DE BARTHÉLÉMY. XLIX
leurs propres ouvrages , ou , lorsqu'ils ne sont pas parvenus jusqu'à nous, d'après le sentiment des anciens. Rien n'échappe aux observations de Barthélémy, il sait apprécier les beautés et relever les défauts : mais il ne se livre pas à des discussions de critique, qui auraient été fort déplacées dans la bouche du jeune Anarcharsis. Si quelques remarques sont rejetées dans ses notes, c'est moins pour y étaler une vaine érudition que pour y donner des éclaircissements nécessaires. D'ailleurs, toutes ces recherches ne sont ni vagues ni dénuées de preuves; elles ont une base solide, celle de plus de vingt mille citations : rapportées au bas de chaque page , elles écartent toute idée de fiction que le cadre adopté par Barthélémy ^aurait pu faire naître, et y foiu'nissent un moyen facile de vérification aux savants. Loin que ces citations soient accumulées sans nécessité, comme cela n'arrive que trop souvent à l'aide des compilations ou des tables des matières, elles sont disposées, au contraire, suivant le besoin , d'après la lecture des textes originaux grecs et latins. Les autorités qui en résultent sont rapportées de manière qu'elles n'otent jamais au lecteur la liberté de prononcer; il tient la balance , mais Barthélémy y met les poids ^ . Les réflexions que celui-ci a puisées dans cette lecture, et toutes celles que la connaissance du cœur humain , l'usage du monde, la société des gens de lettres, etc., lui ont inspirées, alimentent et ornent son ouvrage. Sans elles, il aurait ressemblé à une terre couverte
(i) Réponse du chevalier de Boufflers au discours de Barthélémy, à rAcadéiiiie Française, p. 16.