que de patriotes, de fugitifs, de proscrits, livrés à Mazas et même au bourreau par cette sauvage espionomanie ! Forte de cet appui, la police, en belle humeur, n'hésita pas à empoigner ses ennemis, pêle-mèle avec

(iniva sans dire que nous avons en vue \&tcie ditl'etpi telle que la police la monte et en recueille les Truits certainement des espions, et probablement parmi ci:uiq hurlent le plus fort. Quel espion, du veste, a pu rendre ai Prussiens service pareil, qu'un Lebœuf et un Bona[iarto ?

-isoles rrifriaiis et W filles de joie, et à ]es calcrmcT uln jnuron comnio ixmclics inutiles. A sod loiir, le do ne voulut (las rcslpp en arrîi'Tt- de la inouchp. H U do greffer uuo pcrsi^uiion religieuse eu la pcrsécutis poIici<-re, et dénonça li^s proteslanls H les libres pt seurs comme auxiliaires delà Prusse.

La baude carnaâsi<-re, vraie gouape liù la p avait fait de la lutte des Béotioas des sbires et il lateurs : il fallait encore les transformer c Kl tons les chacals d'aboyer à mort contre l'espioDi de n^lamer, sous ee titre, regorgement des meilliMr citoyens. Je n'ai jamais rien I u d'aussi atroce et d'au eriniinei que ces articles du Figaro, du Gauloiscai Paria-Journal, dignes hurlements de bêles téroo C'est de la littérature de Peaux-Hooges. Les Algt quius doivent pratiquer cegeurc de journalisme auto du poteau de torture, à l'heure du scalp. S'il y a jl une justice du peuple, ces misérablos provocatei d'assassinats doivent être lanternes, leurs article» cou, à la porte de leurs officines.

Ce breuvage do Locuste, versi^ à flots par une « nistration de sacripants, produisit des merveill» des Trcstaillons dignes de Palikao. Partout, des paya ignorants se ruèrent à l'ordre des meneurs bona^ listes sur leurs adversaires espionisés. On a brûlée dans la Dordogiie, un républicain travesti en Priissll et le député d'Estourmel, pâle centre-gauche, i" d'être presque pendu dans son château de la SommC^

Ainsi, les hommes qui avaient fait la Prusse, l( l'avaient lancée sur le Sleswig et l'Autriche, les Pro siens des Tuileries, dont l'ineplo présomption ix perdu la France, se vengeaient sur leurs ennemisp tiques et les affublaient de leurs désastres; et, et admirable, ils furent aidés et encouragés dans t voie sanguinaire par les déitiocrules de carton qui (I valcadaieat à la Chambre, Trop heureux, toutes M

saintes-nitouches, de se débarrasser aussi honnêtement de démagogues importuns I Gambetta fit une scène au complice de Doineau pour le fusillement non immédiat des agents de Bismarck. Il appelait ainsi les héros qui ont donné le signal de la Régénération à l'attaque de la Yiliette.

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