‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 65 sur 115 · XTJV ESSAI SUR LA V] F · texte numérisé non relu

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comniiso dans les bureaux qui avaient fait arrêter ce respectable vieillard. Des amis zélés, obligeants et sensibles l'avaient aidée, et n'avaient pas eu de peine à réussir. Le comité, qui n'ignorait ni l'âge ni la réputation de Bartbélemy, ni la pureté de sa conduite, n'avait jamais eu l'intention de le comprendre dans l'ordre général qui frappait sur les employés à la bibliothèque, et son arrestation était un mal-entendu, vuie erreur qu'on répara sur-le-champ. Tous les commis s'empressèrent à l'envi à expédier Tordre de sa sortie, avec lequel on alla le réveiller sur les onze heures du soir; et à minuit on le ramena chez sa tendre et constante protectrice, d'où on l'avait arraché le matin. Ce ne fut pas sans une peine sensible qu'il laissa dans la prison M. de Courçav, ce neveu si digne (\c sa tendresse , et il eut la douleur de ne lui voir recouvrer la liberté qu'après quatre mois de détention.

Pour lui , il ne tarda pas à faire une seconde épreuve de cet ascendant heureux qu'un mérite éminent et une vertu reconnue acquièrent sans le savoir sur tous les esprits. On l'avait traité, sinon comme un coupable, du moins comme un homme suspect et dangereux, le '2 du mois de septembre; et dans le mois d'octobre suivant , la belle charge de bibliothécaire en chef étant devenue vacante par la mort de Carra et par la déniission de Chamfort, on la lui offrit de la manière la plus flatteuse. Il ne l'accepta pas , et s en excusa sur

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sa vieillesse et sur les infirmités qui raccompagnaient.

Malheureusement l'excuse n'était pas frivole, et dans le courant de l'année suivante , son dépérissement successif" fit des progrès effrayants. Il touchait à la fin de sa belle carrière, et lui seul ne s'en apercevait pas. Cependant de fréquentes défaillances pouvaient l'avertir que le principe de vie s'affaibfissait par degrés. Ses amis s'effrayaient avec raison de ces attaques de faiblesse qui se renouvelaient souvent; mais comme il perdait le sentiment pendant la durée, il n'en conservait pas le souvenir; et dès qu'elles étaient passées, il se remettait à sa vie ordinaire. Il la passait entre la littérature et l'amitié : toujours occupé, toujours sensible, toujours reconnaissant. Les soins de ses amis ne lui manquaient pas; et ceux de son neveu, aussi continuels que tendres, devinaient, prévenaient tous ses besoins , et ne lui laissaient pas le temps d/^ les sentir. 11 était sans souffrances, mais il s'éteignait peu à peu.

Au commencement de cette année (i^gS) on s'aperçut que la mort s'approchait à plus grands pas. Il commençait la quatre-vingtième année d'une vie passée tout entière dans des travaux qui, exigeant une forte application , usent insensiblement le ressort vital, sans attaquer les organes du corps quand sa constitution est bonne; et telle était celle de Barthélerav. Il était de la taille la plus haute et la plus proportionnée. Il semblait que la nature eut voulu assortir ses formes

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