i DES PEINTURES
pijr distinction à une ville de la province de Guatimala le nom ^Amatitlant, qui signifie ville dès lettres, parce que ses habitants excellaient dans Tart d'écrire { i).
L'art de lire n'exigeait pas moins d'étude. Il faisait partie de l'éducation , et les enfants apprenaient dans les écoles publiques à découvrir le sens des peintures offertes à leurs yeux (2). On sent aisément que ces peintures n'étant accompagnées d'aucune inscription , et la plupart ne présentant point de symboles propres à caractériser les principaux personnages , on ne pouvait pour l'ordinaire pénétrer ces mystères sans le secours de la tradition qui se perpétuait dans les écoles publiques (3) et dans les chansons que tout le monde savait par cœur.
Les Espagnols , dans les premiers temps de la conquête , étaient bien éloignés de s'occuper de cet objet. Ils trouvèrent dans les temples, et dans les maisons des particuliers, quantité de volumes dessinés et peints avec plus ou moins de grossièreté. Les uns avaient rapport au culte sacré, les autres contenaient les annales de la nation; d'autres, à ce qu'on prétend, traitaient de Ihistoire naturelle. Il aurait fallu rassembler ces monuments et en demander l'explication aux Mexicains éclairés qui avaient échappé au carnage. On prit un autre
(i) Voyage de Gage , part. IV, chap. 1 .
(2) .So/w, Conq. du Mex., liv. III, chap. i6.
(3) Jnlûinc Nerrera,\oyagc,\'\v. II, chap. i8.