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au quatrième siècle avant Tère vulgaire. Il fait de judicieuses observations relatives à plusieurs points essentiels de la paléographie grecque, surtout à l'époque de l'introduction des voyelles longues sur les monuments publics ' ; et son sentiment à cet égard doit désormais servir de règle. '
Avant de mettre au jour cette dissertation sur le marbre de Choiseul, Barthélémy, revenant sur ses pas , avait examiné de nouveau un des premiers objets de ses études , concernant quelques médailles en caractères samaritains. Il justifia le sentiment d'Henrion ^, qui prétendit que les médailles avec les années 1,2, 3 , 4 7 avaient été frappées sous l'empereur Hadrien , par le fameux Barcliochebas , cet ambitieux fanatique qui précipita les Juifs dans les plus affreuses calamités dont les crimes d'un peuple aient jamais été punis. Loin d'imiter ces savants féconds en hypothèses et si prodigues d'érudition quand il s'agit de défendre leurs anciennes erreurs, Barthélémy révéla les siennes avec une rare franchise. « La médaille, dit-il , que je produis , (( prouve que je me suis trompé. »Et sans vouloir décider, «j'aimerais mieux proposer des questions qu'entre- « prendre de les résoudre ; et je ne hasarde les réflexions « suivantes que pour en solliciter de plus propres à « répandre quelque jour sur cette matière ^, » Tel était
(i) Sous Eiiclidc, archonte à Athènes, la seconde année de la quatre- vhii^t- quatrième olympiade, j^ avant l'ère chrétienne.
(2) Aead. des luscript., t. III, p. iy8.
(3) LetUe aux auteurs du Journal des Smui/ils , du 20 avril
DE BAKTIIÉLEMY. LVll
le langage, de modestie que ce savant, éclairé par une instruction profonde, n'avait jamais cessé de tenir. Il écrivait encore:» Je ne mets pas beaucoup de prix à « mes productions, persuadé qu'avec les mêmes peines « et la même constance, un autre aurait été plus loin ^ .» Voilà certainement la vraie philosophie du savoir , bien opposée à cette misérable vanité d'une foule d'antiquaires qui, se livrant aux plus frivoles conjectures, et les appuyant de recherches puériles, s'imaginent faire des ouvrages durables. On peut les comparer à des hommes oisifs qui seraient péniblement occupés à attacher des toiles d'araignées aux ailes d'un moulin à vent.
Si personne n'a eu des connaissances numismatiques plus étendues que Barthélémy , il faut aussi l'avouer, personne n'eut autant que lui de moyens pour les acquérir et les perfectionner. Près de quatre cent mille médailles avaient passé sous ses yeux. Il doubla le nombre de celles des villes et des rois dans le cabinet dont la garde lui était confiée , et tout le reste à proportion; de ^rte qu'à sa mort cette collection s'élevait à plus de soixante mille médailles, monnaies et jetons, sans y comprendre les doubles. La première acquisition qu'il fit pour ce dépôt fut celle du médailler de Clèves; et une des dernières, mais la plus importante de toutes, celle de la superbe collection de Pellerin ^. Elle consistait en trente -trois mille pièces,
(i) Lettre à Peiez-Bayer , 29 août 1780. Jd cale, de numis Hebreo-Sainar. , p. 2.
(2) Voyez le Mémoire sur le cabinet des Médailles , [). ^7 Je notre édition du Voyage d' Anacharsis .
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dont vingt mille ont été incorporées dans les différentes suites du cabinet. Rien ne manquait plus aux désirs de Barthélémy que de communiquer aux savants de l'Europe un pareil trésor; en conséquence , il forma le projet d'en donner un état exact et circonstancié, qui devait être accompagné d'une description raison née. Malheureusement, l'aveu du ministre Breteuil , ami des lettres, qu'il obtint en 1781, devint infructueux par le défaut de secours pécuniaires qu'exigeait de sa part une si grande entreprise. Pendant la durée de l'Assemblée Constituante, de nouvelles tentatives furent faites, mais avec aussi peu de succès, et ne laissèrent même aucun espoir de réussite.
Gomme un enfant qui va se consoler dans sa famille des contradictions qu'il éprouve, Barthélémy vint alléger sa peine au sein de l'académie des Belles- Lettres. 11 n'avait jamais oublié qu'il s'était formé à son école , et qu'il lui devait sa propre existence dans le monde littéraire. En l'illustrant à son tour par ses travaux et ses découvertes, il crut à la fois s'acquitter d'une dette sacrée et accroître la consid4>'ation dont il jouissait lui-même. A cette compagnie se rapportaient toutes ses études , et à elle seule son cœur faisait l'iionimage le plus libre et le plus pur de ses succès. ]ja gloire de cet illustre corps était la première de ses pensées et dirigeait toutes ses démarches. Dans les élections, oîi ce sentiment régénérateur fut quelquefois oublié, Barthélémy évitait l'intrigue, résistait au crédit, ne se laissait pas éblouir par de vains titres, enfin , n'écoutait que sa conscience. « Ma voix , disait-il avec « sincérité, appartient à l'Académie, cl il est de înon