‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: augmentées de l'essai sur la vie de BarthélémyChapitre 26 sur 53 · TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TROISIÈME OBSERVATION

Les cœurs dosent s'unir par Tamoqr de la vertu et pal* la CQiiformité 4^ caractères : ces deux Çod-^ ditions ne doivent jamais êtrç séparées. Deui^^omt mes vertueux, mais dHm caractère opposé, auront l'un pour Fautre le sentiment de restîme; ils n*auront jamais celui de l'amitié. Deux caractères assortis ne formeront entre eux que des chaînes fragiles ou malheureuses ^ si la vertu n'eq resçerrç les nœuds*

Telles sont à peu près les observations générales qui peuvent nous diriger dans' le choix de nos amis* Il en est une encore que j'étais sur le point d'omettre, tftnt elle est honteuse pour l'humanité: c'est de ne pas se flatter de pouvoir s'unir fort étroitement ârrec des hommes qui ont avec nous les mêmes intérêts d'ambition, de gloire et de for^ tune. Il faudrait des efforts continuels pour que des liaisons , toujours exposées aux dangers de l'intrigue et de la jalousie, pussent subsister longtemps ; et nous ne devoiis pas avoir as^ez boqne

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opinion de nos vertus , pour croire qu'elles ne s'affaiblissent pas même en triomphant.

Dès que l'amitié suppose la connaissance du cœur humain, il est aisé de voir qu'on ne peut faire choix d'un véritable aiaqi qu'après des années d'épreuves et de réflexiôjis^ €t qu'on doit surtout se défier de ces empiifbS9eiiûieOt$* outrés, de ces pro« testations exagérées qui tireftt bien souvent leur source d'une fausseté qui déchire les âtnes vraies. La vertu n'est pas si ardente à ^efroduire. Quoique timide et modeste,^, elle coï3p|fe un air de dig^té qui l'empêche éçr^'^î^Fodigueret de. faire des aY Aices qu'elle poul|)l^)B6savoujef ;Anîâ la suite.

Défiez-vous aussi de ces traits d'amitié, qui s'échappent quelquefois d'un cœur indigne d'éprouver ce sentiment. Si l'on n'y jîrend garde , la nature oïfre aux yeux un certain dérangement extérieur, tiïie suite d'inconséquences apparentes, dont elle tire le plus grand avantage. Vous verrez briller des lueurs d'équité dans une âme vendue à l'injustice; de sagesse, dans un esprit où règne communément le délire; d'humanité, dans un caractère dur et féroce. Ces parcelles de vertu, détachées de leurs principes et semées adroitement à travers les vices, réclament sans cesse contre eux, et ré* tablissent l'ordre qu'ils voudraient anéantir. Il faut dans l'amitié, non une ferveur passagère, pu d'im»-* gination, mais une chaleur continue et de raison. Quand elle* a eu le temps de s^insinuer dans lès cœurs , quand les épreuves «'ont servi qu'à la rendre plus agissante, c'est alorsque le dhoix est

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