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fin. Ils avaient pour eux presque toute la Convenlion, celle asscnibk''e bourgeoise. Aussi, lorsque Hérault df Séchclles se leva pour forecr la consigne d'Hanrioi, seuls Marat et les Maratistes restent sur leurs bancs, muets et immobiles comme des statues de bronze.
Trente-deux di'puti^'s, parmi lesquels ne Tigurcpa' Condorcet, furent mis en arrestation ehe;s eux, sous la sauvegarde du peuple, avec un gendarme pour loiiU' geôle.
Isnai'd et Faucbet s'étaient volontairement suspendus de leurs fondions. Ils ne furent même pas arrt'léj. On leur défendit de quitter Paris.
Ducos, Uussaulx et Lanthenas avaient été exceptes sur la motion de Marat et de Couttion ; Saint-Martin p[ Fonfrèdo, sur celle de Legendre. Des otages furent même offerts aux départements dont on suspendait b députés.
La Gironde ('■tait vaincue sur toute la ligne. Débusquée de sa tribune, elle subissait encore la défaiti' morale. Paris, < ce repaire » dont ils voulaient faire un champ de Ninive, se montrait magnanime envers ses ennemis abattus. Ils n'eurent de repos qu'après l'aw contraint à la rigueur.
Dès lors les Girondins n'ont qu'un but : la guerre civile ! dût la patrie, dussent eux-mêmes y périr. Leur premier soin est d'exploiter l'imprudente magnanimii^ du vainqueur, le simulacre de surveillance dont il' sont l'objet. Buzot, Gorsas et Barbaroux soulèvent Ir Calvados; Meiltian et Duchâtel, qui n'avaient mènii' pas été décrétés, la Bretagne. Ch^set court à Lyon. Rabaud à Nimes, Brissot à Moulins. Puis c'est tour n tour Pétion, Lanjuinais, Kcrvélégan, Biroteau qui échappent à leur gendarme.
L'ennemi est à douze journées de Paris, d'Elbéf à Saumur, Charrier dans la Lozère. Qu'importe! les soidisant apôtres de la République donnent la main avix
Précy, aux Wimpren, aux Puisaye, aux Tn^off, i j'amiral Hood, Plutôt les Anglais et les chouans que le peuple et l'égalité !
Il faut l'avouer, ces héros poétiques, ces Girondins favoris du roman et de l'histoire, sont la source do tous les maux de la République. Qu'on remonte le cours du sit'cle : partout où se rencontre un avortenient ou une calomnie... vous trouverez la Gironde.
Les premiers ils dressent l'échafaud contre les républicains et donnent l'exemple sinistre. Qui donc guillotine Chàlier, emprisonne Prieur et Lindet, martyrise à mort les représentants Beauvais et Pierre Bayle, traque, pille, persécute, couvre la Franc* de cadavres î
Ce qu'eût été leur triomphe, la réaction thermidorienne l'a montré. Leur désastre ne fut pas moins fatal il nous valut Robespierre.
Affeclant de joindre son nom k celui de la Hépuhlique dans leurs pitoyables apostrophes, ces ennemis maladroits ontappris au peuple à les confondre, et frayé le chemin à la dictature spiritualiste.
Non seulement ils ont fait, mais encore armé Robespierre. Car tout, dans la Gironde, même les plus spécieuses velléités, devait tourner contre la Révolution. L'athénsme aristocratique et tout individuel do quelques membres de cette faction devient l'arme eufielléc des purs contre l'athéisme humanitaire de la Commune.
11 y a les athées à la Vendôme et les athées à la Chaumette. Permis à Tartuffe de les confondre, non à d'autres ; car, en vérité, le piège est trop grossier. Le moindre coup d'œil dépouille la Gironde de tout prin- <îipe. Fouillez leur turbulence, leurs paperasses, leur verbiage : ils n'ont qu'un dogme, un instinct plulôt, ta haine du peuple et de Paris, la peur de la révolulion égalitaire. Pour le reste, ils se divisent fort et ne s'en inquiètent guère. Il y parut bien dans la question du
pBvomt'nt drs prijlii's, oii le (.'iroiniiu Dupont défi Uieu, (^toniia la Montagne, foudroya DaDton <?t Roltes pierre. Ce violt-nt alhéc d'cii coudoyait pas moins W Jansi''nis[e Lanjuiiiais, l'npolrc Habaiid ; e( los ni}'! tiques élévations <!(> Vt-rgniau"! se mariaient aux si casinos de Guad(.!t sur la Providence robespierrisu l)!;nai'd, le fougueux Isnard, cet Ezéchiel des mim parisiennes, mort ultra-catholique sous l'empire, (! altx^o on 93 ; double profit pour Robespierre.
Ce pontife spiritualiste devient l'ext'cuteur le nientaire des Girondins. Le 31 itiai ne l'a pas pluli diMiarrassé de leur compélilioii, qu'il prend en nui leur vengeance et accomplit le programme de Vaiai et de Roland.
Son comité de salut public, livdre à douze léia mène à bien l'œuvre des Dou/^. Il étreint enfin la vie lime échappée, Ht^bert ; met Paebc au rebut, tue CtuD motte, bride Paris, immole, aux applaudissements <Ii rois et des ai-istocrates, tous les auteurs de la défait girondine, rétablit l'ordre et la religion (i). GerraiW venge mai, et sans mysttVre.
Robespierre sauva les restes do la Gironde, coavf les soixante-treize do sa royale protection. En[à quand en germinal Hanriot eut la lâcheté de livrerai amis de l'Hôtci de Ville et d'arrêter Hébert, Sainl-Jtl
(1) Le baron de Stacl, ambassadeur de Suède, dans dépêche citée par Soiilavie {Mémoii^t hittorlque* et tique» du règne de Louii XVI}, subordonne à deux ci lions tout pourparler des puissances neutres avtclei mité de salut public : • Rétablir Tordre et la dignité! Convention et aux Jacobins, effacer le mauvais effet p" dult en Europe par la îête de la Raison. ' un l'effaçi, effefi, avec le sang des rôpublicams, offurt comme gt d'alliance aux monarques européens. La téta de ClMtli le gage le plus apprécié. Tous ces vieux despotes ae. connaissaient dans Robespierre: «Robespierre éUill gouvernement ■, a dit l'un d'eux.
venaitdclui mettre sous la got^e un argumnil nd Aominem, sa mise hors la loi du 31 mai. Lo réiiiiisitoire de Fouquier-Tinviilc contre le Père DucIimuc roule tout entier snr ses articles dirigés, avant le 31 mai, contre l'assemblée girondine. Hobespierre élail tellement devenu un Girondin que, dans la joariiéc décisive de thermidor, abandonn(! de la Aliiiliipne, rtouffé par le président, il se tourna vers li' et eut le cynique courage de dire à ce ramas ilc |)oltrons: i Hommes purs, c'est à vous que je m'adresse " En veut-on davantage ?
Un homme prévoyait ce dcnoùment funesic, eût voulu le prévenir. Le poignard de Corday arraelii' des mains de Marat le numéro prophétique où il drnonvait les menées liberticides du comité (1).
Grâce à Robespierre, et en dépit de quelques blessures fructueusement exploitées, la Gironde a liiomphé. Les morts ne crient pas si fort et les partis vaincus n'ont pas do martyrs. Jusqu'à Constantin croix n'était qu'un gibet,
Echappés pour la plupart au désastre, et revenus sur l'eau après Thermidor, les Girondins ont écrit l'histoire; elle n'existe encore que sur leurs notes et
(!) Publieiste de la République, n° 223 ; ■ Le comiti^ lut public est mal composé : il renferme plusieurs bros sans vues et sans énergie... ■
N* 23J : « Ce n'est pas à Eouchotte qu'il faut s'er iJre des mauvaises nominations, mais à quelques gants du comité do salut public, que je démasiiuova
N'iii2, Ce dernier, conservé tat: hé de sang dans lection Maurin, achetée par la Bibliothèque avec i'ir collection Labédoyère : - Que penser du comité de salut publie ou plutôt de ses meneurs, car la plupart de ses membres sont insouciants î... Us sont très coupables sans doute de s'être chargés d'une tâche qu'ils ne veulent pas emplir, mais les meneurs sont très criminels de
ai indignement leurs fonctions. •
leurs (iires. Maral. la Ck)mmune, ifs Cordeliors, le lii^tiertisl(-s, flamme et espoir de la Ri^nolution, nou apparaissi'nt sous les couirurs girondines. Depuis ' ijiiarls rlp sii'-clo, l'esprit de llrissot, viclorteui, CgM les géni'Talioiis.
' Mais ils eurent du talent, de la verve, des ', objecte Icdilellantisme moderne. — BépoM do fille ^^pii»^ du clinquant. Le laleiit no tient lieul d'enthousiasme, ni de probitiS ni de bonne foi. SiD ces vertus, aussi nécessaires bu moins que les liberté de M. Tliiers, lu talent, loin d'cire une excuse ou un atténuation, est un complice.
Un mot peint celte coterie : les implacables. I ignorent la vertu qui est aussi la faiblesse des focU la gt^nérosité. Leur sensibilité d'apparat est une ficdûll
Co serait une singulière page que le rùle de ta son sibilité en histoire.
Sensibles, les vestales penchées sur le marbre d arènes ; les tendres reines et galants mignons qui, Il lendemain des Saint-Barthélémy, vont boutfonner sU les cadavres ; les Si^vigné pâmées aux vapeurs de Icut nilca et, pour les distraire, s'égayantsur les « pendus do Bretagne ou les « prudes » des Cévcnnes.
Sensibles, les dolents inquisiteurs qui, par pill pour le Christ en croix et la Vierge éploréo. déchiqu lent consciencieusement l'hérétique et aspirent l'W fumée des bilchers. Sensibles, les Holwspierre poudi qui jettent l'athée à la guillotine de l'Etre des ètr», t muscadins qui tuent entre deux parties de billard fouettent les femmes; les journalistes qui transj sans jugement, sous prétexta d'arracher l'insurgé balles bourgeoises ; tout ce monde de catins musqi et d'assassins gantés, en rut de détiauche ou de qui jouent de la prunelle et du stylet à toutes ruelles de l'histoire.
La Gironde était de cotic race. Elle lui ouvrit
bal des victimes, dont la France fut le trop réel théâtre, sa Terreur immaculée et de bon ton, plaquée et fardée comme une maîtresse, la terreur blanche et sans tache, soigneusement ignorée des historiens. Pendant deux ans la France, masquée en République, subit la Saint- Barthélémy des honnêtes gens. Pendant deux ans, la chasse aux Républicains, avec intermèdes de valses, de chants et de raouts, avec péripéties et émotions palpitantes, passionna l'élite des boudoirs. Les parties de plaisir furent des guet-apens ; on avait pour spectacles, des femmes fouettées à mort, égorgées, des hommes brûlés vifs, déchirés, noyés, crucifiés, tous les raffinements de l'art le plus exquis. L'assassin devint à la mode, et nul ne dut se présenter chez sa belle sans montrer du sang patriote sur ses mains.
Veut-on des faits et des dates ? Nous les puisons brièvement dans la riche nomenclature de 95.
24 avriL Assassinats et noyades en plein jour, à Lyon.
S mai. Les prisons forcées à Roanne, massacre de 86 prisonniers, incendie. Une mère se précipite dans les flammes avec son enfant.
22 floréal, à Aix. 29 prisonniers abattus, un enfant arraché du ventre de sa mère et coupé avec elle en morceaux.
Le lendemain, 44 meurtres à Saint-Etienne, 40 prisonniers conduits sur la place du Treuil, fusillés, l'un d'eux mis en croix. Une femme est fouettée jusqu'au sang, pour avoir pleuré son père.
28 mai (6 prairial), à Tarascon, 24 prisonniers sont précipités un à un sur des rochers, d'une tour de deux cents pieds, devant un parterre de prêtres, de dévotes, d'émigrés, la fleur du pays.
La palme appartient à trois coryphées de la Gironde : Gadroy, Chambon et Isnard, Isnard, l'homme du 27 mai. Non contents de fusiller des parlementaires et de sabrer les ouvriers toulonnais sans défense, ces
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trdtres appellent les royalistes à la curée, lancent Ik Compagnies du Soleil sur les i^isoDs du fort Sainl-Jean.
Horrible hécatombe qui dure deux jours. Deui l'cats prisonniers égorgés, asphyxiés, mitraillés. On vil Icf soi-disant représentants du peuple trinquer ave« les tueurs, les exciter à l'ouvrage, dégoûter même les |>rinces d'Orléans. Ils étaient alors enfermés au fork Saint-Jean, d'où ils assistèrent, honorés et respectés, à icile scène de carnage. Leurs mémoires, peu suspecu, rloueut au pilori les trois envoyés de la Convention, Miirite sans pair de la Gironde I Sa rage antirépublicaine a fait horreur même aux royalistes.
Et nous ne relevons que des faits patents, avérés, publics. Impossible de suivre dans tous ses replis cette \(-ndctta royaliste qui étendait sur la France entière, jusqu'au village enfoui, Jusqu'à la ferme isolée, son flot sinistre, et frappait à coups redoublés depuis la Brelagne jusqu'à la Durance. Chaque matin on trouva du sang patriote dans les rues, et les fleuves roulaient des cadavres que dévoraient des chiens. L'impunilé, une connivence plus criminelle que le crime, couvraient tout d'un voile complaisant. Car, au milieu de ces horleurs, ni enquête, ni recours, ni appui, ni juges. L» prisons, on l'a vu, ne protégeaient pas les prisonniers, entassés sous le nom de terroristes par la r^ctioo thermidorienne. La plainte était fatale, et si parfois un ràlc arrivait à la Convention, un Girondin se levait pour réclamer des peines contre les victimes. Les exploits
des Compagnies n'étaient, dans le langage des gouvernants, que ■ justes représailles noble indignation,
1 impatience provoquée par les lenteurs de la Conven- " tion. » — a Braves amis, criait Isnard à ses verdets, « du haut des balcons d'Aix, vous manquez d'armes. " fouillez dans cette terre qui ensevelit les victimes ie " la Terreur ; armez-vous des ossements de vos p^res, " et marchons contre leurs bourreaux. ■
Chaque meurtre criait vengeance contre les Iriers, surexcitait la frénésie de ce que Marie-Joseph Chénier appela courageusement ■ la dictature des bssassias. >
Houssard estime à trente mille le nombre des pètes de famille dévorés dans la seule Provence. Eteocliiffro ne parait pas exagéré aux royalistes; Nougaret l'accepte (1).
Et ce n'était pas, de la part de la Gironde, enirainoment de passions aveugles, mais belle et bonne traliison, concertée avec les royalistes. Les parangons de la vertu girondine, ces courageux faiseurs de protestations contre les atsassins de septembre et les dexpotes du 2 juin, aiguisaient les poignards des GhuunVurs, correspondaient avec Louis XVIIl et préparaient la journée de Vendémiaire. L'ordre existe encore, sous la signature de Cliambon : ■ Distribuer six cents sabres à la ' Compagnie du Soleil. > Ils ne dissimulaioni même plus leur antique alliance avec le royalisme. Durand- Haillane, représentant en mission dans le Var, ouviit la France à cent vingt-buit émigrés, comme fugitifs du 3i mai, et parmi eux à BaralUer, Mauvie, l'auon, Barrât, Macadré, de More, Vidal, Doudon, signataires de l'acte d'un emprunt d'un million de piastn-s fortes, fait « au nom de Louis XVIL sous la garantie du Leurs < Excellences les amiraux Hood et Langara, emprunt
• hypothéqué sur le port, les magasins, les arsenaux
• de Toulon et toute l'escadre française. » C'était le
(1) pour embrasser ce lamentable tableau, consulter: Charles Nodier, Souoenira de la RéBolution, du Consulat et de l'Empire; Fréron, Mémoire hittoriqae tur let ma. du Midi; le duc de Montpensier, Mémoire»; NouKuret, Hiêtoire abrégée de la Réoolution, livre XXIV; le Moniteur de l'an m et de l'an it, et l'eicellent chapitre de M. Louis Blanc, avec qui je suis trop heureui, pour cette fois, de a rencontrer : la Terreur blanche, Histoire de la Rh'olutitome xus
— lae —
moment où Ir- ^'('nt-rBl Dumbc-rt, héros de Ira drrnes, HP montrait ilovani ses soMats indignés^ foriiK* de clioiian. oi'i Hoche accomplissait sa trislc^ l'iriration dr Vi'iidi'-c par rcnlentr avt-c les prM ii*rriii'laircs(I)i-t l'amnislir de irois ans de crimes. n'amiiistiail pas lesrî-puhlicains.
■ Les (liroiidins uuruir'nt peu guillotiné >, avaitd (iaral â Hobcspicrre, dans l'hypolbise du triomplw li (léralistp. 1 Pou cl Iwn -, réiwndit Ilobcspicrrc, qui \i connaissait bien.
On put les jiigor à l'œuvre, après leur rentra) trloB phato dans le si'in de la Convention. Paris saigD désarmi? et politiquement ani'anti, la Montagne jeti^! bourreau ou à Sianamari, Lel»on et Carrier juridiqu nient assassinés, les patriotes proscrits < livri'-s en pâture aux Compagnies de Jéhu, la Il<^ hlique brocantée à Louis \VI11, qui en Vendémiiil voulut brusquer le marché, voilà le bilan de l'asi blée girondine.
Qu'elle se décerne des couronnes et empoclie encol de nos jours, elle l'a certes bien mt'rité. Peu dcli^ft latures, saut sa fille et imitatrice, la Constituante del ont fait plus de mal à leur pays que cette ConTenâ tant vantée. A sa làclietiS à son hypocrisie so n portent la ruine de la République et toutes nos D
(1) Instruction de Hoche aux ofUclers ^ëaéraui: • A'
• un peu d'adresse, vous parviendrez bientôt, par lecsiu
• des prâtrea, à vous faire obéir de tous... Engages so
• raain quelques officiers et soldats à assister à leurs "*" « monies religieuses, messes, etc. Faites attention "
• qu'elles ne soient pas troutilËes. La patrie attend
■ le plus entier dévouement. Tous les moyens de ta serti
• sont donc bons, lorsqu'ils s'accordent avec les lois, l'i'
• n«w et la dignité républicaine. ■
Au général Lebley : * Que la religion ne t'arrête
■ Fais dire la messe et assiates-y, s'il est nécessaire, elt.
■ Suvary, llittoirs dot guerres de la Vendée, tomu IV, p.^W
sères. Sans cesse dominée par la peur, elle sic fut jamais laissée à elle-même sans manifester awssitol sa haine originelle contre la Révolution prolétaiiv. Ses grandes mesures: le jugement de Louis XVI, la [iM'een masse, la Raison, l'organisation révolutionnairi-, la pmclamation du salut public comme suprême loi, lu toiistitulionde93, tout cet ensemble qui constitue à nos veux ses titres d'honneur, a fait son désespoir et sa protislalion perpétuelle. Elle les a reniés comme des cxlorsioiis de la violence parisienne. Epargnons-lui donc la douienr de nos éloges républicains ; ils la feraient rontîir de dépit. Ce qu'elle revendique, ce qui lui apparlitnt en propre, c'est sa crainte du peuple et des idées nouvelles, son esprit étroit et boui^oois, et, en pivmii'Te ligne, une docilité peut-être sans exemple à rciiicr le vaincu et trépigner sur l'homme qu'elle oncensnil naguère. Les outrages, la calomnie, désignaient enirr lous l'ami ou le flatteur de la veille. On n'a guère poussé plus loin dans les assemblées la puissance du renie et de la lâcheté (1).
Débarrassée de la Commune par Robespierre, cl Robespierre par Paris, celle horde de braves se \en},'i après Thermidor, de ses décrets et de ses actes n'piib cains. Guidée dans cette besogne par ses fils chéris, les revenants de la Gironde, elle mit à leur service, contre la République, l'énerçie et la fureur qu'elle venait de déployer contre eux-mêmes.
(1) Un simple cjup d'œil sur la composition do cuttfl assemblée nous édiflera mieui que tontes les iilirnsua. Elle comptait à pen près cent membres à la Gironde et cent à la Montagne. Le reste, ntajorité imposante, cinq cents députés, votait avec le plus fort, avec les Girondins contre Marat et Hébert; puis avtc la Montagne et Marat contre la Gironde; avec Robespierre contre ses ennemis, hébertisteset dantonistes; avec les thermidoriens contre le même Robespierre, contre la Montagne, contre Paria, etc. Une pareille assemblée est iasée.
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Ipn'sqi»' ions à la curi^. C nomliiv avait jM^ri. A la \uc i\v ta France (1^'chîréc^ roynlisU's rcinis en wlle. quclquos-uns, comme iT iMH'flii, fiV-lairnt doDni- la mort. Yiogt ei iDtnlH-s sur la plncr de la HévolutioD, victimes p encore do leur parli que do l'indignation publique. Ç JHgieinenl fie& OirondinN appartient à l'iilsloire. L sons ce triste proc<«, di^routo pleurarde ol cLλ où cliacun chargeait ses compagnons ol tentait de soj vivre aux dt'jtens de son honneur. Récrlminatioa vaines, reproches n'ciproques. efforts désespérés i suppliants, le corlv^c du reniement accompagna leu agonie et t^ouffa. même dans le cœur le mieux d' posé, tout reste de pitié. Ils n'avaient pas su vivre, ne surent pas mieux mourir.
Une pareille finale eût tué vingt partis honii( lillle porta la Gironde à l'empyrée. Ce devînt texte é prétexte à représailles. Tout ce qui survivait s'empi des cadavres, les lava de ses larmes. les embaum ses phrases, les étendit sur le lit do parade où ils s'of'4 frenl encore à nos adorations.
Sanglante exhibition, plus funeste à la Républiquol que lo manteau de César, et dont il faudrait ccsserj d'ètrt! dupe 1 Que les patriotes gardent leur chapeaul devant ces reliques mensongt'rcs, dont les saints, fauxj martyrs, ont été Ips ennemis acharaés de la Révolution^r La liberté, encore languissante de leurs coups, a d'au*1 trcB deuils è porter. Elle n'aura pas toujours des larmes! pour SCS adversaires, des outrages pour ses défenseurs. I Loin d'être une date néTaste dont on doit faire soiil mea culpa, la ehulo de la Gironde est une victoire; etl cette soi-disant illégalité, plourée des procureurs, marque lo point culminant de la Révolution prolétaire. Elle signifie : déroute du parlementarisme et de l'in- 1 trigue, avènement du peuple.
Gloire à ces trois journées, couronne du 14 juillet 1
^ du 10 août, éclatantes et utiles entre toutes, sans
Quelles s'évanouissaient les fruits de trois années !
*^ ne fut malheureusement qu'une courte aurore.
^1 et 48 nous ont édifié sur le triomphe des élites
^ui^eoiscs, bientôt couronné par le triomphe d'un
tal. Evitons ces écueils, sous peine de nouveaux
lésas très.