DE BA.KTHKLEMY. LIX
« devoir de la donner à celui qui peut le mieux la « consoler de ses pertes (VIII). » Le bonheur de ses confrères ne l'intéressait pas moins, c'était le plus ardent de ses vœux; souvent il sollicitait pour eux le ministre, et en obtenait des places ou des pensions. Lorsqu'à la révolution les uns eurent été réduits à la pauvreté et les autres à l'indigence, il parut plus occupé de leur sort que du sien , et répétait sans cesse : « Manquent- « ils de quelque chose? ah! ils souffrent; pourquoi « ne viennent-ils pas me voir?v et il gémissait.
Devenu le doyen de l'Académie, qu'une destruction prochaine menaçait, Barthélémy exprimait assez le chagrin qu'elle lui causait, soit par ses paroles, soit par son maintien. Dans les dernières assemblées, où se rendait encore un petit nombre de ses confrères, ils l'accueillaient avec joie , ensuite se pressaient tristement autour de lui, comme des nautoniers, à la vue du naufrage, auprès d'un vieux pilote dont ils attendent quelques mots de consolation. On l'obligeait à présider ; enfin , on l'écoutait avec cette déférence et ce respect que Tâge et le mérite n'obtiennent pas toujours. Peut-être que dans une adversité commune les hommes sont plus justes ou moins susceptibles d'envie. Ce qu'on prévoyait avec anxiété arriva bientôt ; les académies , qui offraient depuis long-temps l'idée importune d'anciennes corporations , furent toutes supprimées par le même décret ^ . Elles ont sans doute une parf assurée à la reconnaissance de la postérité : celle des Inscriptions et Belles-Lettres se l'est évidem-
(i) Celui (le la Convention nationale, du 8 août 179'^.