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par semaine. Dans cette ^ciété^ ^Barthélémy se pé<^ nétra de plus en. plus d'amour pour les lettres, et de respect pour ceux qoi les cultivent M^ de Bolce étu<» diait le jeune homme avec soin; il ne tarda pas long* temps à le connaître, et lui accorda son amitié, sa confiance même , autant que le lui permettait un caractère dont une prudence et. une réserve excessives faisaient la base.
L'âge' et Ja santé de AL de Boze ne lui permettant plus de se livrer au travail pénible du cabinet des médailles, il avait compté s'assoâër M. de La Bastie, savant antiquaire, de l'académie des Inscrip* tions. Il le perdit par une mort prématurée, et il le remplaça dans ses intentions par Barthélémy, dont l'association /à la garde du cabinet, dit constatée queU ques mois après par M. Bignon, alors bibliothécaire, et par M. de Maurepas, ministre du département.
De ce moment Barthélémy, pour qui la pratique de ses devoirs était un besoin impérieux f donna toutes ses peines, tout son temps, ses jours, ses nuits à l'ar-^ rangement des médailles, que l'âge et les infirmités de M. de Boze ne lui avaient pas permis d'achever. Ce fut un travail extrêmement considérable. La collection du maréchal ' d'Étrées , celle de l'abbé de Rothelin , toutes deux si nombreuse et si intéressantes, étaient empilée^ dans. des cais#s, sans ordre et sans indications. Il fallait en examiner toutes les pièces avec soin.
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les comparer à celles qui Paient préoédemment insérées dans Tancien recueil, distinguer cdies cpit seraient à conserver, et enfin les inscrire avec ordm dans un supplément au catalogue. On sent toutes U» difficultés d*une pareille opération. Elle fut fa^e avec une exac* tîtude et une persévérance inÊitigables* Les difficultés n^étaienl qu'un attrait dé plus pour Barthélémy»
Au milieu de ces occupations multipèiéesi , il oom* mençait à jouir avec délices d^un genre de vie vraiment conforraif^, à son goàt et à ses tidoits , quand il se vit avec eflfei^ pris d^étre forcé d'entrier dans une carrière bien (différente. En partant de Provence, il avait vu à Aix M. de Bausset, alors chanoine de la métropole. Ils étaient amis et compatriotes, M. de Bausset éttnt né à Aubagne, où sa &iniUe, établitr depuis long-temps, jouissait à juste titre de la consî'» dératioft publique. Il avait présenté à- son jeune ami une perspective de fortune dans Tétai ecdéstastvque, en lui prometCluit de se l'attacher enqod&té de vicaire* général , dès qu'il serait parvenu à Tépiscopal. Bai^bélemy avait accepté avec reconnaissance une offre si flatteuse ; et M. de Bausset , qiii venait d'être nommé à l'évéché de Béziers-, ne manqua pas de rappeler avec force à son ami leur engagement mutuel. Il est aisé de sentir (embarras-, Tanxiéi^de Éarthélemy dans cette oecasion qui allait l'arracher l^ses occupations chéries. Il était trop scrupuleux observateur de sa parole pour
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songer à Ja retirer, qu6i<{t]e tes icirconstaÉcos fussent bien changées. U n'envisagea dfkutre moyen que celui d'engager M* de Bausset à la lui rendre, en renonçant de lui-oiéme à mie acquisition dont il n'ignorait pas le prix. U y réussit. Le ffélat, orné dç toutes les qualités que nous chérissons aujourd'hui dans un héritier de son nom et de ses vertus, avait Tesprit trop juste pour ne pas reconnaître les convenances de la position
, de Barthélémy, et le cœur trop bon pour ne pas lui conserver son amitié , en lui rendant la liberté.
M. Burette mourut le lo mai 17479 ^t Barthélémy fut élu k la place d'associé <lans Pacadémie des Inscriptions , M. Le Beau s'étant abstenu généreusement en sa
. faveur de toute démarche pour lui-même. Une autre place vaqua peu après , et M. Le Beau fut ujgianimement élu. C'était là le prélude d'mv «peiiiat de générosité entre ces deux savants et vertueux hommes. M. de Bougain ville, accablé d'infirmités, se démit du secret tariat de l'académie, et proposa à M. d'Argenson (1) de le remplacer par Barthélémy. Le ministre y cçnsentit, mais Barthélémy refusa la place, et se fit prér férer M. Le Beau. Celui-ci , quittant le secrétariat quelr que^ années après, voulut le céder à l'tbbé, en lui disant : Je vous le devais et je vous le rends. Je le cède
(1) Le ministie de la guerre, qui avait aussi les acadéaiies dans son département. •
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h lin autre, lui répondit Barthélémy; mais je ne cède à personne le droit et le plaisir de publier qu'on ne saurait vous vaincre en bons procédés. Ainsi régnait alors, parmi ces illustres rivaux, l'émulation des vertus avec celle de la gloire : amaigttme assez rare quelquefois dans la carrièlre des lettres, «comme dans toute autre.
Devenu le successeur de tant d'illustres savants qui ont si bien servi la littérature, depuis l'établissement de l'académie (i), Barthélémy associa le travail annuel que cette compagnie attendait dé ses membres, aux travaux journaliers qu'exigeait le cabinet des médailles, et il s'acquitta de ce double devoir avec une exactitude que la plus vaste érudition pouvait seule permettre.
On trouvera à la fin de cet essai , non pas une notice que je ne suis pas en état de faire, mais une liste de ses ouvrages en ce genre. Explications de monuments hébreux, persans, phéniciens, égyptiens, arabes:toutes tes nations , toutes les langues étaient soumises à ses recherches laborieuses et à sa judicieuse critique. Dans ce travail, il ne pouvait s'empêcher de relever souvent les erreurs de plusieurs savants estimables qui s'étaient livrés avant lui aux mêmes recherches; mais, en découvrant leurs fautes avec une sagacité à laquelle
(i) En i663.
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rien néçba{inallT il ne les présente jamais qu'avec
cette n^odestie^^cette aménité qui était son caractère distinctif. C'est ce qu^on peut observer surtout dans sa belle dissertation sur les inscriptions trouvées à Palmyre par des voyageurs anglais. SUes sont accolées à des inscriptions grecques , et èiii^v^t plusieurs fois"" tenté d'expHquer les unes à la ||iveur des auti<es; mais on n'avait fait^ avec beaucoup de lumières et degeûe même, que des efforts jlç divination qui avaient conduit à des résultats tau|i,£s.^Barthélemy en donna une explication qui, par sa^^îlip^piicité, sâ^ clarté, fit oublier toutes les autres , sans dépiriser leurs/auteurs; et il alla jusqu'à former un alph2^p||ipi4lmyrénien qui satisfit tout le n^Kiiiiâe «srant : découverte qui pourra «servir un jour à ressusciter la mémoire d'un peuple jadis célèbre par sa puissance ,^}ff|p%ès exploits, pkr son commerce, son goût pour les arts, sa magnificence , et dont la haine et la vengeance des Romains oni ittoltyp^^ jtisqdMft souvenir. *
M. de Boze , garde du cabinet des médailles , étant mort en 1753, Barthélémy, qui lui était associé depuis sept aiis, ne pouvait ji|p|K{uer d|i4îli succéder en titre dans cette honorable pliice. Il se trouva pourtant quelqu'un qui eut le^ courage ou la honte de la solliciter pour lui-même. Barthélémy, qu'on en informa, ne voulut pas savoir le nom du demandeur, ne fit aucune démarche personnelle, et se reposa de son sort sur la