N° XII
Des fouilles cVHerculanum.
Les fouilles d'Herculanum se font actuellement à près de quatre-vingt-dix pieds de profondeur. On y descend par ini escalier pratiqué dans la lave. Ces souterrains ressemblent à des carrrières ; les passages en sont exhaussés et faciles. On est occupé depuis long-temps à fouiller un palais immense, où l'on a déjà trouvé plusieurs statues et différents manuscrits. Les murs. étaient de briques
(i) En lisant cet article, on doit se rappeler que Barthélémy n'avait pas achevé tien faire la rédaction. Note de l'ccUtcui\
chargées de peintures , et la plupart des appartements se trouvaient pavés de marbre. Telle était , entre autres, un pièce que l'on venait tout récemment de déblayer, et qui avait dix-huit pieds eu carré. Non loin de là on monte par lui escalier de douze à quinze marches à une chambre plus petite encore, mais également pavée de marbre; et dans un autre endroit on a trouvé un second escalier qui conduisait peut-être aux caves de la maison. Mais l'eau qui sortait à gros bouillons n'a permis de le découvrir que jusqu'à la quatrième marche. Cette eau, qui est douce, arrête fort souvent les ouvriers , et fait présumer qu'une petite rivière s'est perdue au milieu de ces débris.
Quand on a fouillé un appartement, on enlève les peintures et les mosaïques dont il était orné, et on le remplit ensuite de décombres. Les fouilles paraissent d'ailleurs bien conduites. Lorsqu'on s'est assuré du sol de la ville, on suit un mur dans sa direction et dans ses sinuosités, on pénètre dans les ouvertures; on mine tout, mais en même temps on dessine tout, de manière qu'on pourra se flatter d'avoir un jour le plan de la ville , rue par rue, et maison par maison. Ceux qui n'ont pas vu les travaux et les lieux ont blâmé cette conduite : ils auraient désiré qu'on eut découvert, ou du moins débarrassé, la ville en entier. Mais ce projet était d'une difficile exécution. j° Pour démolir cette route énorme qui couvre la ville souterraine, il eût fallu détruire avec le village de Portici plusieurs maisons de campagne, et enlever dans l'espace
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(le plusieurs milles jusqu'à ceut pieds de terre et de laves, a** Il n'était pas possible de conserver les maisons dans leur premier état. La plupart ont reçu une si forte secousse que les murs en sont déjetés ou même renversés. Les poutres et tous les bois sont brûlés; la rouille a dévoré le fer, et l'humidité a détruit ce que les autres accidents avaient épargné. De plus, qu'aurait-on fait d'une foule de maisons petites, obscures et peu commodes? Si on l'avait laissé sans habitants, on les aurait laissé sans réparations; si on y avait placé des habitants , ils auraient bientôt converti cette ville ancienne en une ville moderne. D'ailleurs, les maisons ne font aujourd'hui qu'un corps avec cette lave qui les a conservées en les comblant. Privées de ce soutien, exposées aux impressions de l'air voisin de la mer ou aux torrents qui descendent du Vésuve, elles tomberaient bientôt en ruine. Mais fallait-il encore, pour remplir un simple objet de curiosité, détruire le village de Portici, et tant de maisons de campagne qui bordent la côte? détourner un grand chemin, et enlever, l'espace de plusieurs milles, une si grande masse de terre et de laves, et tout cela, pour donner aux étrangers le faible spectacle d'une ancienne ville, assemblage irrégulier de maisons chétives et toujours prêtes à s'écrouler?
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