POÉSIE
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AVERTISSEMENT
DE L'EDITEUR
1 otJT homme qui a beaucoup d'kMginatioQ et ^e seosibiiilé est certainement poëte. Quand on à lu les ouvraM^ Barthélémy» il serait bien difficile de lui r«£i%sr cta^qiilK. quahtés précieuses, sans lesquelles on ne fièdk être qu'un irdkA et iiis»<pide écrivain. Mais il ne s'en sei^f ît que pour orner la sdenooi. et répandre de l'agrément et d^Cp^rét sur les matières qui at paraissaient le moins susceptiblfkOn ne se serait pas attendu qu'il eût fait des vers; il s'était pourtant amusé quelquefois à composer des énigmes, des logognpbes et autres pièces légèras qui <m% été insérées dans le AUrcunf, Ses amis sa.tnppeHilt qn^ dans tontes il y avait de l'esprit et de U grâce, sans néanmoins s'en souvenir assez pour les désigner, parmi le grand nombre qu'en renferme ce journal. Ire petil poëme que nous pubhonq aurait eu indubitablement le même sort, si l'amie respectable qui Jl'a donn| lieu n'eût pas voulu le cansei*ver.
Le genre béroïco*burlesque est fort ancien, puisqu'on attrî^ bur^ à Homère la Batrachomjromackie ou Combat des rats et des grenouilles. Ce grand poëte a pu sans doute se délasser par ce badinage. S'il n'est pas de lui, il appartient du moins au cinquième siècle avant l'ère vulgaire. Depuis cette époque plusieurs poètes se sont exercés dans ce genre. Il a , comme presque tous les autres, un but moral, quoique peut-être moins sensible. Ce but est de déconcerter la vanité, d'humilier l'orgueil et de montrer le néant de toutes choses , en assimilant les plus petites aux plus grandes , les moins dignes de nos regards à celles
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«fui les fixent davantage , et en donnant aux unes et aux autret une égale importance par la manière de les exprimer. La leçon naît du contraste, mais, pour qu'elle soit frappante et quelle plaise, il faut de la verve et de l'originalité. On jugera combien Barthélémy en a mis dans sa Chanteloupée ou Guerre des puces; auparavant il est nécessaire de l'entendre lui-même appréciant cet opuscule.
« Un bel esprit, dit-il, dans une note préliminaire, trouverait « sans doute que cette plaisanterie , faite à la campagne il y a « près de trente ans , ne devait pas être conservée. Je le sais «aussi bien que lui , mais je sais encore qu'il n'est point de sa- « crifice d'amour-propre que je ne dusse à la personne que j'a- « vais tâché d'amuser par. ces mauvais vers, et qui témoigna le « désir de Iqifgarder. »
On pardiilNie sans peine des négligences et des incorrections dans ces si^t^s d'écrits, ouvrages de société, dont le mérite, quel qu'il soit, dépend beaucoup de l'à-propos , des circonstance^ ^ et du caractère des personnes pour lesquelles ils ont été composés. C'était dans les soirées de Chanteloup , que Barthélémy passait au sein de l'amitié, et parmi des gens du monde spirituels et aimables, où l'envie de plaire rengageait à se livrer quelqifc instants à de pareilles distractions. Il s'y permit même un jour de parodier une séance publique de l'académie française et mit, dans la bouche de l'abbé deYoisenon, tm discours plein d'esprit et de rapprochements assez piquants. Mais ce dernier genre de plaisanterie , qui ne peut être animé que par des traits plus ou moins satyriques, ne convenait pas àt^Barthéfthy, la méchanceté n'étant jamais entrée dans son cœur.