‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 28 sur 115 · DE BARTHELEMY. LXIII · texte numérisé non relu

DE BARTHELEMY. LXIII

règlement nouveau' pour ranimer le goût du travail, qui commençait à s'y perdre. La suppression de ce corps ne lui laissa aucun espoir; et lorsqu'on lui parlait de ses ouvrages, ou des objets qui avaient un rapport direct avec ses études les plus chéries, il disait, en soupirant: «A quoi bon désormais cela? « On ne s'en occupera plus ; ils détruiront tout. » Le néant du savoir et l'illusion de la renommée se présentèrent alors à son esprit, et auraient suffi pour le dégoûter de la vie, s'il n'eût pas éprouvé des sensations d'un autre genre, qui la lui rendirent presque insupportable. Son âme était profondément affectée des calamités publiques, au point même qu'il devint indifférent sur la perte de sa fortune, et ne pensa bientôt plus au danger imminent qu'il venait de courir. La révolution française, après avoir privé Barthélémy de vingt-cinq mille livres de rentes, et l'avoir réduit au plus étroit nécessaire, l'exposa encore à périr sur un échafaud. Sa réputation aurait dû l'y conduire prompteraent, dans cette affreuse crise où le mérite connu était d'abord un motif de suspicion, ensuite un arrêt de mort ; où l'on semblait vouloir abolir la conscience du genre humain, en ne laissant pas exister un seul homme de bien^. Cependant cette môme réputation sauva Barthélémy. Dénoncé, avec plusieurs membres de la bibliothèque ^, par un vil et lâche

(i) Celui du 22 décembre 1786.

(2) Tacit., Vit. Agric, cap. 2.

(3) Chamfort, Désaulnais, Capperonnici , Baithélemy-Courçay, Wan-Praet, et Barbi*' du Bocage, noms (jui ne doivent pas être oubliés dans les fastes honorables de la persécution.

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