CHARLOTTE CORDAY
L'Amî du peuple est dans un bain... Sur se^ traits foudroyés la vie a inscrit ses angoisses, là Révolution son espoir et ses colères. L'œil illuminé jette encore de fauves lueurs, mais la plume tremble sous des doigts décharnés. Le métal bouillonnant a brisé la frêle enveloppe. Que Charlotte Corday se hâte, si elle ne veut trouver un cadavre.
Depuis le jour où le premier souffle de liberté vient arracher aux écuries du comte d'Artois l'humble médecin, trois années, — trois siècles ont passé. Le serf, échappé au gouffre impur du moyen âge, a contemplé une terre nouvelle éclairée par la raison, et lorsque la lourde pierre veut retomber sur Lazare, la rage du désespoir qui met l'obstacle en pièces, le rauque mugissement des poitrines, plus terrible que la lave ou l'ouragan, toutes les furies des époques révolutionnaires s'incarnent dans Marat.
D'une cave ou d'un grenier, du fond des bougesou des entrailles de la terre, jaillit la voix stridente qui hurle à la place publique ses douleurs et ses enthousiasmes, ses gémissements et ses tendresses, vibre en longs échos dans les replis des faubourgs, et arrache leur masque au privilège et au mensonge... aboi plaintif et prolongé au milieu delà nuit des intrigues, cloche frénétique agitant sans fin ni trêve son glas unique : « Justice ! Révolution ! »
En vain, les sbires de Louis XVI et de Lafayette se coalisent contre la voix sinistre. Décrété, tra-
Lmis A pnx. Mamt pourvoit soa i b et ven^eeur aux Sarns île ses .^tw* La plèbe âTippi? du pied le soL. et 11 tendres a âurgt. padu au U) aoOt par ^^ tncsm, il pâiie 'in septembre et se jette e^ sur ce gnupe de dmquanc lioac sa hidenr i.
oaotrastE, philosophes et bourgeois rêpaUici arid^ d* accaparer au profit de leur cast« les qoiâtjes de la Bi>voiuDOQ.
Ca mameac. le hardi lutteur semble pQ dans la tourment)* : ■ A TAbbave! 1 la bumI crie la Girooiie. Imprudents! ils creasent la b qui les engloutira, ^oà leur ennemi ressort tn ^oré dans la gloire.
Son front hÂTç, cemt de laurier cooiroe k fo des Bnitus et des Scipioos. le tribun des u frances populaires, drap^ dans sa toge sorâl s'avance p»rtê sur tes bras et acdamë par lcs( de cent mille misérables: c'est leur jour, éàt d'un beau soleil d'ayril. La repoussante livi^ travail, pauvre et honteux, jouet des sarcasmes labeur infime, vautour quotidien des poitrines bI mées, tout un monde de déchéances triomphe B l'Ami du peuple. Et l'orgueil des palais, le àéi des richesses, ies faciles succès de L intelligence pâli devant la guenille triomphale de Marat.
Alors un frémissement de joie dut agiter' corps épuisé de privalioQs et de veilles ; et les bl sures du passé, attaques ignobles de la caloomi outrages, injures, mépris, tout s'évanouit i l'immense bonheur.
Amer réveil . La maladie attend le triomphât Cependant la Vendée élève son nuage rougeâtf la trompette des coalisés sonne à la frontièrerj trahison creuse sa sape souterraiae. Marat ne p trouver de repos que dans la mort. Cloué à s
er, le moribond saisit à deux mains son i premiers jours : le poignard seul peut arrachei ilame de ses mains.
< ,,. Marat, avez-vous reçu ma lettre? Je naj nîs le croire, puisqu'on m'a refusé votre porte. .^ [e suis persécutée pour la cause de la lîbertt? ;
Suis malheureuse, il sufSt que je ie sois po
avoir droit à votre protection,
s CUABLOTTE CoBDAY. •
Ecrit-on ainsi à un monstre? Et Charlotte Cory ne s'est-elle pas condamnée par ces paroles? Elle avait trouvé le secret d'approcher l'Ami du euple. A peine introduite... un cri déchirant se il entendre. Il n'y a plus qu'un cadavre et un Bassin. Sur le billot qui sert de table, à côté de baignoire, on trouve un assignat et un billet : Tous donnerez cet assignat â *"', mère de cinq enfants, dont le mari est mort pour la patrie, n Aussi, quel rugissement dans tout Paris répu- ":aiti à cette lugubre nouvelle! La plume, effroi i traîtres, espoir des patriotes, était tombée Burjamais. Le cœur aux élans formidables, qui 't plus haut que les cloches du 10 août, res- Wtmuet et immobile. Le seul homme peut-être "niait été tout entier au peuple, à ses misères, à iontriomphe, qui ait vécu, aimé, souffert par lui, tdont la mort couronnait le long sacrifice, mainfnant froid et glacé, une plaie béante au flanc, ÎBait abandonné aux caprices des insulteurs. Car D sourd murmure d'allégresse répond au deuil 6Paris, Contenue par la peur, l'ivresse royaliste clate après Thermidor et roule jusqu'à nous son Mtaineux.
. Les révolutionnaires, dans le délire de la cons- BUne, assumaient sur leurs têtes l'exécration deJ
\h postérité : • Sauvons la France, et que notre T\nm soit maudit, s Tel fut leur cri sublime.
Notre époque semble prendre à tâche d'accomplir ce souhait stoïque. Allons! poètes, romantiers, historiens, vengeurs des cassettes royales, à l'oeuvre! à la curée! Il faut retourner le poignard dans ces cœurs exécrés, traîner les corps à It'gout comme s'ils sortaient du Panthéon, déchirera belles dents les dévouements et les enthou- KiLismes. Muse de galanteries royales. Piéride de A'cTsailles et de Trianon, voici un sujet digne de ta lyre, chante le crime patricien, glorifie son cortège d'odieuses circonstances, mi^me cet appel aux sentiments du cœur, hommage involontaire arraclié à l'assassin, moyen sur d'arriver au monstre M a rat.
L'élève des jésuites girondins, grandie à l'ombre d'un couvenf, est jeune, belle, le profil un peu dur, la narine et ta lèvre frémissantes; elle trône sur le corps de Marat comme l'aristocratie provoctinte et railleuse sur le cadavre souillé du peuple. Au milieu des nuages d'hymnes et d encens, l'ange d(.' l'assassinat foule du pied les multitudes égorgées.
Qu'y a-t-il en fin de compte dans le coup de têti-' tragique de la petite-fille du grand Corneille t l.a haine à la plèbe.
Enfantillage et gloriole, répulsion instinctive dos femmes, des chiens et des esclaves pour les htiillons du pauvre, délicatesse nerveuse surexcitée par les orgueilleux préjugés du patnciat. tout 11? enté bas et méprisant de son sexe, voilà Char- Intle Corday.
Fouillez les paroles, les lettres, les actes de cette triste héroïne... des phrases, nulle idée, pas de cœur. C'est la vertu oslentatrice et par lier e dont nous entretient Montaigne, la vertu des castes qui
«Soient le vesle des ftiortefs façonnes d'un lîf. inférieur. Toutes ces Phllaminte et ces Armana lïépublicaines, Manon-Jeanne Roland, Charlotte' Corday, Olympe de Gouges, énamourées de stratéges et d'imperators, voyaient Paris à travers le iprisme oligarchique d'Athènes et de Rome; en
Kein dix-huitième siècle, après Molière et RabeiS| Voltaire et Diderot, elles rêvaient Cornélie. Bère des Gracques, les Porcies. les Sempronies, ItiUtes les hautes et fières patriciennes suivies de llfiirlong cortège de clients et d'esclaves. Le peul^e.cerustaud qui n'avait point lu Plutarque, ne voulut pas revenir au rôle par trop rétrospectif ■d'ilote ou d'affranchi. Il n'avait certes pasptis la Bastille pour troquer sa glèbe contre l'aumône. Alors leslèvres roses se crispèrent pour la calomnies mains délicates manièrent le libelle ou le touteau. La Révolution n'était point le salon dont tes dames devaient faire les honneurs.
Leurs chevaliers de la Gironde ont une grave responsabilité devant l'histoire. Ce sont eux qui, JBr leur système de flatteries et d'admiration, en "oublant complètement des esprits déjà faussés, wt perdu ces femmes et se sont perdus eux- "lémes. Nul doute qu'ils n'aient lancé Charlotte Corday sur Marat,
Mais les preuves ? — les lettres de recommanation remises à l'assassin, son triomphant rappwtà Berbaroux, enfin la joie sauvage de tous fts fédéralistes àla nouvelle du meutre. Pouvaient- 'iwcroire, d'ailleurs, qu'une jeune fille seule fît le Voyage de Paris dans de pareilles circonstances, lOur retirer des pièces nécessaires à une amie «migrée! Le point capital, c'est qu'en apprenant « baut fait de leur émissaire, ils n'ont témoigne aucune surprise... Ils attendaient.
Imprudents et irréfléchis comme toujourî assassinat fut le suicide la Gironde; il creusaS elle et la Révolution un abîme, exaspéra Paris jeta dans la rigueur la Montagne, qui avait mon Iré. après le ;J1 mai, une extrême indulgence.
Croyaient- ils donc tuer l'idée en tuant l'Ami di peuple? Marat assassiné fut plus terrible que Ma rat vivant; il devint Hébert, avec moins de déci sion et d'autorité peut-être : mais une toute auti largeur de conception. Effleurée par la Judith bourgeoise, la Révolution ne devait périr que sou la foudre triangulaire de l'Etre suprême.
G. Tri DON.
Il faut l'avouer, ces héros poétiques, ce Girondins, favoris du roman et de l'histoire sont la source de tous les maux de la Ré publique. Qu'on remonte le cours du siècle partout ofi se rencontre un avortement oi une calomnie... vous trouverez la Gironde
La Lettre aux électeurs de la Càte-cTO retrace l'une des situations les plus navraa tes de VArtnée Terrible. Elle doit être lu avec une attention patriotique.
De grandes choses ont été faites pourl défense nationale; néanmoins, si jamat une seconde invasion devait se ruer sur] FraQce, les mêmes hommes, les mêmes c pitulards sont là, la main tendue, prête signer les traités les plus déshonorant pour retenir le pouvoir et pour tuer la R publique.
Cette lettre jette une vive lumière sur la conduite de ces sinistres pharisiens, avant et après la guerre.
Tridon a tenu à mettre en relief Jes traits de Garnier Pages et Jules Simon, deux des Girondins de 1869; il a traité leurs portraits avec tous les soins que Boileau donnait à celui de Chapelain.
Nous croyons devoir donner une analyse plus développée de ces deux morceaux, publiés aujourd'hui pour la première fois.
Ici, surtout, l'auteur se montre de la race des grands polémistes. On ne lit pas deux Jpages de ces œuvres de critique sans penser aux Provinciales.
Il fait songer à Pascal, au Pascal qui n'a pas vu l'abîme. Le contact de la science a donné à son esprit force, équilibre, clarté ; dans l'ardeur de la lutte, l'enthousiasme a mis le charbon sur ses lèvres et la vaillance dans son cœur. Son œuvre est bien autrement humaine que l'œuvre du champion "de Port-Royal et des jansénistes ; c'est le cri des multitudes qui demandent leur portion de pain etleuri)art de lumière; il ne témoigne pas pour la sainte Epine, mais '■pour la raison, pour la vérité scientifique, palpable et démontrable ; enfin, il ne prétend pas régler quand et comment il faut
jeûner, mais quand et comment l'humanité ne jeûnera plus du tout.
Du reste, comme Pascal, il tient son personnage de comédie, et il le tient bfen !
Voici d'aiîord « le bon père » :
M. Jules Simon , en des temps de réaction , voulut être philosophe et amener la philosophie à repentance. Il renia Voltaire et Rousseau, prit le ton papelard et composa des homélies, «Le bon père» s'attribua pour mission de réconcilier la raison et la foi.
Or, le même intérêt qui avait inspiré Jules Simon, poussait autour de sa chaire une foule béate et moutonnière. Mais les fils de Voltaire veillaient, et le jour où Jules Simon découvrit, dans l'incompréhensibilité de l'Être divin, la meilleure preuve de son existence, Tridon fit justice des grands mots, tout simplement en reproduisant la table des matières du livre Le Devoir, le livre même où figurait le fameux argument. Or, il se trouve que cette table, par le vague, par l'étrange parfum de sacristie, par des mots « longs d'une toise », est la digne enseigne d'une œuvre qui trahit le bon sens et la raison.
Prendre à Mangin son boniment pour en faire un acte d'accusation contre luimême, c'était de bonne guerre !
* Le bon père » qui a des preuves si
convaincantes de la Divinité ^ doit haïr les matérialistes. « Mais heureusement, ils commencent à disparaître ». Tridon réplique avec l'enthousiasme d'un confesseur : « J'en jure par FEternelle Force et l'Eternelle Matière, les progrès d'Escobar et de Loyola sont arrêtés à jamais! »
On sent ici la flamme passer dans l'air et surtout, on entend derrière celui qui parle les pas pressés des générations qui arrivent.
« Le bon père > cherche à faire valoir sa morale, ce qu'il appelle naïvement « le calcul de la justice », montraat au chrétien la récompense « immense » qui l'attend audelà de la tombe.
Tridon s'indigne contre celui qui a osé « faire du devoir un caprice divin et réduire la morale à une ghilde sacrée ». S'adressant à nos consciences, il glorifie « le sacrifice du sage à l'humanité », et évoque « la Vierge qui sourit à Cassius aux ides de mars et aux champs de Philippes ».
Ainsi éclate à tout instant chez l'écrivain, un pouvoir de résurrection historique peu commun. A Thorizon de sa pensée apparaissent les théories des héros et les bandes d'hommes de proie. Son argument emprunte la vie aux gestes de l'histoire, et son style, à certaines pages, flamboie comme une belle étoffe de pourpre, ou éclate en un
feu d'artifice dont chaque étincelle est un nom illustre. Le tableau de l'apparition de l'Intolérance apportée dans le monde par le Christianisme, ce tableau est merveilleux :
toute l'énergie du pamphlétaire y est concentrée.
C'est précisément cette faculté de traduire une doctrine par une action dont le résultat est clairement appréciable, qui rend odieuse à Tridon la rhétorique de Jules Simon. Il y a évidemment incompatibilité non seulement entre les doctrines, mais entre les tempéraments.
Voulez-vous lire avec Tridon le livre de L* Ouvrière? « Le bon père » vous peint avec éloquence les peines des misérables: il nous mène au fond de tous les enfers et ne nous fait grâce ni d'une torture, ni d'un hurlement.... Et le remède? demandonsnous à chaque pas.
— De remède , il n'y en a point, car toute intervention de l'Etat serait une violation de la liberté économique. « Le bon père »
fait appel à lapât ience de ceux qui souffrent, leur promettant le bonheur dans l'autre vie!
Encore une fois, Tridon constate. Il a copié la table des matières du Devoir ; il transcrit la conclusion de L Ouvrière.
La comédie se confond avec le drame. Ce marchand de paroles qui, après nous avoir
tant fait pleurer en nous guidant à travers les géhennes du prolétariat, nous quitte en faisant une élégante pirouette ; cet orateur qui se montre dégagé de la pitié, de la tendresse, des remords dont il a empli nos âmes et qui se contente d'invoquer le dogme de la liberté économique, où Ta-t-on vu clouer au pilori d'une main si ferme, où l'at-on entendu anathématiser avec un geste aussi terrible? dans quelle scène, dans quel tableau de mœurs contemporaines ?
Il est un personnage plus moderne, plus inquiétant que « le bon père », et que Tridon a exécuté avec l'audace superbe que donne une conscience sans tache. Je veux parler de la dernière incarnation de Tartuffe : il se mêle aux révolutionnaires, empruntant leur costume, leur phraséologie, leur drapeau, et les serre dans ses bras pour mieux les étouffer.
« Peuple aveugle, connaîtras-tu enfin tes amis et tes ennemis ? » C'est l'épigraphe de la brillante satire dont Garnier-Pagès a fourni le type et la solide documentation.
« Parmi les honorables au teint et à la « réputation fleuris, à la conscience large « et bonne fille, ignorante des velléités in- « congrues et des vilains scrupules des sec- « taires, » distinguons le patriarche aux
longs cheveux, au front découvert, au regan égaré, à l'expression de physionomie exaltée ; signe distinctif : toute son attitude dé cèle le contentement de soi. Ne vous inquiétez de rien ; j'ai tout prévu, tout est là — e^ il marque le front du doigt. C'est « un Prud'homme qui triomphe de ses fautes et pousse des cris de joie en présence de s ruines. »
On comprend que pour raconter l'odyssée d'un tel homme , Tridon invoque la muse des acrobates, Garnier-Pagès commence et finit sa carrière aux multiples évolutions, en répétant : Union, Concorde!
La Muse y adapte ses couplets, dont le refrain tour à tour roucoule, gémit, vocifère, rugit, sanglote : Union, Concorde!
Pages, débute en 1847 par « le radica- « lisme royaliste, dynastique et constitu- « tionnel. » On n'invente pas ceschoses-là, et tout l'homme est dans cette enseigne.
En février, la fameuse devise se traduit par régence ou république.
Garnier-Pagès, maire de Paris, en union avec les réactionnaires, si on ne l'en avait empùché , jetait a la fosse commune les martyrs des barricades.
Tartuffe, démocrate d'ailleurs, est l'allW des légitimistes et des prêtres. Il donne « If saint baptême » à la réaction. C'est lui qaï
Mt dans l'Evangile la source d'où a jailli le | icialîsme.
« Ce livre antisocial et antihumanilire ! » s'écrie l'auteur du Molockisme juif. Les trappistes, ces fous tortureurs de leur mes seraient les ancêtres des communises, comme si régalité des cadavres et des ' iscètes en l'ace d'une entité suprême, était asplendeur de la libre cité, et un moyen âge héocratique, la Jérusalem de nos rêves! »
Le chef-d'œuvre dont se targue Garnierhgks, qui a été le financier du gouverne- Dent de 1848, c'est l'impôt des 45 centimes, i s'en vante encore sous l'empire quand il Bllicite les voix des républicains. Sa lettre, ttompagnée des notes du pamphlétaire, st un dialogue comique et tragique, où larnier-Pagès apparaît, saisi sur le vif et inglé à chaque mot par la réplique incisive « son adversaire.
Garnier-Pagès pontifiant : « Le pouvoir mpose une autre altitude et une conduite Mtre que l'opposition. »
Et Tridon : « Ainsi l'opposition , les irases, les gestes sont l'escalade du pouoir. Grimpé au sommet, il faut remettre !s principes dans l'étui jusqu'à la dégrin- Dlade. .
Quand l'historien a percé à jour la duplité des chefs, il nous fait comprendre \
journées de Juin où la République gUss dans le sang.
C'est. Pages qui hurle à la tribune : < faut en finir!» Et c'est dans l'autobiograph de Pages que Tridon cueille cet effroyab aveu : « Ce million d'hommes sans travaî on pouvait le jeter sur l'Europe pour ui guerre de propagande ; on a préféré la guer civile et dégorgement sur place ! »
Tridon termine la sanglante épopée i pulaire en sonnant le glas: Union! cô corde! hurlera la mort, ce soir.
A Jules Simon, à Garnier-Pagès, à i rhéteurs qui ensevelissent sous les phras tout sentiment de responsabilité, à cetap tre et à ce patriarche, complices ou instig teurs de tous les crimes publics, Tridi oppose, avec le bon sens gaulois qut pénét et dissout l'éloquence d'école, une inébra lable foi dans la justice et surtout une loj que d'esprit , de volonté qui rappelle 1 révolutionnaires de la grande époque, s'est jeté en avant du rang de bataille, • héros impatient, comme s'il avait senti <; Ifi temps lui était mesuré et qu'il n'avait ij peu d'heures à lui pour payer sa dette.
gi.V|-> .>f ;. riiiimanité.