DE BARTHELEMY. XXXIX
cominencé, et il en lut des chapitres assez longs , entre autres, celui sur les fêtes de Délos,qui lui attira (Ujustes applaudissements. Ils l'encouragèrent à continuer cet ouvrage, qui doit fixer ici toute notre attention.
Loin d'imiter ces auteurs présomptueux dont notre siècle abonde, qui dédaignent d'étudier avant que d'écrire, Barthélémy employa bien des années à rassembler des matériaux et à les combiner. Etudiant avec soin les textes originaux, il consultait pourtant les gens de lettres les plus versés dans les langues anciennes , sur le sens des passages obscurs ou difficiles. Il réunissait ses amis pour leur lire des morceaux de son ouvrage; ensuite il demandait à chacun, suivant l'ol)jet particulier de ses études, ce qu'il pensait des endroits qui y avaient quelque rapport. Il exposait les difficultés et proposait ses doutes avec autant de politesse et de grâce que de précision et de clarté. Dans la discussion , ce savant aimable mettait souvent de la chaleur, et presque toujours il en faisait jaillir des traits de lumière. Jamais il ne combattait avec les armes de la prétention et de l'orgueil; quelquefois il paraissait défendre le sentiment opposé au sien , soit pour mieux s'éclairer lui-même, soit pour ménager davantage l'amour-propre de son contradicteur, qui crovait vaincre en perdant sa cause.
Quoique depuis dix ans toutes ces consultations eussent été favorables à Barthélémy, et qu'on les eût pour l'ordinaire terminées en l'exhortant à publier le résultat de tant de travaux et le fruit de tant de veilles, il voulut encore pressentir le goiit du public.