‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 18 sur 115 · XLVIII ÉLOGE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XLVIII ÉLOGE HISTORIQUE

aux extrêmes ^ , au moins les détails qu'il en donne sont fidèles et exempts de toute partialité. On ne peut dissimuler qu'il ne se soit laissé soupçonner de ce dernier défaut, où d'une prévention assez marquée en faveur des Lacédémoniens. Il traite avec une sorte de complaisance tout ce qui concerne ce peuple célèbre par la singularité de ses institutions. Cette matière paraissait épuisée, et Barthélémy y fait encore des découvertes. Il n'oublie rien pour disculper Sparte de tout reproche. Jamais Lycurgue n'eut de plus grand admirateur et de plus habile apologiste. Que de sagacité ne montre-t-il pas dans le développement des vraies causes de la décadence de ses institutions? Le prestige du style est tel , qu'on serait presque tenté de pardonner à ce législateur d'avoir cherché à étouffer les plus doux sentiments de la nature, en mettant à leur place ceux d'un féroce orgueil.

A l'histoire de la philosophie et de la législation tient celle des arts et de la littérature; l'une influe sur l'autre, et toutes les deux sont également le résultat plus ou moins heureux de l'esprit humain. Il fallait donc faire l'analyse des principaux ouvrages qui ont échappé à la faux du temps. Barthélémy a rempli cette tâche pénible avec llfeaueoup de soin et d'exactitude. Il assurait que l'extrait seul de la Politique d'Aristote lui avait coûté une année entière de travail. La forme de ces analyses est très-variée. Toutes sont distribuées de manière qu'elles ne peuvent fatiguer l'attention: poètes, historiens, orateurs, etc., se trouvant ici jugés par

(i) Plin., lih. XXXV, cap. 36.

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