‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 5 sur 115 · DE BARTHELEMY. XXIII · texte numérisé non relu

DE BARTHELEMY. XXIII

eux, trop ambitieux pour n'être point jaloux, n'épargnèrent pas le modeste Barthélémy, qui ne repoussa leurs traits et ne déconcerta leurs intrigues que par le bon usage de sa fortune. 11 éleva trois de ses neveux, dota ses nièces, aida le reste de sa nombreuse famille, et vint au secours des infortunés, sur -tout quand ils lui paraissaient avoir un goût décidé pour les lettres: c'était à ses yeux une puissante recommandation; des étrangers même en ressentirent les effets : mais la bienfaisance et la générosité ont leurs mystères auxquels l'amitié peut être initiée, sans avoir le droit de les révéler. Passons donc à ses travaux particuliers, et voyons ce que la littérature doit à ses longues veilles.

Avant de partir pour l'Italie, il avait lu huit mémoires à l'académie des Belles-Lettres. Le sujet du premier est peu important; mais les autres méritent, de la part des savants, beaucoup d'attention. Une médaille, sur laquelle on lisait le nom de Xerxès, fournit à Barthélémy la matière d'une dissertation, dans laquelle il prouve que ce Xerxès était prince d'Arsamosate, en Arménie, et vivait sous AntiochiTs III, dit Le-Grand. De ce fait, transmis par le seul Polybe, Barthélémy conclut que les anciens rois de Syrie ne possédèrent pas l'Arménie en entier, et que, tandis que la plus grande partie de cette contrée était soumise aux gouverneurs qu'ils y envoyaient, le reste obéissait à des princes ou dynastes particuliers. Ce mémoire annonçait ce qu'on devait attendre de Barthélémy; aussi montra-t-il bientôt après que sa sagacité égalait son érudition. Dans un excellent essai sur la Paléographie numismatique, il fait voir qu'on peut établir des

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règles assez sûres ])our discerner Tâge de la plupart des anciennes médailles. Par exemple, il se proposait de faire voir que toutes celles qui ont des aires en creux, sont communément antérieures à l'an /|Oo de l'ère vulgaire. Cet essai ne renferme que des vues sur la fabrique des médailles ; mais elles sont presque toutes neuves et dignes de l'approbation des plus habiles antiquaiies. Son explication d'une des plus anciennes inscriptions qui nous soient connues, mérita encore les suffrages des savants. Il s'aperçut d'abord que le monument , dont la copie était due à l'abbé Fourmont, avait une partie refaite et l'autre originale. Toutes les deux contiennent une suite des prêtresses d'Apollon , et marquent les années de leur sacerdoce à Amyclée, ville de Laconie. La plus grande difficulté était d'en déterminer l'époque; Barthélémy y parvint en distinguant celles qu'a eues la langue grecque dans ce pays. La première est avant qu'on y eût reçu des colonies étrangères; la seconde, lors([ue les habitants eurent pris le nom d'Acliéens; et la troisième, après que les Héraclides se furent emparés du Péloponèse. Ceux-ci y apportèrent le dialecte dorique , qui est évidemment celui de la seconde partie de l'inscripticjn, remontant néanmoins au dixième siècle avant Jesus- Christ. La première, qui offre quelque différence dans les terminaisons des mots, ne peut avoir été dressée par les Doriens; conséquenunent elle est antérieure à la conquête des Héraclides, et remonte à deux ou trois siècles auparavant.

Barthélémy revint ensuite aux discussions numismatiques, et lut à l'Académie trois mémoires. Dans le

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