‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy: augmentées de l'essai sur la vie de BarthélémyChapitre 42 sur 53 · PREMIER EXTRA IT · texte numérisé non relu

PREMIER EXTRA IT

X L y a environ onze ans que sa majesté le roi des Deux-Siciles , ayant résolu de passer quelque temps à Portici, apprit qu'autrefois, en fouillant dans ce lieu, on avait découvert quelques antiques. Il

(i) Catologo de^ antichi monwnend^ etc. Catalogue des monuments antiques de la ville d'Herculanum , publié; sous les ordres de sa majesté le roi des Deux-Siciles, par M.'Batardi , protonotaire apostolique,- etc.; Naples, 1754; grand in-folio de 447 pages, sans la préface de 22 pages.

Le Pitture anticfUd'Ercolanoy etc. Les anciennes peintures et dessins d'Herculanum , gravés, avec quelques explications; Naples, 1757; ^and in-folio de 279 pages, sans Tépître dédicatoire, la table et la préface. Journal des Savants, avril 1759, page 218.

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ordonna de reprendre ce travail, dont le succès surpassa l'espérance qu'on en avait conçue: car, entre Portici et Résina, on retrouva un temple, un théâtre, des statues, des peintures, des inscriptions , des monnaies , des meubles de toute espèce; ce qui ne permit pas de douter que ce ne fut le lieu où avait subsisté autrefois Tancienne ville d'Herculanum , à laquelle le voisinage du Vésuve fiit fatal, et qui périt sous le règne de Titus. Enhardi par ces succès, on s'avisa de faire creuser dans un autre endroit, où l'on croit qu'était située l'ancienne ville de Pompeïa, et ce second travail ne fut pas infructueux. Tous les monuments trouvés dans ces différentes fouilles sont conservés dans le palais royal de Portici , où ils foraient un des plus curieux cabinets de l'Europe, enrichi même dé jour en jour par de nouvelles découvertes. Chargé de satisfaire à l'empresseiâeht du public, en lui donnant une connaissance détaillée d'un trésor si précieux, M. Bayardi publia, en 1754, un catalogue qui comprend tous les monuments déterrés jusqu'alors; là il n6us apprend qu'on remarque dans ce nombre plus de six cents morceaux de peinturés, qu'on a eu soin de couper et de détacher des murs qui en étaient décorés. Us ne sont pas tous du même âge, ni du même pinceau , ni par conséquent du même goût ; ou en voit qui sont exécutés avec une seule couleur , d'autres avec deux, trois, quatre, et enfin avec plusieurs couleurs mêlées. Ils représentent des ^ets tirés de l'histoire et de la fable, des bac- I i5

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chanales^ des divinités, des sacrifices, des édifices publics et particuliers, des animaux de toute espèce, des paysages, des bosquets, des vues, des perspectives , des batailles , des mers , des fleuves , des ports, des métiers, des vêtements, des ustensiles de toutes sortes, des armes, des chars de guerre, des festons, des ornements, et, en général, tout ce qu'on peut imaginer avoir été connu des anciens. Ils nous montrent , au jugement de M. Bayardi, l'architecture des temps divers, en font connaître les principes , le progrès , et prouvent que les anciens étaient mieux iiistruits des régies de l'optique , qu'on ne le croit ordinairement.

M. Bayardi s'exta»ie à la vue de tant de «^ses d'argent, d'airain, de pierre, de terre et de verre, de toute espèce et de toute grandeur^ d'un usage tant sacré que proËme : encensoirs^ navettes , préféricules , simpules , haches , couteaux , patères , marmites , trcmipettes , iâochettes, aq>ersôirs , crotales, trépieds, etc. On en voit qui sont tout unis, d'autres chaigés -db bas-reliefs. Urnes, pots, cantines , coupes , tasses , tplats , as^ettes , congés , demi -congés, amphores, demi • setiei^s , flacons, carafes , bassins , chaudières , seaux , cuillers à pot , mortiers, grilles, lipoches, en un toot tous les ustensiles usités parmi nous ; de sorte qu'il paraît à M. Bayardi , que dans l'essentiel il y a peu de différence entre notre cuisine et celle des anciens. Quelle différence, ajoute-t- il ^ 'entre les cuillers d'alors et celles dont nous nous sommes servis

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avant les rafinements du goût? Ne dirait-on pas que les plats ont été travaillés à ï^aris ou à Londres? Un grand nombre de statues attire d'un autre côté Tadmiration de Tauteur. Il voit une Pallas avec son égide, des sénateurs, des consuls, des prêtres, des ministres sacrés, des rois, des princes, des philosophes, des pasteurs, des nymphes, des faunes, des satyres, des pénates, des bacchaotes, de jeunes enflants , et des groupes de tout genre. Il y découvre les habillements des andens Grecs et Romains, et la forme de la toge, sans parla: des couvre -chefe, chapeaux, chaperons, mitres, tiares, voiles, résesuix, tuniques, sayons, manteaux, bas, chaussures, cothurnes, socques, sandales, mouchoirs, ceintures, colliers, bracelets, agrafes, etc. Ici combien de bustes de métal et de marbre, combien d'Isis, de Jupiter, de Neptune et de Mercui^? Combien de candélabres d'un bon travail, combien de lampes de toute fwme , et de diffé* rente grandeur? Là il voit des ch^dnes, des ceps et d'autres instruments destinés à la toiture des esclaves, qui servirent ensilBbe à celle des chrétiens: plus loin des îastmmei:^ de diirurgie |iareîls à ceux de nos jours , sans oooapter plusieurs autres dont on ignore l'usage^ ou bien des insiruQieQts d'agriculture , bêches , boyaux et marteaux, de toute espèce. On a trouvé dans les entrailles de la tevre jusqu'aux productions de samnrfaoe^ orge, froment, dattes, pistaches, amandes, noix, ^es, figues à demi brûlées, maïs qu'on conserve dans le cd>înet du roi, aussi4)ien que dés pilules, des trochisques

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et des cérats. On y a trouvé même un pain bien conservé , quoique presque rédoit en charbon, et un pâté tout brûlé , qu'on eut te regret de voir tomber en poussière presque aussitôt qu'il vit le jour.

Après tant d'objets qui ne peuvent qu'étonner les curieux, M. fiayardi ofifre à leurs regards d'autres morceaux , non moins propres à piquer la curiosité : des colonnes , des tables de marbre , xles termes représentant des dieux , des satyres et mille autres figures; des amulettes , des masques, sceaux, cachets, serrures, clefs,. gonds, clous de métal, de petites agrafes semblables aux nôtres, des anneaux d'or , d'argent et d'autre matière , des dés, des poids, des balances, des épingles à tête •d'or, d'arçent bu d'ivoire; un pied qui sert, ditron, "dé preuve à celui de Lucaç Péto; et des Priapes dMkie grandeur démesurée , dont les uns sont ailés et chargés de clochettes, ce qui.nous £ût présumer q^ils ont quelque ressemblance avec ceux qu'on Toit à Nîmes.

Nous croyons devoir placer ici une observation :q)ie £bnt à cet égard les savants char^ par sa majesté du soin de publier et d'expliquer les monuments de son : cabinet. Si , pour remplir leur lâche, ils sont quelquefois obligés de présenter des objets dont la pudeur pourrait être alarmée-, ils allèguent pour leur excuse les mêmes raisons dont se servit autrefois La Chausse dans une occasion pareille. Ce fameux antiquaire réclama l'exemple de Théodose * et de Théoplûle , évéque

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