‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 114 sur 115 · DE MARC- ANTOINE · texte numérisé non relu

DE MARC- ANTOINE

hués par étages, suivant l'ancienne pratique. Ce vaisseau est apparemment le même dont parle Bayf dans la préface et dans le corps de son ouvrage de re navali, imprimé par Robert Etienne en 1 507, c'est l'édition que nous avons vue. Cependant, quoique Bayf (i) eût été à Venise, il s'exprime de manière à faire croire qu'il n'avait pas vu ce bâtiment. Mais ce qui parait plus singulier, c'est qu'au rapport de Bayf, François I faisait construire au Havre, ad Portum Gratiarum, mie quinquérème pareille, à cinq ordres de rames, mais d'un meilleur goût et mieux proportionnée (2). C'est ainsi qu'il en parle, en adressant la parole à ce prince luimémè: Nec mirum si hœc Jïdem non habebunt apud homines nostros, qui et Venetorum quinqueremem unam admirantur, et tuam totidem ordinum, quœ illam sjmmetriâ superabit, gratulabiindi expectant. Il en parle aussi dans le corps de son ouvrage: revenons à celui du père Paciaudi.

Il relève, avec raison, une méprise de Larrey, qui a cru que ces lettres. IMP. AUG. , qu'on trouve souvent sur les médailles d'Antoine, signifiaient empereur auguste, au lieu que les dernières signifient augure, dignité dont Antoine se fit toujours honneur; ce qui est confirmé par d'autres médailles

(i) Voici ce qu'il en dit, pag. 35: Veneti videant an ilUi eorum quinqueremis , quœ XXVII J tantùm, opinur, transiris constat, œdificata sit ad antiquarum quinqueremium ratwnem.

(2) Elle se nommait Caracon , selon Deslandes, et fut brûlée presque sous les yeux de François I.

agB DES MÉDAILLES

(lu triumvir, où ce mot est écrit en toutes lettres. Mais la justice, due à tout le monde, ne nous permet pas d'approuver de même la sortie qu'il fait contre Bayle, en le traitant de cynique. A l'occasion d'un traité de paix que le roi de Perse fit avec les Grecs , le critique rapporte les témoignages de Plutarque et de Diodore de Sicile; et comme les dates produites par ces deux auteurs ne paraissent pas s'accorder, il conclut que les préjugés sont pour Diodore. « Il faut avouer, ajoute-t-il, que M Plutarque n'est point un bon guide de chronolo- « gie: il transporte quelquefois les événements, « tout comme s'il composait un poëme épique. » Je ne compte pour rien, dit à ce sujet le père Paciaudi (i), l'autorité de cet écrivain acharné a médire des anciens, qui avance que Plutarque a parlé d'Antoine plutôt en poëte qu'en historien. Les débauches d'Antoine ne sont-elles attestées que par Plutarque , et le dérangement des faits peut-il en infirmer la certitude ? Mais , J ° il n'est du tout point question d'Antoine dans la remarque de Bayle, comme on vient de le voir. 2" Ce critique n'attaque point la fidéhté de Plutarque , ni la vé-

(1) Nec quicquam tribuo auctoritatis maledico illi ■vcleriun scriptoiitin ohtrectatoii , seu veiiùs cjnico caiii , qui ut Flutarchum dente carperel rabido ait poesin , potiiis de Antonio, qunnj hiatoiiani Jin.risse. An quœ ah illo summa anbni levitate, vitœque licentia fada perhibentur ^ unius niluntur Plutarchi Icsûnionio? Aut inordinala tcmporum séries^ quani Baylius histoiico culpœ vertit^diclis abro^at Jidetn? (Pag. ai).

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rite des faits rapportés en cet endroit. Il se contente de dire que l'auteur grec n'est pas un bon guide en chronologie : or, on peut être historien véridique, et chronologue peu exact; ensuite dire qu'un auteur transpose les événements, ce n'est pas assurer que les événements soient faux. 3" Préférer l'autorité de Diodore de Sicile à celle de Plutarque pour l'ordre des temps, ce n'est point médire des anciens.

Le père Paciaudi adopte l'idée par laquelle l'abbé Barthélémy rend raison de cette singularité de quelques médailles antiques , qui présentent d'un côté un relief, et de l'autre une aire quadraugulaire en creux (i). Il pense que dans l'enfance de l'art, les premiers ouvriers, pour retenir le flan par le moyen des coins, imaginèrent de graver en creux celui qui devait former le type de la mé*laille, et en relief celui qui devait la fixer. Ce relief était divisé par des lignes gravées en creux, de sorte que la pièce portant sur les parties saillantes , en recevait l'empreinte au premier coup de marteau, et y demeurait engagée pendant le reste de l'opération. Le père Paciaudi a vu plusieurs de ces médailles antiques, avec le tétragone en creux, et il en publie sept qui n'avaient point encore paru.

Il termine son ouvrage par des observations sur un marbre antique, venu du Péloponèse, qu'il a vu à Venise. Ce marbre gravé représente, à son

(i) On a supprimé clans cette phrase quelques expressions (jui sont du secrétaire, ou principal rédacteur du journal.

3oO Di;S MÉDAILLES DE MARC-ANTOINE.

avis, un médecin assis, consulté par une femme malade : à quelque distance paraît un serpent sur un arbre , et sur une planche latérale la forme de six instruments à l'usage de la médecine, qui embrassait alors les fonctions de la chirurgie. Ce dessin, dans toutes ses parties, offre un beau champ à l'érudition de l'auteur, dans un ouvrage surtout dédié à un médecin. On pense bien qu'il n'oublie pas l'ancienne querelle , renouvelée de nos jours entre Richard Mead et Midleion , deux savants médecins, l'un de Londres, l'autre de Cambridge, sur l'état des médecins chez les aiîtiicns Romains. Ce dernier soutenait contre son confrère, qu'ils étaient de condition servile; et la Motte, Anglais, mit fin à la querelle, en distinguapi quatre sortes d'esclaves (servi) chez les Romains: i° ceux qui étaient pris par le droit de la guerre ; i° ceux qu'on acquérait à prix d'argent ; 3° ceux qui naissaient dans les maisons du maître, et s'appelaient vernœ; 4" ceux qui, étant étrangers, se mettaient eux-mêmes en servitude pour acquérir le droit de bourgeoisie à Rome. Tel était celui qui dans Pétrone dit: Ipse me dedi in servitutem, et malid civis esse lîomajius quàm trihutarius. Or, la première et la dernière classe n'étaient pas capables d'avilir une profession qui fut souvent exercée par des personnes aussi distinguées par leurs dignités que par leur savoir. Jules-Charles Schlaeger a fait l'histoire de cette querelle dans un ouvrage intitulé: Historia litis de medicorum apud veteres Roinanos (legentium conditione. Helmstad. \']l\o.

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