HIC IN NOVO REPARAVIT
ACHILLES VOLTA SENATOR (i).
La latitude de Bologne est de f\ff 29' 5o", à ce que dit le second astronome de l'institut. Voyez X Introduit, ail. Ephemer. Le pied de Bologne est de dix pouces un quart , et la brasse de vingt pouces.
Au Palazzo puhlico ^ on voit un Saint- Jean dans le désert, de Raphaël. Il montre la croix et prêche : scfn air, son attitude, tout parle; ses regards poursuivent le spectateur, et le pénètrent. Je n'ai jamais entendu un meilleur prédicateur.
Dans la même salle sont deux tableaux du Guide : fan a été fait pour la délivrance de la peste dont Bologne fut attaquée en i63o. On le peignit en soie , et il servait de guidon. On l'a collé sur toile.
(1} Celte famille de Volta ne subsiste plus.
La Vierge est avec l'enfant Jésus sur l'arc-en-ciel. En bas sont les sept protecteurs de la ville; saint François est dans le milieu à genoux : d'un coté, saint Dominique, également à genoux; saint Proculc et saint François -Xavier sont debout; de l'autre coté, saint Pétrone est en chape à genoux; saint Florien et saint Ignace sont debout. Parmi cette sainte bande, saint* François attire la principale attention, c'est le plus dévot de tous; le jeune, l'onction et la ferveur sont peints sur son visage ; son attitude est merveilleuse: c'est une belle figure, comme celle de saint Pétrone, dont la chape est d'un travail singulier, et dont la barbe fait un beau contraste avec le menton nu de saint François. Ces deux saints implorent le secours du ciel dans une persuasion humble , que ce secours est nécessaire; saint Dominique paraît dans une persuasion théologique; saint Ignace, comme si l'on pouvait s'en passer (i); saint François-Xavier, comme n'étant pas encore décidé; saint Florien et saint Procule, comme deux militaires qui n'entendeni rien aux disputes de la grâce , et à qui tout est bon ; au fond, ils n'ont l'air ni trop affligé ni trop ferveiit. Je ne voudrais pas que le Guide eût rapproché , comme il a fait, la tète des deux saints François; elles sont toutes deux pâles , maigres et décharnées, et comme elles occupent le milieu du tableau; elles offensent la vue. L'arc-en-ciel sur lequel la
(i) Il n'était cependant question alors ni de molinisme ni dé jansénisme.
<j8 VOÏAGi:
Vierge descend du ciel, est une idée heurense pour exprimer la cessation de la peste.
On remarque, vis-à-vis, le Samson du même Guide. Samson debout reçoit, de la mâchoire d'âne, une liqueur qui le désaltère; il déploie un beau corps, de belles jambes , et pose un de ses pieds sur deux ou trois Philistins abattus sous ses coups. Cette figure n'est pas assez nerveuse fie peintre en devait faire un Hercule ; il en a fait un Bacchus , tenant dans sa main le vase qui a renversé à ses pieds une foule de buveurs dont il triomphe. L'avis d'un ignorant ne fait rien aux productions des grands hommes ; mais que deviendrait-on , si l'on était obligé de se taire quand on ne sait rien?
Dans la même salle , on trouve encore un saint Jérôme qui médite sur un gros liNTe; il est de Simon Cantarini de Pesaro. Le saint semble sortir du tabfëau. On y voit le genre de pénitence rigoureuse qu'embrassent communément ceux qui , avec un cœur tendre, ont un caractère brusque.