‹ Œuvres diverses de J.J. Barthélemy (volume 2)Chapitre 92 sur 115 · I II · texte numérisé non relu

I II

l6a LA CHANTELOUPÉE.

Tel on vous vit, modeste en vos succès, Vous dépouiller du titre d'excellence , Et recevoir cent vingt écus de France Des mains d'un roi généreux à l'excès, Sans que l'éclat d'une telle opulence Vous eût rendu d'un difficile accès.

Le lendemain était un jour funeste,

Un vendredi, jour que Philis déteste;

Car il influe et jette un sort maudit

Sur ce qu'on fait : Château-Renaud l'a dit;

Elle l'a su par sa bonne nourrice,

Qui le tenait d'une excellente actrice,

Qui le tenait d'un jeune cavalier,

Qui le tenait d'une religieuse.

Qui le tenait d'un père cordelier ,

Qui l'avait su par une ravaudeuse.

Le fil heureux de cette vérité

Se prolongeant par ces routes obliques ,

Monte fort haut dans les fastes antiques.

Ira fort loin dans la postérité.

Si l'araionée avait été savante o

Comme Philis , elle aurait attendu

Qu'un jour plus pur de sa clarté brillante

Eût éclairé son projet suspendu.

Mais elle part sous les plus noirs auspices ,

Sans consulter les dames de la cour.

Sur le penchant de mille précipices ,

Par monts, par vaux, par maint et maint détour,

Elle va, vient, descend, remonte, grimpe.

Arrive enfin au sommet de l'Olympe,

Page 1