LX ÉLOGE HISTORIQUE
ment acquise par des services moins éclatants qu'utiles; elle recueillait les connaissances de tous les âges, en formait un vaste dépôt , veillait sur ce précieux héritage et travaillait à l'augmenter. Cette société, essentiellement conservatrice, a porté le flambeau de la critique dans les ténèbres de l'histoire, a raffermi parmi nous les bases du goût, et a gardé, comme le feu sacré de Vesta, la dernière étincelle de l'érudition; et si jamais elle se rallume en France, on le devra sans doute au legs inappréciable de cette savante Académie, celui du plus considérable recueil de littérature qui ait existé jusqu'aujourd'hui.
Lorsque, dans une tempête, les arbres qu'ombrage un chêne antique sont arrachés et dispersés, celui-ci reste isolé et presque déraciné. Tel fut le sort de Barthélémy après la suppression de l'Académie. Néanmoins il voulut encore résister et tenir à la vie par de nouveaux travaux. Ce qu'il avait écrit autrefois sur la paléographie numismatique n'était qu'un essai; il prit la résolution de le continuer, et même de l'augmenter au point d'en faire un traité complet. Ce projet était seul capable de le distraire ; il consistait à classer les plus anciens monuments de l'art, à établir sur cet objet des principes de critique d'après lesquels il comptait examiner les marques générales qui servent à reconnaître le temps précis ou approximatif d'une médaille. Ensuite il devait discuter tout ce qui a rapport à la fabrique, au métal, au poids et à la grandeur, à la forme des lettres et à la nature des types. Pour exécuter un pareil dessein, il fallait soumettre à un nouvel examen des suites nombreuses de médailles des