‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 83 sur 115 · I (JO CARI T F · texte numérisé non relu

I (JO CARI T F

à la rage du monstre, Thésée, fils du roi d'Athènes, qui se trouvait enveloppé dans le malheur des autres, tua le Minotaure, et sortit du labyrinthe par le moyen d'un fil qu'Ariane lui avait donné. Ariane, fille de Minos , n'osant pas s'exposer au courroux de son père qu'elle avait trahi , prit la fuite avec Thésée ; mais ce prince ingrat venait débarquer à Naxe dans le dessein d'y abandonner ensuite sa généreuse amante.

Polydore s'était attaché au sort de Thésée; il l'avait suivi dans ces climats, et le premier objet qui l'avait frappé en abordant au rivage, c'était sa malheureuse épouse qu'il avait cru d'abord privée de sentiment.

La fin de ce récit fut interrompue par les larmes des deux amants : le sort qui les avait poursuivis, les réunissait après tant de traverses : les dieux semblaient n'avoir appesanti leurs bras sur eux que pour leur faire sentir plus vivement le bonheur daimer et de se revoir. Etroitement serrés l'un contre l'autre, ils auraient demeuré toujours cians cette situation délicieuse, si Polydore, qui craignait pour Caritc, ne lui eut pas rappelé son état et ne l'eût pas fait consentir à chercher dans le hameau voisin les secours qui lui étaient nécessaires.

Carite ne s'y déterminait qu'avec peine, toujours persuadée que les pâtres l'avaient trahie : elle faisait part à Polydore de sa crainte, lorsqu'ils aperçurent deux bâtiments qui abordaient au rivage :« Saisis- « sons cette occasion , dit Carite ; approchons - nous « de ces vaisseaux : leur route s'adresse peut-être aux

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«lieux tle notre naissance. Allons rendre à nos mal- « heureux parents la tranquillité dont notre absence •'«les prive: ils pleurent notre trépas; j'ai pleuré le «tien , je juge de leurs tourments : c'est à nous à '(les faire finir : ne jotiissons pas seuls de la tran- «quillité que le sort nous a rendue. »Ils s'avançaient en disant ces paroles : déjà les bâtiments s'étaient mis à l'ancre , et déjà les matelots descendaient suf le rivage; une troupe de guerriers les suit. Polydore s'adresse à leur chef. « Nous sommes Athé- « niens , dit-il, et notre vaisseau a péri sur ces côtes ; « daignez nous prendre l'un et l'autre sur votre <f bord , et nous rendre à notre patrie. »

Le commandant lui répondit , avec un sourire amer, que ses vœux seraient exaucés bientôt, et qu'ils s'embarqueraient à l'incitant. Les deux vaisseaux étaient montés par des corsaires tle Phénicie qui voguaient le long de ces côtes pour enlever des esclaves. Polydore s'aperçut trop tard de son imprudence ; il n'était plus temps de la réparer : on l'oblige d'entrer dans un des bâtiments: il demande en vain de n'être point séparé de son épouse, on entraîne loin de lui la malheureuse Carite, on la force de monter sur l'autre bord. A l'instant on détache les ancres, et les vaisseaux, poussés par un vent favoi*al)le , s'éloignent en peu de temps du rivage de IVaxe.

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