XXXIV ÉLOGE HISTORIQUE
plus vraisemblables y sont proposées avec une sage méfiance ou en forme de doutes. Partout on remarque un choix admirable de preuves et une exactitude rare dans ses citations. Une critique judicieuse y est toujours réunie à la clarté et à l'élégance du style; et si l'art de conjecturer fait une partie essentielle de la logique, comme il n'est pas permis d'en douter, on ne peut en trouver de meilleurs modèles que dans les écrits de Barthélémy ; il ne s'y laisse jamais égarer par de fausses lumières, et n'y prend point l'étendue de son esprit pour la mesure des choses, ce qui n'arrive que trop fréquemment aux savants peu éclairés par leur érudition : ils ressemblent en quelque sorte à ces liommes grossiers qui, voyant le soleil disparaître à l'horizon, s'imaginent qu'il s'éteint le soir pour se rallumer le matin.
Au milieu des études les plus sérieuses , le laborieux Ijarthélemy se procura un délassement, en satisfaisant aux devoirs de l'amitié. La famille àe Lamoignon avait toujours aimé les lettres et favorisé ceux qui les cultivaient. Malesherbes, un de ses plus illustres rejetons, se livrait lui-m^me avec beaucoup d'ardeur à cette étude. Il connut de bonne heure Barthélémy et sut l'apprécier. Il devint son ami et l'introduisit chez sa sœur, épouse de Castanier d'Auriac. Celle-ci avait un (ils unique digne de tous ses soins. Elle voulut mettre entre ses mains quelques écrits propres à former le cœur et l'esprit. Barthélémy proposa d'en composer d'abord im avec lui, et en fournit le canevas. Le jeune d'Auriac le remplit avec moins de succès que d'empressement. Tout fut refait par Barthélémy , qui laissa